L’impact agro-économique et écologique du mulch

L’impact agro-économique et écologique du mulch

La technique de mulch est l’une des techniques agricultures modernes, utilisée par les agriculteurs dans plusieurs pays, est utilisée selon l’espèce et l’exigence des plantes.

Pour en savoir plus sur cette technique, nous étudierons les mulchs, leurs types, les avantages et les inconvénients, ainsi que les effets agro-économiques et écologiques.

1.  Définition de mulch

Le paillis, également appelé mulch (en anglais), est une technique utilisée en plantations qui consistent à recouvrir la surface du sol avec un matériau organique, minéral ou en matière plastique, pour le réduit significativement l’installation de mauvaises herbes et diminue l’évaporation d’eau.

Originellement, le terme a été créé en 1935 pour désigner l’action de pailler le sol (définition du Petit Robert).

Bien que la technique soit ancienne, elle est redécouverte de nos jours par les professionnels, pour des raisons à la fois économiques et écologiques. (Andréa, 2014).

2. Types du mulch

Il existe trois catégories de mulch : le mulch végétal (organique), minéral et plastique :

2.1.      Mulch organique (végétal)

Les mulchs végétaux sont issus de matière végétale organique, (Roland Motte, Sd) biodégradables et présentent le gros avantage de nourrir le sol : en se décomposant, ils apportent de l’humus, riche en matière organique. ( Clémentine Desfemmes, 2017)

2.2.      Mulch inorganique (minéral)

Les mulchs minéraux sont issus de différentes roches (Roland Motte, Sd) ; ne sont pas biodégradables et possèdent donc une durée de vie infinie à notre échelle. Ils contribuent au réchauffement du sol et sont particulièrement conseillés pour les plantes qui aiment la chaleur, comme les plantes de rocailles

En revanche, ils n’améliorent pas la fertilité du sol et retiennent moins l’humidité. (Clémentine Desfemmes, 2017)

2.3.      Mulch plastique

Le mulch plastique est une technique utilisé à la manière du paillis classique en production agricole et horticole, pour hâter et favoriser la croissance des plantes cultivées en réchauffant le sol tout en économisant l’eau et limitant la croissance de mauvaises herbes.

Elle consiste à étaler sur le sol une mince feuille de plastique, généralement du polyéthylène, dans laquelle les plantes poussent en la traversant par des fentes ou des trous.

Le mulch en plastique est souvent utilisé en conjonction avec l’irrigation au goutte-à- goutte, cette technique est prédominante dans la culture de légumes à grande échelle. (Roland Motte ; Sd)

3.    L’impact agro-économique et écologique du mulch

3.1.      L’impact agro-économique

  • Accélération de la croissance des cultures dans certains cas par atténuation des variations thermiques.
  • Maintien plus long de l’humidité du sol qui favorise la faune et la flore du sol.
  • Protection de la structure du sol contre l’effet érosif des pluies .
  • Enrichissement du sol en matière organique dans le cas de paillages végétaux
  • Diminution du lessivage.
  • Diminution du temps de travail du sol avant plantation.
  • Diminution du coût de la main d’œuvre pour le désherbage manuel ou des traitements.
  • Diminution du coût des traitements herbicides.
  • Diminution du coût des traitements les pesticides et les engrais chimique.
  • Réduction de la consommation d’eau. (Andréa ,2014).

3.2.      L’impact écologique

3.2.1 Modifier l’atmosphère du sol en jouant sur

  • Les échanges gazeux : la teneur en O2 diminue alors que la teneur en CO2 Le mulch améliore la structure du sol et permet ainsi de meilleurs échanges gazeux.
  • La température : le mulch permet en général de limiter les températures élevées en été et basses en hiver. Ce n’est pas le cas pour le mulch plastique qui augmente dans tous les cas la température du (Andréa ,2014).

3.2.2.     Modifier la dynamique de l’eau dans le sol

  • Réduire l’évaporation : le mulch limite l’action du vent et du soleil en créant une rupture de continuité hydraulique entre le sol et l’atmosphère.
  • Réduire le (Andréa ,2014).
3.2.3.     Modifier la dynamique de l’évolution de la matière organique et des éléments minéraux nutritifs (N, P2O5, K2O, oligo-éléments)

Le mulch organique, en se décomposant, va apporter des éléments nutritifs au sol ; selon le ratio C/N contenu dans le mulch , la dynamique de l’évolution de l’azote dans le sol sera différente.

Le mulch de type déchet organique composté apportera une grande quantité d’azote ce qui n’entraînera pas de compétition entre les micro-organismes du sol   et   la   plante. (Andréa ,2014).

3.2.4.     Agir sur la croissance des racines et leur répartition spatiale, en profondeur et en extension latérale

  • Augmenter la température du sol par ajout de mulch stimule la croissance des racines.
  • Ajouter du mulch en été permet de limiter l’augmentation de température du sol et empêche l’inhibition de l’activité racinaire due à une trop forte température. (Andréa ,2014).

3.2.5.     Modifier l’activité biologique du sol

Le mulch a un effet sur la biologie des sols. Par l’effet protecteur du mulch, renforcé par l’effet amendant quand ils sont organiques, les mulchs contribuent au développement des macro et micro-organismes du sol (petits mammifères, invertébrés, champignons, bactéries, algues). (Andréa ,2014).

