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Le terme « Trichoderma » a été introduit dans la mycologie en 1794 par Persoon (Roussos, 1985 ; Bissett, 1991). Il désigne des champignons microscopiques considérés durant 200 ans comme étant des «Gastéromycètes». Ces organismes cosmopolites appartiennent à un grand ensemble de champignons sans reproduction sexuée connue (Vining, 1990 ; Genilloud et al., 1994 ; Fujita et al., 1994 […]

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Le terme « Trichoderma » a été introduit dans la mycologie en 1794 par Persoon (Roussos, 1985 ; Bissett, 1991). Il désigne des champignons microscopiques considérés durant 200 ans comme étant des «Gastéromycètes». Ces organismes cosmopolites appartiennent à un grand ensemble de champignons sans reproduction sexuée connue (Vining, 1990 ; Genilloud et al., 1994 ; Fujita et al., 1994 ; Roquebert, 1996).

En milieu terrestre, leur production d’enzymes, de substances bioactives et leur développement rapide font des Trichoderma sp. des agents potentiels en agroalimentaire et une matière de choix pour l’exploitation industrielle (Prieto et al., 1997). Quelques-unes des quelques 35 espèces établies à ce jour sont d’intérêt économique, pour leur production d’enzymes cellulolytiques et utilisés comme agents de lutte biologique en raison de leur antagonisme vis-à-vis d’autres espèces fongiques (antibiose, mycoparasitisme, compétition, lyse, promotion de la plante hôte) (Fujita et al., 1994 ; Schirmböck et al., 1994 ; Roquebert, 1996 ; Cooney et al., 1997 ; Prieto et al., 1997 ; Grondona et al., 1997 ; Verbist, 2000 ; Kubicek et al., 2003).

1- Morphologie

L’aspect macroscopique des Trichoderma sp. est apprécié à partir de cultures sur géloses nutritives appropriées, réparties en boîtes de Pétri. Les colonies fongiques peuvent être légèrement floconneuses ou bien compactées en touffes. Entre ces deux extrêmes, existent des aspects intermédiaires. Les colonies sont colorées en fonction de la pigmentation des phialides.

Cinq jours après sa germination, la conidie donne naissance à un mycélium d’abord blanc et stérile en forme de cercle. Deux jours plus tard, une couleur verte est visible sur les parties aériennes du mycélium, correspondant à la conidiogenèse.

D’autres cercles concentriques réguliers se forment par la suite, et entre le 16 ème et le 20 ème jour un feutrage épais se superpose à la culture.

Au microscope optique on peut observer un mycélium composé d’hyphes jaunes, septés, ramifiés à parois lisses. Les conidiophores (Figure 1) ont une forme conique ou pyramidale.

Très ramifiés, ils portent des phialides en forme de flasques ou de quilles. A leur tour, les phialides portent les spores (Cournut, 1984 ; Landreau, 2001, Kubicek et al., 2003).

Figure 1: Aspect morphologique d'un conidiophore de Trichoderma longibrachiatum (Samuels et al., 1994).
Figure 1: Aspect morphologique d’un conidiophore de Trichoderma longibrachiatum (Samuels et al., 1994).

2- Taxonomie

La division du genre Trichoderma en espèces a fait l’objet de nombreuses études et de beaucoup de discussions. Dans le règne vivant les limites de «l’espèce» reposent sur la possibilité de croisement entre individus. Or, les champignons anamorphes du genre Trichoderma, en tant que tels, n’ont pas de reproduction sexuée connue, et ce caractère ne peut donc être utilisé pour leur systématique. On se base alors sur les aspects culturaux et la morphologie des appareils sporogènes (Roquebert, 1996) ainsi que sur le matériel génétique en s’appuyant sur des techniques de biologie moléculaires (Gams et Bissett, 1998).

Si on répertorie succinctement les dates les plus importantes qui ont marqué la systématique des Trichoderma sp., on se rend vite compte que leur positionnement taxonomique n’a pas été chose facile.

