Technologie alimentaire-cours

Variation de la composition du lait

Marché mondial des poudres de lait Evolution de la production de lait cru en Algérie Evolution de la collecte de lait cru en Algérie Variation de la composition du lait

La composition du lait varie beaucoup, en particulier, en fonction de l’alimentation et de la race de l’animal (CHEFTEL et CHEFTEL, 1992).

1. Effets de la race :

De nombreuses études ont été réalisées pour évaluer l’effet des caractéristiques génétiques des animaux sur les caractéristiques du lait. On sait ainsi que les vaches de race Normande, Montbéliarde ou Brune produisent un lait plus riche en protéines et de meilleure aptitude fromagère que celui de vaches Holstein conduites dans les mêmes conditions (FROC et al., 1988 ; MACHEBOEUF et al., 1993a ; MALOSSINI et al., 1996 ; AULDIST et al., 2002 ; MISTRY et al., 2002) : le gel obtenu après adjonction de présure est plus ferme et les rendements fromagers plus élevés. L’ensemble de cet effet est lié aux différences de teneurs en caséines des laits d’une race à l’autre (GROSCLAUDE, 1988 ; MACHEBOEUF et al., 1993a).
Selon la FAO (1995), il existe de grands écarts dans la composition du lait d’une race à une autre, et surtout dans le taux de matières grasses.

2.  Effets de l’alimentation :

De nombreux travaux ont été réalisés dans le monde entier pour déterminer l’influence des divers aliments de la ration sur la composition du lait.
Selon l’étude de COULON (1991), l’utilisation d’ensilage de maïs est souvent associée à des taux protéiques élevé parce qu’il permet en général de réaliser des rations où les apports énergétiques sont plus facilement couverts.
Par contre, sous la forme d’ensilage, le maïs plante entière est un aliment favorable à la synthèse des matières grasses en raison essentiellement des orientations fermentaires dans le rumen (l’amidon fermenté est favorable à la production d’acide butyrique) et à     la richesse en lipides du grain de maïs. Présenté sous forme sèche, après broyage et agglomération, le maïs plante entière n’induit pas les mêmes orientations fermentaires qu’ensilé et constituerait au contraire un moyen efficace de réduire la synthèse des matières grasses. Ceci est à attribuer à la proportion élevée de grains de maïs non fermentés (amidon en l’état) dans la plante (HODEN et COULON, 1991).
D’un autre côté, l’utilisation d’une ration mixte d’ensilages de maïs + trèfle violet (HODEN et al., 1987) a mis en évidence l’influence négative de cette ration avec du trèfle violet sur les performances de production et de composition du lait. Les taux butyreux et protéique ont été en particulier anormalement bas par rapport à ceux observés avec des rations composées uniquement d’ensilage de maïs (HODEN et al., 1985). L’introduction de betteraves à cette ration mixte (HODEN et al., 1988) a permis d’améliorer significativement les conditions de lait et de matière utile ainsi que le taux butyreux. Les effets bénéfiques de l’introduction supplémentaire de betteraves sont vraisemblablement à attribuer d’une part à des modifications d’orientations fermentaires dans le rumen (acide butyrique) favorables à la synthèse des matières grasses (JOURNET et CHILLIARD, 1985) et d’autre part au meilleur niveau d’apport énergétique pour la synthèse des protéines (REMOND, 1985).
SEEGERS et al. (1989) ont observé que l’utilisation d’ensilage d’herbe en quantité importante dans des rations à base d’ensilage de maïs conduit à une amélioration des taux protéiques ; dans ce cas, l’utilisation d’ensilage d’herbe est un indice de la maîtrise globale du système alimentaire et de l’utilisation raisonnée des différents fourrages disponibles (COULON, 1991).
L’introduction de la luzerne déshydratée de qualité en substitution partielle de l’ensilage de maïs a permis d’augmenter la production de lait et de faire baisser le taux butyreux sans affecter le taux protéiques (PEYRAUD et DELABY, 1994). Par contre, l’introduction de la luzerne déshydratée dans la ration de vaches laitières alimentées avec de l’ensilage d’herbe et de l’ensilage de maïs complémentés par du tourteau de soja, a permis de diminuer les quantités de tourteau de soja sans modification de la production laitière ni du taux butyreux du lait. En revanche, le taux protéique a augmenté sans modification du taux de caséines (THENARD et al., 2002).
Le taux protéique augmente donc de manière linéaire avec les apports énergétiques (COULON et REMOND, 1991 ; BONY et al., 2005) sauf lorsque l’augmentation de ces apports est réalisée par l’adjonction de matières grasses qui, quelle que soit leur origine, ont un effet dépressif. Au contraire, le taux butyreux tend à baisser dans le cas de niveaux énergétiques très élevés en raison de l’arrêt de la mobilisation des réserves corporelles qui entraînent souvent une augmentation du taux butyreux (DOREAU et CHILLIARD, 1992).
Par ailleurs, le taux protéique dépend aussi de la couverture des besoins en acides aminés indispensables, lysine et méthionine en particulier (RULQUIN et al., 1993). Donc de la nature des compléments azotés distribués aux animaux. L’augmentation du niveau des apports azotés dans la ration entraîne une augmentation conjointe des quantités de lait et de protéines secrétées, de sorte que le taux protéique est peu modifié (REMOND, 1985).
Enfin, différentes expériences ont démontré que le pois, excellente source de protéines et d’énergie pour les ruminants (CORBETT, 1997), pouvait constituer la principale source de suppléments protéiques pour les vaches laitières, en remplacement des tourteaux, de soja et de canola (CORBETT, 1995 ; PETIT, 1997 ; PELLETIER, 1999). La production et la qualité du lait se sont maintenues ou légèrement accrues, lors de ces essais, alors que le pois constituait jusqu’à 25 % des concentrés servis.

