Généralités sur la tomate

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1-Historique et origines

La tomate fut ramenée du Pérou ou de Mexique au début du XVIème siècle par les conquistadors. Elle arriva d’abord en Espagne, puis très vite, elle parvint en Italie et gagna le reste de l’Europe (POLESE, 2007).

La tomate était connue en France depuis 1560 comme plante ornementale. Cependant, tout laisse à penser que ce n’est  que depuis 1778 qu’elle est considérée comme légume. Sa culture ne prit d’ailleurs vraiment de l’extension qu’à partir de 1800 (LAUMONIER, 1979).

1.Pérou, centre de diversification, 2‚.Mexique : premier centre de domestication, 3ƒ.Europe : deuxième centre de domestication, 4„. États-Unis : troisième centre de domestication.     Figure 01 : Diffusion de la tomate     source : (WIKIPEDIA., 2009)
1.Pérou, centre de diversification,
2‚.Mexique : premier centre de domestication,
3ƒ.Europe : deuxième centre de domestication,
4„. États-Unis : troisième centre de domestication.
   Figure 01 : Diffusion de la tomate     source : (WIKIPEDIA., 2009)

 

En 1753, Linné donna à la tomate le nom scientifique « Solanum lycopersicum » c’est-à-dire « pêche de loup » (de lucos : loup, et persica : pêche) ;  et proposa  la classification classique suivante :

Règne :              Plantae

Sous-règne :      Trachiobionta

Division :           Magnoliophyta

Classe   :           Magnoliopsida

Sous-classe :     Asteridae

Ordre :              Solanales

Famille :           Solanaceae

Genre :             Solanum

Espèce :           Solanum  lycopersicum

 

Miller Gardner affina la classification de Linné, et donna à la tomate  le nom latin «  Lycopersicon esculentum ». C’est une reconnaissance et aussi consécration comme plante alimentaire, puisque  esculentum désigne le caractère comestible.

Une ultime modification de la classification est apparue il y a quelques années : le nom scientifique de la tomate est devenu « Lycopersicon lycopersicum esculentum ». On précise ainsi par trois noms la présence d’une sous espèce (DANNEYROLLES, 1999).

Ainsi, aucune classification n’est stable ; chacune peut toujours être  affinée, voire modifiée, à la lumière de découvertes nouvelles ou d’interprétations différentes, pour cela le nom scientifique de la tomate présente plusieurs synonymes :

  • Solanum lycopersicon L. 1753 ;
  • Lycopersicon esculentum Mill. 1768 ;
  • Lycopersicon pomumamoris Moench 1794 ;
  • Lycopersicon lycopersicum Karst. 1882 (VAN DER VOSSEN et al, 2004).

2- Importance Economique

2 .1-Dans le monde

La tomate est cultivée dans de nombreux pays du monde (170 selon la FAO) et sous divers climats, y compris dans des régions relativement froides grâce au développement des cultures sous abri. C’est, par le volume de production, le premier légume au plan mondial, devant la pastèque et le chou, mais derrière la pomme de terre et la patate douce (FAO, 2009).  

La tomate peut être cultivée soit en plein air soit en serre. Elle est produite en serre essentiellement en Amérique du Nord et en Europe, où les systèmes de production sont extrêmement intensifs et peuvent produire des rendements très élevés (jusqu’à 700 tonnes/ha).La production en plein air est beaucoup moins intensive, et c’est le système le plus courant dans les régions tropicales et subtropicales.

La production de tomates connait deux grandes filières : la tomate pour la consommation en frais (tomate de marché) d’une part et la tomate destinée à la transformation et la conserve (tomate d’industrie) d’autre part :

 

  • Les tomates fraiches sont présentes quasiment toute l’année dans le commerce. Les nouvelles techniques de production ainsi la sélection génétique permettent à ce légume d’être cultivé dans des zones géographiques d’où il était exclu quelques années, mais les progrès réalisés ont surtout visé à améliorer sa productivité ou son aspect (POLESE, 2007).
  • Les tomates d’industrie destinées à la transformation et la conserve représentent environ la moitié de la production dans l’Union européenne, 80 % aux ‘’États-Unis’’ (moyenne 1980-1987) [(CHAUX et FOURY, 1994) et environ 15 % en ‘’Chine’’ (2008)[ (HEUVELINK, 2009).

Sur la période (1961-2007), la production mondiale a été multipliée par près de 4, passant de 27,6 à 102,2 millions de tonnes.

