Historique de la classification du genre Astragalus

Historique de la classification du genre Astragalus
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La délimitation et la subdivision du genre Astragalus sont à ce jour très confuses vu la ressemblance des caractères morphologiques de ce taxon, ce qui a pour conséquence une classification très complexe du genre (Wojciechowski et al., 1999; Kazempour Osaloo et al., 2005 ; Zarre et Azani, 2013).

La 1ère classification a été publiée dans މInstitutiones rei herbariae މpar Joseph Pitton de Tournefort (1700) qui distingue deux genres très proches :

Tragacantha et Astragaloides. Plus tard, Linné (1753) regroupe les genres Astragalus et Tragacantha sous un seul genre, Astragalus, qu’il sépare d’un autre genre très voisin, Phaca (correspond à Astragaloides L) sur la base de la présence ou de l’absence d’une séparation longitudinale des gousses (Chaudhary et al., 2008).

En 1802, de Candolle scinde le genre Astragalus en deux genres distincts Astragalus et Oxytropis, le premier possédant une carène obtuse et une gousse biloculaire à suture ventrale et le deuxième possèdant une carène apiculée et une gousse biloculaire à suture dorsale. Par la suite, un grand nombre d’études ont été réalisées à la fois sur les astragales du Nouveau Monde (Torrey et Gray, 1838; Gray, 1864; Jones, 1923; Rydberg, 1929 ; Johnston, 1938, 1947; Barneby, 1964; Gomez-Sosa, 1979 ; 1981 ; 1982) et de l’Ancien Monde (Bunge ,1868 ; 1869; Boissier, 1872; Gontscharov, 1946; Podlech, 1982).

Parmi ceux-ci, on distingue les travaux de Bunge (1868) qui établit huit sousgenres (Pogonophace, Trimeniaeus, Phaca, Hypoglottis, Calycophysa, Tragacantha, Cercidothrix et Calycocystis) et 105 sections. En 1983, Podlech souligne la ressemblance des caractères morphologiques utilisés dans la classification infra générique de Bunge et suggère de ramener le nombre de sous genres à trois, sur la  base de critères phytodermologiques (trichomes simples ou latéraux). Cependant, Zarre et Podlech (1997) décident, après évaluation des différences morphologiques et anatomiques de réintégrer ces espèces dans le genre Astragalus (Fig. 1).

Figure 1. Historique de la taxonomie du genre Astragalus L. (Wojciechowski et al.1999).
Figure 1. Historique de la taxonomie du genre Astragalus L. (Wojciechowski et al.1999).

Les études se sont poursuivies plus tard au niveau des sections (Deml, 1972; Agerer-Kirchoff, 1976; Podlech, 1984 ; 1988 ; 1990 ; 1991 ; 1999 a, b ; 2001; Wenninger, 1991; Tietz et Zarre, 1994; Zarre-Mobarakeh, 2000; Podlech et Xu, 2004 ; 2007). Le tableau 1 présente le nombre de sections, d’espèces ainsi que la répartition géographique du genre dans le monde.

Tableau 1. Historique de la classification infra-générique du genre Astragalus L. (Zarre et Azani, 2013).

Tableau 1. Historique de la classification infra-générique du genre Astragalus L. (Zarre et Azani, 2013).

Compte tenu de la diversité et du grand nombre d’espèces, les caractères morphologiques et cytologiques ne suffisent plus pour tenter de résoudre les problèmes de phylogénie au sein du genre (Podlech, 1986). L’utilisation de marqueurs moléculaires devient indispensable (Chaudhary et al., 2008), car contrairement aux marqueurs traditionnels, ils ne sont pas influencés par les fluctuations de l’environnement et sont indépendants de l’organe analysé et du stade de développement de la plante (Aऊik et al., 2004).

Ainsi, pour élucider définitivement les structures et les relations phylogénétiques du genre, plusieurs recherches ont été entreprises à l’aide d’outils moléculaires tels que le polymorphisme de longueur des fragments de Restriction (RFLP) , les sites de restriction des gènes RNA polymérase chloroplastiques Rpoc 1 et Rpoc 2 (Sanderson, 1991; Liston, 1992 ; Sanderson et Doyle, 1993; Wojciechowski et al., 1993 ; 1999 ; Liston et Wheeler, 1994; Wojciechowski, 2005), les séquences internes de transcription des gènes ribosomaux (nrDNA ITS) (Kazempour Osaloo et al., 2003 ; 2005 ; Kazemi et al., 2009 ; Abdel Samad et al., 2014), l’amplification aléatoire d’ADN polymorphe (RAPD), les séquences simples internes répétées (ISSR) et l’amplification directe des minisatellites (DAMD) (Luo et al., 2000; Mehrina et al., 2005; Alexander et al., 2004; Na et al., 2004; Chaudhary et al., 2007).

Ces recherches ont permis d’inclure le clade ފAstragaleanފ( genre Astragalus et genre voisin Oxytropis) à l’intérieur du groupe « THC » (temperate herbaceous group) des papilionoids de Polhill (1981) qui fait lui-même partie du clade IRLC (Inverted Repetition Lacking Clade). Ces recherches ont également abouti à la confirmation de  la monophylie des espèces aneuploïdes américaines et à leur indépendance par rapport aux espèces aneuploïdes eurasiennes (Fig. 2) ; elles ont démontré l’intégration de nouveaux allèles qui ont permis aux écotypes américains de s’adapter à l’environnement, contribuant ainsi à l’évolution du genre (Wojciechowski, 2005).

Figure 2. Cladogramme des relations phylogénétiques du groupe IRLC (Wojciechowski, 2005).
Figure 2. Cladogramme des relations phylogénétiques du groupe IRLC (Wojciechowski, 2005).
Source : THESE
Présentée en vue de l’obtention du diplôme de
DOCTORAT EN SCIENCES
Option: Biotechnologies végétales Par
KARIM BAZIZ
Thème

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Organisation du génome et étude palynologique de quelques espèces algériennes du genre Astragalus L
Soutenue le 12 Février 2015 à l’Université Frères Mentouri 

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