En 1794, Persoon décrit le premier Trichoderma sp. et établit 4 espèces.

En 1821, Fries classa les Trichoderma sp. parmi les Gastéromycètes.

En 1860, débutent les controverses sur cette systématique, Tulasne contredit Fries puisqu’il ne trouve pas de forme téléomorphes (sexuées) à ce genre.

En 1871, devant le nombre croissant d’espèces rencontrées, Harz insiste sur l’importance des caractères morphologiques sous microscopie optique (surtout les phialides).

En 1916, Waksman décrit ce qu’il trouve être 6 nouvelles souches de Trichoderma sp. en utilisant des critères macroscopiques, différents de ceux préconisés par Harz.

En 1926, Abbot identifie 4 espèces de Trichoderma selon des critères une fois de plus différents des précédents.

Jusqu’à 1939 le raisonnement d’Abbot reste en vigueur, mais aussi à côté d’identifications totalement indépendantes.

En 1939, Bisby tente de mettre de l’ordre dans ces systèmes en proposant une unique espèce : Trichoderma viridae. Et durant 24 ans, toute espèce fongique à spores vertes était considérée comme étant un Trichoderma sp.

En 1963, les travaux de Gutter et Monbasher mettent fin au système précédant, en démontrant la variabilité des espèces de Trichoderma en fonction des conditions environnementales.

En 1969, conscient de toute cette polémique, Rifai propose une classification «utilisable avec le concept d’« espèces agrégées », basé sur les caractères microscopiques. « Une espèce agrégée est une entité composée de groupement d’espèces très similaires, difficiles à séparer ». Neuf espèces agrégées sont crées (T. aureoviridae Rifai, T. hamatum Bain, T. harzianum Rifai, T. koningii Oudemans, T. longibrachiatum Rifai, T. piluliferum Webster et Rifai, T.

polysporum Rifai, T. pseudokoningii Rifai et T. viridae Gray), tout en tolérant une certaine variabilité au sein de chaque espèce agrégée (Rifai, 1969).

En comparaison avec les nombreux précédents, ce système semble le plus facilement utilisable pour la communauté scientifique, d’autant plus qu’il a été amélioré récemment par Bissett (1984, 1991a et b).

En 1991, Bissett propose la notion de « section » pour faire face au nombre croissant d’espèces nouvelles de Trichoderma sp., sans rapport avec les espèces agrégées.

Se basant sur la morphologie des conidiophores et des phialides, il regroupe les espèces agrégées dans 5 sections (Trichoderma, Pachybasium, Hypocreanum, Longibrachiatum et Saturnisporum) (Leuchtmann, 1996 ; Landreau, 2001).

Le système taxonomique de Bissett est aussi appuyé, entre autres, par des approches de biologie moléculaire (PCR), pour répondre au positionnement de nouvelles espèces de Trichoderma identifiées (dont les formes téléomorphes1 sont souvent non identifiées) et reste le plus fiable actuellement Lillard-Roberts, 2004 repose sur des comparaisons de l’aspect morphologique, le profil métabolique, l’examen phylogénétique et la séquence d’ADN avec des bases de données de références internes au laboratoire de Bissett (Canada).

Les espèces de Trichoderma ainsi que leurs rares formes téléomorphes observées sont classées parmi les Ascomycètes (second plus important groupe fongique en nombre d’espèces) du genre Hypocrea (Sugiyama, 1987 ; Kubicek et al., 2003).

Sous certaines conditions, méconnues, les Hypocrea sp. (téléomorphes) se transforment « définitivement » en Trichoderma sp. (anamorphes). On pense alors que l’évolution a conduit à la disparition du mode sexué pour l’établissement d’un genre à reproduction exclusivement asexuée (Roquebert, 1996).

