Caractéristiques du pommier

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Caractéristiques du pommier

2.1- Caractères botaniques 

Le pommier à un port arrondi, avec un tronc robuste, est recouvert d’une écorce grisâtre ou marron plus ou moins foncé. Cet arbre peut atteindre un grand développement, de 06 à 12 m (RETOURNARD et GOSSELIN, 1994).

Les rameaux à écorce brune, lisse à nombreuses lenticelles, les organes portés par ces rameaux sont : les yeux à bois et les boutons à fleurs plus ou moins ovoïdes, recouverts extérieurement par des écailles duveteuses, blanc grisâtre.

Le pommier a ces feuilles caduques, alternes, simples, entières, dentées sur les bords, velues dans leur jeunesse (BRETAUDEAU, 1978).

Les fleurs hermaphrodites sont réunies en corymbe à floraison centrifuge. La fleur possède cinq sépales, cinq pétales, vingt étamines à filets libres. Les anthères libèrent un pollen lisse, possédant trois sillons germinatifs et peu adapté au transport par le vent (TRILLOT et al., 2002 ; BRETAUDEAU, 1978).

Les variétés de pommier appartiennent à deux groupes chromosomiques :

  • Les variétés diploïdes (2n= 34 chromosomes) : leur pollen et leurs ovules sont normalement constitués. Elles présentent une méїose régulière et un pouvoir germinatif du pollen élevé (90 à 95 %).
  • Les variétés triploïdes (2n ou 3n=51 chromosomes) : chez celles-ci, la constitution du pollen et des ovules est déséquilibrée. La méiose est irrégulière et le pouvoir germinatif du pollen est très faible (5 a 10%). Ces variétés ont tendance à donner des fruits ayant peu de pépins et qui chutent facilement (TRILLOT et al., 2002).

La pomme est une drupe à mésocarpe charnue entourant cinq loges cartilagineuses ; résultant du développement de l’ovaire de la fleur et des tissus soudés qui l’environnent. A maturité, le fruit comprend une zone interne d’origine carpellaire (le cœur), entouré d’un mésocarpe épais (le cortex). Ce dernier, qui constituera 80% du volume final du fruit, est entouré de cinq a dix couches de cellules constituant l’hypoderme, et d’un épiderme fortement cutinisé et cireux

(TRILLOT et al., 2002)

 

              (ABBOTT, 1984)  Figure n° 01: Schéma d'une inflorescence de pommier
(ABBOTT, 1984)
Figure n° 01: Schéma d’une inflorescence de pommier

                                

(CHARTON, 1992)  Figure n° 02: Coupe transversale d'une fleur de pommier
(CHARTON, 1992)
Figure n° 02: Coupe transversale d’une fleur de pommier

                                                 

            (TRILLOT et al., 2002)  Figure n° 03: Coupes longitudinale et transversale d'une pomme
(TRILLOT et al., 2002)
Figure n° 03: Coupes longitudinale et transversale d’une pomme

2.2- Caractères végétatifs du pommier

2.2.1- Organes de végétation

2.2.1.1- Bourgeon à bois (bourgeon foliaire)

C’est un organe petit qui se distingue du bouton floral par sa forme pointu (GAUTIER, 1978 ; LAMONARCA, 1985).

DAOUDI (1989), ajoute que le bourgeon à bois peut occuper soit une position terminale ou latérale.

 

   (Anonyme, 01)  Figure n° 04: Bourgeon à bois
(Anonyme, 01)
Figure n° 04: Bourgeon à bois

2.2.1.2- Bourgeon à fleur (bourgeon à fruit)

C’est un organe globuleux et court. Il donne naissance à une fleur ou une inflorescence  (LAMONARCA, 1985).Il est nettement plus arrondi que l’œil à bois car il renferme plusieurs fleurs qui n’attendent que le printemps pour s’épanouir (ANONYME, 01).

