Les ennemis des agrumes (nématodes, ravageurs, maladies)

Les ennemis des agrumes (nématodes, ravageurs, maladies)
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Sommaire

1- Les agents biotiques

Les citrus peuvent être victimes d’attaques d’acariens, de nématodes, de champignons, de virus et surtout d’insectes (Regnault-Roger et al., 2005).

1.1-Les ravageurs des agrumes

Les principaux ravageurs des agrumes sont reportés dans le Tableau 14.

Tableau 14 : Les principaux ravageurs des agrumes.

Ravageurs Nom Dégâts
Scientifique Commun
 

 

 

Insectes

Aonidiella aurantii Pou de Californie Attaquent les feuilles, les rameaux et les fruits.

Développement de la fumagine, chute des feuilles et dépérissement des fruits

Lepidosaphes beckii La cochenille moule
Lepidosaphes glowerii La cochenille virgule
Chrysomphalus

dictyospermi

Pou rouge de Californie
Parlatoria ziziphi Pou noir de l’oranger

 

  Parlatoria pergandei Cochenille blanche  
Saissetia oleae Cochenille H
Icerya purshasi La cochenille australienne
Coccus hesperidum Cochenille plate
Ceroplastes sinensis Cochenille chinoise
Pseudococcus citri La cochenille farineuse
Aphis spiraecola Puceron vert des citrus Avortement des fleurs et déformation des très jeunes feuilles. Développement d’abondantes colonies de pucerons sur les parties jeunes

des arbres

Aphis gossypii Puceron vert du cotonnier
Toxoptera aurantii Puceron noir des agrumes
Myzus persicae Puceron vert du pécher
Aleurothrixus floccosus L’aleurode floconneux Provoque des souillures importantes ainsi que le

développement de la fumagine

Dialeurodes citri L’aleurode des citrus Provoque des nuisances et

développe de la fumagine

Phyllocnistis citrella Mineuse des agrumes Attaque les feuilles et les jeunes

pousses

Ceratitis capitata Mouche méditerranéenne

des fruits

Provoque la pourriture des fruits.
Nématodes Tylenchulus semipenetrans Nématode des agrumes Croissance ralentie des arbres ; Pas de symptômes spécifiques de

cette espèce

 

Acariens

Tetranychus

cinnabarinus

Acarien tisserand Provoquent des nécroses, décoloration et chute des feuilles, des fruits et des bourgeons
Hemitarsonemus latus Acarien ravisseur
Aceria sheldoni Acarien des bourgeons

(Biche, 2012)

Trois paraissent revêtir une importance économique particulière : le pou de Californie, la mineuse des agrumes et la mouche méditerranéenne des fruits (Regnault-Roger et al, 2005).

d’Aonidiella aurantii
d’Aonidiella aurantii

 

  Lepidosaphes beck     Femelle de Lepidosaphes
Lepidosaphes beck                                                   Femelle de Lepidosaphes

                                                  

Femelle de Chrysomphalus dictyospermi
Femelle de Chrysomphalus dictyospermi
Femelle et mâle de Parlatoria ziziphi
Femelle et mâle de Parlatoria ziziphi
Femelle de Saissetia oleae
Femelle de Saissetia oleae
Aspect général de Coccus hesperidum
Aspect général de Coccus hesperidum
Femelle de Pseudococcus citri
Femelle de Pseudococcus citri
Femelle d’Icerya purshasi
Femelle d’Icerya purshasi
Adultes, oeufs et dégâts d’aleurode
Adultes, oeufs et dégâts d’aleurode
Adultes, oeufs et dégâts d’aleurode
Adultes, oeufs et dégâts d’aleurode
Adultes de la cératite
Adultes de la cératite
Adultes et oeufs de Tetranychus cinnabarinus
Adultes et oeufs de Tetranychus cinnabarinus
Femelles adultes de Tylenchulus semipenetrans fixées sur racines
Femelles adultes de Tylenchulus semipenetrans fixées sur racines
Adulte de Hemitarsonemus latus
Adulte de Hemitarsonemus latus

