Principaux facteurs de variation de la composition de l’œuf

Principaux facteurs de variation de la composition de l'œuf
Share this post with friends!

Les travaux entrepris par Jacquot et Adrian (1954) ont démontré que les teneurs en eau, en protéines, en acides aminés, en lipides totaux et en macro minéraux étaient relativement fixes par rapport aux teneurs en oligo- éléments minéraux et vitaminiques, les acides gras et les lipides qui eux varient en fonction de la nature de l’aliment ingéré (Jacquot et Adrian J, 1954 cités par Sauveur, 1988)

1. Effets de l’âge de la poule

L’âge des pondeuses constitue le principal facteur influençant la qualité initiale de l’œuf qui tend à se dégrader au cours de la ponte et surtout après le 9ème mois de production (Lahellec C, 1965 ; Protais, Bougon, 1985 cités par Protais, 1988).

On observe l’apparition de coquilles de plus en plus fragiles ainsi que l’augmentation de la fréquence des inclusions. Se conférer tableau N°4.

Les résultats de plus de 10 expériences ont démontré que lorsque la poule vieillit le poids de l’œuf augmente, cet accroissement se traduisant par une augmentation de la part relative du jaune et une diminution de celle du blanc (Fletcher DL et al, 1983 cité par Sauveur, 1988)

Tableau : 4 : Evolution de quelques critères de qualité avec l’Age des poules pondeuses

Tableau : 4 : Evolution de quelques critères de qualité avec l’Age des poules pondeuses

(Protais J ; Bougon M, 1985 cités par Protais J, 1988)

2   Effets de l’origine génétique des animaux et de la sélection

Une sélection visant à augmenter le nombre d’œufs va se traduire par une légère diminution de la part du jaune et une légère augmentation de celle du blanc (Washburn KW, 1979 cité par Sauveur B, 1988) (Se conférer tableau N°5).

Tableau N°5 : Effets de la sélection sur la composition de l’œuf (Akbar et al, 1983 cités par Sauveur B, 1988)

Tableau N°5 : Effets de la sélection sur la composition de l’œuf (Akbar et al, 1983 cités par Sauveur B, 1988)

 

3   Effets des techniques d’élevage

Le choix de l’Age de l’entrée en ponte est déterminant pour la qualité future des œufs, cet  Age est déterminé génétiquement à 18 semaines et implique un poids minimum de 1500 g, un poids inférieur des poulettes à l’entrée en ponte donnera des œufs plus petits que la normale et un poids supérieur (une entrée en ponte tardive) donnera des œufs plus gros mais en nombre moins important (Anonyme 9, 2004)

Certaines recherches ont démontré clairement qu’une entrée en ponte trop précoce va provoquer une diminution de la qualité des œufs se traduisant par une diminution des unités Haugh, un accroissement du nombre de taches de sang et une augmentation du nombre d’œufs fêlés (Protais J,1988)

La densité importante des cages conduit à une réduction du poids des œufs (la poule ne Pouvant plus se nourrir correctement), un accroissement du taux de mortalité et une dégradation de la qualité de l’œuf (augmentation du nombre d’œufs fêlés, sales)

Lorsque la température augmente, la poule diminue sa consommation d’aliment et par conséquent celle du calcium, mais elle augmente son rythme respiratoire et sa consommation en eau, il s’en suivra une baisse de poids des œufs due à une dégradation de la qualité de la coquille et de l’albumen (Protais J, 1988)

L’emploi de programme lumineux fractionnés semble agir favorablement sur la qualité de la coquille : coloration plus importante, déformations plus faibles, réduction du nombre d’œufs déclassées (Sauveur et Picard, 1987 cités par Sauveur, 1988)

De plus, la production des œufs est étroitement liée aux changements d’éclairages quotidiens auxquels les poules sont exposées, donc, un programme lumineux approprié peut agir favorablement sur le nombre et la grosseur des œufs, ainsi que sur le taux de viabilité des poules et leur rendement, pour cela, certaines règles de base de l’éclairage doivent être respectées :