La biologie moléculaire nous révèle aujourd’hui que des espèces de Trichoderma génétiquement différentes, présentent des similitudes morphologiques spectaculaires et leurs caractéristiques se chevauchent ce qui, d’une part explique la longue controverse connue par ce genre auparavant et d’une autre part, montre que les seuls critères morphologiques ne suffisent plus pour une classification incontestable et rigoureuse des formes anamorphes de Trichoderma sp. (Cournut, 1984 ; Sugiyama, 1987).

La taxonomie moderne des champignons a aboli l’embranchement des Deuteromycotina, auquel appartenait le genre Trichoderma. La position taxonomique actuelle des Trichoderma sp. se présente comme suit (selon Bissett, 2004) :

  • Embranchement Amastigomycota et/ou Eumycètes
  • Sous embranchement Ascomycotina
  • Classe Sordariomycètes
  • Ordre Hypocréales
  • Famille Hypocraceae
  • Genre Hypocrea mitosporique** (Trichoderma)

3- Ecologie

Grâce à sa grande capacité d’adaptation aux différentes conditions climatiques, le genre Trichoderma est très répandu dans la nature, aussi bien en milieu terrestre que marin (Roquebert, 1996 ; Esposito et Silva, 1998).

En effet, les Trichoderma sp. sont remarquables pour leur croissance rapide et leur capacité à utiliser différents substrats et sont, par conséquent, l’élément majeur dans la mycoflore terrestre et marine (Widden et Abitrol, 1980 ; Kubicek et al., 2003).

Les Trichoderma sp. terrestres se développent quasiment dans tous les sols (forestiers ou cultivés) et sur les végétaux en décomposition. Ils contaminent fréquemment le compost de la culture industrielle des champignons comestibles, mais sont rarement parasites de plantes vivantes (Roquebert, 1996 ; Esposito et Silva, 1998).

La présence des Trichoderma sp. en milieu terrestre (6% du nombre total des espèces fongiques) semble comparable à celle en milieu marin (6,4% à 10,4%) (Landreau, 2001). 

L’abondance des Trichoderma sp. dans les écosystèmes est due à leur capacité à produire diverses substances bioactives et des enzymes. Ils sont de ce fait un maillon important dans les chaînes biologiques (Widden et Abitrol, 1980 ; Vining, 1990 ; Kubicek et al., 2003).

4- Pouvoir antagoniste de Trichoderma

Les propriétés antagonistes des Trichoderma sont connues depuis longtemps puisque la première publication qui en fait mention date de 1887. Cependant, l’étude approfondie du phénomène d’antagonisme et de son application comme moyen de lutte à l’égard des parasites des plantes cultivées n’a débuté qu’entre les deux guerres mondiales. Les modèles étudiés s’intéressaient essentiellement aux parasites du sol mais déjà, en 1952, Wood signalait l’efficacité de Trichoderma viride pour contrôler Botrytis cinerea sur la laitue.

La production d’agents de lutte biologique (ALB) à base de Trichoderma viride date depuis longtemps et a été révisée au cours des dernières décennies par plusieurs scientifiques qui lui ont attribuée une importance en agriculture pour la lutte contre les maladies causées par les pathogènes. Ce champignon (Trichoderma viride) est caractérisé par une croissance rapide, une grande capacité à la compétition saprophytique (Mouria et al., 2005) et parasite le mycélium d’autres champignons. Les Trichoderma sont très efficaces pour la lutte contre les maladies des plantes reliées aux sols, aussi bien que pour la dégradation de composés toxiques présents dans les sols. Les sols inoculés protègent les cultures et garantissent un milieu sain  pour un développement normal de la végétation (Harman, 2000). En effet, ce champignon secrète de multiples enzymes, antibiotiques, hormones qui sont utiles pour la croissance des plantes et leur confèrent une protection contre les pathogènes. Il en résulte aussi une amélioration du contenu du sol en nutriments. La présence de Trichoderma dans le sol joue à la fois un rôle préventif et curatif (Harman et al. 2004; Singh et al. 2007).

