Systématique de la famille des Megachilidae

Systématique de la famille des Megachilidae
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Traditionnellement toutes les abeilles sont classées au sein d’une seule famille, celle des Apidae. Toutefois, ces dernières années les sous familles d’abeilles ont été élevées au rang de famille. Les Megachilidae sont considérés comme une famille distincte autrefois divisé en deux sous familles : Lithurginae et Megachilinae (Michener, 1993) et plus récemment en deux sous familles : Fideliinae et Megachilinae (Michener, 2007). Les abeilles Megachilidae sont une des plus grandes familles d’abeilles ; avec 95 genres et 3170 espèces dans le monde (Ungricht et al, 2011). Ils sont présents dans les 6 régions zoogéographiques et sont classés avec les Apidae dans le groupe des abeilles à longue langue qui sont caractérisées par des palpes labiaux nettement allongés et aplatis. Morphologiquement, les Megachilidae sont peut être le groupe le plus homogène et le plus distinct et sont donc facilement reconnaissables parmi les familles d’abeilles (Krombein et al., 1979). L’’inclusion de la sous famille des Fideliinae a toutefois rendu la famille plus difficile à circonscrire (Roig- Alsina & Michener, 1993). Les représentants de la sous famille des Megachilinae sont généralement reconnus par leur corps robuste et leur grosse tête presque carrée.

1 Clé des sous-familles des Megachilidae (Michener, 2007)

1. Trois cellules submarginales (figure 8 a),deux chez Pararhophites (figure 8 b); mandibules des femelles avec une dent préapicale (parfois suffisamment agrandie que la mandibule est bilobée ou bifide ou simple); tergite 6 des femelles au moins postérieurement, minutieusement rugueuse, souvent avec une arête latérale , la plaque pygidiale, si présente, occupe la majeure partie exposée de la surface du tergite; suture subantennale dirigée vers le milieu du bord inférieur de la cavité antennaire, ou le plus souvent si courte que sa direction ne peut pas être facilement déterminée………………………………………………………………………………………Fideliinae

2- Deux Cellules submarginales (figure 8c), mandibules de la femelle ayant trois ou plus de dents (sauf chez les Dioxyini et chez un petit nombre de megachiles qui ont une mandibule bidentés plus allongée), tergite 6 de la femelle généralement avec des poils, et plaque pygidiale généralement absente , si présente, alors représentée que par un étroit processus au centre de la marge apicale (figure. 7); suture subantennaire dirigée vers la marge extérieure de la cavité antennaire (figure. 6 a) …………………………………………………………………………………………………..Megachilinae

2 Sous famille des Fideliinae

Il s’agit d’une sous-famille archaïque avec une distribution disjointe dans les zones xériques de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Cette famille est divisée en deux tribus : les Pararhophitini et les Fideliini. Chez les Fideliini, la surface du tergite 6 de la femelle est nettement rugueuse, souvent entourée latéralement et se termine en arrière par une crête ou une carène peut-être constituant une large plaque pygidiale. Le tergite 6 est glabre ; chez les Pararhophitini, la partie basale du tergite 6 est couverte de poils mais la partie distale est glabre, le tibia des pattes antérieures, médians et postérieurs est grossièrement dentelé, parfois avec des dents fines étroites c’est à dire présentant l’état appelé cilié.

 

Figure 8. Aile des Fideliinae.  a : pararhophites orbinus (Morawitez) ; b : Neofedilia porfuga (Michener, 2007)
Figure 8. Aile des Fideliinae.
a : pararhophites orbinus (Morawitez) ;
b : Neofedilia porfuga (Michener, 2007)
Figure 8 c. Aile antérieure d’une abeille Megachilinae présentant deux cellules submarginales (Photographie originale).
Figure 8 c. Aile antérieure d’une abeille Megachilinae présentant deux cellules submarginales (Photographie originale).

3 Sous famille des Megachilinae

Cette sous-famille est l’équivalent de la famille des Megachilidae chez la plupart des auteurs, c’est à dire ceux qui n’ont pas placé les Fideliinae dans les Megachilidae. Il s’agit d’une grande sous-famille, commune et diversifiée dans tous les continents. On compte cinq tribus dans la sous famille Megachilinae ; il s’agit des Lithurgini, Osmiini, Anthidiini, Dioxyini et Megachilini.

