Les modes de culture de tomate

Les modes de culture de tomate
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1-En plein champs 

Ce mode de culture est le plus répandu. Si l’irrigation est disponible, les plantations peuvent être faites en saison sèche. La mécanisation est souvent réduite à la préparation du sol.

Les producteurs cultivent surtout des variétés de type déterminé. Ainsi, l’agriculteur n’a pas la maîtrise de certains facteurs du milieu tels que la température, la teneur en CO2, et doit par ailleurs adapter la gestion de l’irrigation et de la nutrition minérale en fonction des caractéristiques physico-chimiques du sol. Les rendements en plein champs de la tomate peuvent varier de 20 à 100 t/ha, alors que les rendements sous serre peuvent excéder 500 t/ha  avec des maximas de 700 t/ha (HEUVELINK et DORAIS, 2005).

Une autre particularité à signaler en culture de plein champ est la conduite des récoltes, qui est fonction de la destination des fruits : en culture de tomate pour l’industrie, la récolte est unique et mécanisée alors qu’en culture pour le marché du frais, les producteurs étalent les récoltes sur plusieurs semaines. Cela a des conséquences sur la conduite de la culture en termes de gestion de la fertilisation, de l’irrigation, de la protection phytosanitaire notamment (HUAT, 2008).

 µConduite de la culture :

La multiplication se fait par semis, opération qu’il faut faire assez tôt, vers février-mars. Avant plantation proprement dite, il est important de placer les plants pendant plusieurs jours dans des conditions proches des températures extérieures afin de les acclimater (POLESE, 2007). Les jeunes plants obtenus sont à repiquer entre le 15 avril et le 15 mai sitôt que la période des gelées est passée, et que la température moyenne atteint 15C°.  La plantation  doit être effectuée dans un endroit ensoleillé.

Les tomates se plantent en ligne. La distance entre les plants doit être de 60cm et de 80 cm au moins entre les lignes (POLESE, 2007).

Il est nécessaire de les tuteurer, sauf pour les variétés à croissance déterminée pour lesquelles on prévoit seulement un paillage. La taille pratiquée traditionnellement consiste à ôter les gourmands et à étêter la tige principale après le 4éme ou 5éme bouquet.

La taille se fait comme suit :

  • phase 1 : laisser buissonner (le système racinaire va se développer) ; cette phase est très importante : elle permet à la plante de nourrir les nombreux bouquets qui naitront de façon plus précoce,
  • phase 2 : taille, choix des 2 ou 3 tiges les plus robustes,
  • phase 3 : taille classique sur les 2 ou 3 tiges jusqu’au troisième ou quatrième bouquet.

2-  Sous abri 

Les abris peuvent être en plastique ou en verre, chauffés ou non chauffés, avec  culture en sol ou en hors sol (PHILOUZE et LATERROT, 1992).

Ce système de culture vise à produire au long de l’année.  L’emploi de procédés modernes comme les serres, les tunnels de plastiques, le chauffage électrique des châssis a permis de réaliser des progrès considérables dans la rapidité , la qualité et l’abaissement des prix de revient des productions légumières  et maraichères (LAUMONNIER,1978).

Le climat spontané qui s’établi « sous abri » ne répond qu’exceptionnellement à la totalité des exigences des culture.il permet de se soustraire partiellement aux  « interdictions culturales » du climat extérieur- en particulier à celle liées aux basses températures- et d’éliminer les contraintes imposées par les épisodes pluvieux  ou la violence du vent.

  

  1. Serre 

Les serres sont conçues pour recréer un environnement dans lequel la température, l’humidité et la lumière sont contrôlées et modifiées pour optimiser les conditions de culture de plantes aussi diverses que les orchidées, les cactus, les tomates ou les citrons (ENCARTA, 2009). 

Les serres vitrées présentent une structure et une couverture permanente autorisant des équipements perfectionnés. Le verre ne vieillit pas, utilise bien la lumière et isole thermiquement un peu mieux que la plupart des matières plastiques (WACQUANT, 2005).

Les techniques les plus performantes sous serre ont été mises au point aux Pays-Bas, les rendements peuvent atteindre 400 à 450 tonnes par hectare (PHILOUZE et LATERROT, 1992).

µProcédures culturales :

  • Semis: est réalisé en caissettes supportées par des tablettes chauffées, la chaleur de fond soit de l’ordre de  25°C. certains producteurs  utilisent un éclairage artificiel complémentaire ;
  • Plantation: est effectuée au stade de l’apparition du premier bouquet floral sur des rangs distants de 0,80 m et à 0,40 m sur le rang. Notons que les distances sont variables en fonction des chapelles de la serre ;
  • Palissage: est assuré sur ficelles verticales fixées sur des fils de fer horizontaux fixés sur la charpente de la serre à 2,50 m du sol, leur base étant maintenue à terre par des fils de fer tendus horizontalement ;
  • Taille: la plante n’est pas taillée, mais ébourgeonnée. La tige unique peut porter de  7 à 10 bouquets de fleurs ;
  • La distribution des arrosages demande un certain doigté, notamment lorsque les fruits approchent de leur maturité (LAUMONNIER, 1979).