3.  Effets de la saison et du stade de lactation :

Les teneurs en matières grasses et en protéines évoluent de façon inverse à la quantité de lait produite. Elles sont maximales au cours des premiers jours de lactation, minimales durant les 2e ou 3e mois de lactation, et s’accroissent ensuite jusqu’à la fin de la lactation (SCHULTZ  et al., 1990 ; AGABRIEL et al., 1990). Le temps de coagulation augmente    en début de lactation, reste stable en milieu de lactation et, selon les auteurs, diminue (COULON et al., 1988), reste stable (MARIANI et al., 1982) ou augmente ensuite légèrement en fin de lactation (OKIGBO et al., 1985).
La saison agit essentiellement par l’intermédiaire de la durée du jour. La plupart des travaux ont en effet montré qu’une photopériode expérimentale longue (15 à 16 h par jour) augmentait la production laitière et diminuait parfois la richesse du lait en matière utile (PETERS et al., 1981 ; TUCKER, 1985 ; BOCQUIER, 1985 ; STANISIEWSKI et al., 1985 ; PHILLIPS et SCHOFIELD, 1989). Ces accroissements de production laitière sont associés à une augmentation des quantités ingérées (PETERS et al., 1981 ; PHILLIPS et SCHOFIELD, 1989), alors que la modification des équilibres hormonaux (augmentation de la prolactinémie) (TUCKER, 1985) pourrait entraîner une dilution des matières secrétées et donc une diminution des taux butyreux et protéique (BOCQUIER, 1985). D’autre part, l’augmentation de la température ambiante, lorsqu’elle se maintient dans la zone de confort thermique des vaches, pourrait avoir un effet propre favorable à la production laitière et défavorable à la richesse du lait, qui s’ajouterait à l’effet de la photopériode (BOCQUIER, 1985).
D’un autre côté et selon COULON et al. (1986), les variations saisonnières de la production laitière sont assez marquées ; il semble que les mois d’avril à juillet soient    les plus favorables et ceux d’août à novembre les moins favorables, ce qui expliquerait   la meilleure persistance de production des vaches ayant vêlé en hiver. Ce résultat est vraisemblablement dû à l’effet favorable de la mise à l’herbe et du début de la période de pâturage sur la production laitière.

Source:

MERIBAI, Amel 2010 . Influence de quelques paramètres de production (alimentaire et race) sur la composition du lait aptitude à la coagulation par des succédanés de la présure.

Télécharger le document complet PDF.

Previous post
Généralités sur le lait
Next post
Incorporation des drêches de distillerie du maïs dans l’alimentation animale

Leave a Reply