Il a été prouvé que la souche T-22 de Trichoderma est capable d’augmenter le développement des racines chez le maïs et chez d’autres plantes (Harman 2000; Harman et al., 2004). Cet effet peut durer toute la vie des plantes annuelles et peut être induit par l’ajout de petites quantités de bioinoculants à base de Trichoderma viride appliqués sur les semences (moins de 1 g/ha).

Trichoderma est un champignon du sol, filamenteux, connu comme un agent de biocontrôle efficace contre certains pathogènes du sol. Il est l’agent de biocontrôle le plus étudié contre les phytopathogènes. Weindling et Emerson (1936) ont démontré que Trichoderma est capable de secréter une substance extracellulaire, appelée « Gliotoxine », capable de dégrader les pathogènes. Trichoderma est un genre de champignon à reproduction asexuée qui se caractérise par des colonies à croissance rapide et colonise les plantes ligneuses et les herbacées. Les Trichoderma présentent une diversité génétique très élevée et peuvent être utilisés pour produire des produits à intérêt écologique et commercial marqué. Ils produisent des protéines extracellulaires et sont connus comme meilleurs producteurs d’enzymes dégradant la cellulose et la chitine en plus d’autre enzymes à différents usages qui ont été identifiés (Haran et al. 1996; Harman et al., 2004). Trichoderma viride est efficace pour le contrôle de Rizoctonia solani, un champignon qui cause la fonte des semis et la pourriture des racines, cependant, soixante-dix souches de Trichoderma y compris T. viride, T. harzianum et T.aureoviride ont été testés contre le R. solani in vitro et ont montré une inhibition totale de la croissance de R. solani. Les recherches récentes ont prouvé que les Trichoderma sont des opportunistes qui vivent en association bénéfique avec des plantes autant qu’ils sont des parasites pour quelques champignons. Au moins quelques souches établissent une colonisation robuste et durable au niveau des surfaces racinaires et pénètrent jusqu’à l’épiderme ce qui améliore la croissance racinaire, la productivité, la résistance au stress abiotique et l’assimilation et l’utilisation des nutriments (Harman et al. 2004).
Trichoderma a été connu comme producteur de substances antibiotiques et parasite d’autres champignons (Lindsey et al. 1967; Chang et al. 1986). Le parasitisme de T. viride, par exemple, est défini par la sécrétion d’un type d’enzyme incluant les cellulases, les chitinases et des antibiotiques, tel que la gliotoxine (Haran et al., 1996). Des récentes recherches ont montré que T. viride est un améliorateur de croissance chez le soja (Harman, 2001), il protège la tomate, le piment (Verma, 2007) et quelques cucurbitacées contre les phytopathogènes.

Harman et al. (2004) ont ajouté que la colonisation des racines par Trichoderma améliore la croissance et le développement de ces derniers, la productivité, la résistance au stress abiotique et le prélèvement et l’utilisation des nutriments. Le maïs répond généralement à l’ajout de fertilisants riches en azote par l’amplification de l’intensité de la couleur verte, une bonne croissance et un rendement maximum. Cependant, les plantes de maïs issues de semences traitées avec Trichoderma T-22 ont donné un rendement maximum avec un fertilisant contenant 40% moins d’azote par rapport à des semences non traitées avec T-22 (Harman, 2001).

5- Mode d’action de Trichoderma

Généralement, Trichoderma inhibe ou dégrade la pectinase et d’autres enzymes qui sont essentiels pour les phytopathogènes. En plus de son effet inhibiteur des phytopathogènes, Trichoderma est aussi capable d’induire une résistance localisée et systématique.

L’amélioration de la croissance des plantes par Trichoderma peut prendre lieu soit au niveau de la plante (Lindsey et al., 1967; Yedida et al., 2001), soit au niveau du sol (Chang et al., 1986; Harman, 2000). L’induction de la résistance chez les plantes par Trichoderma a été étudiée et comparée avec les réponses induites par les rhizobactéries. Trichoderma est résistante aux cyanures et produit deux différentes enzymes qui sont capables de dégrader les cyanures dans la zone racinaire (Ezzi et al., 2002). Par la suite, ce champignon peut augmenter la croissance racinaire, détruit les métabolites toxiques produits par la microflore et contrôle directement les pathogènes des racines. Des observations microscopiques sur des cultures de différents champignons ont montré que Trichoderma croit parallèlement avec Rizoctonia Solani. Toutefois, Trichoderma s’enroule autour du Rizoctonia solani et forme des crochets empêchant ainsi le développement de celle-ci (Shalini et al., 2007).

