Les exigences pédoclimatiques de la plante de tomate

Les exigences pédoclimatiques de la plante de tomate
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Les exigences climatiques 

L’apparition des différents organes de la plante (feuilles, tiges, rameaux, fleurs,…), leur forme et leur croissance sont influencées par l’environnement et en particulier par le climat. Les conditions climatiques favorables à la production dépendent à la fois des variétés considérées et du stade de développement (WACQUANT, 1995).

                  a)Température 

D’origine tropicale, la plante de tomate réclame à l’évidence un minimum de chaleur et exposition ensoleillée ; elle craint le froid et est détruite au-dessous de 2 °C, mais les  nouvelles variétés hybrides s’accommodent d’autres températures (POLESE, 2007).

Les semences germent à une température supérieure à 14°C et  inférieure à 40°C

(I.T.D.A.S, 2005).

La température est le principal facteur déterminant le développement des bourgeons floraux après leur initiation (HEUVELINK, 2005).

Les températures élevées favorisent la précocité de floraison, mais peuvent également induire l’avortement des bourgeons floraux ou leurs malformations, réduire la viabilité du pollen et par conséquent réduire le nombre de fruits (DORAIS et al, 2001).

La température optimale de développement se situe entre 22°C et 28°C.

La tomate  est sensible au gel et à des difficultés de nouaison au-dessous de 10°C  (I.T.D.A.S, 2005).

Les plantes peuvent surmonter un certain intervalle de températures, mais en-dessous de 10°C et au-dessus de 38°C les tissus des plantes seront endommagés (SHANAKRA, 2005).

Tableau04:les températures moyennes aux différents stades végétatifs de la tomate.

Stade de développement Température (°C)
T °C du sol T°C de l’air
Œ  Germination   25°C 18-20 °C
  Croissance 15 à 20 °C jour   18-20 °C
nuit     15 °C
Ž  Floraison 15 à 18 °C  jour   22-25°C
nuit    13-17°C
  Fructification 20 à 25 °C jour     25 °C
nuit     18 C

(CHAUX, 1971).                                                                                                      

 

  1. b) Lumière

Une forte quantité de lumière est nécessaire à la croissance et à la fructification de la plante. C’est pourquoi, en automne et en hiver, l’éclairement est un facteur limitant

(CHAUX, 1971).

La lumière intervient sur la croissance et la fructification de la tomate par sa durée, son intensité, et sa qualité 1200 heures d’insolation sont nécessaires pendant les six mois de végétation. Un éclairement de 14 heures par jour est nécessaire pour une bonne nouaison. Toutefois la photopériode ne doit pas dépasser les 18 heures par jour (I.T.C.M.I, 1995).

  1. Humidité relative

L’humidité de l’air est exprimée le plus souvent en humidité relative ou en déficit de saturation. L’humidité de l’air conditionne la transpiration et l’ensemble des échanges gazeux de la plante (WACQUANT, 1995).

Une humidité relative de l’air de 60% convient  à tous les stades de développement. Elle doit être surtout respectée au moment de la floraison où l’on peut craindre, par temps sec, une mauvaise réceptivité des stigmates et par hygrométrie excessive, une dissémination insuffisante du pollen (CHAUX, 1971).

         2.2- Les exigences édaphiques

  1. Structure et texture du sol

La tomate se cultive dans presque tous les sols, depuis les terrains d’alluvions jusqu’aux terres argileuses les plus lourdes ; cependant nous dirons que les sols légers, perméables, meubles et riches en humus lui conviennent particulièrement bien. Ce facteur se révèle important pour les cultures de primeur. Les terres silico-argileuses, sablo-humifères et limono-humifères paraissent lui convenir très bien (LAUMONIER, 1979).

Alors que les sols lourds, conservant plus longtemps la fraicheur, conviennent aux cultures de saison,   les cultures précoces préfèrent des sols légers qui s’échauffent rapidement en printemps (CHAUX, 1971).