                                      

        (Anonyme, 01)  Figure n° 05: Bourgeon à fleur
(Anonyme, 01)
Figure n° 05: Bourgeon à fleur

2.2.2- Organes de fructification

2.2.2.1- Dard

C’est un rameau très court de 1 à 3 cm de long, terminé par un œil végétatif, il peut subir des transformations et donne un bourgeon à fleur au bout de deux ans, comme il peut ne rien subir et ne donne aucune production fruitière (GAUTIER, 1978).C’est l’intermédiaire entre un œil à bois et un œil à fruits. Il se trouve le long d’un rameau, légèrement détaché de celui-ci (ANONYME, 01).

                    

                (Anonyme, 01)  Figure n° 06: Dard
(Anonyme, 01)
Figure n° 06: Dard

2.2.2.2- Lambourde

C’est un rameau court (2.5cm), résultant de la transformation, parfois dans la même année de végétation, de l’œil à bois en dard puis en bouton a fleur. Elle peut toujours être considérée comme un bouton à fleur pédonculé (BRETAUDEAU 1978).

                            

           (LAMONARCA, 1985)  Figure n° 07: Lambourde
(LAMONARCA, 1985)
Figure n° 07: Lambourde

2.2.2.3- Brindille

C’et un rameau flexible et grêle atteignant de 8 à 30 cm de longueur selon la vigueur de la coursonne et de l’arbre (GAUTIER, 1987), (figure n° 08 « A et B »).

Selon BRETAUDEAU(1978), il y a deux possibilités :

  • la brindille ordinaire « A » dite stérile ou simple car terminée par un œil à bois ;
  • brindille couronnée « B » dite fertile puisque terminée par un bouton à fleur.

 

 

                                                 (Anonyme, 01)  Figure n° 08: Brindille
(Anonyme, 01)
Figure n° 08: Brindille

                                    

2.2.2.4- Bourse

C’est un renflement charnu et spongieux du pédoncule qui subsiste sur la coursonne après la cueillette des fruits (GONDE et JUSSIAUX, 1967).

D’après TRILLOT et al., (2002), le relais de croissance qui se développe latéralement sur la bourse est appelé   « pousse de bourse″ . Une bourse peut porter une on plusieurs pousses de bourse.

HUET (1990), indique que plus le volume des bourses est important, plus la production est régulière, le phénomène d’alternance se trouve alors atténué.

Le rôle de cet organe est important et réside dans la répartition de la croissance sur les jeunes branches fruitières et aussi dans l’équilibre entre la mise à fruit et le développement végétatif de chaque point de fructification (LISPINASSE et DELORT, 1990).

                                         

       (LAMONARCA, 1985)  Figure n° 09: Bourse
(LAMONARCA, 1985)
Figure n° 09: Bourse

2.2.2.5- Branche fruitière et coursonne

  • Branche fruitière est considérée comme une unité de production qui caractérise chaque

variété. Elle se développe régulièrement et fléchit sur toute sa longueur pour favoriser la croissance des pousses courtes, son comportement dépend en grande partie de l’écartement entre les arbres (LESPINASSE et al., 1992).

Les même auteurs ajoutent que le nombre des branches fruitières varie selon la vigueur du porte- greffe et de la variété.

LISPINASSE et DELORT (1994), affirment, quand les variétés sont greffées sur le Malling 9 (M : porte-greffe de faible vigueur), nous pouvons observer entre 12 et18 branches.

  • Coursonne est un ensemble d’organes de fructification issus d’un même support, disposé

en position axillaire par rapport à la branche fruitière (HUET, 1990).

LISPINASSE et DELORT (1994), ajoutent que leur activité et leur pérennité peuvent être appréciées en observant le volume de la bourse portant le ou les fruits et la longueur de la pousse de bourse.

