Usages du safran

Usages du safran
Share this post with friends!

Dans les articles précédents, nous avons parlé de l’Usages traditionnels du safran et Usage culinaire du safran.

vous pouvez les consulter dans les lien suivants:

Usages traditionnels du safran

Usage culinaire du safran

dans ce article nous parlons sur d’autres usages du safran

Teintures et peintures

Les stigmates présentent une teinture jaune soluble dans l’eau, à très fort pouvoir colorant puisqu’une partie de safran peut colorer en jaune 100 000 parties d’eau. Afin d’avoir une idée concrète de son pouvoir tinctorial, cela revient à dire qu’un gramme de safran suffit à colorer en jaune les deux cent litres d’eau contenus dans une baignoire. Les propriétés colorantes remarquables du safran sont principalement dues à la crocine, colorant n° 75100 du Colour Index qui, accompagnée de petites quantités de caroténoïdes à l’état libre (α-crocétine, β-crocétine, et δ-crocétine, carotènes, zéaxanthène, lycopène) constituent le jaune naturel n° 6 du Colour Index.

Il s’agit d’une teinture directe qui colore les fibres plongées directement dans la solution tinctoriale. Une décoction de stigmates teint en peu de temps la laine, la soie et les fibres végétales en orange ou jaune intense. Plus les teintures sont concentrées en couleurs, plus elles résisteront à l’exposition au soleil et à la lumière (9).

A travers les siècles et les civilisations, le safran a trouvé sa place comme colorant à la fois pour les teintures et pour les peintures. En effet, de l’Inde à l’Irlande, en passant par la Grèce et Babylone, le safran était utilisé pour teindre les étoffes telles que les robes de noces, les vêtements  et  chaussures des rois, les bandelettes des momies, la laine des tapis persans (fig.44), la toge des moines bouddhistes (sari). Il entre aussi dans la composition de peintures, et ce, depuis l’antiquité, sur des supports tels  que des papyrus, des parchemins, du bois ou des murs. Un des plus vieux exemples est la fresque du temple de Minerve à Elis (1) et, plus récemment, les fresques de la chapelle Sixtine peintes par Michel- Ange, au XVIe siècle .

Figure 28 : le jaune du safran illumine ce tapis d'Anatolie centrale 
Figure 28 : le jaune du safran illumine ce tapis d’Anatolie centrale

Dans l’industrie textile d’aujourd’hui, « l’or rouge » joue encore un rôle important pour teindre certains tapis d’Orient. Mais, la tendance est quand même à préférer des produits plus stables et moins onéreux, issus notamment de la chimie de synthèse.

Calligraphie

L’art de la calligraphie a également eu recours à la précieuse épice, qui était mélangée à de l’encre afin d’obtenir de l’encre rouge ou de l’encre jaune selon la destination des écritures. L’encre de safran rehaussait de sa lumière les textes religieux tels que le Coran et les Evangiles.

Histologie

Le safran est employé dans certaines colorations cytologiques de routine, au côté de l’hématéine ou hémalum et de l’éosine ou érythrosine (coloration trichomique HES.). Il colore en jaune orangé les fibres de collagène grâce à ses pigments lipophiles.

Cosmétologie

Le safran est employé en cosmétologie selon des traditions ancestrales puisque dans les pays orientaux, on l’utilisait absorbé en infusion ou en application cutanée, en macération dans du lait d’ânesse ou mélangé à des graisses pour ses vertus anti-oxydantes, en réponse à la volonté de garder une peau douce et jeune.

Le crayon khôl était en usage dans l’antiquité égyptienne. Il est encore d’ailleurs employé de nos jours pour maquiller les yeux en noir. En effet, les femmes orientales l’utilisaient afin de se protéger des agressions liées au soleil, au vent, au sable mais également d’éventuelles infections oculaires. Le khôl était en fait une poudre très fine obtenue en broyant des clous de girofle, du bois de rose, du safran et de l’antimoine.

Dans une autre catégorie, les femmes hindoues avaient usage du safran pour réaliser le bindi, le point jaune porté sur le front. C’est en quelque sorte un troisième œil symbolisant la bonne fortune et la conscience, et indiquant l’appartenance à un groupe religieux pour un homme ou la situation maritale pour une femme.

A la Renaissance, le safran était adopté par les femmes italiennes qui le mélangeaient à du citron.  Elles versaient ce mélange sur leurs cheveux et s’exposaient au soleil jusqu’à ce qu’ils prennent la couleur « blond vénitien » .

Le safran entre dans la composition de plusieurs produits actuellement sur le marché. On le retrouve dans les gammes cosmétiques suivantes :

Phyl’activ®

Au côté du lotus bleu, Crocus sativus agit sur l’ensemble des manifestations du vieillissement cutané telles que la fermeté, la vitalité, le regain d’éclat avec différentes galéniques : crème de jour, masque revitalisant, émulsion restructurante fermeté, sérum antirides, soins contours des yeux restructurant, etc. 

Figure 29 : gamme Phyl'activ®
Figure 29 : gamme Phyl’activ®

Parfumerie

Avec les fleurs, les agrumes et les bois, les épices sont des constituants essentiels de la parfumerie, et leur utilisation n’a jamais décliné. Elles apportent de la force, du caractère et de la puissance au parfum.

L’utilisation du safran en parfumerie n’est pas récente. En effet, du temps de l’Egypte antique, Cléopâtre utilisait déjà le safran comme ingrédient de la célèbre eau de toilette nommée kyphi. Il s’agissait d’une préparation à l’allure d’un parfum solide, composée de safran, de joncs odorants, de cannelle, raisins secs, myrrhe, vin, miel, etc. dont le but était de séduire les amants.

Le kyphi était également brûlé, tel l’encens, libérant une odeur aromatique douce, tout en relaxant et apaisant les esprits . Parallèlement, à Rome, un parfumeur nommé Cosmus créa une eau de  rose, composée de : fleur de rose, fleur de safran, jonc odorant, cinabre, miel, fleur de sel et de vin.

C’est à partir du safranal, qui est, rappelons-le, le principal composé odorant de notre épice qu’on obtiendra la note « safranée » . Aujourd’hui, on retrouve cette note boisée, douce et harmonieuse, dans la composition de différents parfums féminins et masculins, au potentiel original et dépaysant.

Source:

Benosman, Sarah 2018. etude du suivi des étapes de greffage du citrus clementina sur citrus aurantium.

Télécharger le document complet PDF.

0 thoughts

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.