Paramètres de fécondité et de fertilité chez les vaches

Paramètres de fécondité et de fertilité chez les vaches
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1 Notion de fertilité et de fécondité

1.1 Notion de fertilité :

La fertilité peut se définir comme la capacité de se reproduire, ce qui correspond chez la femelle à la capacité de produire des ovocytes fécondables.

Badinand, (1984) définit la fertilité par le nombre de gestations par unité de temps, quant à Chevallier et Champion, (1996) ils la définissent comme étant l’aptitude d’une femelle à être fécondée au moment où elle est mise à la reproduction.

Selon Seegers et Malher, (1996) ces critères visent à rendre compte des deux sous-ensembles qui sont classiquement distingués, à savoir la fertilité et la fécondité (figure 4).

Selon Cauty et Perreau, (2003) la fertilité est caractérisé par l’aptitude d’un animal donné à être fécondé .elle est appréciée par les taux de réussite à l’insémination.

Une femelle à un moment donné de sa vie peut être :

  • fertile (apte à être fécondée).
  • infertile (temporairement inapte à être fécondée).
  • stérile (définitivement inapte a être fécondée).

Les critères utilisés pour apprécier la fertilité sont :

  • le taux de réussite en première insémination.
  • le pourcentage des vaches nécessitant trois inséminations et plus.

 

Nombre de femelle mettant bas

Taux de fertilité = —————————————————-

Nombre de femelle mises à la reproduction

 

1.2 Notion de fécondité :

Chevallier et Champion (1996) définissent la fécondité comme étant un paramètre économique qui représente l’aptitude d’une femelle à être fécondé dans un délai requis.   

La fécondité peut se définir par le nombre de veaux annuellement produits par un individu ou un troupeau. Elle est plus habituellement exprimée par l’intervalle entre vêlages ou par l’intervalle entre le vêlage et l’insémination (ou la saillie) fécondante.

Seegers et Malher (1996), la considère comme étant l’aptitude à conduire à terme une nouvelle gestation dans un délais donné à partir du vêlage précèdent.

La fécondité peut être mesurée par :

  • L’intervalle vêlage – première insémination (IV1ère IA).
  • L’intervalle vêlage – insémination fécondante (IVIF).
  • L’intervalle vêlage – vêlage (IVV).

 

Nombre de produits nés, morts et vivants

Taux de fécondité = —————————————————-

Nombre de femelle mises à la reproduction

 

 

Figure 4 : Notions de fertilité et de fécondité appliquées en élevage bovin laitier.         (Tillard et al, 1999).
Figure 4 : Notions de fertilité et de fécondité appliquées en élevage bovin laitier.         (Tillard et al, 1999).

2 Paramètres de fécondité et de fertilité:

Un très grand nombre de critère sont proposés au tableau 1 pour décrire et quantifier la reproduction à l’échelle de troupeau. Les performances de reproduction annuelles sont établies au moyen de paramètres de fécondité et de fertilité. Ils comprennent :

 

2.1 Age au premier vêlage :

D’après Hanzen (1999), la réduction de l’âge au premier vêlage à 24 mois est considérée comme objectif optimal, il est l’un des paramètres permettant de conditionner la productivité de l’animal dans le troupeau. La précocité sexuelle permet de réduire la période de non productivité des génisses, d’accélérer le progrès génétique par une diminution de l’intervalle entre générations. En revanche, un allongement de l’intervalle entre vêlages est susceptible d’engendrer des pertes économiques au niveau de la production de lait.

Pour les génisses, on peut choisir la date de la première insémination, et donc la période approximative à laquelle elle vêlera toute sa vie.

 

Tableau 1 : Les principaux critères de mesure des performances de reproduction

et les objectifs. (Paccard, 1991).

Troupeaux laitiers objectifs
Fécondité : intervalle vêlage-fécondation =IVIAF

 

% de IVIAF supérieur à 110 jours

85 jours

 

< de 15%

Fertilité : Taux de réussite en première insémination= TRIA1

 

% de femelle à 3 IA et plus :

>60%

 

< 15%

Conduite : Intervalle vêlage- première insémination = IVIA1

 

% de IVIA1 supérieur à 90 jours

70 jours

 

0

Intervalle vêlage-première chaleur = IVC1

 

% de IVC1supérieurs à 70 jours=

< 45 jours

 

0

 

2.2 Intervalle vêlage- 1ère chaleur :

            Ce paramètre permet de quantifier l’importance de la fréquence de l’anoestrus post-partum, cette période qui suit immédiatement la mise bas, pendant laquelle aucun oestrus ne se manifeste. Cette durée est très liée au mode d’élevage, elle est toujours plus longue chez les femelles allaitantes que chez les femelles traites.