D’après les mêmes auteurs, la classification simplifiée présentée sur la figure n° 10 montre l’étendue de cette variation :

  • A: la bourse terminale n’existe pas ou elle est très retardée, les coursonnes sont courtes, elles passent toutes par un stade végétatif avant le retour à fleur.
  • : la majorité des coursonnes sont courtes, nous observons, en situation acrotonie l’apparition de brindilles couronnées dont le nombre peut augmenter avec l’inclinaison de la branche.
  • C: la bourse terminale est généralement volumineuse. La coursonne axillaire devient autonome dès sa première année de croissance.
  • D: la bourse terminale est souvent énorme. La dénudation de plus de la moitié de la branche est fréquente. Sans taille ni éclaircissage ; ces variétés produisent chaque année.

                                                                  

 (LESPINASSE et DELORT, 1994)  Figure n° 10: Types de coursonnes
(LESPINASSE et DELORT, 1994)
Figure n° 10: Types de coursonnes

2.2.3- Types de fructification

Des variations importantes s’observent entre les variétés cultivées selon leur façon de se développer, puis de fructifier (LESPINASSE, 1977).

BERNHARD et MARENAUD (1962) in MESSAUEL (2007), après avoir observé pendent plusieurs années 123 variétés de pommier, ont distingué 4 types de fructification (Figure n° 11).

  • Type І : ״spurs״, variété témoin : Starkrimson

Les coursonnes sont situées sur des parties de  rameaux âgées de deux ans et plus. Elles contribuent à produire sur vieux bois (GAUTIER, 1988; TRILLOT et al., 2002).

-Les branches fruitières sont coniques et présentent une forte tendance à repérer sur leur partie basale ;

-il n ya pas de brindilles couronnées ;

-la ramification longue est en général assez faible (LESPINASSE, 1977).

-Les fruits restant près des branches charpentières, la zone de misse a fruit ne s’éloigne pas de la charpente de l’arabe (LESPINASSE, 1980).

  • Type II : variété témoin : Rein des Reinettes

-L’insertion des branches fruitières sur l’axe est solide, les angles des ramifications sont ouverts ;

-la majorité des coursonnes sont situées sur des parties de rameaux âgées de deux à quatre ans (LESPINASSE, 1977).

-La zone de mise a fruit suit les parties de rameaux âgées de deux a cinq ans, son extériorisation est lente par rapport a l’axe central et modifie peu le port de l’arbre ;

-les brindilles couronnées sont peu fréquentes (TRILLOT et al., 2002).

  • Type III : variété témoin : Golden Delicious

-Les coursonnes sont situées principalement sur de jeunes rameaux, de un a trois ans (LESPINASSE, 1977; GAUTIER, 1988).

-La zone de mise a fruit s’éloigne rapidement du centre de l’arbre et provoque, en port naturel, un affaissement des branches charpentières. Les fruits ne sont plus portés par ces dernières (sauf sur leurs parties âgées de deux et trois ans), mais par leur ramification (LESPINASSE, 1976).

-Brindilles couronnées fréquentes (GAUTIER, 1988).

  • Type IV : variété témoin : Granny Smith

-Selon GAUTIER, (1988), la fructification s’effectue sur des brindilles couronnées et en position latérale sur les rameaux d’un an.

-La ramification est faible sur les deux –tiers inférieurs de la branche charpentière de port dressé (LESPINASSE, 1977).

-L’évolution de la zone de mise a fruit vers l’extérieur de l’arbre est plus rapide que celle de type II (Golden Delicions) ;

-ces variétés repercent difficilement sur la partie inférieur de leurs branches, leur ramification située sur le tiers supérieur donne à l’arbre un aspect cylindrique (TRILLOT et al., 2002).

D’après ZAIDI(1985), la détermination de ces types de fructification aboutit à la mise au point de la méthode de taille à adopter pour une variété donnée en lui permettant de s’organiser suivant son propre type de fructification.

 

                    (CHARTON, 1992)  Figure n° 11: Types de fructification chez le pommier
(CHARTON, 1992)
Figure n° 11: Types de fructification chez le pommier

 

 

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