Foresterie - mémoires

Etude des relations entre les variables dendrométriques du Chêne zeen (Quercus canariensis Willd.) dans la forêt d’Ath Ghobri (wilaya de Tizi-Ouzou).

Conditions écologiques du Chêne zéen Quercus canariensis

L’Algérie possède un potentiel forestier couvrant presque 4,1 millions d’hectares, soit un taux de boisement de 16,4% pour le nord de l’Algérie et 1,7 % de la superficie totale de l’Algérie. Le tableau I résume les différentes espèces qui le constituent. Ce potentiel est valorisable pour la production ligneuse, pour la protection de l’environnement, la récréation, et ce dans le contexte politique de l’aménagement durable.

Tableau I : Répartition des surfaces forestières Algériennes par essence.

Espèces Superficies (ha)
  BOUDY PNDF DGF
Le Pin d’Alep 1162000 880 000 881000
Le Cèdre de l’Atlas 29000 16 000 16000
Le Pin maritime. 32 000 31000
Le Chêne liège 573000 230 000 230000
Les Chênes zéen et afares 129000 48 000 48000
Les Eucalyptus 43 000 43000
Le Chêne vert, 762000 1219000 108000
Le Thuya 187000 48000
Le Genévrier 287000    
Autres 161000    

Sources: BOUDY, 1954; PNDF, 1984 in FAO, 1999; DGF, 2004
Le chêne Zéen (Quercus cannariensis Willd) objet de notre étude, avec le Chêne Afares (Qercus Afres pomel) occupent 65000 ha (MESSAOUDENE et Al. ; 1991). Le Chêne zéen a tendance à dominer puis à en éliminer d’autres espèces telle que le hêne liège. A côté de ces deux chênes caducifoliés, en Algérie, ce genre Quercus est représenté par trois autres espèces (Quercus Ilex L., Quercus Suber L. et Quercus Coccifera L.) qui globalement couvrent 882000 ha soit 36% de superficie totales des la forêt Algérienne (BOUDY, 1952 et HAROUNI, 1991).
Autrefois, pendant la période coloniale, l’Etat Algérien en retirait les 4/5eme de son revenu du domaine boisé. La période 1939-1946 a montré l’importance des activités de production en matière de bois d’œuvre, de mine et de traverses de chemin de fer. Dans ce contexte le Chêne zéen avait joué le rôle le plus important. A cette époque, BOUDY (1955) soulignait le rôle producteur de la forêt algérienne.
Aujourd’hui, la forêt est confrontée à une dégradation progressive et irréversible. Des maquis et des broussailles se sont installés au détriment des essences principales et nobles notamment le Chêne liège, le Chêne zéen et le cèdre, et ce sous l’influence de plusieurs facteurs, tel que les incendies répétés et l’action anthropique (les défrichements, le surpâturage et l’exploitation abusive). PLAISANCE (1964), a souligné que l’homme a partout assisté, déclenché et accéléré le déboisement et empêché ou freiné les régénérations naturelles avec une inconscience et un fatalisme nocif. En outre, les différentes maladies, insectes ravageurs et les changements climatiques jouent aussi un rôle négatif, exemple de dépérissement des cédraies algériennes notamment la cédraie des Aurès. Aussi ; nous ajoutons à cet ensemble de facteurs l’absence de l’aménagement et de traditions sylviculturales en Algérie. Par conséquent ce patrimoine se trouve incapable de satisfaire les besoins de la société en matière de bois. Face à cet antagonisme (forte demande et une offre très réduite), l’Algérie se trouve dans le besoin intense d’asseoir et/ou de renforcer sa politique forestière par une meilleure connaissance de ses ressources naturelles et /ou de ses potentialités forestières, d’où l’intérêt de choix des méthodes à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés dans ces programmes.
Dans le contexte de l’aménagement forestier et de l’application des règles sylvicoles adéquates, le recours à la dendrométrie constitue un moyen efficace pour apprécier les potentialités productives d’une forêt. Cette discipline est préalable pour connaître la production d’une forêt.
La dendrométrie en tant que science et méthodes permet de fournir un ensemble d’informations nécessaires aux scientifiques et aux opérateurs économiques et gestionnaires sur la forêt, l’arbre ou ses produits et même sur l’impact des modifications environnementales. Dans une forêt, il s’avère donc important de :