  1. pH

La tomate tolère modérément un large intervalle de valeurs du pH (niveau d’acidité), mais pousse le mieux dans des sols où la valeur du pH varie entre 5,5 et 6,8 et où l’approvisionnement en éléments nutritifs est adéquat et suffisant

(SHANKARA, 2005) ; des pH plus bas ou plus élevés peuvent induire des carences minérales ou des toxicités (VAN DER VOSSEN et al, 2004).

Le rendement varie peu avec la variation du pH, cependant, elle peut être cultivée  sur des sols à pH  basique, qui sont d’ailleurs les plus rencontré en Algérie  (MERDACI et ATIA, 2006 in BELKACEMI et CHERBOUB 2008).

 

  1. Salinité

La tomate est classée parmi les plantes à tolérance modérée vis à vis de la salinité. Lorsque la conductivité électrique (CE) est 2,5 g/l de sels totaux, le rendement baisse de 10 %. Cependant, la baisse du rendement peut atteindre 25 % à une salinité de l’ordre de 4 g/l. L’impact de la salinité est plus grave sur le rendement export, suite à la réduction du calibre du fruit. A cet effet, un contrôle de la CE durant tout le cycle de la culture est indispensable (CHIBANE, 1999).

 

  1. Besoins hydriques

La tomate est une plante assez sensible à la fois au déficit hydrique et même à l’excès d’eau. Le déficit hydrique de courte durée peut réduire réellement la production, de même un excès. Les besoins en eau de la tomate se situent entre 6000 et 7000 m3/ha (I.T.D.A.S, 2006), ils se varient selon l’époque de culture et le stade de développement. Ils sont élevés lors de grossissement des fruits (CHAUX, 1971).

Cependant, trois phases physiologiques correspondant à des besoins en eau différents sont à distinguer :

  • De la plantation à la première floraison : phase de croissance lente, les besoins en eau sont peu élevés ;
  • De la floraison à la maturation : phase de croissance rapide, les besoins en eau sont élevés ;
  • En fin de récolte : phase de vieillissement les besoins en eau sont réduits

(I.T.C.M.I, 1995).

Les stades où les besoins en eau sont critiques  se situent entre la floraison, nouaison et le grossissement des fruits (MERDACI et ATIA, 2006 in BELKACEMI et CHERBOUB, 2008).

  

  1. Fertilisation de la tomate 

La tomate se classe parmi les espèces exigeantes en éléments fertilisants, que les seules fumures organiques ne suffiraient pas à lui apporter. Néanmoins, une proportion d’humus convenable, entretenue par des amendements organiques sur la culture précédente ou par des enfouissements d’engrais verts, ne peut qu’être favorable (CHAUX ,1971).

D’après  (LAUMONNIER, 1979), en grand culture on peut utiliser à l’hectare :

  • Avant la plantation 🙁 fumure de fond)
  • Fumure organique: 30-60 tonnes de fumier bien décomposé ;
Sulfate d’ammoniaque………….50kg
Superphosphate…………………90kg
Sulfate de potasse……………..230kg
  • Fumure minérale

 

« Ces doses peuvent être corrigées en fonction des analyses du sol ».

  • En cour de culture : (fumure de couverture)
  • Fumure minérale: Ammonitrates………………….120kg

Sulfates de potasse …………..50kg

  • Les engrais de couverture doivent être fractionnés et appliqués en fertigation. Les doses doivent être déterminées en fonction des conditions pédoclimatiques et les stades phrénologiques de la plante ;
  • Il convient de signaler que le potassium représente le principal constituant minéral de fruit, de ce fait, il constitue l’élément majeur dans un plan de fumure de la tomate sous serre ;
  • En cas d’irrigation avec des eaux légèrement saumâtres, un apport d’engrais à base de calcium est vivement conseillé afin d’éviter la nécrose apicale. Dans les sols légers ou de type calci-magnésique, des cas de carences peuvent être observés. A cet effet, des apports d’oligo-éléments (Fe, Mn, Mo, Cu, Zn) doivent être effectués soit en fertigation, soit par application foliaire (CHIBANE, 1999).

 

 

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