3.1 Description des tribus des Megachilinae

3.1.1 Tribu Osmiini

3.1.1.1 Genre Osmia Panzer, 1806

Le genre Osmia est entièrement noir, ou avec un éclat métallique vert, bleu ou bleu-vert. Le corps est robuste, et de longueur entre 7 et 15 mm. Le clypeus est convexe, rarement avec un tubercule de chaque coté. Sa marge apicale est tronquée, arrondie ou échancré. Les mandibules sont larges ou courtes avec 2 à 5 dents chez les femelles et 2 à 3 dents chez les mâles. Le thorax est arrondi, le postscutellum est vertical. Les tergites abdominaux portent des bandes apicales bien développées, cependant le. Premier est aplati avec un sillon antérieur profond. Entre les griffes des quatre pattes on trouve un arolia (figure 9 b). La scopa ventrale de femelles est pâle ou noire. Chez les mâles le tergite 6 possède une marge apicale lisse ou denticulée mais rarement avec une dent de chaque côté. Le tergite 7 est rétréci ou arrondi avec une échancrure apicale. Les Osmies sont des espèces précoces du printemps, ou printanières – estivales ou encore estivales, polylectiques ou oligolectiques, caractérisées par une relation plus ou moins étroite avec les plantes Fabaceae, Asteraceae et Lamiacaeae ( Banaszak &Romasenko, 2001).

 

Figure 9. a = Patte médiane de Megachile (Chalicodoma) sicula (Rossi, 1792) avec les griffes sans arolia. b = Patte postérieure d’un mâle d’Osmia tricornis Latreille, 1811 avec arolia entre les griffes (Photographies originales)
Figure 9. a = Patte médiane de Megachile (Chalicodoma) sicula (Rossi, 1792) avec les griffes sans arolia. b = Patte postérieure d’un mâle d’Osmia tricornis Latreille, 1811 avec arolia entre les griffes (Photographies originales)
3.1.1.2 Genre Chelostoma Latreille, 1809

Ce genre de taille de 5 à 15 mm est noir couvert de courtes pubescences pâles. Le corps est mince et cylindrique (figure 10). Le clypeus porte des tubercules uniformément convexes et dont la marge apicale est lisse ou denticulée. L’apex des mandibules est étroit. Les mandibules 2 et 3 sont dentées. Le thorax est ovale et allongé. Le postscutellum est horizontal. La partie horizontale du propodeum est bien développée, large, généralement séparée de la partie verticale par une carène. Les tergites abdominaux portent des bandes apicales mais parfois elles sont absentes. La partie antérieure de premier tergite abdominal est concave et la partie dorsale convexe. Le tergite 6 des femelles est triangulaire arrondi, couvert d’une pubescence blanchâtres; le tergite 7 des mâles porte des dents ou des lobes apicales. Le sternite 2 porte des processus de diverses formes. Les espèces de ce genre sont printanièresestivales ou totalement estivales. La plupart d’entre elles sont oligolectiques,  étroitement associés aux fleurs des espèces de plantes des genres Campanula et Ranunculus.

Figure 10. Genre Chelostoma avec un corps mince et cylindrique ( Photographie originale)
Figure 10. Genre Chelostoma avec un corps mince et cylindrique ( Photographie originale)
3.1.1.3 Genre Hoplitis Klug, 1807

Le genre Hoplitis est entièrement noir, rarement avec des maculations rouges et une pubescence pâle. Le corps est mince ou robuste. La taille est de 6-18 mm. La tête est arrondie plus étroite que le thorax ou de même largeur. Le clypeus est aussi large que long ou parfois plus large que long, convexe ou aplati. Les mandibules sont dentées. Le throax est arrondi. Le poscutellum est presque horizontal ; le propodeum possède une étroite partie horizontale. Sa zone médiane est mate ou brillante. Les tergites abdominales habituellement avec des bandes apicales, interrompues ou continues au milieu. Le premier tergite abdominal est légèrement concave à sa partie antérieure. La carène est absente entre les parties antérieures et postérieures. Le scopa ventral est blanche, jaunâtre ou rougeâtre. Le tergite 6 du mâle est arrondi  latéralement ou porte une dent. Le tergite 7 est triangulaire, avec des épines, des dents. Les sternites abdominales ont un épaississement au milieu. Les espèces sont printanières – estivales ou seulement estivales avec une longue période de vol. Elles sont polylectiques ou oligolectiques, caractérisées par des relations plus ou moins étroites avec les Fabacées (Camapanule et Echium),

3.1.2 Tribu Anthidiini :

Cette tribu comprend des espèces noires avec des taches jaunes ou jaunerougeâtres, ou complètement noires mais rarement avec maculations blanchâtres. Elles possèdent une pubescence dense, celle-ci est clairsemée chez les genres parasites.

