physiologiques de la lactation

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1.  Formation de la glande mammaire ou mammogenése :

L’ensemble des phénomènes de développement et de différenciation structurales des tissus mammaires est appelé mammogenése (LARSON et SMITH, 1974 ; FORSYTH, 1989).

Avant la puberté, la glande mammaire se développe à la même vitesse que l’ensemble de l’individu. Pendant cette période, le tissu mammaire a une grande sensibilité aux stéroïdes, aux agents carcinogènes et aux virus. Au moment de la puberté, sous l’action des stéroïdes sexuels, survient une phase de croissance importante des canaux mammaires et du stroma.

Pendant la première gestation, le développement lobulo-alvéolaire mammaire s’accompagne de la mise en place d’une petite activité sécrétoire (le matériel sécrété est retenu dans les lumières des alvéoles. La structure canaliculaire représente environ 10 % de la masse cellulaire en début de gestation, et va se transformer en un ensemble tubulo alvéolaire qui en représente 90 % en fin de gestation. Chez la vache (ruminant à durée de gestation longue), le développement de la glande mammaire est pratiquement complet au moment de la mise bas. (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001).

Contrôle hormonal de la mammogenése :

La croissance de la glande mammaire survient au cours de la gestation à un moment ou la progestéronémie est élevée, les concentrations plasmatiques des œstrogéniques augmentent, celles de l’hormone lactogène placentaire sont très importantes. Il est logique de penser que ces hormones jouent un rôle essentiel au cours de la mammogenése (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001).

Pendant la gestation, les hormones stéroïdes, progestérone et oestrogènes d’origine ovarienne ou placentaire, sont alors responsables de la mise en place des canaux mammaires et des acini. L’hormone placentaire lactogène (HPL) participe également à la croissance de la mamelle. A coté des ovaires ou du placenta, l’antéhypophyse agit directement grâce à la prolactine, l’hormone de croissance (GH) et indirectement grâce à l’ACTH qui déclenche la production par les surrénales de cortisol. La progestérone ovarienne ou placentaire stimule la production par l’hypothalamus de la PIH (prolactin inhibiting hormone) ; celle-ci, hormone de même nature que GnRH en agissant sur l’antéhypophyse, freine la production de prolactine dont le taux reste faible pendant toute la gestation (INRAP, 1988).

2. Mise en place de la sécrétion lactée :

La lactogenèse est caractérisée par l’apparition, pendant la mammogenése, de l’activité synthétique de la cellule mammaire, et les éléments du lait restent dans la lumière des alvéoles. Au moment de la mise bas, avec la mise en place des mécanismes de sécrétion, la synthèse du lait devient considérable (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001).

Contrôle hormonal de la lactogenèse :

Dans les heures qui précédent la mise bas, l’équilibre hormonal responsable du maintien de la gestation est rompu. L’événement essentiel est l’augmentation du taux d’oestrogènes sanguins et la chute du taux de progestérone. Cette inversion provoque la production par l’antéhypophyse d’une décharge lactogène de prolactine. L’inhibition due à la PIH est levée.  La prolactine agit sur les cellules glandulaires de la mamelle en déclenchant leur activité sécrétoire ; la synthèse du lait ou plutôt du colostrum démarre (INRAP, 1988).

L’effet lactogène de la prolactine est direct au niveau de la cellule et il est toujours amplifié par d’autres hormones comme les corticoïdes, l’insuline et l’hormone de croissance (DJIANE et DURAND, 1977).

Lors de la mise bas, l’ocytocine responsable avec les prostaglandines des contractions utérines, contribue également au déclenchement de la montée laiteuse (INRAP, 1988).

3.  Entretien de la sécrétion lactée ou galactopoïèse :

Le maintien de la sécrétion lactée est dépendant de la vidange de la mamelle provoquée par la tétée ou la traite. Le maintien du mécanisme de sécrétion est donc lié au mécanisme de vidange de la mamelle appelé éjection (INRAP, 1988).

3.1 Contrôle hormonal de la synthèse lactée :

L’excitation de la tétine provoquée par la traite ou la tétée est transmise par voie nerveuse au niveau du complexe hypothalamo-hypophysaire qui sécrète la prolactine, de l’ACTH, et de l’ocytocine. Déversées dans la circulation sanguine, ces trois hormones contribuent à maintenir les acini en activité (INRAP, 1988).