Eclairer les poussins 24h/24h pendant les 02 premiers jours d’Age, de 02 jours à 03 semaines réduire l’éclairement d’une demi-heure par jour jusqu’à atteindre 15 heures à

Une intensité de 05 lux, de 03 à 18 semaines maintenir un éclairage quotidien constant de 10à 12 heures, à 18 semaines éclairer les poules au moins pendant 13 heures par jour puis augmenter l’éclairage de 15 à 30 minutes par semaine jusqu’à atteindre 16 heures par jour, idéalement, cette durée d’éclairage devrait se poursuivre jusqu’au pic, et l’intensité devrait aussi être augmentée de 10 à 20 lux (Anonyme 9, 2004)

 

̧Plusieurs types d’éclairage par intermittence ont été essayés, le plus courant consiste à faire alterner 15 minutes d’éclairage et 45 minutes d’obscurité (15é/45o) à chaque heure d’éclairage prévu de la journée en commençant progressivement par 45é/15o la première semaine, puis 30é/30o la semaine suivante pour enfin atteindre 15é/45o, ce système d’éclairement a été utilisé avec succès puisqu’il a permis une amélioration de la solidité de la coquille, une réduction de la morbidité et de la mortalité résultant du stress causé par la chaleur, et une réduction du cannibalisme et des frictions entre les pondeuses (Anonyme 9, 2004)

Il est très important de faire muer les poules vers l’Age de 65 semaines car après 60 semaines d’Age, la qualité de la coquille et de l’albumen se dégradent rapidement mais cette qualité est heureusement restaurée en seconde ponte et reste acceptable au moins pendant 20 semaines (Decuypere E ; Huyghebaert G et Verheyen G, 1987 cités par Protais, 1988)

Les mauvaises conditions sanitaires et les maladies qui en découlent influent énormément sur la qualité de l’œuf ; les effets de la bronchite infectieuse sont bien connus : diminution de la pigmentation et de la solidité de la coquille, liquéfaction importante de l’albumen, augmentation du pourcentage des inclusions et du pourcentage d’œufs à coquilles déformées (Protais J, 1982 cité par Protais J, 1988) ̧

Lorsque la coquille n’est plus intacte elle va permettre la pénétration de plusieurs bactéries notamment les Escherichia Coli et les Salmonelles (Spackman D, 1987 cité par Protais, 1988)

4   Effets du mode d’élevage

Une dizaine d’études effectuées entre 1975 et 1985 en Europe ont démontré que le mode de production n’affecte pratiquement pas la composition de l’œuf, les œufs fermiers peuvent avoir des caractéristiques organoleptiques variables mais pas forcément meilleures, en plus ce sont eux qui présentent la qualité bactériologique la moins bonne (Sauveur B, 1988).

5. Effets de l’alimentation des poules pondeuses

Grâce à l’apport de calcium qu’elle procure, il est évident que l’alimentation influe directement sur la qualité de la coquille.

Pour obtenir des œufs plus gros, on peut augmenter la ration en protéines/poule présente en rapport avec la consommation de méthionine + cystine et d’énergie (Anonyme 9, 2004)

Il est conseillé de distribuer 4g de calcium par poule et par jour en plus du carbonate de calcium incorporé dans l’aliment, cette distribution s’avère être d’autant plus efficace lorsqu’elle est effectuée le soir permettant à la poule de consommer du calcium indépendamment des autres aliments (Bougon et al, 1986 cités par Protais J, 1988)

La nature de l’aliment fournit aux volailles et surtout sa composition vont influer directement sur la qualité de l’œuf, voici quelques exemples :

  • un abaissement du taux protidique alimentaire va entraîner une réduction du poids de l’œuf portant d’avantage sur le blanc (Sauveur B, 1988)
  • un régime déficient en lipides et notamment en acide linoléique peut faire diminuer le poids de l’œuf de 10g, les besoins de la poule sont couverts par un apport quotidien de 01g (Sauveur B, 1988)
  • l’incorporation de sucre en substitution d’amidon permet d’augmenter significativement le poids du jaune (Sauveur B, 1988)