Trichoderma a la capacité d’attaquer les agents pathogènes via différents modes d’action. Il peut utiliser :

  •  l’antibiose qui résulte de la production de substances qui agissent comme des « antibiotiques » et qui inhibent la croissance de l’agent pathogène;
  • la compétition qui se manifeste par l’aptitude de Trichoderma à utiliser les mêmes ressources du milieu (aires d’alimentation, sites de développement) que les champignons pathogènes mais Trichoderma emploie ce mode d’action surtout pour occuper les lieux avant l’arrivée des indésirables;
  • le parasitisme qui se manifeste par la destruction de l’agent pathogène lorsque Trichoderma s’enroule autour de celuici soit en l’étranglant, en pénétrant à l’intérieur et/ou en lui « injectant » des substances (enzymes) qui le détruisent.

Trichoderma possède une batterie de mécanismes d’attaque potentiellement utilisables mais qui demeurent toutefois complexes. Il peut employer un ou plusieurs modes d’action en même temps pour maîtriser un agent pathogène. Le déploiement des modes d’action varie également selon les partenaires en présence et les conditions physico-chimiques du milieu (températures, humidité, etc…). Trichoderma est efficace lorsqu’on lui permet de s’installer avant l’arrivée des champignons pathogènes. Son action est donc préventive. Il permet, au niveau des racines, de créer un manchon protecteur autour de celles-ci et ainsi contrer l’entrée des agents pathogènes à l’intérieur des racines. Le même effet est observé lorsqu’il est utilisé en pulvérisation aérienne. Une fois installée, Trichoderma peut avoir un effet stimulant pour la plante en absence de champignons pathogènes (caron, 2012).

6- Production de métabolites intéressants

La mise en évidence de la production de métabolites secondaires par les Trichoderma sp. a été rapportée pour la première fois par Weidling (1934), concernant un antifongique (Papavizas, 1985). Depuis, les études successives ont démontré que ces micromycètes étaient virtuoses dans la biosynthèse de métabolites secondaires (Vizscaino et al., 2005), processus régi par des interactions biochimiques extrêmement complexes et parfaitement coordonnées (Vining,
1990).

La littérature ne cite que les métabolites importants de Trichoderma sp. sont principalement des enzymes et des molécules bioactives. Le travail de thèse de Landreau (2001) ayant présenté une synthèse bibliographique sur ces groupes de produits, nous ne les citons ici que très succinctement:

Production d’enzymes

La production des enzymes est variable d’une souche à l’autre. Principalement les xylanases ou les cellulases (Sandgren et al., 2005), exploités dans divers domaines biotechnologiques (Kubicek et al., 2003).

Production de substances bioactives

La production de métabolites secondaires par différentes espèces de Tricoderma est bien documenté. Il a été rapporté que Trichoderma spp. produire une large gamme de volatil et non volatil substances antibiotiques (Weindeling et Emerson, 1936 ; Sivasithamparam et Ghisalberti, 1998 ; Vyas et Mathur, 2002) et deux de ces composés, à savoir, thrichodermin et viridin produits par Trichoderma sp. inhibent la croissance des champignons pathogènes à des concentrations très faibles (Weindeling et Emerson, 1936, Weindeling, 1941). Les substances volatiles et non volatiles produites par Trichoderma sp. inhibe efficacement la croissance de Rizoctonia solani (Roy, 1977), Sclerotium rolfsii ( Upadhyay and Mukhopadhyay, 1983), et Thanatephorus cucumeris (Dubey et Patel 2001).