Figure 10 : Les différents ravageurs des agrumes (Biche, 2012)

1.2-Les maladies des agrumes

1.2.1-Les maladies fongiques

1.2.1.1- Gommose à phytophtora

Figure 11 : Les symptômes du Phytophthora au niveau du rameau collet et fruit (Leblanc, 1998)

La gommose est due à diverses espèces de champignons du sol appartenant au genre Phytophthora. Phytophtora nicotiana (syn. Phytophthora parasitica) affecte les parties souterraines des arbres (racines, collet), dans les régions subtropicales surtout. Phytophthora citrophthora s’attaque en plus aux parties aériennes et constitue le pathogène principal en climat méditerranéen (hiver froid et humide). Phytophthora palmivora est très pathogène pour les racines. Cette maladie provoque surtout dans les sols lourds et humides. Affecte les plants gréffés sur le cédratier, citronnier et oranger (Bové, 2000). Deux types de gommoses peuvent exister dans les vergers, la gommose du bois et la pourriture brune des fruits

Les symptômes de la gommose du bois à Phytophthora

Le symptôme le plus typique est l’apparition de gouttes d’exsudat brun à la surface du tronc ou de charpentières infestées. Ce symptôme fait suite à une pourriture des tissus conducteurs de sève et de l’écorce. L’écorce nécrosée sèche, se craquelle et laisse apparaître des lésions brunes. En saison sèche, des fragments d’écorce chutent progressivement (Leblanc et al., 1998).

Les symptômes de la pourriture brune des fruits

La pourriture brune progresse entre Juillet et Décembre, l’inoculum souterrain peut être envoyé par splash sur les fruits les plus bas. Des pluies continues, une humectation des fruits pendant plus de 18 heures et des températures optimales de 28 à 30°C induisent le développement de la maladie. Il apparaît alors une décoloration de l’épiderme, généralement autour des cicatrices florales, puis des taches brunes lorsque les fruits arrivent à maturité. Les fruits infestés tombent rapidement au sol. Lors de précipitations, l’inoculum secondaire présent sur les fruits est progressivement projeté dans les parties supérieures de la frondaison. Certains fruits infestés peuvent ne montrer aucun signe de pourriture brune à la récolte. Les symptômes apparaissent au cours du stockage (Leblanc et al., 1998)

Sensibilité variétale

Les citrons, limes et pomelos (Star Ruby en particulier), sont très sensibles à la gommose du tronc. Les mandarines et tangelos semblent très sensibles à la pourriture brune (Leblanc et al., 1998).

 La lutte contre la gommose et la pourriture des fruits
  • Itinéraire technique

Il est important de maintenir des conditions sanitaires défavorables au Phytophthora. Dans un premier temps :

  • Assurer du bon drainage du sol. Le sol doit se ressuyer
  • Régulièrement désherber les rangs: une végétation abondante maintient une humidité favorable au
  • Maîtriser l’irrigation: éviter de trop irriguer, essayer d’allonger au maximum les intervalles entre deux irrigations (ressuyage, des arbres et du sol), et préférer la micro-aspersion ou le goutte-à- goutte à l’aspersion sur

Concernant la pourriture brune, une mesure prophylactique efficace est la taille des branches fructifères basses (en dessous de 60 cm du sol). Ces branches, facilement atteintes par des projections d’inoculum primaire servent de relais pour les contaminations du haut de  la frondaison. Leur élimination réduit la capacité de propagation de la pourriture brune (Leblanc et al., 1998)

  • Protection phytosanitaire

 Pour la pourriture du tronc, dans les zones à risques, aussi bien pour traiter les lésions existantes, que pour agir préventivement, des applications de fongicides systémiques tels que le Fosétyl-Al (Aliette – 250 g m.a /hl), peuvent être effectuées deux à trois fois par an au moment des flushes (pour que le produit soit absorbé). Il faut tout de même savoir que des traitements curatifs ne sont efficaces que si la maladie est détectée précocement. La protection doit être renforcée pendant les périodes pluvieuses.