 

  • la supplémentation des régimes en magnésium, manganèse, zinc, iode, sélénium peut augmenter la teneur du blanc en ces éléments alors que la teneur en fer est plus stable (Sauveur B, 1988)
  • la teneur en pigments du régime alimentaire contrôle directement la coloration du vitellus, et en fonction de la préférence des consommateurs le degrés de pigmentation peut être choisi en fonction de la quantité mais aussi de la nature des caroténoides choisis (Protais J, 1988)
  • les vitamines subissent beaucoup de variations au niveau de l’oeuf, elles concernent aussi bien les vitamines hydrosolubles, que les vitamines liposolubles,
  • le transfert de certaines vitamines (A et B) à l’œuf semble être légèrement augmenté par l’utilisation de certains antibiotiques (BacitracineetFlavomycine), à l’opposé il est réduit en présence de grandes quantités de pigments (Naber EC, 1979 cité par Sauveur B, 1988)
  • un régime hyper calorique (+ de 315 k cal) va entraîner une augmentation du poids des poulettes, la quantité d’œufs pondus (1.3 œuf pour une saison de ponte) et un coût nettement supérieur, par contre pour un régime faible en calories (- de 315 k cal), la poule va être difficile à vendre car trop légère, et la quantité d’œufs produits va diminuer (Anonyme 9, 2004)

Les besoins de la poule en nutriments sont exprimés dans les tableaux N°6 et 7.

Tableau 6 : Besoins journaliers en production par poule (Anonyme 9,2004)

Tableau 6 : Besoins journaliers en production par poule (Anonyme 9,2004)

Tableau 7 : Besoins de la poule en minéraux et vitamines (Anonyme 9,2004)

Tableau 7 : Besoins de la poule en minéraux et vitamines (Anonyme 9,2004) 

 + : Avec une alimentation à base de mais, on ne devrait pas utiliser de biotine dans la ration des poules pondeuses (Anonyme 9, 2004)

6.   Effets de la productivité des pondeuses

Une étude a démontré qu’en présence du lot le plus productif de la même lignée, on constate que la qualité de la coquille est réduite, par contre la qualité de l’albumen mesurée en unités Haugh est améliorée ce qui confère à l’œuf un pouvoir moussant plus stable (Bougon et al, 1981cités par Protais J, 1988).

Les résidus de l’œuf :

Ce sont les résidus d’antibiotiques qui vont poser problème, il faut distinguer :

  • Les antibiotiques qui sont utilisés en additif alimentaire comme facteurs d’efficacité, ceux- ci traversent peu ou pas la barrière intestinale donc on ne peut les trouver dans les œufs.
  • Les antibiotiques qui sont utilisés dans un but curatif, leur passage dans l’œuf peut être non négligeable mais en raison de leur demi-vie courte (1 jour à 1 jour et demi)ils devraient cesser d’apparaître rapidement après la fin du
  • Le problème de résidus est également lié à la présence de pesticides ou insecticides qui peuvent dégrader la qualité de la coquille, des études ont démontré un taux de contamination qui avoisinerait les 90%, heureusement les doses rencontrées n’ont jamais dépassé les taux fixés par l’organisation mondiale de la santé (O.M.S) (Spackman, 1987 cité par Protais J, 1988)
  • Les résidus de coccidiostatiques vont également poser problème, en effet une contamination croisée accidentelle lors de la préparation de la nourriture, peut être à l’origine de résidus dans les œufs (Huyghebaert G et al, 2005).

Source:

Mohamed El Amine El Mascri 2018 , Effet du système d’élevage sur les paramètres de conformation et la composition des œufs de poule.

Université Abdelhamid Ibn Badis-Mostaganem.

Télécharger le document complet.

0 thoughts

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.