La fusariose

La fusariose
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La fusariose est une maladie causée par des champignons du genre Fusarium qui vivent dans le sol, et attaquent de nombreuses plantes (Amzelloug, 1999). Il existe plusieurs espèces recensées de ce champignon dont à savoir Fusarium oxysporum. Ce dernier est un agent vasculaire qui se conserve dans le sol sous forme de chlamydospores et infecte les plantes via les racines qu’elles pénètrent directement ou par des blessures d’origine mécanique ou biologique (percées des racines secondaires, piqûres de nématodes,…). Les maladies dues à l’espèce F. oxysporum sont largement répandues dans le monde. Elles sont dommageables pour de nombreuses plantes maraîchères (tomate, cucurbitacées,…) et ornementales (œillet), ainsi que pour des cultures en plein champ telles que le coton, le bananier (la maladie de Panama) et le palmier dattier (maladie du Bayoud) causée par Fusarium oxysporum albedinis (Foa). Ce champignon qui se trouve dans le sol, pénètre par les racines en cheminant la sève et envahissant le bourgeon terminal du palmier dattier. Par conséquent, il provoque un desséchement puis un dépérissement rapide des arbres. Le bayoud ou la fusariose du palmier dattier se caractérise par sa résistance à la sécheresse et par sa capacité de rester dangereux après plus de trente ans passés sous sol. Il est également très prolifique soit par le repiquage de rejets apparemment sains, soit par l’irrigation, soit par les vents de sables qui peuvent transporter de minuscules éléments végétaux (El Hadrami et al., 1998).

1- Dégâts de la fusariose

Les espèces du genre Fusarium sont des pathogènes responsables des pertes économiquement importantes chez la majorité des cultures. Ces agents pathogènes peuvent causer la fonte de semis, la pourriture des racines et du collet (Pauvert, 1984). Ils attaquent tous les organes végétatifs et reproducteurs des plantes (Gargouri, 2003).

1.1 – Fonte de semis (Seedling blight)

La fonte de semis est due à des semences contaminées et elle est fréquente dans les régions humides où la maladie de l’épi prédomine (Gargouri et al. 2001). Moins fréquemment, cette maladie peut être causée par l’inoculum présent dans le sol ce qui est généralement le cas des régions arides (Gargouri, 2003). La maladie peut se traduire par des manques à la levée. En effet, la germination a eu lieu mais les racines meurent au cours de leur développement ou elles sont partiellement nécrosées. La fonte de semis due au Fusarium se manifeste tardivement, elle est localisée dans les zones les plus sèches. Parfois, la maladie se traduit par le dessèchement brutal de jeunes plantules qui restent dressées. Dans le cas d’une infection sévère, les racines latérales avortent ou encore sont détruites dans un stade assez jeune (Mrabet, 1998). La fonte de semis est responsable d’une réduction de rendement qui peut atteindre 17% (Gargouri, 2003).

1.2- Pourriture des racines (Root rot ou common root rot)

La pourriture des racines appelée aussi la pourriture commune est une maladie qui apparaît chez les plantes âgées et se manifeste par une infection des parties souterraines. Elle est due à la présence de l’inoculum dans le sol, aux débris végétaux infectés ainsi qu’aux semences contaminées. L’infestation a lieu dans les régions où la pluviométrie est déficiente (Gargouri et al. 2001). La maladie cause la destruction des tissus des racines, du rhizome et de la partie souterraine de la tige. Les symptômes typiques se caractérisent par une coloration brune ou noire. Ce brunissement peut progresser vers le plateau de tallage et très peu vers la tige.

Les symptômes peuvent se traduire, mais moins fréquemment que la pourriture du pied, en des épis blancs prématurés (Gargouri, 2003).

1.3- Pourriture du pied (Foot rot ou dry land foot rot)

La pourriture du pied est une maladie grave des grandes cultures, céréales et plantes fourragères, dans les régions arides et semi-arides pouvant occasionner des pertes élevées du rendement. Les conditions climatiques de la Tunisie par exemple favorisent le développement de cette maladie (sol sec quand les plantes sont jeunes). En effet, selon les travaux menés par Ghodbane et al., (1974), les pertes du rendement dues à la fusariose étaient de l’ordre de 44%.