Concernant la pourriture brune, des traitements préventifs sont nécessaires dans les vergers ayant eu des pertes les années précédentes. Des applications foliaires de fongicides cupriques ou de Fosétyl-Al sont efficaces. Il faut envisager leur application du début du grossissement à la véraison, ce qui signifie en Guadeloupe, pour les orangers et mandariniers, de juillet à décembre (Leblanc et al, 1998).

Les phytophthora spp. Sont communément présents dans le sol des vergers d’agrumes du monde entier. La lutte consiste essentiellement à utiliser des porte-greffes résistants, comme le bigaradier, le mandarinier Cléopâtre, la lime rangpur, poncirus trifoliata….les pépinières doivent etre maintenues indemnes de phytophthora (Bové, 2000).

1.2.1.2- Mal secco

Figure 12 : symptôme de mal secco sur feuille, arbre et rameau (Anonyme, 1993)

Phoma tracheiphila est un champignon mitosporique causant une maladie vasculaire destructrice des agrumes appelé «mal secco». La maladie présente dans presque tous les pays de la Méditerranée (Nigro et al., 2011 in Ziadi et al., 2012).

La contamination se produit au niveau des plaies des végétaux qui sont provoquées par le vent, les pratiques culturales ou la grêle. Le champignon peut rester plusieurs années en latence, le végétal ayant une apparence saine (Mauty, 2011).

Les symptômes du mal secco

Les premiers symptômes se déclarent au printemps (Anonyme, 1992).

-Sur feuilles une chlorose des feuilles et des pousses puis un dépérissement des brindilles et des branches. Les feuilles desséchées tombent ensuite.

-Sur rameau les branches infestées présentent des zones gris cendré. Sur ces zones apparaissent des petits points noirs : les pycnides. Une coupe franche de la zone encore vivante située en limite d’attaque fait apparaître une coloration rouge, brune ou noire selon l’origine de la contamination ou la souche du champignon. Les brindilles et petits rameaux atteints meurent. Cette maladie s’étend ensuite vers le bas et atteint les grosses branches (Mauty, 2011).

En plus de la forme la plus habituelle du mal secco, deux formes différentes de la maladie peuvent se distinguer: le “mal fulminante”, qui est une forme rapide et fatale de la maladie, apparemment provoquée par l’infection des racines; et le “mal nero” qui est une conséquence de l’infection chronique du bois qui mène au brunissement du bois de cœur (Anonyme, 1992).

Lutte contre le mal secco

Il n’existe aucun moyen de lutte chimique ou biologique homologué contre ce champignon.

La prophylaxie est donc indispensable pour prévenir et freiner la progression de la maladie. (Anonyme, 1993)

D. tracheiphila peut être combattue par la taille des brindilles infectées dès que les premiers symptômes se manifestent (Salerno & Cutuli, 1982 in Anonyme, 1992). La coupe de branches entières et la greffe des arbres attaqués avec des cultivars ou espèces résistants sont parmi les pratiques habituelles ayant pour but de sauver les arbres affectés ou d’éradiquer l’inoculum. Il est recommandé de brûler les branches coupées pour éliminer toute source d’inoculum. Il faut éviter de provoquer des plaies pendant les pratiques culturales. La lutte chimique n’est pas répandue sauf dans les pépinières. Des fongicides à base de cuivre et le zirame sont les produits le plus communément utilisés. Les produits systémiques sont uniquement efficaces en prévention (Solel & Salerno, 1989 in Anonyme, 1992).

