variabilité génotypique du blé dur (Triticum durum Desf.) vis à vis de la nuisibilité directe du brome (Bromus rubens L.) en conditions semi – arides

blé dur
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En Algérie, la céréaliculture couvre environ 35% de la SAU, ce qui représente 3 millions d’has dont 144.295 has au niveau de la wilaya de Batna (Bessad, 2006).

Cette spéculation est confrontée à plusieurs contraintes, parmi lesquelles, les mauvaises herbes dont les pertes occasionnées sont estimées à l’échelle mondiale à 9 % (Barralis, 1978 et Caussanel et al, 1986). Avec un désherbage chimique, elles représentent 13,1 % de l’ensemble des pertes engendrées par les ravageurs des cultures. Sans désherbage, ce taux s’élève à 19,04 %. Caussanel (1994),

En fait, les dégâts varient d’un continent à l’autre (de 10 à 56 % pour l’Afrique, selon Cramer, 1967).

Parmi les mauvaises herbes monocotylédones les plus redoutables, les bromes, dont la présence dans une culture annuelle telle que les céréales d’hiver, rend la lutte très difficile du fait de leurs morphologies, physiologies et écologies très proches (Fenni.,2003) Ces caractéristiques voisines compliquent le phénomène de compétition au niveau des facteurs hydriques, nutritifs et espaces.

La présence des bromes dans les cultures de céréales engendre des chutes importantes des rendements dans de nombreux pays (Cheam, 1987), comme le Maroc (60 % à 98 %, dans le cas de fortes infestations (R’zozi et al., 1997; Bouhache et al., 1997 ; Taleb, 1997; 1998 et 2000)) et la France (10 à 30 qx/ha (Delattre et al., 1998).

En Australie, Bromus diandrus L. à 100 plantes / m2, affaibli le rendement du blé de 30 % (Gill et al., 1987). Au Etats Unis d’Amérique, B.tectorum L. diminue le rendement de 40 % (Rydrych, 1974). En Algérie, les pertes sont évaluées entre 20 et 50 % (Laddada, 1979). Dans la région de Sétif elles représenteraient 25% de la production potentielle (Kadra, 1976).

La lutte chimique est essentielle et généralement très efficace, cependant les problèmes environnementaux et de santé engendrés par l’utilisation massive de ces molécules deviennent préoccupants.

Devant cet état de fait et afin de remédier à cela, il est important de chercher des moyens complémentaires.

L’un de ces moyens serait l’emploi de la compétition ; or si les cultivars de blé différent dans leurs capacités compétitives vis-à-vis des mauvaises herbes, il serait intéressant de choisir ceux qui sont plus compétitifs (Odobasic., 1997)

Néanmoins, au cours de ces dernières décennies, la sélection a privilégié la diminution de la taille et l’augmentation de nombre et du poids des grains. Ces caractéristiques sont reliées à une faible aptitude des variétés a bien tolérer les situations de concurrence avec les mauvaises herbes.  (Caussanel, 1997).

A l’heure actuelle et dans le contexte de la conservation des écosystèmes, les recherches se trouvent confrontées au choix variétal qui peut résoudre ce problème et être un des éléments techniques pour raisonner la lutte contre les adventices.

C’est dans ce contexte que notre travail s’est réalisé. Il porte sur l’évaluation de la compétitivité de neuf variétés de blé dur (Triticum durum Desf) vis-à-vis de Bromus rubens L. (à 100 et 200 plants /m²) assez répondu dans les régions semi-arides.

L’intérêt de rechercher cette variabilité est de faire un choix pour l’affectation de ces génotypes les plus compétitifs aux zones où cette mauvaise herbe existe aux densités tolérées, tout en évitant le désherbage systématique et excessif.

La variabilité recherchée repose sur les conséquences de concurrence sur l’évolution de la biomasse, de la hauteur, de la précocité, des composantes de rendement, de la teneur en azote et en protéines du grain.

Le présent travail illustre  un aperçu global sur les mauvaises herbes, le comportement des bromes et du blé,  la nature du matériel végétal utilisé, la méthodologie adoptée et en dernier, les résultats obtenus.

Résumé

En Algérie, la concurrence des mauvaises herbes constitue une contrainte au développement de la céréaliculture et les dégâts causés sont importants.

Parmi les adventices monocotylédones qui constituent actuellement un problème crucial et ne cesse d’envahir les céréales en  zones arides et semi arides on note la cas du brome rougeâtre. Pour y remédier, les agriculteurs font recours aux traitements chimiques qui ne semblent pas résoudre le problème aussi, la diversité variétale des céréales montre une variation dans l’adaptation aux situations de concurrence.

La recherche de génotypes de blé dur tolérants le brome rougeâtre sera peut être, une solution pour minimiser l’utilisation d’herbicides en affectant ces génotypes aux milieux infestés par cette espèce de brome.

A partir d’un essai au champ sur la réaction de neuf génotypes de blé dur à la présence de trois densités de bromes ; 0 -100 et 200 Plts/m² du point de vue accumulation de matière sèche, Hauteur, précocité, composantes du rendement, teneur en protéines, il s’est avéré que l’action du brome débute tôt (au stade tallage ) et se poursuit tout au long du cycle et que la densité 200Plt/m² est plus contraignante que la densité 100 plts/m²

Pour tous les paramètres étudiés, le brome rouge provoque des pertes, et que ces dernières sont positivement corrélées avec l’augmentation de la densité. Les neuf génotypes testés présentent une importante hétérogénéité dans leur réaction,et les pertes de rendement sont plus liées à celles du NG/m² (r= 0.80) qu’avec celles du PMG. La hauteur  explique à elle seule 84% des pertes de rendement en présence du brome et que la précocité  représente  73% alors que la biomasse aérienne n’explique cette variation qu’avec 53%. La prise en compte de ces trois paramètres explique cette variation à 83.50%. Les génotypes traditionnels (Hedba 3, Bidi 17 et Mbb) présentent une meilleure tolérance à la présence de cette mauvaise herbes au densités utilisées.

Mots clés : blé dur, Brome rougeâtre, Compétition, variabilité

Source:

BADA LEILA 2007.  variabilité génotypique du blé dur (Triticum durum Desf.) vis à vis de la nuisibilité directe du brome (Bromus rubens L.) en conditions semi – arides .

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