La fertilisation de la pomme de terre

La fertilisation de la pomme de terre
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  1. Principes et objectifs.

La fertilisation consiste à apporter à un milieu de culture, tel que le sol les éléments minéraux nécessaires a  l’alimentation de la plante.

Les objectifs de la fertilisation visent à obtenir le meilleur rendement possible avec la meilleure qualité et au moindre coût.

En outre s’y ajoute le souci de préservation de la fertilité du sol et de la qualité de l’environnement, particulièrement en agriculture durable (Wikipédia, 2009).

La fertilisation a pour but de conserver ou améliorer la productivité d’une terre (Schvartz et al, 2005).

La fertilisation constitue l’un des éléments de l’ensemble des techniques culturales retenues pour réaliser un objectif de production donnée. Elle doit être raisonnée en fonction :

  • du sol ;
  • du climat ;
  • des précédents culturaux ;
  • des variétés cultivées ;
  • des possibilités d’alimentation en eau (Gravouille, 1987).

2- Stratégies de la fertilisation :

La stratégie de la fertilisation repose sur la prise en compte de quatre critères suivants :

  • L’exigence de la plante ;
  • L’état de richesse du sol: qui renseigne sur la réserve de P et ;
  • Le passé de la fertilisation : les doses de phosphore et de potassium apportées les 2 à 3 ans précédents ;
  • La restitution ou non des résidus des précédents culturaux (Soltner, 2000).

La nouvelle stratégie considère deux seuils qui dépendent surtout de l’exigence de la culture :

  • Teneur impasse (T imp.): correspond à la teneur du sol (en  ou O) au dessus de laquelle la suppression de la fumure sur culture n’entrainera pas de chute de rendement.
  • Teneur renforcée (T renf): représente la teneur du sol au dessous de laquelle il faut apporter une dose supérieure à la fumure d’entretien (Soltener, 2000).  Une fertilisation renforcée permettra d’obtenir un rendement de plus de 10% à celui obtenu par la fertilisation d’entretien (Schvartz et al, 2005).

     3. Les différents modes d’apport d’engrais

Les engrais minéraux peuvent être incorporés directement au sol ou mélangés à l’eau d’irrigation.

      3.1-L’apport direct au sol sous la forme solide :

Elle s’effectue de trois façons :

  • Par mélange plus au moins homogène au sol à une profondeur variable.
  • Epandage en surface ou en couverture : est indispensable pour tous les engrais azotés nitriques en raison de leur très grande mobilité dans le sol. Il y’a lieu de tenir compte du fait que les apports de printemps, en climat sec et en absence de précipitation, le mouvement ascendant d’eau favorise le maintien de l’azote en surface (Diehl, 1974).
  • Application localisée : c’est le mode le plus approprié, car il permet une économie d’engrais, un développement des plantes uniforme et rapide et entrainent à une amélioration du rendement (Grison, 1964).

La localisation de la fumure est surtout intéressante pour le phosphore dont l’action sur la croissance de système radiculaire est importante (Diehl, 1974).

        3.2- En solution dans les eaux d’irrigation ou fertigation.

              3.2.1-Principe  et  avantage  de la fertigation  

         La fertigation consiste en l’injection dans l’eau d’irrigation d’une solution mère concentrée pour obtenir une solution nutritive appelée solution fille (Elattir, 2009).

Elle permet d’apporter les éléments nutritifs par le réseau de micro-irrigation (Deumier et al, 1997).

La fertigation permet de minimiser les pertes de fumure par lessivage et améliorer l’efficience de l’utilisation des engrais en les mélangeant à l’eau d’irrigation en localisée (Skiredj, 2007).

               3.2.2-Avantage de la fertigation

La pratique de la fertigation permet :

  • Une utilisation correcte et économe de l’eau et des éléments minéraux au sol pour une meilleure utilisation par la plante ;
  • Un bon contrôle de l’état ionique de la rhizosphère ;
  • Une économie de la main d’œuvre pour l’application des engrais (Skiredj, 2007) ;
  • Localisation des apports à proximité des racines ;
  • Intervention possible à tout moment, ce qui permet la correction des carences ;
  • Meilleur contrôle des doses apportées, ce qui évite les pertes par lessivage et accroit l’efficacité (Kessira, 2003).

              3.2.3- Inconvénients de la fertigation.

Les principaux inconvénients de la fertigation sont les suivants :

  • Difficulté d’apporter des engrais en cas de sol saturé en eau ;
  • Obturation des orifices des distributeurs, ce qui nécessite de les nettoyer et d’utiliser une solution d’acide nitrique (NHO3), afin d’enlever le colmatage (Skiredj, 2007).

             3.2.4. Les règles de la fertigation

Les règles suivantes sont indispensables pour une bonne conduite de la fertigation :

  • Utilisation des engrais à grand pouvoir de solubilité.
  • L’engrais utilisé doit être bien solubilisé dans l’eau, afin d’éviter le colmatage du réseau d’irrigation.
  • La pression doit être suffisante en tête de station et au niveau des rampes afin de permettre une répartition homogène sur la parcelle.
  • Les filtres doivent être régulièrement nettoyés et fonctionnels (Skiredj, 2007).
  • L’injection de l’engrais dans le réseau doit être faite à l’amont du filtre à tamis.
  • Le matériel d’injection doit être fiable.
  • La canalisation principale doit comporter un clapier anti-retour pour éviter tout risque de pollution de la ressource en eau par les engrais (Anonyme, 1992).

Lorsque l’une ou l’autre de ces règles n’est pas respectée, des anomalies peuvent apparaitre : élévation du taux de salinité du sol, sur-fertilisation ou sous alimentation hydrique et minérale, perte par lessivage des éléments nutritifs etc.

Par conséquent, la fertilisation doit être adopter au niveau du rendement recherché, à la fertilité du sol et aux moyens de l’irrigation (Skiredj, 2007).

3.2.5- Caractéristiques des engrais utilisés en fertigation

Les caractéristiques des principaux engrais utilisés en fertigation (dosage et solubilité dans l’eau) sont portées dans le tableau ci-dessous.

 

Tableau 10: caractéristiques des engrais utilisés en fertigation.

Engrais Masse molaire Dosage (% du poids) Solubilité (kg produit /100 L eau à 20°C)
KNO3 (nitrate de potasse) 101 13% N + 46 % O 30
K2SO4 (sulfate  de potasse)) 174 48 % 10
MAP

 (sulfate monoammonique)

115 12% N+55% 40
HNO3 (acide nitrique) 63 22 % N N 100
MgSO4 (sulfate de magnésium) 120 16 % MgO 10
NH4NO3 (ammonitrate) 80 16,5% NN+16,5 % N 190
Mg(N ) 2. 6 0

(nitrate de magnésie hydraté)

256 11% NN + 16% Mg0 25
Ca(NO3)2  (nitrate de chaux anhydre)  164 17% NN +33,6% Ca0 120

Source :(Skiredj, 2007)

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