Origines et légendes du safran

Origines et légendes du safran
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L’histoire du safran, que ce soit au niveau de sa culture ou de son usage, remonte à plus de 3 500 ans et traverse plusieurs sociétés, continents et civilisations.

Il existe un mystère sur l’origine du safran. Il serait né quelque part entre la Turquie et l’Inde, se propageant ensuite autour du bassin méditerranéen oriental.

La fleur de safran serait en fait issue d’un ancêtre sauvage certainement d’origine grecque : Crocus cartwrightianus, une plante diploïde qui, à force de croisements, donna une forme mutante : Crocus sativus, espèce triploïde stérile apparue en Crète.

Dans la culture gréco-romaine (du VIIIe siècle J.-C. au IIIe siècle)

Des fresques situées au large de la Grèce antique attestent de la culture du safran aux alentours de 1600 av. J.-C. Au palais de Cnossos en Crète et dans les ruines d’Akrotiri sur l’île de Santorin, se trouvent des fresques évoquant la cueillette de safran .

Figure 1 : cueilleuses de safran, île de Santorin 
Figure 1 : cueilleuses de safran, île de Santorin

Du côté de la mythologie grecque apparaissent certaines légendes :

D’après Philon d’Alexandrie, Krokos jouait avec le dieu Hermès au lancer de disque. Il reçut un coup au front ce qui provoqua une blessure mortelle. De son sang répandu naquit ainsi la fleur de crocus.

Ovide, dans les Métamorphoses, donne une autre version mythologique : Crocus tombe amoureux de l’inaccessible nymphe Smilax. De part cet amour malheureux et impossible, tous deux furent transformés en fleurs ; « Et crocum in parvos versum cum smilace flores » (Crocus changé avec Smilax en petites fleurs) (5).

Selon la mythologie romaine, le safran serait né de l’étreinte charnelle entre Jupiter et Junon. D’où les propriétés aphrodisiaques qu’on lui attribue.

Du temps de l’Egypte ptolémaïque, Cléopâtre se servait du safran, à cause de ses propriétés cosmétiques, aphrodisiaques et à ses qualités de colorant. Elle élabora la première véritable eau de toilette nommée « kyphi » (préparation aromatique, contenant différentes substances broyées puis pétries avec du miel) qui devint par la suite un encens sacré par les égyptiens. A son propos, le grand historien Plutarque (46-125) écrivit : « le kyphi a le pouvoir de conduire vers le sommeil, d’éclairer les rêves, d’apaiser les tensions de l’anxiété quotidienne en amenant calme et quiétude à tous ceux qui le respirent » (7). Ainsi, on brûlait le kyphi le soir afin d’effacer les soucis de la journée.

Dans la culture perse

Dans l’Irak d’aujourd’hui, ont été découvertes des peintures préhistoriques âgées de 50 000 ans à base de pigments de safran.

Alexandre le Grand, roi de Macédoine, ainsi que son armée ont utilisé cette épice et répandu son usage lors des campagnes asiatiques, après l’avoir découverte de la manière suivante : en l’an 326 av. J.-C. dans le but de conquérir le Cachemire, il installa son campement dans une prairie à la frontière avec le Cachemire. La légende raconte que le lendemain matin, Alexandre le Grand, ignorant tout de la culture du safran, fut surpris d’apercevoir ses 120 000 hommes isolés au milieu d’un océan de fleurs violettes, apparues subitement pendant la nuit. Effrayés par ce spectacle et croyant à un maléfice, ils furent contraints de faire demi-tour sans même combattre .

Au IXe siècle av. J.-C. le safran était cultivé en Perse avec une production localisée à Derbent, Ispahan et aussi en Transoxanie. Il avait divers usages : pigment jaune, parfum, médicament, épice pouvant être associé au thé ou à la nourriture. C’est à partir de ces petites productions que le safran aurait été transporté en Chine, du temps de la dynastie des Yuan (1280-1368)  même si certains historiens pensent qu’il y serait parvenu suite aux envahisseurs mongols provenant de Perse.

La culture du safran était aussi répandue dans l’actuelle Turquie avec des récoltes concentrées au nord de la ville de Safranbolu. Actuellement, la culture y est toujours pratiquée et fait même l’objet d’un festival annuel.

Source:

Benosman, Sarah 2018. etude du suivi des étapes de greffage du citrus clementina sur citrus aurantium.

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