L’entretien des agrumes après plantation

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1. La taille

La taille est un procédé de culture qui permet de changer le comportement d’une plante afin d’en obtenir les meilleurs résultats (de production principalement) que l’on puisse souhaiter. Si le but principal de la taille est d’anticiper puis de rendre constante dans les années qui suivent la production, en réglant la vie et le développement de la plante, il est aussi de faciliter et de rentabiliser les activités tels que travaux, traitement, récolte… etc (Boffelli et Sirtori, 1998).

1.1-La taille de formation (après plantation)

1ère année:

La greffe étant faite à 40 cm du sol, ce n’est qu’au-dessus de cette hauteur, sur la jeune pousse, qu’on effectue la première taille. Après la plantation du jeune plant (scion), tailler le à 1 m maximum du sol pour provoquer le démarrage de 3 à 4 pousses, futures charpentières (Anonyme a, 2012).

En cours de végétation

  • Supprimer toutes les pousses et feuilles sous le point de
  • Laisser les pousses se développer sur le tronc, mais pincez-les à 4 ou 5 feuilles. Elles joueront le rôle de tire-sève pour favoriser le grossissement du jeune plant (Anonyme a, 2003).

2ème année:

Sélectionner les 3 à 4 charpentières étagées à 10 cm les unes des autres pour équilibrer l’arbre. Supprimer les rameaux inutiles et les gourmands sur le tronc. Tailler les 3-4 branches charpentières à 50 cm environ du tronc pour les diviser.

En cours de végétation

  • Surveiller l’éventuelle apparition de gourmands pouvant nuire à l’édification de la Supprimer les à ras du tronc sans laisser de chicots.
  • Laisser les pousses secondaires se développer sur les charpentières. Lorsque ces pousses atteignent 25 cm de longueur, pincer les à 3 ou 4 feuilles. Si les rameaux secondaires sont trop nombreux et se dirigent vers le centre et vers le bas, supprimer en quelques-uns de façon à ne laisser qu’au minimum 10 cm entre les pousses conservées.
  • Si des fructifications apparaissent, supprimer les pour ne pas épuiser l’arbre (Anonyme a, 2003).

3ème année:

Tailler à nouveau les prolongements pour les diviser une troisième fois et tailler les rameaux juste sous le point de taille pour qu’ils ne concurrencent pas les prolongements.

En cours de végétation

  • Surveiller l’éventuelle apparition de gourmands pouvant nuire à l’édification de la Supprimer les à ras du tronc sans laisser de chicots.
  • Limiter également le nombre de rameaux secondaires comme l’an passé, et pincer à 3 ou 4 feuilles les autres rameaux secondaires (Prat et Retournard, 2002. Anonyme a, 2003).

Années suivantes:

Laisser la ramure s’édifier naturellement. A mesure que l’arbre prend de l’âge, la végétation se calme et les pincements sont moins fréquents (Anonyme a, 2003).

Figure 9 : Taille de formation sur arbre (Anonyme a, 2003)
Figure 9 : Taille de formation sur arbre (Anonyme a, 2003)

1.2-La taille de fructification (après la récolte)

Un agrume laissé à l’abandon a tendance à former de nombreuses branches charpentières qui se gênent; sa ramure s’épaissit, devient trop touffue et son centre se dégarnit. Les gourmands non supprimés se développent au détriment de la ramure. De nombreux rameaux meurent en garnissant l’arbre de nombreuses brindilles sèches, et la fructification diminue considérablement (Anonyme a, 2003).

La taille a d’abord un rôle de nettoyage. Supprimer:

  • les branches mortes et dépérissantes,
  • les rameaux âgés dont la végétation ne permet plus une production suffisante,
  • les rameaux qui ont porté des fruits (Truffaut, 2004).

Ne laisser pas se développer les gourmands sous le point de greffe. Supprimer ceux au-dessus de la greffe en période de végétation, sauf ceux bien placés qui seront maintenus comme remplacements de charpentières défaillantes. Prévoir la relève des rameaux improductifs en conservant à leur base de nouvelles pousses.

Quelle que soit la situation, on devra tailler peu, mais régulièrement (chaque année), de façon à éviter de faire des coupes très importantes (Pontoppidan, 2009).

1.3-La taille de restauration

Cette opération doit être faite lors de la période de reprise en végétation, sous irrigation et fertilisation. Les agrumes émettent facilement des gourmands sur le vieux bois. Il est donc possible de couper sévèrement les branches charpentières pour reconstituer une nouvelle ramure, en les ramenant à 40 cm environ du tronc. Appliquez un mastic cicatrisant sur les plaies. Dans les années qui suivent cette intervention, assurez le suivi des opérations d’éclaircies et de pincements pour reformer parfaitement la ramure. La taille des agrumes s’effectués après la récolte (Prat et Retournard, 2002).

