Phytopathologie - cours

Maladies et ennemis de la pomme de terre – mesures de défense

Maladies et ennemis de la pomme de terre - mesures de défense

ASSOLEMENT ET MESURES SANITAIRES

La culture continue de la pomme de terre sur un même terrain favorise la multiplication sur place des champignons et des bactéries pathogènes, ainsi que des insectes. Pour éliminer ces dangers, ou du moins les atténuer, l’assolement est la solution la meilleure.

Dès l’arrachage des pommes de terre, il faut ramasser et brûler les fanes et les tubercules rejetés. Au printemps, avant la plantation, ou peu de temps après, enterrer les tas de pommes de terre de rebut.

L’enfouissement des résidus de culture risque d’inoculer le sol de germes pathogènes. Les insectes hébergés dans les tiges et dans les tubercules peuvent hiverner dans les débris. Les plants issus des tas de tubercules de rebut, constituent, au printemps, le principal foyer de propagation des spores de mildiou qui infestent les nouvelles cultures.

Pour prévenir la jambe noire et la flétrissure bactérienne, désinfecter tout le matériel et tremper les couteaux à plantons dans un bain bactéricide.

VARIETES RESISTANTES

Bien qu’aucune variété ne résiste à toutes les maladies, quelques-unes sont plus résistantes que d’autres. Dans les régions où domine une maladie, on peut atténuer les pertes par la culture des variétés qui lui résistent le mieux.

TRAITEMENT DE LA SEMENCE

Les maladies comme la gale commune, la gale poudreuse, la pourriture sèche fusarienne et la rhizoctonie ont pour origine des organismes qui peuvent être véhiculés à la surface des tubercules. Le traitement de la semence détruit ces organismes. Néanmoins, si le sol est contaminé, le traitement de la semence ne prévient pas la réinfection des nouveaux tubercules.

FONGICIDES ET INSECTICIDES

Le seul moyen pratique de lutter contre un grand nombre de maladies fongiques et d’insectes nuisibles est d’appliquer des pulvérisations ou des poudrages préventifs et curatifs au stade où les organismes sont le plus vulnérables. Tous les produits recommandés détruisent les champignons et les insectes sans endommager les plants de pomme de terre.

Aucun insecticide ni fongicide n’est efficace contre toutes les maladies, ni tous les insectes de la pomme de terre. Le produit et la dose d’application varient selon les régions.

Avant d’arrêter son choix, il vaut mieux consulter le spécialiste provincial de la lutte contre les insectes et les maladies.

Pour que les antiparasitaires soient efficaces, il faut les utiliser au bon moment et avec le matériel qui convient.

Les poudres doivent être employées par temps calme, quand les feuilles sont humides. Les pulvérisations doivent se faire lorsqu’il y a peu de vent, que le taux d’humidité est élevé et que les courants thermiques de l’atmosphère sont descendants, soit à l’aube ou au début de la matinée.

Pour les champs de plus de 10 acres (4,05 ha), l’application aérienne a donné de meilleurs résultats et un coût de revient moindre.

Que l’on pulvérise par avion ou au sol, à volume élevé, faible ou très faible, la quantité de produit actif antiparasitaire à utiliser par superficie donnée demeure la même.

Pour de plus amples renseignements sur les pulvérisateurs agricoles, sur leurs pièces et sur la façon de les utiliser, consulter la brochure du ministère de l’Agriculture du Canada, Pulvérisateurs agricoles.

AMELIORATION DES POMMES DE TERRE DE SEMENCE

La qualité des plants est un aspect majeur de la production de pommes de terre. Les différents facteurs qui déterminent la qualité des semences établissent les normes pour les classes de certification des pommes de terre de semence partout où on les cultive. Ces normes traduisent les divers niveaux d’état sanitaire et de pureté des différentes classes de cultures de pommes de terre de semence certifiées. Elles sont appliquées aux cultures en croissance par l’intermédiaire de tolérances déterminées à l’égard des plants malades, anormaux et hors types ou variétés « étrangères » et de conditions de terrain relatives à la salubrité et à l’isolement par rapport aux autres cultures de pommes de terre.

Certification des semences. Les cultures de pommes de terre ont atteint les plus hauts niveaux de pureté et d’état sanitaire grâce à la participation des producteurs au programme de certification des pommes de terre de semence appliqué par le ministère fédéral de l’Agriculture.

La production et la conservation des classes de semence Élite sont les principales particularités du programme canadien de certification des pommes de terre de semence. Il existe actuellement cinq classes de semences et les pommes de terre certifiées faisant partie des classes Élite I et II représentent les stocks de base servant à produire toutes les semences des classes commerciales Élite III, Fondation et Certifiée.

Les seules cultures admissibles à la certification sont celles qui ont été ensemencées à partir de stocks des classes Élite I, II, III et Fondation.

Une culture en croissance est d’au moins une classe inférieure à celle des semences dont elle provient. Ainsi, commençant par Élite I, il y a un déclassement annuel continu des stocks de semences, à partir des stocks de base jusqu’à la production commerciale.

