Phytopathologie - cours

Symptômatologie, dégâts et seuil de nuisibilité des Meloidogyne

Symptômatologie, dégâts et seuil de nuisibilité des Meloidogyne

Il est peu probable de faire un diagnostic exact d’une maladie vermiculaire au seul examen de l’aspect externe du végétal. Dans tous les cas, il faut confirmer par une analyse nématologique qui s’avère indispensable.
Les symptômes souterrains et aériens de la plante peuvent être ainsi décrits:

1- Symptômes sur la partie souterraine:

La présence des galles sur le système racinaire constitue les symptômes spécifiques des attaques de Meloidogyne . L’espèce de Meloidogyne et la sensibilité de la plante hôte influencent la forme, le nombre et la taille des galles sur les racines (De Guiran, 1983; Karajeh et al., 2005).

2- Symptômes sur la partie aérienne :

Les symptômes ne sont pas spécifiques sur la partie aérienne de la plante et se traduisent par:

  • un ralentissement de la croissance et une diminution de vigueur du végétal.
  • une déficience généralisée due à l’action du pathogène.
  • un flétrissement et un jaunissement des feuilles.
  • une floraison et une fructification réduite et une chute de production (Stoll, 2002; Castillo et al., 2006).

L’incidence des nématodes sur les rendements dépend des densités initiales des populations, elle varie en fonction des conditions climatiques et édaphiques (Scotto la Massese, 1986; Jordan et Mitkowski ,2006).
Enfin, établir la relation entre la population des nématodes avant la culture et le rendement est un objectif primordial. Il faut souligner l’intérêt qu’il y’a de  prévoir  les  risques dus aux nématodes mais aussi le caractère souvent insidieux des attaques au champ.
En revanche, l’évaluation des pertes causées par les nématodes est difficile à établir de manière précise puisque leur effet dépend de la pathogénie, des conditions du sol, du milieu ainsi que l’espèce, voire même la variété du végétal.
Ainsi, la connaissance des seuils de nuisibilité résulte des tests menés dans les conditions de plein champ ou encore en pot. Ils varient entre 5 à 10 larves par gramme de  sol sur tomate pour Meloidogyne incognita (Di Vito et al., 1991;Wesemael et al., 2006).
Une étude menée en pots au Grande Bretagne montre que le potentiel infectieux de sol sur culture de ray- grass est de 1 à 228 larves de Meloidogyne naasi par gramme de sol (Raynal et al., 1989 ).
En Belgique, le seuil de nuisibilité de Meloidogyne incognita sur culture de tomate   et la laitue a été obtenu à partir de 25 larves par 100 cm3 de sol (Van Damme et al., 2005).
En Italie, des pertes de rendements causés par Meloidogyne incognita sur tabac apparaissent à partir d’une densité initiale de 1,5 oeufs par ml de sol (Di Vito et al , 1983) ; ce seuil de tolérance est de 0,054 oeufs et juvéniles / cm 3 de sol sur aubergine et atteint 2,2 pour le poivron ( Di Vito et al. , 1985 et 1986).
Enfin, les dégâts peuvent être plus importants du fait que ces nématodes créent des portes d’entrée pour d’autres agents pathogènes en synergie ; c’est le cas des champignons comme Fusarium, Verticillium et Phythophtora qui constituent parfois  des  facteurs  limitants d’une culture donnée (Whitehead, 1998). De même la présence de Meloidogyne joue un rôle important dans la propagation de certaines bactéries comme Pseudomonas solanacearum (Evans et al., 1993).

Source:

MEZERKET, Amina 2010 . Evaluation de l’efficacité des huiles essentielles de quelques plantes contre Meloidogyne incognita (White et Kofoid, 1919) Chitwood 1949 ( Nematoda : Meloidogynidae)

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