2- La fertilisation

Les plantes ont besoin d’au moins 16 éléments nutritifs essentiels pour accomplir leur cycle de croissance. Ces éléments sont : le carbone, l’oxygène, l’hydrogène, l’azote, le phosphore, le potassium, le calcium, le magnésium, le soufre, le fer, le manganèse, le zinc, le cuivre, le bore, le molybdène et le chlore. Les plantes utilisent l’azote, le phosphore et le potassium en quantités importantes et donc les réserves du sol en ces éléments doivent être périodiquement réapprovisionnées afin de maintenir une bonne productivité (Moughali, 2000).

Les agrumes sont les plus exigeantes en éléments fertilisants. Pour obtenir une production abondante et régulière il est impératif d’appliquer une fertilisation rationnelle (Anonyme, 2010).

2.1- La fumure de fond

Le choix d’une matière organique ayant une bonne stabilité (fumiers décomposés et composts) permet d’obtenir des conditions favorables d’enracinement dans le trou. La

minéralisation progressive de cette matière organique libère progressivement les éléments nutritifs. Les apports d’amendement organique varient de 10 à 15 kg par trou de plantation (Chabalier et al, 2006).

Pendant la période d’été s’étalant du mois de juin au mois d’aout, il est recommandé d’apporter une fumure de fond de l’ordre de 450 à 500 U de P2O5/ ha, 600 à 700 U de K2O / ha. Cependant, il conviendra d’attacher une attention particulière à la fumure azotée. Les besoins en sont de l’ordre de 30 U de N / ha et par année de plantation (Anonyme, 2010).

2.2- La fumure d’entretien

La quantité et la qualité des engrais ajoutés au sol dépend de nombreux facteurs tel que l’âge de l’arbre, la nature du sol (Ali Mohamed, 1993), espèces cultivés, croissance des arbres et les quantités de fruits exportés hors de la parcelle (Chabalier et al, 2006). Le tableau ci-dessous montre les besoins en NPK durant le cycle de vie d’un verger agrumicole

Tableau 13 : Les besoins en NPK (kg/ha/an) pour les jeunes arbres

Age des arbres N P2O5 K2O
1 an 40 -60 12-18 25-30
2ans 70-80 20-25 40-70
3ans 90-100 25-35 70-80
4ans 110-120 35-45 80-100
5ans 120-140 45 120-140
7-8 160 40 80
9ans 170 45 85
>10ans 180 45 90

(Anonyme, 2000. Gilles, 2005)

Pour les éléments secondaires : Soufre, Magnésium, Calcium, les prélèvements sont en moyenne de 10kg/ha (Bretauddeau et Fauré, 1992). Pour les éléments traces ou oligo-éléments : Fer, Cuivre, Zinc, Bore, Manganèse, Molybdène, Chlore, Cobalt, les prélèvements varient entre 100 et 200g/ ha (Bretauddeau et Fauré, 1992).

3-L’irrigation

Selon  Damagnez  et  al.,  (1962)  in  Nasr,  (2002)      le secteur des agrumes est un grand consommateur d’eau, la période des irrigations s’étale généralement de Mars à Octobre. Les rendements moyens des agrumes (15-20 t/ha) reflètent une efficience d’utilisation d’eau d’irrigation assez modeste. Les besoins des agrumes en eau sont estimés à environ 1200 mm par an, répartis sur toute l’année (Bertin, 2002. Walali et al., 2003)

Dans les régions ou les précipitations atteignent 550-600mm d’Octobre à Mai, le déficit de 600 à 6500mm doit être comblé par l’irrigation de Mai à Septembre-Octobre avec des apports modulés d’après les valeurs de l’évapotranspiration potentielle (Walali et al., 2003).

Il faut cependant éviter les zones à pluviométrie excessives qui rendent difficiles l’initiation florale et le contrôle de la situation sanitaire du verger (Anonyme b, 2003). L’irrigation traditionnelle (à la raie ou par submersion) est remplacée par l’irrigation par aspersion et plus récemment par le goutte-à-goutte (Bertin, 2002).

Selon le rapport du METAP (2001), l’irrigation en Algérie a beaucoup perdu en proportion d’allocation par rapport à la consommation totale depuis les années 1960 au profit des autres secteurs et ce, à cause des orientations économiques du pays tourné plutôt vers l’industrie et l’énergie délaissant l’agriculture au troisième rang, mais aussi à cause de la croissance démographique urbaine qui accroît de plus en plus les besoins en eau potable.

Source:

KHEN Ouissam 2014 , Erosion génétiquedes espèces agrumicolesdans la wilaya de Skikda: Contraintes de production, Université 20 Août 1955 Skikda.

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