Cette évolution a été particulièrement forte en ‘’Asie’’, ainsi ‘la Chine’’ a multiplié sa production par 7 dans la même période, ‘’l’Inde’’ par 18,5. Le rendement moyen s’établit à 23,1 t/ha, un peu en dessous du niveau mondial, en ‘’Chine’’ et à 17,9 t/ha en ‘’Inde’’. Il s’étage entre 50 et 80 t/ha dans ‘’les pays du sud de l’Europe’’, tandis que ‘’les pays du nord’’, dont la production est quasi exclusivement assurée sous serre, ont des rendements records : 445 t/ha aux Pays-Bas, 428 t/ha au ‘’Royaume-Uni’’ et  408 t/ha en ‘’Belgique’’  (HEUVELINK, 2009).

 

 

    

 Figure  02:Les principaux pays producteurs de tomate dans le monde (1997-2007)  (F.A.O, 2009) .
Figure  02:Les principaux pays producteurs de tomate dans le monde (1997-2007)
(F.A.O, 2009) .

 

 

La  figure 02 montre que, parmi les pays qui ont une grande production de tomate,  ‘’La Chine’’ est  le premier producteur mondial avec  27% (282,38 millions de tonnes), production destinée essentiellement (environ 85 %) au marché intérieur pour la consommation en frais (HEUVELINK, 2009). [Suivie par cinq pays : les États-Unis (13%) ; l’Italie (12%) ; la Turquie (10%) ; l’Inde (9%), l’Égypte (7%) et l’Iran (4%).

Figure 03:  Evolution de la production dans le monde  (1997-2007)                                                                                                                            (Voir l’annexe 1)
Figure 03:  Evolution de la production dans le monde  (1997-2007)
                                                                                                                          (Voir l’annexe 1)

En 1997, la production mondiale de la tomate était d’environ 69,23 millions de tonnes, elle  a augmenté régulièrement jusqu’à l’année 2007  où elle atteint 126,2  millions  tonnes soit une hausse de 48,96%. L’année 2002 marque  la plus forte  production avec une  cime 142,42 millions de tonnes (figure 03).

En effet,   L’importance accrue des tomates sur le marché mondial a été une force motrice pour élargir la superficie et la part des exportations de nombreux pays, notamment pour ceux situés à proximité les principaux pays importateurs.

 2.2- En Algérie

De par son importance, la tomate (maraîchère et industrielle) constitue la 3éme activité agricole en Algérie, après les céréales et la pomme de terre (I.T.C.M.I, 2003). 

La  production de la tomate, en Algérie, est influencée par les caractéristiques climatiques régionales et les variétés productives. Elle est repartie comme suit :

  • Les productions de saison : représentent la plus grande part des superficies maraîchères localisées dans les Tell et les régions suffisamment arrosées ou disposant d’eau d’irrigation (périmètres irrigués, oasis, etc…) ;
  • Les productions d’arrière-saison: arrivent sur les marchés à partir du mois de Novembre. Elles sont localisées dans le littoral, les plaines sub-littorales, les plaines intérieures et les hautes plaines bénéficiant d’infrastructures et d’eau pendant l’été et l’automne ;
  • Les productions de primeur: réservées aux zones à climat doux. C’est pour cette raison qu’elles sont confinées dans les zones littorales et quelques micro-zones du sud (ABDELGUERFI, 2003).  

 

Tableau 01 : Evolution de la superficie, la production, et le rendement de la tomate  de plein champ en Algérie.

Compagnes  

(années)

Superficies

(hectares)

Production

(tonnes)

Rendement

(tonnes/hectare)

1980-1984* 16 684 167 568 10,04
1985-1988* 17 905 238 680 13,33
1988-1989* 19 500 291 231 14,93
1989-1990* 19 460 282 841 14,53
1990-1991* 19 170 306 644 16,00
1991-1992* 18 020 295 892 16,42
1992-1993* 18 840 315 357 16,74
2007-2008 P 17 863 479 961 26,86

Source : *  (BACI, 1995)   à partir des statistiques du (M.A.D.R)

                                      P (AMARNI ,2009) à partir des statistiques du(M.A.D.R)   

 

D’après le tableau 01, la tomate n’a pas connu une grande hausse des superficies depuis  (1980-1984) jusqu’à (2007-2008) (une augmentation d’environ

7,06 %) parce que l’extension des superficies est confrontée à des contraintes parmi lesquelles : « l’eau d’irrigation »  reste le facteur limitant.