En hiver, il faut parfois utiliser un éclairage artificiel, en été, il faut protéger les parties en verre pour réduire l’intensité lumineuse. Pour réduire la chaleur, les vitres sont opacifiées et la serre est ventilée. En hiver, la chaleur vient en grande partie du soleil. Au besoin, un chauffage par circulation d’air chaud, d’eau chaude ou de vapeur peut être installé.

 

L’humidité est essentiellement régulée par la teneur en eau du sol. On l’augmente en vaporisant le sol. Les plantes en pot ayant besoin d’une quantité importante d’eau sont installées sur des bacs spéciaux (ENCARTA, 2009).

  1. Les tunnels plastiques

 C’est de produire, sans engager des  investissements trop lourds, du début Juin à la fin de l’été, des tomates répondant mieux que celles issues des cultures de pleins champs (WACQUANT, 1995).

Les tunnels présentent l’avantage d’un montage simple. Ils peuvent êtres sans grandes difficultés déplacés d’une année sur l’autre. Ce qui autorise un programme d’assolement et réduire le développement des maladies transmise par le sol. Au-delà d’une certaine époque, la couverture peut être retirée, afin de laisser la culture poursuivre son cycle à l’air  libre (CHAUX, 1971).

µType des tunnels utilisés :

On utilise des tunnels couverts de film plastique. Les dimensions des tunnels et la qualité du film varient selon l’investissement que veut ou que peut consentir le producteur. Les tunnels de 8m sont les plus répandus ; généralement, on couvre avec des films longue durée à effet thermique  (WACQUANT, 1995).

µ Observations générales sur la maitrise du climat :

  • Avant la mise en place, on ferme l’abri pour que la chaleur s’accumule ;
  • De la plantation jusqu’au stade 4eme bouquet, on ouvre entre 20 et 25° C et on ferme entre 18 et 20°C ;
  • En cours de culture, c’est le degré hygrométrique qui guide l’ouverture ou la fermeture ;
  • Pour le matériel végétal, on choisit les variétés selon leur valeur agronomique et la demande commerciale. Toute chose égale par ailleurs, on choisit les variétés s’adaptant le mieux aux conditions extrêmes (WACQUANT, 1995).
  • Conduite de la plante :

On plante entre 2ou  3 plants au mètre carré et on conduit entre 8 et 10 bouquets.                                                     On cherche en toute circonstance à utiliser la lumière au mieux pour la plante.

Avec l’intensification lumineuse des jours d’été, la plante s’adapte à cette augmentation de lumière en réduisant son système foliaire. A partir de ce moment, on

a intérêt, pour une bonne régulation du climat et une bonne production, à conserver des axillaires sur lesquels on laissera 2 à 3 feuilles (WACQUANT, 1995).

3-Culture de tomate hors sol 

C’est une culture dont les racines des plantes reposent dans un milieu reconstitué, détaché du sol. Le substrat, minéral ou organique, est neutre et inerte comme du sable, de l’argile ou de la laine de roche par exemple. Ce substrat peut être également d’origine industrielle. Ce milieu de culture est irrigué de façon régulière par des solutions nutritives adéquates à la plante cultivée. L’irrigation se fait grâce à un système de pompe comme les aquariums.

La culture hors sol représente aussi  la culture hydroponique. Il permet de développer des productions hydroponiques, supprimant ainsi certaines contraintes liées au sol. Les cultures hydroponiques, quant à elles, n’utilisent aucun substrat. Elles se font sur film d’eau  (NATURA VOX, 2007). 

      µLes avantages de culture hors sol :

  • La culture en hors sol, est l’une des technologies modernes utilisées aujourd’hui en horticulture, pour valoriser les terrains à problèmes, où d’importantes productivités sont impossibles autrement qu’avec un substrat de culture artificiel ;
  • C’est l’unique solution lorsque le sol naturel souffre de contraintes incorrigibles (terrain rocailleux, hydromorphes, salés, …), alors que tous les autres facteurs (climat, disponibilité et qualité de l’eau, proximité et prix du marché, …) sont favorables ;
  • C’est aussi la solution efficace pour d’anciens périmètres de monoculture surexploités dont les installations sont encore en bon état, pour continuer à produire, tandis que le sol est dans un état de fatigue (nématodes, fusariose vasculaire,…), où la restauration de sa productivité n’est plus possible, grâce aux interventions agronomiques courantes telle la désinfection.

Dans de nombreux cas, la reconversion plein sol/hors sol peut également s’avérer intéressante, si par rapport à la culture en plein sol, les éléments disponibles montrent que des gains substantiels de productivité et surtout de rentabilité en sont attendus.

D’une manière générale, pour tirer un meilleur parti de cette technologie (culture hors sol), les principaux facteurs forces mis en jeu sont le substrat, le potentiel variétal, la conduite sous abri (chauffé ou non) et la fertigation  (COUTEAUDIER et al, 1985).

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