La plante médicinale Ajuga iva L

La plante médicinale Ajuga iva L
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Les plantes médicinales ont été employées pendant des siècles comme remèdes pour les maladies humaines parce qu’elles contiennent des composants de valeur thérapeutique (Nostro et al., 2000). Les substances naturelles issues des végétaux ont des intérêts multiples mis à profit dans l’industrie: en alimentation, en cosmétologie et en pharmacie (Bahorun, 1997). Il y a eu donc un réveil vers un intérêt progressif dans l’utilisation des plantes médicinales dans les pays développés comme dans les pays en voie de développement, parce que les herbes peuvent guérir les malades avec moins d’effets secondaires (Fouché et al., 2000).

1. Description de la plante

Ajuga iva (Chendgoura) est une petite plante vivace de goût amer de 5-10 cm, à tiges vertes rampantes et velues, à feuilles vertes de 14-25 mm de longueur, linéaires, denses et couvertes de duvets (Figure 1). Les fleurs sont violettes, roses, ou jaunes, de 20 mm de longueur, la lèvre supérieure de la corolle est réduite ou absente et la lèvre inférieure est divisée en trois lobes velus. Les lobes latéraux sont petits, alors que le lobe central est relativement plus large décoré dans sa base par un axe central jaunâtre avec des spots de la même couleur de la fleur, généralement en violet. A l’intérieur de la fleur il y a quatre étamines liées à quatre carpelles noirs. Les graines sont marrons et ont la taille des graines de Nigella sativa (Halimi, 2004).

Cette plante aromatique se développe dans le sol profond des terres friches à 2700 m de hauteur, dans la période étendue du printemps jusqu’à la fin de l’été. La période de floraison est entre Mai et Juin (Batanouny et al., 1999; Halimi, 2004). Elle est largement distribuée dans la région méditerranéenne: le sud de l’Europe et le nord de l’Afrique, en particulier en Algérie, Maroc, Tunisie, et en Egypte (Halimi, 2004).

2. Nomenclature de la plante

Règne: Plantae
Division: Spermatophyta (Angiospermae)
Classe: Dicotyledones
Ordre: Tubiflorae
Famille: Lamiaceae / Labiatae
Genre: Ajuga
Espèce: iva
Auteur: (L.) Schreber

Nom commun (Arabe): Chendgoura, (Berber): Taftelba, (Français): Ivette, Petit if, Bugle, (Anglais): Herb ivy, Musky bugle.

La dérivation du nom: Ajuga, du latin « Jugum« : joug. Avec le suffixe « a »: sans joug, du fait que la corolle est dépourvue de lèvre supérieure. iva, est un ancien nom féminin latin qui est utilisé pour la première fois pour cette plante (Tutin et al. 1972; Ghedira et al., 1991; Halimi, 2004).

3. Composition chimique de la plante

La plupart des plantes contiennent les composés polyphénoliques, qui sont les meilleurs antioxydants (Rice-Evans et al., 1997). Les flavonoïdes et les tannins se trouvent en grande quantité dans l’Ajuga iva (El Hilaly et al., 2004). Elle contient aussi les anthocyanes, les acides phénoliques et d’autres substances en particulier l’ajugarine (Halimi, 2004).

Les études ont montrés que l’ivette contient les trois majeurs ecdystéroides (makisterone A, 20-hydroxyecdysone et cyasterone), en plus du 24,28-dehydromakisterone A et les deux nouveau phytoecdystéroides (22-oxocyasterone et 24,25-dehydroprecyasterone).

Elle contient aussi le 2-deoxy-20-hydroxyecdysone, le polypodine B et le 14,15-dihydroajugapitine (Wessner et al., 1992 ; Bondi et al., 2000). Ben Jannet et al. (1999) ont isolés les ivaïdes A, B et C d’Ajuga iva. Les cicatrisants (externes), les diterpénoides (clérodane), les iridoïdes et saponosides acides sont aussi des composés chimiques que les chercheurs les trouvent dans l’Ajuga iva , elle est très riche en fer (Ben Jannet et al., 2000).

4. Utilisation traditionnelle de la plante

En médecine traditionnelle, Ajuga iva (L.) Schreber (Labiatae) est utilisée entière sans racines. En Algérie, elle est employée, après macération aqueuse de plusieurs jours ou en poudre, pour traiter le diabète et l’hypertension. Elle est aussi consommée en poudre sec ou avec du miel pour surmonter son goût amer, pour traiter les troubles gastro-intestinales et contre l’ulcère de l’estomac. L’infusion de 20 à 30g de Chendgoura dans un litre d’eau; 2 ou 3 tasses par jour est indiquée contre la fièvre, la diarrhée et les gaz. L’ivette est efficace contre les maux de tête et les maux de dents (mâcher une feuille fraîche).

En usage externe, elle est souvent employée en applications locales contre les rhumatismes, et comme antiseptique et cicatrisante sur les plaies. D’autre part, la macération ou l’infusion serait utile pour débarrasser le cuir chevelu des parasites. En plus, elle a un effet antifongique et antimicrobien. Généralement, Ajuga iva possède toutes les propriétés de Artemisia herba alba et Thymus vulgaris.

Chenni et ses collaborateurs (2007) ont étudié l’extrait aqueux d’Ajuga iva qui diminue les endommagements issus du stress oxydatif chez les rats traités par des doses élevées de cholestérol. Dans le même axe, Bouderbala et al. (2008) ont montré que l’extrait aqueux lyophilisé d’Ajuga iva peut réduire le stress oxydant et diminuer la péroxydation lipidique chez des rats hypercholestérolémiques. Et comme les flavonoïdes et les iridoïdes ont été isolés de cette plante (Ghedira et al., 1991), il a été suggéré que la défense antioxydante chez les rats hypercholestérolémiques traités par Ajuga iva peut être dû à ces composés. Les résultats des recherches de El-Hilaly et Lyoussi (2002) et de El-Hilaly et s es collaborateurs (2006) suggèrent que Ajuga iva peut être considérée comme un agent anti-diabétique et hypolipidémique chez l’homme. En 2004, El-Hilaly et ses collaborateurs ont trouvé que l’extrait aqueux d’Ajuga iva a des propriétés vasodilatatrices et est donc considéré comme agent anti-hypertensif.

Les études de Pascual-Villalobos et Robledo (1998; 1999) ont montré que l’extrait aqueux de Ajuga iva inhibe la croissance de la larve Tribolium castaneum (70-100% de mortalité).

Son effet insecticide est aussi étudié par Simmonds et Blaney (1992) contre Spodoptera frugiperda et S. littoralis. L’ivette a une activité antibactérienne contre Escherichia coliStaphylococcus aureus, Salmonella typhimurium et Pseudomonas aeruginosa (Ben Jannet et al., 1999).

Figure 17: Quelques photos d’ Ajuga iva. (A) la plante entière, (B) la fleure, (C) les feuilles et les fleurs.
Figure 1: Quelques photos d’ Ajuga iva. (A) la plante entière, (B) la fleure, (C) les feuilles et les fleurs.

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