Les mesures de prévention, les programmes phytosanitaires, et le diagnostic précoce sont les moyens les plus efficaces pour limiter l’introduction et la propagation de l’agent pathogène (Cutuli et al., 1982 in Ziadi et al., 2012)

1.2.1.3- Fumagine

Figure 13 : Fumagine sur citronnier (Cavanagh in Dupuis, 2013)
Figure 13 : Fumagine sur citronnier (Cavanagh in Dupuis, 2013)

On entend par « fumagine » une maladie cryptogamique, c’est-à-dire un champignon de  type Capnodium oleaginum ou Fumago salicina qui se développe, vit et se nourrit sur les dépôts de miellat. Il se caractérise par une fine croûte noirâtre ressemblant à de la suie. Le miellat, quant à lui, est une substance luisante, collante et sucrée sécrétée principalement par certains insectes dits

« suceurs piqueurs » de sève : pucerons, cochenilles, aleurodes, thrips, psylles, cicadelles… Ces insectes sucent la sève contenant des sucres et d’autres éléments fabriqués lors de la  photosynthèse. Après digestion, ils rejettent les sucres en excès et forment alors le miellat qui se dépose sur les feuilles. Ces insectes sont donc les vecteurs de la fumagine (Dupuis, 2013).

Les symptômes de la fumagine

-La fumagine réduit le développement et la croissance de la plante en diminuant la lumière, donc la photosynthèse établie par les feuilles, donc le processus vital de la plante. Les feuilles finissent par s’asphyxier sous l’obstruction des « pores » nécessaires à  la  photosynthèse : elles jaunissent puis tombent (Dupuis, 2013).

-Taches noirâtres sur l’épiderme et déformation due à une mauvaise photosynthèse dépréciant alors la qualité des fruits (Ondet, 2007).

Cette maladie s’observe principalement pendant les beaux jours, les étés chauds, de juillet à Octobre (Dupuis, 2013).

 Lutte contre la fumagine
  • Nettoyer la plante, en essayant d’enlever un maximum de fumagine et de miellat, enlever les feuilles les plus atteintes et les brûler (ou les mettre à la poubelle), afin d’éviter la propagation sur d’autres
  • rechercher la colonie de pucerons ou de cochenilles responsables du miellat et donc de la Traiter   alors   en   conséquence,   biologiquement   si   possible !    (savon noir, ortie, fougère, pyréthrines, alcool, animaux auxiliaires…

En supprimant ces insectes, le miellat va se tarir par la même occasion et cela entraînera la suppression progressive et « naturelle » de la fumagine (Dupuis, 2013).

1.2.2-Les maladies bactériennes des agrumes

1.2.2.1-Chancre bactérien des agrumes

Figure n°14 : Les symptômes du Xanthomonas. axonopodis au niveau du feuille, fruit et rameau (Anonyme c, 2004)
Figure n°14 : Les symptômes du Xanthomonas. axonopodis au niveau du feuille, fruit et rameau (Anonyme c, 2004)

Cette maladie est provoquée par la présence du bactérie Xanthomonas. axonopodis pv. citri (bactérie responsable du chancre asiatique. De par la sévérité des symptômes qu’elle induit (chutes précoces de fruits, altération de leur qualité externe, défoliations importantes, chancres sur rameaux), cette bactérie a été classée dans la liste des organismes de quarantaine dans plusieurs zones économiques de la planète (Union Européenne, USA, Australie…) (Anonyme c, 2004).

Les symptômes du chancre bactérien

Les symptômes provoqués par X. axonopodis pv. Citri sur Rutacées concernent uniquement les organes aériens et sont morphologiquement semblables sur feuilles, tiges et fruits.

Sur feuilles, des petites taches aqueuses souvent d’abord visibles sur la face inférieure du limbe, évoluent en petits points blancs légèrement érigés. Les lésions se développent en cercle et leur relief devient alors nettement visible sur les deux faces des feuilles ; elles prennent une couleur

brune et deviennent cratériformes. Une marge graisseuse et un halo jaune sont le plus souvent visibles autour des lésions. Ces symptômes foliaires peuvent atteindre environ 10 mm de diamètre.

Sur rameaux, les lésions ne présentent généralement pas entourées d’un halo chlorotique. Des dessèchements de rameaux peuvent apparaître chez les cultivars sensibles.

Sur fruits, les lésions sont souvent entourées du halo jaune et leur diamètre peut atteindre 15 mm. Seuls les tissus superficiels du fruit sont atteints. La longueur de la période de latence est principalement dictée par la température et elle est minimale à 30°C (Anonyme c, 2004).

