Le brome rougeâtre

Le brome rougeâtre
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Morphologie et écologie

Bromus rubens L est synonyme de Anisanta rubens (L) Nevski et de B.madritensis ssp.rubens (L.) Husnot (Moray et al., 2003). C’est une espèce annuelle voisine de B.rigidus Roth. dont elle se distingue par sa taille plus réduite (20 à 60 cm), sa ligule souvent plus longue (jusqu’à 5 mm), longuement lacérée et velue sur les bords. Par ailleurs, elle se distingue par la pubescence de son limbe plus forte, sa panicule plus dense, contractée, dressée et généralement rouge violacé à maturité. Ses épillets sont plus petits (2 à 3 cm), plus courtement pédonculés et ses fleurs ont une arête plus courte (1à 2 cm) et légèrement divariquée à maturité (Taleb, 1998).

Sur le plan écologique, en raison de sa germination automnale et de sa croissance hivernale, B.rubens s’installe généralement dans les endroits à été chaud, secs et à hiver doux et humide. Cette espèce craint les gelées hivernales et exigent entre 100 et 250 mm de précipitations tout au long de son cycle de développement (Bartolome et al., 1980).

B.rubens coexiste souvent avec B.mollis et B.tectorum (Wu et jain, 1979). Leurs cycles biologiques étant très semblables, bien que B.tectorum soit plus tolérant au gel. En comparaison avec B. mollis, l’espèce B.rubens est plus sensible à la compétition et aux substances allélopathiques et sa distribution est davantage influencée par les conditions climatiques (Wu et Jain, 1979).

Biologie de la germination

La germination des graines de B. rubens dépend particulièrement du niveau d’humidité du sol. Une fois germées, la croissance de la plante et sa production semblent indépendantes de la quantité de précipitations reçue (Hufstader, 1976). En fait, le développement des plantes après la germination est plus lié aux génotypes qu’aux conditions environnementales.

La capacité à germer tout au long de l’automne, de l’hiver et même du printemps permet aux graines de profiter au maximum de l’humidité disponible et d’avoir une croissance  précoce et vigoureuse (Hufstader, 1978).

En Californie méridionale, la majorité des graines germent vers la fin novembre. Les jeunes plantes se développent lentement tout au long de l’hiver avec un taux maximum de 0,04 g / m2 / jour vers la fin du mois de mars peu avant la floraison (Beatley, 1966 ; Hufstader, 1978 et Simonin, 2001).

Pendant que la croissance évolue au cours de l’hiver, beaucoup de graines restent en dormance durant les premières semaines de leur dissémination. Cette dormance relative se réduit sensiblement à mesure que la saison progresse. Toutefois Salo (2004) rapporte que B.rubens ne produit pas de graines dormantes et ne maintient pas une banque de graines au sol la première année.

Dépendant des conditions climatiques, les graines de B. rubens produites et mûries au printemps restent habituellement dormantes tout au long de la période chaude et sèche de l’été et ne germent qu’après les premières précipitations  excèdent 10 mm (Jain, 1982).

L’étude au laboratoire de l’influence de la température et de la lumière sur la germination des graines de B.rubens a montré que les semences mûres fraîchement récoltées sont inaptes à germer à l’obscurité à des températures supérieures à 15°C (Gill et Cartairs, 1988). La lumière blanche continue inhibe nettement leur germination, même à faible énergie en renforçant leur sensibilité à la privation d’oxygène. Cependant, un éclairement prolongé n’a aucune conséquence sur la germination ultérieure à l’obscurité. L’élimination de la dormance à sec à 20°C, se traduit par un élargissement de la gamme thermique qui assure une bonne germination et la disparition presque complète de la sensibilité des semences à la lumière (Corbineau et al., 1992).

On a établi également qu’après 30 semaines de stockage, toutes les semences germent à l’obscurité à des températures allant de 5°C à 30°C  et qu’à 35°C la germination est nulle (Froud-Williams , 1981).

Récemment, Simonin (2001) a prouvé que les températures comprises entre 20°C et 25°C et les précipitations de 10 mm et plus, sont les conditions optimales à la germination des graines de B. rubens. L’humidité semble jouer un plus grand rôle que la température dans le déclenchement du processus de la germination.

Selon Wu et jain (1979), environ 100 % des graines produites l’année sont viables après les premières pluies. Cependant, cette viabilité diminue rapidement après la première année (Jain, 1982)

Dans une population naturelle, B.rubens produit en moyenne 76 graines / pied. En conditions expérimentales on arrive à 142 graines / pied et selon la densité, la production peut atteindre 83.600 graines /m2. (Wu et jain, 1979).

Source:

BADA LEILA 2007.  variabilité génotypique du blé dur (Triticum durum Desf.) vis à vis de la nuisibilité directe du brome (Bromus rubens L.) en conditions semi – arides .

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