Cette maladie est due principalement aux champignons présents dans le sol sous forme de chlamydospores, de mycélium et débris végétaux infestés enfouis dans la couche superficielle du sol. Les pathogènes pénètrent par le coléoptile, le rhizome ou les racines secondaires (Burgess et al., 1981).

L’infection reste latente et ne se développe que si la plante se trouve dans les conditions de stress hydrique pendant ou juste après la floraison (Gargouri, 2003). Lorsque l’attaque du collet est précoce, le champignon peut attaquer les différentes gaines et détruire la jeune plante.

2- Cycle biologique de la maladie

Le Fusarium responsable d’importants dégâts durant tout le cycle vital de la plante hôte, chez les légumineuses, est transmis essentiellement par les semences, mais peut aussi prévenir du sol où il se conserve sous forme de spores durables. Parasitant les caryopses, le Fusarium peut être présent à la surface, soit à l’état de spores libres, soit sous forme de petites colonies mycéliennes. Plus fréquemment, il est interne et se localise dans le péricarpe ou plus profondément dans les téguments séminaux et l’embryon. Présent autour de ce dernier sous forme de mycélium, les caryopses germent et donnent des plantules qui présentent des faciès caractéristiques durant le cycle vital de la plante hôte (Champion, 1997). Les plantules détruites par le parasite, en pré-émergence comme en post-émergence, constituent une source de contamination par des plantes voisines, c’est le premier foyer infectieux. En effet, le parasite édifié sur la plantule détruit des coussinets sporifères qui sont les spores entraînées par le vent et par la pluie. Ces spores vont infecter les autres plantes ou contaminer le sol.

Au cours des périodes successives de croissance jusqu’à celles de la reproduction de la plante puis la maturité des graines, le Fusarium, d’abord localisé au niveau des parties souterraines, se développe et sporule abondamment (Figure 1). Il constitue ainsi un deuxième foyer d’infection qui favorise la dissémination de la maladie aux plantes voisines. La maladie se perpétue, ainsi d’une année à une autre, soit par les caryopses infectés qui hébergent le parasite, soit par les spores formées sur la plante parasitée durant tout le cycle végétatif, soit enfin par contamination du sol (Mrabet, 1998; Caron, 2000).

Figure 1 Cycle de Fusarium spp. : Illustration des différents modes d’action (Caron, 2000)
Figure 1 Cycle de Fusarium spp. : Illustration des différents modes d’action (Caron, 2000)

3- Moyens de lutte contre La Fusariose

Différents moyens de lutte existent, cependant la prévention reste la meilleure arme contre les épidémies de fusariose en champ.

3.1- Pratiques culturales

La production de spores infectieuses à partir des déchets végétaux présents dans les champs est la première étape du cycle infectieux de Fusarium. Il convient donc de ne pas réutiliser les déchets végétaux pour fumer les cultures.

Au niveau du semis, il est recommandé de semer les céréales dans un sol bien travaillé.

Idéalement le sol doit favoriser une germination et une levée rapide. De cette manière la jeune plante peut être plus robuste pour faire face à une infection.

Une pratique d’alternance de culture apporte des effets bénéfiques compte tenu de la préservation nécessaire des ressources du sol. De plus, elle induit une variation naturelle de la flore favorable à la résistance aux pathogènes. De plus la culture de variétés résistantes est à privilégier.

4- Moyens de lutte biologique

De nombreux agents de bio-contrôle sont actuellement disponibles dans le commerce. Le principe repose sur l’hyperparasitisme. Certains champignons sont des parasites d’autres champignons. C’est le cas pour de nombreuses espèces du genre Trichoderma. T. harzianum a été décrit comme capable de contrôler les pathologies induites par F. oxysporum sur le bananier (Thangavelu et al., 2004).

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