Usages traditionnels du safran

Usages traditionnels du safran
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Depuis plus de 3 000 ans, le safran est considéré comme une panacée, selon les médecines ayurvédiques, mongoles, chinoises, égyptiennes, grecques et arabes.

Les premiers écrits médicaux remontent au temps de l’antiquité égyptienne, vers 1550 avant J.-c. par le biais du papyrus d’Ebers. Ce traité, répertoriant plus de sept-cent substances tirées du règne végétal, en fait ainsi le socle de la pharmacopée égyptienne. Les vertus attribuées au safran y étaient déjà inventoriées notamment pour ses effets stimulants, euphorisants, digestifs et antispasmodiques .

Figure 26 : une page du papyrus d’Ebers
Figure 26 : une page du papyrus d’Ebers

Au cours des siècles suivants, les grands médecins et pharmacologues, que sont Hippocrate (IVe siècle avant notre ère), Dioscoride (Ier siècle), Avicenne (Xe siècle), ont continué à énumérer les vertus du safran.

Le safran faisait partie des ingrédients majeurs de la thériaque, authentique panacée jouant le rôle d’antidote universel. Il est bon de rappeler l’histoire de ce célèbre contrepoison. Au Ier siècle avant J.- C, le roi Mithridate VI expérimente un remède contre l’empoisonnement : « l’antidotum mithridaticum

», à base d’une cinquantaine de plantes. Un siècle plus tard, Andromaque, le médecin de Néron, l’enrichit en substances supplémentaires. Au cours des siècles suivants, la thériaque passe de cinquante-deux composants à cent-quarante-quatre. Elle se préparait en séances publiques solennelles afin d’en vérifier son authenticité et elle fut mentionnée dans le Codex français jusqu’en 1884, étant ainsi consommée jusqu’à la fin du XIXe siècle .

Figure 27 : vase à thériaque
Figure 27 : vase à thériaque

En médecine traditionnelle, cette drogue végétale est utilisée principalement comme antispasmodique en cas de quinte de toux et de dysménorrhées. La dose journalière est établie entre 0,5 g et 1 g de poudre .

Le « traité de matière médicale » écrit par Etienne-François Geoffrey (1672-1731), médecin et apothicaire énumère les propriétés du safran en ces termes : « il est apéritif, digestif, résolutif et un peu astringent : il atténue la masse du sang, il récrée les esprits ; c’est pourquoi on l’appelle cordial, et on le prescrit dans la syncope, la palpitation, et contre les poisons. Il fortifie l’estomac, il aide la digestion : il délivre les poumons d’une pituite trop épaisse, il adoucit la férocité âcre et irritante ; il apaise la toux ; c’est pourquoi quelques-uns l’appellent l’âme des poumons : et on l’emploie heureusement dans l’asthme et la phtisie. Il lève les obstructions du foie, il guérit la jaunisse, il remédie à plusieurs maladies de la matrice, il provoque les mois ; il aide d’une manière spécifique l’accouchement difficile, en faisant sortir le fœtus ».

Voici quelques formes galéniques dans lesquelles le safran entrait de toutes pièces ; elles étaient couramment dispensées en officine au XIXe siècle. Aujourd’hui leur usage est tombé en désuétude.

Poudre de safran :

obtenue par trituration de safran dans un mortier et dispensée ensuite à l’officine à la dose de 20 à 50

Pilule de safran :

administrée à la même dose que la poudre.

Electuaire de safran composé,

également nommé « confection d’hyacinthe », il s’agissait d’un remède employé comme vermifuge et contre les maux de ventre, et contenait un mélange de safran et d’absorbants (telle la minérale hyacinthe ou la terre sigillée).

Potion aromatique

contenant de l’électuaire de safran, de l’alcoolat de cannelle, de l’eau de fleur d’oranger, de l’eau de menthe poivrée ainsi que du sirop d’œillet.

A la même époque, d’autres médicaments étaient pris par voie interne et ne renfermaient que les principes solubles du safran ; ces médicaments étaient ainsi très actifs comprenant les principes solubles du safran qui étaient au préalable dissous dans des véhicules tels que l’eau, l’alcool ou le vin. Nous pouvons mentionner (10) :

Infusion de safran :

deux grammes de safran étaient infusés dans un litre d’eau pendant une heure. Cet usage était fréquemment employé.

Le safran pris en infusion, dans la médecine traditionnelle était surtout apprécié pour sa qualité d’emménagogue mais également pour son action dans les troubles d’ordre digestif comme les coliques intestinales (32). On pouvait aussi y voir ajouter du thé vert, de la camomille ou des fleurs de tilleul.

A l’heure actuelle, il n’est pas rare de consommer les stigmates de Crocus sativus en tisane. La concentration usuelle est comprise entre 0,5 g à 1 g par litre d’eau et l’infusion opère en une quinzaine de minutes. Cependant, au vu de son prix élevé, le safran est souvent incorporé en quantité infime à des préparations contenant d’autres plantes, telles que la marjolaine, la passiflore, la mélisse, des pétales de fleurs d’oranger, dans un but de renforcer l’action positive existant sur le stress et l’apaisement.

Teinture de safran :

Elle était préparée en faisant macérer pendant une dizaine de jours dix grammes de safran dans 100 mL d’alcool à 80°. C’était un excellent

Extrait de safran :

très peu utilisé, et se préparant via l’évaporation de la teinture alcoolique afin d’obtenir 5 % d’extrait Le safran entre également dans la composition de plusieurs remèdes traditionnels de grande renommée.

Source:

Benosman, Sarah 2018. etude du suivi des étapes de greffage du citrus clementina sur citrus aurantium.

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