La longueur du corps varie entre 6-9 mm et 14-19 mm. Certaines espèces parasites sont très petites (3-5 mm). La tête est aussi large que le thorax ou un peu plus étroite avec ou sans des taches plus ou moins abondantes. Le clypeus est complètement noir, jaune ou noir avec des taches jaunes, est soit deux fois plus large que long, soit plus long que large ou légèrement plus large que long. La marge apicale du clypeus est denticulée ou lisse, arrondie ou tronquée. Les mandibules sont généralement larges chez les femelles avec 3 ou 6 dents à l’apex. On trouve parfois de petites dents insérées entre les grandes (genre Proanthidium et certaines espèces d’Anthidium Chez les mâles on trouve généralement trois dents et rarement deux.

Le labre est court mais large à l’apex. Le scutum et le scutellum sont noirs ou maculés de jaune. Les axilles sont arrondis latéralement. Le scutellum porte des dents latérales (Proanthidium) , chez le genre Icteranthidium et certaines espèces de Stelis les axilles avec des dents. Le postscetullum et le propodeum vertical portent une longue pubescence assez dense. Tergites abdominales avec taches ou bandes jaunes ou complètement noires. Le premier tergite abdominal est légèrement concave. Le tergite 6 des femelles est allongé ou triangulaire.

Le tergite 7 des mâles est lobé, épiné allongé ou arrondi avec de grandes dents. Les femelles (à l’exception des genres parasites des Anthidiini ) ont une scopa ventrale dense et blanchâtre, dorée, rouge ou marron- rougeâtre. La marge apicale des sternites abdominales des mâles comporte une frange dense arrondie, lisse ou avec une légère émargination, quelque fois avec des dents. Les pattes sont noirs, gris-bruns avec des taches jaune – rougeâtre ou complètement jaune (Figure 11). La majorité des espèces sont polylectiques, beaucoup d’entre elles préfèrent les fleurs de  Fabaceae, Lamiaceae et Asteraceae. Les espèces oligolectiques sont caractérisées par des relations trophiques étroites avec les fleurs des Fabaceae et Asterceae. Les espèces sont estivales. (Banaszak & Roamsenko. 2001)

3.1.2.1 Genre Stelis Panzer, 1806

Les Stelis Panzer, 1806 est un genre d’abeille de la tribu Anthidiini et sous famille Megachilinae, de petite taille (4 à 14 mm), cleptoparasite noir avec une pubescence clairsemée. La marge apicale du tergite est colorée en rouge-marron parfois avec de grandes taches jaunes ou de petites taches blanchâtres latéralement. La ponctuation est abondante sur le corps.

La tête et les tergites abdominaux deviennent grossiers sur le scutum et le scutellum. L’axille est parfois rond avec des dents. La partie horizontale du propodeum est concave et peut être séparée de la partie verticale par une carène. Les sternites abdominales sont noires ou rouge – marrons et leurs marges apicales sont lisses avec une émargination. On trouve au milieu une frange avec un épaississement. Les griffes sont noires, rouge –marron marrons ou jaunes. Le tibia antérieur avec dents parfois avec longue épines (Banaszak et Romasenko 1998). Les Stelis sont des espèces printanières et estivales, en compte 30 espèces dans la région Paléarctique (Banaszak & Remasenko, 2001) et 22 espèces dans la région Ouest Paléarctique ( Warncke, 1992 d). Les hôtes de stelis sont d’autres espèces de Megachilinae: Anthidium, Lithurgus, Chelostoma, Heriades, Hoplitis, Osmia, Anthocopa, Chalicodoma.

Après la localisation du nid de l’hôte, la femelle du genre Stelis retourne à plusieurs reprises pour placer un œuf dans chacune des cellules hôtes avant qu’elles soient fermées, (Michener et al., 1955). Dans le sous-genre Dolichostelis, la femelle ouvre le joint de la résine du nid fini pour pondre ces œufs puis le referme avec la même résine de départ (Parker et al., 1987). Les larves de Stelis sont actives et ont des mandibules pointues avec lesquelles ils détruisent les œufs ou les larves (Michener, 2000).

