Le genre Narcissus L

Le genre Narcissus L
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1. Classification

Le genre Narcissus L. présente beaucoup de difficultés taxonomiques et controverses nomenclaturales principalement dues aux faibles barrières reproductrices conduisant à l’hybridation naturelle entre des espèces proches comme est le cas du N. obsoletus (Haw.) Steud., un hybride entre N. serotinus L. et N. elegans (Haw.) Spach., ou éloignées comme le N. biflorus, un hybride entre N. tazetta et N. poeticus. La naturalisation suite à l’introduction d’espèces cultivées dans le bassin Ouest Méditerranéen constitue une autre difficulté quant à l’établissement de la distribution géographique du genre ou il devient difficile de distinguer entre les espèces spontanées et les cultivars naturalisés (Fernandes, 1968 ; Webb, 1980). La grande variabilité phénotypique entre les individus d’une même espèce souvent, due, à la présence de plusieurs niveaux de ploïdie au sein d’une même population, compliquent la taxonomie de ce genre. C’est le cas des sections ayant des séries polyploïdes tels que Bulbocodium, Pseudonarcissus, Hermione et Serotinii. Cette variabilité a également été observée chez des espèces où la polyploïdie n’a pas été signalée (Fernandes, 1968).

Les subdivisions du genre demeurent donc incertaines dans la mesure où de nombreux taxons sont inclus dans des sous genres et des sections distinctes selon les auteurs qui, en outre, retiennent un nombre variable de sous genres (2 ou 3) et de sections. 

Ainsi, Fernandes (1968) et Blanchard (1990) ont divisé le genre en deux sousgenres Narcissus L. et Hermione (Haw.) Spach., et 10 sections. Le sous-genre Narcissus regroupe sept sections : Apodanthi A. Fernandes, Tapeinanthus Traub, Ganymedes (Haw.) Schult. f., Bulbocodium DC., Pseudonarcissus DC., Narcissus et Jonquilla DC. Cette dernière comprends les deux sous-sections : Jonquilla et Juncifolii A. Fernandes. Le sousgenre Hermione est constitué de trois sections : Serotini Parl., Aurelia (J.Gay) Bak. et Hermione. Cette dernière est subdivisée en deux sous- sections : Angustifolii A. Fernandes et Hermione. La sous-section Hermione regroupe les trois séries : Hermione, Albiflorae Rouy. et Luteiflorae Rouy.

Webb (1980) a regroupé les espèces du genre en 7 sections, en revanche, la classification qu’il a proposée a porté uniquement sur la flore d’Europe.

Mathew (2002) propose une classification principalement basée sur les travaux de Fernandes (1968) et Webb (1980). Il a divisé le genre en trois sous-genres : Narcissus L., Hermione (Salisbury) Spach, Corbularia (Salisb.) Pax. et 7 sections. Le sous genre Narcissus est divisée en cinq sections : Narcissus, Pseudonarcissus DC., Ganymedes Salisbury ex Schultes and Schultes fil., Tapeinanthus (Herbert) Traub et Jonquillae De Candolle, cette dernière comprends trois sous-sections : Jonquillae, Apodanthi (A. Fernandes) D.A. Webb et Chloranthi D.A. Webb. Le sous-genre Hermione est divisée en deux sections : la section Aurelia (J. Gay) Baker et la section Hermione, cette dernière comprends trois sous-sections : Angustifolii (A. Fernandes) F.J. Fernández Casas, Serotini Parlatore et Hermione. La sous-section Hermione regroupe les deux séries Hermione et Albiflorae Rouy.

La classification la plus récente est celle proposée par Zonneveld (2008) dans laquelle il distingue 11 séctions réparties en deux sous genre : Hermione (Haw.) Spach. et Narcissus L. Le sous genre Hermione regroupe deux sections : Serotini Parlatore et Tazettae DC. Le sous genre Narcissus est divisé en 9 sections : Bulbocodii DC., Ganymedes Schultes & Schultes, Juncifolii (A. Fern.) Zonn. stat. nov., Tapeinanthus Traub, Apodanthi Fernandes, jonquillae DC., Pseudonarcissi DC., Nevadensis Zonn. sect. nov. et Narcissus L.

Les délimitations spécifiques au sein du genre diffèrent également selon les auteurs. En effet, le genre compte, entre 30 et 60 selon les auteurs Mabberley (1997), Meerow & Snijman (1998) et Zonneveld (2008) ; et entre 70 et 80 espèces selon Blanchard (1990) et Mathew (2002).

2. Evolution du genre

L’évolution du genre a eu lieu suivant un certain nombre de mécanismes tels que les mutations de gènes, les réarrangements chromosomiques, la polyploïdie, l’hybridation interspécifiques etc. Ces mécanismes ont agit seuls ou s’associant entre eux pour engendrer de nouveaux taxons. En effet, le mécanisme de réarrangement chromosomique est à l’origine de la formation des deux nombres de base primaires des deux sous genres Narcissus (x= 7) et Hermione (x= 5) à partir de l’ancêtre du genre qui serait une plante à x= 6 et qui, suite à une translocation réciproque a engendré les deux nombres x= 5 et x= 7. 

Une hybridation entre des formes à x= 5 avec leur ancêtre, a donné naissance au nombre secondaire x= 11, engendrant ainsi 11 taxons à 2n= 22 (Fedorov 1969). Le deuxième nombre secondaire, x= 13 est apparu suite à une translocation accompagnée d’élimination d’un centromère sur une forme tétraploide de N.bulbocodium (x= 7), engendrant ainsi les diploïdes et triploïdes de l’espèce N. obesus Salisb. (Fernandes, 1951, 1967, 1975) .

source: Boukhenane meriem (2016). Etude de l’organisation du génome du complexe d’espèces Narcissus tazetta L. s.l. d’Algérie.Thèse doctorat 3ème cycle. Université des frères Mentouri constantine.

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