 

Cependant, la production de la compagne 2007-2008 est nettement meilleure  d’où on note une hausse d’environ 186,42%.

Cette augmentation de production est un résultat de la combinaison logique et         ordonnée des techniques agricoles  mises en œuvre sur les parcelles en vue d’en obtenir une production intense et superficie réduite.

Mais la culture de plein champ n’arrive pas à satisfaire la demande de marché en tomates d’où la place importante qu’occupe la conduite sous abri plastique. Les principaux facteurs limitant la production de la tomate en plein champ sont : l’alimentation hydrominérale  et le parasitisme (HUAT, 2006).

Tableau 02 : Evolution de la superficie, la production, et le rendement de la tomate sous abri serre en Algérie.

Compagne

(années)

Superficies

(hectares)

Production

(tonnes)

Rendement

(tonnes/hectare)

1982-1985 * 322 19 505 60,57
1986-1989  * 1370 104 341 76,16
1989-1990  * 1400 91 000 65,00
1990-1991  * 1200 84 000 70,00
1991-1992  * 1800 153 000 85,00
2000-2001 P 1801,18     131 041,5 72,75
2001-2002 P 2000,6 146 482 73,21
2006» 2966,61 226 827 76,46

 

Source : –   *   (BACI, 1995)   à partir des statistiques du (M.A.D.R)

                  P (D.S.A, 2003)

»   (BELKACEMI et CHERBOUB, 2008)  à partir des statistiques du (M.A.D.R)

          

Depuis des années, les cultures sous abri ne cessent de connaître des développements spectaculaires. Par le biais des pratiques culturales et de l’infrastructure offerte par la plasticulture (serre chapelle, serre chauffée, etc.), la production légumière a pu réaliser la « soudure » avec les cultures de saisons, pendant des périodes climatiques difficiles (ABDELGUERFI  ,2003).

 

Le tableau 02 montre que l’évolution des superficies connait un rythme très rapide de 1982 à1989 avec une croissance de 425 %, puis  beaucoup moins rapide jusqu’en1992 ; la production semble avoir la même tendance.

A partir  de l’année 2002, la production de tomate a connu une forte croissance qui atteint 54,84% en 2006.   En effet, la culture de la tomate sous serre permet d’obtenir une production importante tout en maintenant les surfaces exploitables très réduites.

2.3- Dans la wilaya de Biskra

La wilaya Biskra occupe la première place en cultures sous serre dont l’extension est jumelée à une forte activité de production de plants.

Le tableau ci-dessous présente l’évolution de la superficie cultivée et de la production annuelle de la tomate sous serre  de la compagne 1994 – 1995 jusqu’à la compagne 2006 – 2007 dans cette région.

Tableau 03 : La production et superficie de tomate sous serre dans la wilaya de  Biskra

Compagne Superficie

(hectares)

Production

(tonnes)

94/95 418,76 34572
95/96 456,2 33374,5
96/97 579,96 43445,1
97/98 662,8 52105,7
98/99 698,16 51352,9
99/00 689,24 51003,7
00/01 685,56 49705,2
01/02 942,72 68818,5
02/03 1071,22 92842,9
03/04 1143,22 86293,7
04/05 1200,12 94963,9
05/06 1279,16 95100,3

                                                                                                                                   (D.S.A, 2006)

 

D’après ce tableau, nous constatons une évolution régulière  des superficies entre (1994 et 2001) ; puis une augmentation à un rythme rapide dés 2001.

La production marque la même tendance que celle observée pour les superficies ; ainsi, après une évolution lente entre (1994 / 2001), la production a  été  multipliée à partir de l’année (2002) par 2,7  fois  pour atteindre  95100,3 tonnes en (2005/2006) soit une croissance  de 175,07%. Cette évolution  de la production pourrait être  expliquée par  les  conditions  favorables assurées par les abris-serres, qui permet l’adoption des techniques culturales plus appropriées, pour le développement de cette culture.

3- Caractères morphologiques 

3.1- Système racinaire 

            Forte racine pivotante atteignant 25 à 35 cm  de profondeur ou plus, avec un système dense de racines latérales et adventives (VAN DER VOSSEN et al, 2004).

  • Tige 

De consistance herbacée en début de croissance, la tige tend à devenir un peu ligneuse en vieillissant. La croissance de la tige est assurée par les bourgeons. Les bourgeons axillaires donnent naissance à des ramifications successives, tandis que les bourgeons terminaux produisent des fleurs ou avortent. Les rameaux issus des bourgeons axillaires produisent des feuilles à chaque nœud et se terminent aussi par une inflorescence  (CHAUX et FOURY, 1994).