3.2   Hormones galactopoéitiques et le réflexe neuro-endocrinien d’éjection du lait :

Du fait de son importance clinique et économique, le contrôle endocrinien de la production du lait a fait l’objet de très nombreuses études (LARSON et SMITH, 1974).

La tétée ou la traite, à l’origine de stimulations des récepteurs sensoriels du mamelon ou du trayon, provoque d’une part des libérations d’hormones hypothalamiques hypophysiotropes puis d’hormones hypophysaires (réflexe neuro-endocrinien d’entretien de la lactation) et d’autre part, des libérations d’hormones hypothalamiques neurohypophysaires (réflexe neuro- endocrinien d’éjection du lait (THIBAULT et LEVASSEUR, 2001).

Ainsi, l’entretien de la lactation est assurée par de très petites quantités de prolactine et par des hormones qui établissent un état métabolique particulier en agissant sur un ensemble du tissus cibles. (Tableau 04).

Tableau 04: Effets des principales hormones galactopoéitiques sur différents tissus cibles et conséquences sur la femelle en lactation (THIBAULT et LEVASSEUR, 2001).

Hormones Tissus Effets
PRL Glande mammaire Tissu adipeux Synthèse et sécrétion des composants du lait : régulation hydrique ; métabolisme

lipidique.

GH Tissu adipeux et foie Répartition différentielle des nutriments

vers la glande mammaire

HPL

(hormone     placentaire lactogène)

Tissu adipeux et foie Régulation des acides gras libres du sang
Oestradiol 17B (E2) Vaisseaux Augmentation du débit sanguin
Progestérone (P4) Glande mammaire, antéhypophyse, tissu adipeux Régulation hydrique : Diminution de la prolactine

Augmentation de l’activité lipoprotéine

lipase qui est diminué par E2

Les cellules myoépithéliales entourent les alvéoles et sont disposées longitudinalement autour des canaux galactophores. Leur contraction, induite par l’ocytocine, comprime les alvéoles et élargit les canaux, le lait s’écoule vers la citerne (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001).

L’efficacité de la vidange alvéolaire dépend de la cinétique de l’ocytocine dans le sang. Cette observation souligne l’intérêt du caractère pulsatile de la libération de l’ocytocine, pulsatilité qui, avec la rythmicité, caractérise la réponse au stimulus de la tétée (ou de la traite) et de la parturition. Ces stimulations spécifiques activent en particulier le mécano et les thermorécepteurs cutanés du mamelon (ou du trayon) (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001).

La qualité du stimulus de la mamelle est essentielle pour permettre une bonne vidange. Elle est fonction de deux facteurs :

  • L’un lié à la nature de la stimulation mécanique de la mamelle. Les coups répétés du veau lors de la tétée ainsi d’ailleurs que le massage de la mamelle avant la traite doivent provoquer une décharge d’ocytocine suffisante. Dans ce dernier cas, en plus de la nature du stimulus, le délai de la mise en place de la griffe doit être le plus court possible puisque l’ocytocine sanguine est détruite au cours des 4 à 5 minutes qui suivent sa libération au niveau de la post-hypophyse (INRAP, 1988).
  • L’autre est lié à l’environnement de l’animal au moment de la traite ou de la tétée. Toute perturbation de la femelle pendant la traite ou de la tétée entraîne une production faible d’ocytocine, en plus d’un stress survenant à ce moment et qui déclenche une production d’adrénaline par les surrénales et par les nerfs sympathiques mammaires. L’adrénaline agit sur les vaisseaux mammaires en provoquant une vasoconstriction qui freine l’arrivée de l’ocytocine au contact des cellules myoépithéliales (INRAP, 1988).

4.  Tarissement :

L’involution normale du tissu alvéolaire au cours de la lactation est plus au moins rapide selon les espèces ; la disparition totale des alvéoles a lieu après 3 à 4 semaines chez la vache. Le tissu alvéolaire est remplacé par du tissu adipeux dans lequel se développera une nouvelle masse glandulaire au cours du cycle de reproduction suivant. Avec la dégénérescence du tissu, la glande mammaire est envahie par des lymphocytes et des macrophages. Les lymphocytes restent implantés dans la glande mammaire, ils participeront à la production d’immunoglobulines lors de la phase colostrale du cycle de reproduction suivant (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001). Les vaches taries 60 jours avant le vêlage produisent 30 % en plus que celles non taries (SWANSON, 1965).