Dissémination et dispersion

La dissémination de X. a. pv. citri sur courtes à moyennes distances est principalement réalisée par la pluie, des vents et pluies associés et, en zones en développement, par la commercialisation de plants de pépinière infectés. L’inoculum peut également être véhiculé par des engins agricoles, d’autres véhicules et les vêtements de travail, bien qu’il soit difficile d’appréhender l’importance épidémiologique de ces modes de dissémination. Les mouvements à longue distance sont essentiellement assurés par les échanges de matériel végétal (plants, greffons…) (Anonyme c, 2004).

Méthodes de lutte contre le chancre bactérien
La lutte culturale
  • S’assurer que le matériel végétal destiné à la plantation est
  • Désinfecter les semences destinées à la production de porte-greffe et les greffons à l’aide d’hypochlorite de sodium 1 %.
  • Destruction de toute source potentielle d’inoculum (couper les branches infectées…).
  • Protéger les plants de vents violents (barrières physiques) par installation de haies brise-vent.
  • Utilisation d’un système d’irrigation au goutte à
  • Utilisation de cultivars partiellement résistants.
La lutte chimique

 Elle est généralement inefficace. Utilisation de cuivre pour protéger les organes pendant leur période de sensibilité : jeunes pousses en croissance jusqu’à 4 semaines après durcissement (formation de la cuticule) ; fruits pendant la phase de grossissement des fruits (pas de rôle curatif).

Mesures prophylactiques

 Éviter l’introduction de matériel végétal (porte-greffe, plants greffés, greffons) en provenance de pays contaminés (Anonyme c, 2004).

1.2.3-Les maladies virales des agrumes

1.2.3.1-L’Exocortis

 La maladie de l’Exocortis a été décrite comme causant des écaillements de l’écorce de Poncirus trifoliata et de certains de ses hybrides, notamment les citranges (Poncirus trifoliata x Citrus sinensis), mais aussi le limettier Rangpur (Anonyme c, 2003).

Symptômes de l’Exocortis 
  • L’écaillement sur un porte-greffe commence généralement par le La partie interne de l’écorce reste vivante.
  • Des enroulements foliaires et des épinasties foliaires ainsi que des nécroses des veines sont observés chez le cédratier (C. medica).
  • un nanisme de l’arbre qui peut être assez prononcé
  • Une baisse de production significative est observée par rapport à un arbre non infecté.
  • La qualité des fruits n’est pas altérée tant au niveau de leur aspect que de leur teneur en jus ou en sucres/acides (Anonyme c, 2003).
Transmission de l’Exocortis

Le viroïde de l’Exocortis est transmis par greffage principalement à partir de plantes infectées d’apparence saine. CEVd est aussi transmis mécaniquement par des outils de taille ou d’entretien. Le matériel végétal peut devenir infecté dès sa production en pépinières et être ainsi propagé à la plantation en vergers commerciaux. Des propagations lors de la récolte sont aussi possibles. Aucune transmission par vecteur ou par la graine n’a été démontrée chez les agrumes  (Anonyme c, 2003).

Méthodes de lutte contre l’Exocortis

Plusieurs méthodes de lutte contre l’Exocortis sont utilisés : culturale, chimique, biologique et variétale.

La lutte culturale

Elle est essentiellement préventive et consiste à utiliser du matériel sain qui est issu d’un schéma de production à partir de matériel contrôlé et certifié.

Dans les vergers où la maladie est présente, elle consiste à éliminer les arbres infectés et à désinfecter les outils entre chaque arbre.

La lutte chimique

Il n’y a pas de lutte chimique directe sur le viroïde. Les outils servant à intervenir sur les arbres seront eux désinfectés avec de l’hypochlorite de sodium.

Agents de lutte biologique et leurs effets

Il n’y a pas d’agents de lutte biologique connue. Des résultats sur l’expression de symptômes atténués en présence du viroïde CVd-IV (cocadviroid) laisse penser que ce viroïde a naturellement un rôle antagoniste de CEVd (Anonyme c, 2003).