Il n’y a qu’une tige par pied et les ramifications donnent à la plante un aspect buissonnant. Les tiges sont vertes pourvues de poils blanchâtres. Elles portent les feuilles, les fleurs et les fruits. Le plus souvent, elles sont retombantes et demandent à être attachées sur des tuteurs (SHANKARA et al, 2005).

La tige est couverte d’un système pileux protégeant  l’épiderme,  violacé à la base du pied. La plante parait ligneuse. Une peau verte recouvre une sorte de bois

(DANNEYROLLES, 1999).

  • Feuillage :

Le feuillage de tomate est caractéristique et ne ressemble à celui d’aucune autre plante, à l’exception de celui de ses cousines (DANNEYROLLES, 1999).

Les feuilles disposées en spirale, alternes, imparipennées, à contour de                                      15 à 50cm x 10 à 30cm ; stipules absentes ; pétioles de 3 à 6cm de longueur (VAN DER VOSSEN et al, 2004). Elles  comprennent de 5 à 7 folioles aux lobes très découpés.

Le bord du limbe est denté (HELG, 2005 in LOUCIFE, 2009).

Les folioles sont insérées sur le pétiole de la feuille par l’intermédiaire de petites ramifications. Les feuilles sont  vertes, poilues et ont une odeur forte lorsqu’on les froisse. Au point d’insertion du pétiole sur la tige on trouve un bourgeon qui donne souvent naissance à une nouvelle ramification (SHANKARA et al, 2005).

  • Fleur

Les fleurs sont réunies en cymes, inflorescences de type déterminé, cependant chez la tomate le méristème de l’inflorescence ne se termine pas par une fleur et, en fait, maintient son indétermination (WELTY et al, 2007).

La grappe florale de la tomate se compose d’une succession d’aisselles portants chacune une seule fleur, la tige principale de la grappe (pédoncule) peut se ramifier une ou plusieurs fois (CHAUX ,1971).

Les fleurs sont disposées de façon opposée sur la grappe où elles prennent naissance. Une fleur termine le bouquet dans son axe  (DANNEYROLLES, 1999).

La fleur est hermaphrodite. Les étamines sont soudées les unes aux autres pour former un cône pollinique qui se referme autour de l’organe femelle situé en son centre. Seule une petite ouverture à son extrémité (le stigmate) permet au pollen des autres fleurs de pénétrer dans le pistil (LAMBERT, 2005).

L’ovaire est supère (situé au-dessus de calice) et comporte le plus souvent 2 loges, ou carpelles, mais certaines variétés peuvent en comporter 3 ou 5 (POLESE .2007).

 

  • Fruit

Baie charnue, de forme globulaire ou aplatie avec un diamètre de 2 à 15 cm. Lorsqu’il n’est pas encore mûr, le fruit est vert et poilu. La couleur des fruits mûrs varie du jaune au rouge en passant par l’orange. En général les fruits sont ronds et réguliers ou côtelés  (SHANKARA et al, 2005).

Si les fruits sont traditionnellement sphériques et rouges, ils peuvent être de diverses tailles, couleurs et formes. Il existe ainsi des fruits blancs, jaunes, orange, ou noirs violacés (POLESE .2007).

  •  Graines

Les pépins sont entourés d’une sorte de mucilage provenant de la gélification de l’enveloppe de la graine (POLESE .2007).

Les graines sont nombreuses, en forme de rein ou de poire. Elles sont poilues, beiges, 3 à 5 mm de long et 2 à 4 mm de large. L’embryon est enroulé dans l’albumen.1000 graines pèsent approximativement 2,5 à 3,5 g (SHANKARA et al, 2005).

4-Mode de reproduction de la tomate

Par ses fleurs hermaphrodites, elle est autofertile (autopollinisation) et principalement autogame. Cela résulte de la morphologie de la fleur, le style est en effet inséré dans le tube formé par les étamines, les stigmates n’apparaissant généralement pas à l’extérieur. Cela limite fortement la pollinisation croisée, sans l’interdire totalement.

La pollinisation nécessite toutefois l’intervention d’un agent extérieur, le vent ou certains insectes comme les bourdons, capable de faire vibrer les anthères et de libérer le pollen (BENTON JONES, 1999).

 

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