Selon Hanzern, (1999) Pour une femelle de race laitière allaitante, la duré de l’intervalle vêlage-1ère chaleur est de 35 jours, et inférieur de 40 jours pour Badinand et al, (2000).

Pour Jouet, (1998) l’intervalle velage-1ère chaleur doit être inférieur à 60 jours, alors que Metge et al, (1990) notent que 100%  des chaleurs doivent avoir lieu entre 40 et 70 jours.

 

2.3 Intervalle vêlage- 1ère insémination :

Cet intervalle traduit le délai de mise à la reproduction, il dépend à la fois de la durée de l’anoestrus post-partum, de la qualité de la surveillance des chaleurs et de la politique de l’éleveur (inséminations précoces ou tardives).

Selon Bonnes et al, (1988) et Metge et al, (1990)  la durée de l’intervalle vêlage- première  insémination doit être compris entre 40 et 70 jours pour toutes les vaches du troupeau.

Des inséminations réalisées avant 45 jours sont précoces et peuvent conduire à des taux d’échecs importants, il y a lieu donc de n’inséminer les vaches que  lors des chaleurs observées après le 45ème  jours post-partum.

 

2.4 Intervalle 1ère insémination – insémination fécondante :

Concernant l’IA1-IF, les vaches non fécondées en première insémination reviendront en chaleurs de façon régulière ou irrégulière. La majorité d’entre elles doit avoir un retour en chaleurs régulier (compris entre 18 et 24 jours) ; les retours entre 36 et 48 jours sont également réguliers, mais signent un défaut de détection ou un repeat-breeding.

L’intervalle IA1-IF dépend donc de la bonne réussite des inséminations et du nombre de cycles nécessaires pour obtenir une fécondation c’est-à-dire la fertilité. (Cauty et Perreau, 2003).

 

2.5 Intervalle vêlage – insémination fécondante :

C’est la somme des deux intervalles précédents. Un intervalle trop long peut être dû à une mauvaise détection de chaleurs et à des inséminations trop tardives. On considère que dans un troupeau, il ne doit pas y avoir plus de 25% de vache fécondées à plus de 110 jours et que l’intervalle moyen du troupeau doit être inférieur à 100 jours.

Selon Metge (1990), Paccard (1991), Hanzen (1999), Badinand et al (2000) la durée de l’intervalle vêlage-insémination fécondante doit être comprise entre 80 à 85 jours (Tableau 1).

 

2.6 Intervalle entre vêlages :

C’est le critère technico-économique le plus intéressant en production laitière qu’un critère de fécondité. Selon (Cauty et Perreau, 2003), cet intervalle rassemble les trois intervalles :

  • Le délai de mise à la reproduction.
  • Le temps perdu en raison des échecs à l’insémination.
  • La durée de la gestation.

La durée de gestation peut être considérée comme étant constante et on néglige l’incidence des avortements et mortalités embryonnaires tardives.

Selon Vandeplassche (1985), la prolongation de l’intervalle entre vêlages au delà de 13 mois se traduit par une perte économique, (essentiellement en  veau, en lait et en par conséquent du revenu de l’éleveur).

  

2.7 Indice de fertilité :

Nombre d’inséminations naturelles ou artificielles, réalisées à plus de 5 jours d’intervalle, nécessaires à l’obtention d’une gestation. Si le nombre des inséminations comprend celles qui ont été réalisées sur les animaux réformés, l’indice est dit réel, il doit être inférieur à 2,2. Dans le cas contraire, il s’agit de l’indice de fertilité apparent inférieur à 1,8.

 

2.8 Taux de réussite en première insémination (TRI1) :

C’est le rapport entre le nombre de vaches considérées comme gravides à un moment donné et le nombre de vaches inséminées, la première fois, il donne une bonne idée de la fertilité globale du troupeau.

Selon Metge (1990), l’objectif pour le taux réussite en 1ère insémination est de 70%. A moins de 60%, on considère que le niveau de fertilité du troupeau est mauvais.

  

2.9 Le taux de gestation :

Il est égal au rapport du nombre de femelles fécondées sur l’exploitation au nombre de femelles mises à la reproduction.

Selon Bonnes et al, (1988) le taux de gestation doit atteindre 90%, en-dessous de cette valeur on peut considérer que le résultat est mauvais

 

Nombre de femelles fécondées

Taux de gestation  = —————————————————-

Nombre de femelle mises à la reproduction

 

 

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