3.2.6.     Agir sur la germination et le développement de la flore spontanée

Limiter la germination de la flore spontanée en créant une barrière entre le soleil et le sol. (Andréa ,2014).

4.    Les avantages et les inconvénients agro-techniques du mulch

4.1.      Les avantages de mulch

  • Éviter l’installation des herbes indésirables sur la terre nue et fertile, autour des plantes.
  • Diminution du temps de désherbage.
  • Maintenir le sol à bonne température, ni trop chaude ni trop fraîche. L’enracinement des plantes en sera meilleur et elles seront plus résistantes aux variations de température (sècheresse, vent, gel).
  • Protéger la terre des effets négatifs des fortes précipitations (tassement, formation de croûte asphyxiante).
  • Limiter l’évaporation de l’eau, et ainsi maintenir le sol plus humide.
  • Favoriser la vie du sol : en se décomposant, le mulch fertilise la terre, améliore la qualité du sol et nourrit les organismes du sol (vers de terre, insectes, bactéries et champignons favorables aux cultures).
  • Favoriser la prolifération des insectes auxiliaires.
  • Facilité la récolte pour certaines (CFPPA, Sd)

4.2.      Les inconvénients de mulch

Les inconvénients sont minimes voire inexistants par rapport aux avantages :

  • Limitation du réchauffement des sols : si le mulch permet de garder la chaleur, posée trop tôt, il empêchera le sol de se réchauffer au printemps et ainsi repousser la germination des semis.
  • Acidification des sols : certains mulch ne sont adaptés à toutes les cultures. Le thuya ou les écorces de pins, que l’on pourrait penser comme étant utilisable sans problème, vont acidifier les sols ou risquer de le déstabiliser en tuant les champignons.
  • Certaines plantes n’aiment pas le mulch : certaines cultures demandant peu d’eau (ail, oignon, échalote) n’apprécient donc pas le paillage.
  • Rapport C/N non équilibré : si le mulch n’a pas un rapport C/N équilibré (s’il est trop riche en carbone), il peut entraîner une faim d’azote temporaire dans les cultures. L’azote nécessaire aux bactéries du sol pour dégrader la matière organique carbonée apportée sous forme de mulch n’est temporairement plus disponible pour les plantes, ce qui peut gêner leur croissance. Dans ce cas, un apport azoté (déjections, matière fraîche, verte, légumineuses) peut être nécessaire pour rééquilibrer le mulch. (JULIEN, 2016).

5.    Les mycéliums et le mulch

Le mycélium est un réseau de filaments ramifiés formant la partie végétative d’un champignon doté d’un grand pouvoir de pénétration. Pour se nourrir, il sécrète des enzymes qui décomposent les matières organiques parfois très résistantes et absorbe les éléments carbonés.

Les plantes communiquent entre elles via un réseau de mycélium ; ce qui signifie que l’ensemble de la vie de la plante dans une zone peut être reliée au réseau et à un autre. La relation des racines des plantes et des mycéliums est connue sous le nom de mycorhize et est bénéfique pour les deux parties concernées : les plantes fournissent des glucides aux champignons et en échange, les champignons aident à rassembler l’eau et fournissent des nutriments tels que du phosphore et de l’azote à leur plante partenaire. (Sandra , 2015 ; Yohan , 2014).

les mycéliums ont plusieurs rôles importants pour les plantes et la terre ;

  1. Amélioration de la structure du sol à long terme par la présence importante de mycélium dans le sol.
  2. Protection des plantes cultivées faces aux maladies fongiques, en raison d’un effet de compétition avec les espèces parasitaires et face aux autres pathogènes, puisque certains champignons capturent même les nématodes (vers microscopiques) et protègent ainsi le système racinaire des plantes.
  3. Réduction des besoins en engrais, car les champignons facilitent l’absorption des nutriments par les plantes.
  4. Limitation du phénomène d’immobilisation de l’azote par les bactéries dans le sol causé par la présence de paillis riche en carbone.
  5. Les rendements sont augmentés en présence du mycélium.
  6. Les carences en azote causées par l’utilisation des paillis organiques sont contrecarrées par les (Lise, 2013).

Conclusion

La technique de culture sous “mulch” consiste à recouvrir la surface du sol avec un matériau organique, minéral ou en matière plastique pour le nourrir et/ou le protéger le sol et les plantes .

L’importance du mulch réside dans les impacts agro-économiques et agro-écologique, y compris réduction de la consommation d’eau, diminution du coût des traitements les pesticides et les engrais chimiques, l’équilibre du rapport C/N et limiter la germination de la flore spontanée.

La présence des réseaux des mycéliums est considérée comme l’un des avantages qui l’aide à rassembler l’eau, fournisse des nutriments et protection des plantes cultivées faces aux maladies fongiques…

Source:

BELAID, Nour El Houda et BOUHAMDA, Afrah 2018 . Contribution à l’étude de la possibilité de culture de la pomme de terre sous couvert de déchets végétaux (mulch) et son impact agro-économique et écologique dans la région d’el OUED.

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