Contrôle à l’égard des virus. Dans les premières années d’existence du programme de certification, on s’est d’abord limité aux viroses évidentes des cultures en croissance, à cause de leurs graves effets sur le rendement. Toutefois, on est arrivé à un point dans l’amélioration des pommes de terre de semences où les maladies évidentes ont cessé d’être un problème majeur et que les moins évidentes ont commencé à recevoir plus d’attention. Les symptômes légers et souvent passagers de ces dernières ont soulevé un problème de contrôle qui ne pouvait être résolu par l’épuration; il a donc fallu adopter une nouvelle approche pour améliorer davantage l’état sanitaire des stocks de semences. Plusieurs pays ont mis sur pied un système de contrôle pour déceler la présence des virus dans les plants de pommes de terre qui semblaient être sains et, à partir des résultats de ces essais, obtenir des tubercules exempts de viroses. C’est maintenant une méthode employée dans tous les pays possédant des programmes dynamiques de certification des pommes de terre de semence.

Obtention de plants exempts de virus. Parfois, comme pour la plupart des anciennes variétés, tous les stocks connus d’une variété peuvent être complètement infectés d’un virus à l’état latent. On obtient des plants exempts de virus à partir de ces lots en cultivant des parties de tissu végétal de la variété voulue dans des conditions aseptiques. Cette méthode, connue sous le nom de « culture de méristèmes » repose sur la connaissance selon laquelle les points de croissance des germes de pommes de terre infectées sont souvent exempts de virus. Ainsi, plusieurs pays y compris le Canada, disposent de stocks exempts de virus de toutes les variétés de pommes de terre destinées à la production commerciale de semences.

Sélection clonale. On produit et conserve le matériel de semence Élite comme stocks de base exempts de maladies par les épreuves d’exemption d’infections bactériennes et virales, et par la méthode de sélection des clones. Un clone consiste en un certain nombre de tubercules ou de plants dérivés d’un même pied-mère par reproduction végétative.

Un clone peut se composer de quelques tubercules ou de plusieurs milliers, d’un seul plant ou d’une culture en croissance de plusieurs acres. La production de semences par sélection clonale signifie donc la multiplication des stocks à partir de la sélection de plants uniques et sains du type le plus désirable au sein d’une variété donnée, dans les étapes successives jusqu’à la production commerciale.

Qualité des semences. Pour la vente des pommes de terre comme semences provenant de cultures certifiées, les tubercules doivent posséder la pureté variétale et, dans la mesure du possible, être exempts de blessures et de difformités graves et de maladies évidentes. Toutefois, il ne faut pas s’attendre que les tubercules soient totalement exempts de toute meurtrissure mécanique et de toute maladie. Les meilleures méthodes de récolte, d’entreposage et d’emballage ne peuvent empêcher certains légers dégâts et les variétés les plus populaires sont très sensibles à une ou plusieurs maladies communes des tubercules. Quelques-unes de ces dernières comme le mildiou, la gale commune, la pourriture sèche fusarienne, la tache de la pelure, la rhizoctonie, la pourriture phoméenne et la tache argentée sont facilement visibles sur les tubercules. On ne peut déceler la nécrose fusarienne et certaines flétrissures que si l’on coupe les tubercules apparemment sains pour en exposer la chair. Cependant, les plus insidieuses des maladies transmises par les tubercules sont celles qui sont causées par les infections virales qui abaissent le poids total de la récolte, même si elles ne manifestent pratiquement pas d’effet visible sur la peau ou la chair des tubercules. Les programmes de certification des pommes de terre de semence sont conçus pour maintenir ces problèmes à leur minimum.

ENTREPOSAGE

Un bon entreposage permet la vente ordonnée de la récolte tout en conservant la qualité des tubercules. Les techniques varient selon le degré de maturité des tubercules et leur destination.

Pour entreposer les pommes de terre dans de bonnes conditions, les tubercules doivent être parfaitement mûrs, exempts d’écorchures, de coupures, de meurtrissures. Les blessures ouvrent la voie aux pourritures. Dès la mise en entrepôt, garder une température de 60° à 65°F (16° à 18°C) dans une atmosphère de 90% à 95% d’humidité relative durant 2 à 3 semaines. Ces conditions permettent à la peau de se raffermir et aux coupures et meurtrissures de se cicatriser.

Ensuite, si les tubercules sont destinés à la vente en frais immédiate ou à la transformation à une époque quelconque, garder à 50° F (10°C).

Les tubercules de semence, mis en entrepôt pour plus d’un mois, doivent être tenus à une température de 38° à 40° F (3° à 4°C). S’il faut les entreposer à 50° F (10°C) pour plus d’un mois, on emploiera un inhibiteur de germination. Maintenir le degré hygrométrique le plus élevé possible, sans toutefois occasionner de condensation sur les tubercules ni sur les murs de l’entrepôt.

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