Figure 11. Aspect général d’un Anthidiini ; corps avec des taches jaunes (Photographie originale)
Figure 11. Aspect général d’un Anthidiini ; corps avec des taches jaunes (Photographie originale)

3.1.3 Tribu Megachilini :

La tribu des Megachilini comprend des espèces de couleur noire ou bleue mais rarement noires- rougeâtres. Ce sont des abeilles avec un corps robuste ou mince et de longueur de 5-8 mm et de 15-19 mm. La tête est ronde est égale ou plus large que le thorax. Le clypeus est convexe, rarement aplati,. La marge apicale du Clypeus est arrondie, marginée ou tronquée, dentelées ou lisse, avec une grande dent au centre.

Les mandibules sont munies de 2-5 dents, rarement de 6. Le thorax est arrondi, rarement ovale allongé. Le scutum est modérément convexe, grossièrement ou finement ponctué. Les aisselles sont arrondies, parfois avec des dents aiguës. Le scutellum convexe est rarement aplati mais arrondi de chaque côté. La surface horizontale du propodeum peut être large et bien développé mais dans certains cas elle est peu développée. La zone médiane du propodeum est régulièrement ponctuée ou brillante. Les tergites abdominales possèdent des bandes apicales maculées ou non de chaque côté. La pubescence du corps est dense ou clairsemée, blanche, brun-jaunâtre, rougeâtre ou noire. Le tergite 6 des femelles est en général triangulaire, arrondi à l’apex. La scopa ventrale des femelles est blanche ou noire. Le Dernier tergite des mâles possède des lobes épinés ou arrondies à l’apex et porte des dents. L’arolia est absente entre les griffes des quatre pattes (figure 9 a)

Ce sont des espèces printanières et estivales avec une longue période de vol. Elles sont polylectiques ou oligolectique caractérisées par des relations plus au moins étroites avec les Fabacées, Asteraceae et Lamiaceae. ( Banaszak & Romasenko, 2001).

3.1.4 Tribu Lithurgini

Les espèces sont caractérisées par un corps robuste et un abdomen aplati avec des bandes apicales très développées. Le processus facial est développé chez les femelles mais absent chez les mâles. Le labre est de même longueur que le clypeus. Les mandibules portent une dent médiane longue, le palpe maxillaire avec 3 ou 4 segments, le palpe labial avec 4 segments sauf chez quelques espèces Paléarctiques (3 segments seulement). Le tibia des pattes antérieures et médianes portent deux rangées de longues épines le long de la surface extérieure. La plaque pygidiale des femelles est plate ou courbée dorsalement avec une épine apicale (figure 12), Celle des mâles est aussi plate avec une forme aplatie et large ou sous forme d’une longue épine. Les ailes ont une pubescence et un pterostigma court. (Banaszak & Romasenko, 2001) Le genre est représenté dans la région Paléarctique par deux sous genres Lithurgus et Lithurgopsis. Les représentants du genre sont associés trophiquement aux fleurs de la familles des Asteraceae (Lithurgus cornutus, Lithurgus chrysurus) et Malvaceae (Lithurgus dentipes )

Figure 12 : Abdomen de Lithurgus chrysurus (Fonscolombe, 1834) présentant un dard
Figure 12 : Abdomen de Lithurgus chrysurus (Fonscolombe, 1834) présentant un dard

3.1.5 Tribu Dioxyini

3.1.5.1 Genre Dioxys Lepeletier et Serville, 1825

Noir à pubescence grisâtre clairsemée. La longueur du corps est de 7-11 mm. La première cellule submarginale de l’aile antérieure est généralement beaucoup plus large que la seconde. La deuxième nervure récurrente aboutit après le début de la deuxième cellule submarginale ou interstitielle. Le scutellum est muni de longues dents latérales aiguës. L’abdomen est ovale. Les tergites 1, 2 et 3 des mâles et femelles sont parfois rouges tergite 6 des femelles est large, environ 2 fois plus large que longue. Le tergite 7 des mâles possède deux dents émoussées latérales. Les espèces sont des cleptoparasites de Hoplitis et Chalicodoma. Dans la région Paléarctique environ 15 espèces sont décrites (Banaszak & Romasenko, 2001)

Tableau 1 : Caractéristiques morphologiques des quatre tribus des Megachilidae (Michener, 2007)

Tableau 1 : Caractéristiques morphologiques des quatre tribus des Megachilidae (Michener, 2007)

Tableau 1 : Caractéristiques morphologiques des quatre tribus des Megachilidae (Michener, 2007)

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