  • Connaître les formations boisées et arborées existantes : des inventaires dendrométriques doivent se faire continuellement pour avoir une idée précise ;
  • Approfondir les recherches et les études dans le sens de la gestion des forêts ;
  • Déterminer les opérations sylvicoles qui contribueront à la sauvegarde et à la bonne conduite des peuplements tout en suivant l’évolution de la structure élémentaire et
  • Aménager les forêts en fonction des besoins de la société et des régimes des feux de forêts.
  • Estimer les volumes de bois des forêts par la réalisation d’inventaires plus détaillés que possible par région forestière. D’après BERTHIER (1984), la plus part des estimations forestières sont des données volumiques, elles nous permettent de reconstituer le rythme de croissance et de calculer la production ligneuse.

Dans ce point de vue, la zénaie algérienne est très peu étudiée, la majorité des travaux consacrés au Chêne zéen se limitent à la biosystématique (MAIRE, 1927 ; CAMUS, 1938 ; EMBERGER,  1939 ; DEL  VILLAR,   1949  ;   MAIRE,   1961;  QUEZEL  et  SANTA,   1962; QUEZEL et BONIN, 1980 et HAROUNI et OUDNI, 1991), à la dendroécologie (MESSAOUDENE,1989), à la phytoécologie (LAPIE, 1909 ; QUEZEL, 1956, 1999 et LARIBI, 2001)   à   la   qualité   du   bois   (HAMMICHI,1978 ;   AMMEELS,1989 ;   TAFER,   2003 ; MESSAOUDENE et al, 2009). Les aspects liés aux tarifs de cubage et à la modélisation se résument aux travaux de SKENDRAOUI et IRMOULI (1992) et MOKHTARI (2005).
Nous constatons que la valorisation de cette essence forestière est rarement considérée. Il s’avère donc très important d’orienter les travaux de recherche dans le but d’améliorer la production en quantité et en qualité, tout en ajustant une sylviculture apte à renforcer ses potentialités. C’est dans cet esprit que s’inscrit ce travail, il s’agit d’une étude dendrométrique sur trois stations différentes. Notre approche est complémentaire au travail de MOKHTARI (2005) portant sur la modélisation des peuplements de Chêne zéen dans deux  régions  différentes : Ath Ghobri et Souk Ahras. En plus des variables hauteur et diamètre, introduites dans l’analyse par MOKHTARI (2005), nous avons introduit trois autres variables explicatives complémentaires : le diamètre du houppier, l’espacement moyen entre les arbres et le coefficient de défilement. Le but recherché est de savoir comment évaluer la hauteur et le diamètre en fonction de ces variables qui, en terme de sylviculture conditionnent le peuplement et sa qualité. La finalité de ce travail est de fournir au forestier un outil de travail pertinent en lui permettant  de disposer de modèle de gestion.
La description du comportement d’un peuplement forestier peut se traduire par un  modèle mathématique qui tient compte de plusieurs variables. Plusieurs travaux ont été réalisés dans ce domaine (HOULLIER, 1997 ; COURBEAU, 2000 ; DHOTE, 2000 ; BOULET, 2002 , THIBAUTET Al., 2003), seulement la modélisation ne concerne pas les variables dendrométriques seuls mais d’autres facteurs ont été intégrés dans les modèles construits à savoir la densité des peuplements, les opérations sylvicoles, l’indice de compétition inter et intra spécifique pour la lumière et l’eau, la disponibilité en ressource dans le sol, et l’influence du climat sur la croissance des arbres.
Afin de mener cette étude à terme, un inventaire dendrométrique est essentiellement inévitable pour une bonne collecte des données. Pour cela, nous avons choisi trois stations différentes l’une de l’autre de point de vue écologique (relief,  altitude,  exposition),  pédologique et sylvicole. Ainsi nous recherchons à mettre en évidence les divergences dendrométriques entre les stations et étudier les mécanismes qui pourraient résulter des traitements sylvicoles et de la nature de l’aménagement.

Source:

HAMIDOUCHE, Chafiaa 2010 . Etude des relations entre les variables dendrométriques du chêne zeen (Quercus canariensis Willd.) dans la forêt d’Ath Ghobri (wilaya de Tizi-Ouzou).

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