Ainsi la réduction de la durée de période sèche à partir de la durée standard de 6 à 8 semaines diminue la quantité de lait secrétée au cours de la lactation suivante : d’environ 10% pour une période sèche de un mois, et d’un peu plus de 20% lorsque la période sèche est omise (REMOND et al.1997).

5. Lactation :

A la naissance du jeune, la glande mammaire est fonctionnelle mais l’amplitude de la synthèse est faible ; elle devient très rapidement considérable après la première tétée. Ce phénomène se traduit par une hypertrophie importante de la cellule épithéliale mammaire caractérisée par une forte augmentation du contenu mammaire en ARN. Chaque cellule épithéliale s’enrichit rapidement en organites pour atteindre une activité synthétique et sécrétoire maximale. La production du lait est corrélée avec le nombre de cellules mammaires fonctionnelles (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001).

5.1 Colostrum :

Le colostrum est sécrété pendant les premiers jours après la naissance. Il sert à fournir au jeune les anticorps de la mère avant que ses défenses immunitaires propres ne soient fonctionnelles ; c’est le cas pour les espèces à placentation épithélio-choriale, comme les ruminants, pour lesquelles le transfert de l’immunité ne se fait pas avant la naissance (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001). C’est un liquide visqueux, de saveur âcre, de couleur jaune ou brune due à sa forte teneur en carotène ; il est de consistance sirupeuse et il coagule facilement à l’ébullition du fait de sa teneur élevée en albumines et en globulines. Il se caractérise surtout par la forte proportion des immunoglobulines qui peuvent atteindre jusqu’à 50 % des protides totaux, qui forment partie constitutive des anticorps qui jouent un rôle  capital pour l’immunisation passive du nouveau-né (DERIVEAUX et ECTORS, 1980).

5.2 Lait de vache :

Le lait est l’aliment idéal pour le nouveau–né, car à lui seul il peut en assurer la vie et la croissance au cours des premières semaines de son existence (DERIVEAUX et ECTORS, 1980). Le lait est synthétisé par l’acinus mammaire à partir d’éléments simples prélevés au niveau des capillaires sanguins. Chez les femelles sélectionnées, les éléments apportés par la ration ne suffisent pas pour assurer un haut potentiel de production, surtout en début de lactation. Le complément d’énergie provient alors du tissus adipeux de réserve mis en place pendant la gestation. Il est composé d’eau, de protéines, de sucres (essentiellement le lactose), de lipides, de sels minéraux et de vitamines.

Il contient aussi des facteurs de croissance et de nombreuses hormones souvent en quantité importante. La teneur en protéines est stable pendant toute la durée de la lactation pour une espèce donnée. Au contraire, le lait est plus riche en sucres et plus pauvre en lipides en début qu’en fin de lactation (THIBAUT et LEVASSEUR, 2001).

Tableau 05: Composition du lait de vache (DERIVEAUX et ECTORS, 1980).

  Matière

sèche (%)

Matière

grasse (%)

Protides

(%)

Caséines

(%)

Lactose

(%)

Cendres

(%)

Vache (suivant la race)  

12 à 15

 

3,5 à 5.5

 

3,1 à 3.9

 

2,5 à 2,7

 

4,6 à 5

 

1,6

6.  Courbe de lactation :

La courbe de lactation nous renseigne sur la production laitière d’une vache durant toute sa lactation. Il existe trois phases dans la courbe de lactation (CRAPELET et THIBIER, 1973).

  • Phase 1 :

Elle commence aussitôt après le vêlage, le premier lait étant le colostrum, il est consommé par le veau, et la lactation proprement dite commence à partir du cinquième jour après le vêlage. Cette phase dure 50 à 60 jours, et elle est marquée par une production croissante (CRAPELET et THIBIER, 1973).

  • Phase 2 :

Elle s’étend sur sept mois pendant lesquels la production laitière diminue lentement (CRAPELET et THIBIER, 1973).

  • Phase 3 :

Cette phase est caractérisée par une production laitière qui diminue plus rapidement ; elle est irrégulière et brutale sous l’influence d’une nouvelle gestation, et se termine par un tarissement (CRAPELET et THIBIER, 1973).

Figure 10: Courbe de lactation (Réseau Laitier Canadien, 1999).
Figure 10: Courbe de lactation (Réseau Laitier Canadien, 1999).

Source:

HADDJ, MAHAMMED Salah 2016 . Evaluation des performances de reproduction et de production laitière du bovin laitier moderne dans la région de GHARDAÏA.

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