Les cultivars résistants

Les orangers, mandariniers, pomelos, pamplemoussiers sont tolérants. Mais ils doivent être greffés sur des porte-greffe tolérants : bigaradier, Citrus volkameriana, Rough lemon. Il n’y a pas de résistance connue (Anonyme c, 2003).

1.2.3.2-La Tristeza,

La Tristeza est une maladie causée par le CTV (Citrus Tristeza Virus) et c’est la plus grave maladie virale qui affecte les agrumes dans le monde, surtout en cas de greffage sur Bigaradier. Ce virus a détruit approximativement 50 millions d’arbres d’agrumes dans le monde pendant ces dernières 40-50années. (Anonyme a, 2011)

Symptôme de la maladie de la Tristeza
  • Un dépérissement soudain
  • Les feuilles de l’arbre affecté prennent une coloration bronzée et leur limbe est enroulé
  • Un desséchement progressif    des feuilles est constaté et lorsqu’il s’agit d’une forte infestation elles tombent
  • Les fruits restent accrochés, se dessèchent et se momifient
  • Une dégénérescence et une nécrose du tissu de l’écorce sont observées au niveau de la ligne du greffage
  • Dans quelques situations, une production anormalement élevée est constatée avec des fruits de petit calibre et de coloration précoce (Tahiri, 2007).
Transmission de la Tristeza

Toxoptera citricida: Le vecteur le plus efficace de la Tristeza, mais aussi un ravageur redoutable des agrumes. Sa population se multiplie très vite à des niveaux de pullulation effrayants. (Zemzami, 2008).

Elle est transmise aussi par d’autres pucerons vecteurs comme Aphis gossypii, Toxoptera aurantii, Myzus persicæ présents en zone méditerranéenne (Nicolas, 2005)

La transmission par puceron se fait selon le mode semi-persistant. Les aphides virulifères sont capables de transmettre le virus 24h après son acquisition (Aphis gossypii, Aphis spiraecola, Myzus persicae,Toxoptera aurantii et Toxoptera citricida (Tahiri, 2007)

Lutte contre la tristeza 
  • La prévention contre l’introduction des souches sévères
  • Surveillance des vergers et éradication des foyer : mesure indispensables pour prévenir la propagation de la maladie surtout en présence des vecteurs naturels actifs
  • Utilisation des combinaisons tolérantes
  • Production des plants certifiés (Tahiri, 2007)
  • Réaliser des tests permanents sur tout le matériel végétal à multiplier ; d’autres précautions importantes consisteraient à éviter du matériel végétal douteux, de le mettre en quarantaine ou de le détruire si nécessaire (Ghezli et Aouane, 2000)

2-Les agents abiotiques

A côté des agents biotiques- virus, bactéries, champignons, insectes, il existe un certain nombre d’agressions de nature abiotique, c’est-à-dire causées par des phénomènes physiques ou chimiques : gel, chaleur, extrême, sécheresse prononcée, charge en sel de l’eau d’alimentation, vent violent, inondation… Les dégâts causés directement par ces agents, s’ajoutent fréquemment des attaques d’agents biotiques dont l’invasion se trouve facilitée par les blessures (Regnault- Roger et al., 2005).

3- Les mauvaises herbes des agrumes

Une mauvaise herbe est toute plante herbacée ou ligneuse, annuelle ou pérenne, est indésirable à l’endroit où elle se trouve (Tissut et al ., 2006).

Tableau 15 : Principales espèces monocotylédones rencontrées en grandes cultures et en cultures pérennes (vigne, vergers,…)

Famille Cycle végétatif des espèces
Annuelles Pluriannuelles/ vivaces
Alliacées / Ail des vignes, Ail à nombreuses

fleurs

Asparagacées / Asperge officinale
Cypéracées / Souchet comestible, Carex spp
Jacinthacées / Ornithogale en ombelle, Muscari spp.
Joncacées Jonc des crapauds Jonc diffus, Jonc aggloméré
 

 

Poacées ou graminées

Vulpin des champs,I raide, agrostis jouet du vent, Folles avoines, Vulpies, Pâturin annuel, Brome spp, Panics, Sétaires, Digitaires, Ray-grass d’Italie,

Pâturin commun, Phalaris paradoxal

Agrostic stolonifère, Avoine à chapelets, Chiendent rampant, Chiendent pied-de-poule, Houlque molle, Paspale à deux épis, Flouve

odorante, Ray-grass anglais.

(Tissut et al ., 2006).

Tableau 16 : Principales espèces dicotylédones recontrées en grandes cultures et en cultures pérennes (vigne, vergers,…)

Famille Cycle végétatif des espèces
Annuelles Pluriannuelles/ vivace
Amarantacées Amarante bleuite, Amarante réfléchie,

Amarante hybride

Amarante couchée
Apiacées ou

Ombellifères

Ammi élevé, Carotte sauvage, Peigne de

vénus, Persil des moissons, Tarilis spp

Fenouil commun, Panais

cultivé

 

 

Astéracées ou Composées

Ambroisie à feuilles d’armoise, Anthémis spp., Bident tripartite, Bleuet, Chrysanthème des moissons, Crépis de nîmes, Galinsoga cilié, Helminthie, Laiterons rude et maraîcher,Lampourde à gros fruits,

Lampsane commune, Matricaire spp.,Séneçon vulgaire, Vergerette de

Achilée millefeuille, Armoise vulgaire, Chondrille à tige de jonc, Chardon des champs, Inule visqueuse, Laiteron des champs, Picris fausse-

épervière, Pissenlit officinal, Séneçon à dentsinégales,

  sumatra Tussilge
 

 

Brassicacées ou Crucifères

Arabette de thalius, Calépine irrégulière, Capselle bourse à pasteur, Cardamine hérissée, Diplotaxis faisse-roquette, Moutardes spp., Myagre, Passerage des champs, Sisymbre officinal, Tabouret des champs Passerage drave, Cresson des bois, Diplotaxis à feuilles ténues.
 

Caryophyllacées

Spergule des champs, Scléranthe annuel, Céraiste aggloméré, Sabline, Stellaire intermédiaire Lychnis dioïque, Céraiste vulgaire, Silène vulgaire
Chénopodiacées Arroche spp., Chénopodes /
Convolvulacées Cuscute spp.(parasite) Liseron des champs, Liseron

des haies.

Dipsacacées Knautie à feuille entières Scabieuse spp., Knautie des

champs

Euphorbiacées Mercuriale annuelle, euphorbes spp. Euphorbe dentée
Fabacées ou Légumineuses Gesse sans feuille, Nombreuses luzerne spp., Trèfle spp. et Vesce spp. Gesse tubéreuse, Trèfle blanc
Géraniacées Erodium spp., Géranium spp.. /
Malvacées Abutilon de théophraste Mauve spp.
Oxalidacées / Oxalis
Papavéracées Fumeterre spp. /
 

Polygonacées

Renouée oiseau, Renouée liseron, Renouée persicaire Renouée amphibie, Rumex crépu et R. à feuilles obtuses,

Rumex petite oseille

Rosacées Alchémille des champs Ronce spp., Potentille

rampante

Rubiacées Gaillet gratteron, Shérardie des champs Garence voyageuse
Solanacées Datura stamoine, Morelle noire, Nicandra

faux-physalis

Morelle douce-amère
Urticacées Ortie brûlante Ortie dioîque
Violacées Pensée des champs, Violette tricolore  

(Tissut et al., 2006).

La reconnaissance d’une mauvaise herbe est l’acte préalable, indispensable à toute décision de désherbage, et ce quelle qu’en soit la technique retenue (lutte chimique, mécanique, thermique…).

Source:

KHEN Ouissam 2014 , Erosion génétiquedes espèces agrumicolesdans la wilaya de Skikda: Contraintes de production, Université 20 Août 1955 Skikda.

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