Un métabolite organique cristallin isolé à partir de Trichoderma qui inhibe R.solani à hautes dilutions a été identifié comme la gliotoxine (Weindeling 1941). Brain et McGowan (1945) ont décrit la production de viridin, un antibiotique très fongistatique par Trichoderma viride.

Godtfrdsen et Vangedal (1965) ont rapporté la production de trichodermine, un métabolite terpénoïde par Trichoderma. selon Dennis et Webster (1971), Trichoderma polysporum produit également trichodermine, et Trichoderma hamatum produit des antibiotiques peptidiques. Ils ont aussi démontré l’action toxiques des métabolites de Trichoderma sur les espèces pathogènes de Pythium . Trichodermine-4 est un antibiotique produit par Trichoderma lignorum qui a été utilisé pour contrôler les maladies des plantes (fedorinichik et al.,1975).

 Des isolats de T.hamatum produit des métabolites toxiques solubles dans l’eau et deux d’entre eux ont été identifiés comme isonitrile acides (Brewer et Taylor, 1981). Papavizas et al.(1982) ont utilisé plusieurs mutants de T.harzianum induits par les UV pour la production de métabolites secondaires. Ils ont obtenu deux métabolites non identifiés. de T.harzianum un est thermolabile et l’autre est thermostable. Stipanovic et Howell (1982) ont isolé un nouveau métabolite toxique, gliovirin de Gliocladium virens ( synonyme de Trichoderma virens) qui a été plus tard révélé actif contre Pythium ultimum (Howell et Stipanovic 1983).

Pyrones antifongiques isolés du filtrats de culture de T. harzianum et T. koningii inhibé la croissance de nombreux agents pathogènes fongiques, y compris Bipolaris sorokiniana, Fusarium oxysporum, Gaeumannomyces graminis var .tritici, Phytophthora cinnamomiPythium middletonii et R. solani ( Claydon et al., 1987, Simon et al., 1988). Un composé phénolique isolé de T.harzianum inhibe la germination des urédospores de l’agent pathogène de la rouille de l’arachide, Puccinia arachidis (Govindasamy et Balasubramanian, 1989).

Sept Trichoderma sp. ont été évalués pour l’activité antagoniste contre F. oxysporum, Fequiseti, F. solani, Sclerotinia sclerotiorum, Sclerotinia minor, Rhizoctonia sp. et S. rolfsii et la présence de métabolites diffusibles dans le milieu a été démontré dans près de 80% de l’interaction Antagoniste pathogène (Monaco et al.,1994). Une souche de T. harzianum isolé à partir de racines de blé a produit cinq différents métabolites. Parmi eux, trois nouveaux composés présentent une activité antifongique contre G. graminis var. tritici, l’agent causal de piétin- échaudage du blé (Ghisalberti et Rowland, 1993). DiPietro et al. (1993) obtenu de la gliotoxine à partir du filtrat de culture de G.virens, qui inhibe la germination de spores de Botrytis cinerea. Les isolats de T. viride T. harzianum et a inhibé la croissance de Fusarium moniliforme et Aspergillus flavus par la production de composés volatiles inhibitrices (Calistru et al., 1997). Maladie coton de semis incité par R. solani a été supprimée par T.viride raison de mycoparasitisme et la production d’antibiotiques (Howell et al.,2000). Les métabolites secondaires volatiles produites par Trichoderma pseudokoningii, T.viride et Taureoviride affecté la croissance du mycélium et la synthèse des protéines dans deux isolats de Serpula lacrymans à des degrés divers (Humphirs et al.,2002). Mais la production de métabolites non volatile semble être l’un des mécanismes impliqués dans le contrôle biologique de l’agent pathogène des racines de tomate Pyrenochaeta lycopersici par quatre T.harzianum différents isolats en plus de la grande sécrétion de chitinases (Perez et al., 2002).

Mukherjee et Raghu (1997) ont étudié l’effet de la température sur la production de métabolites par Trichoderma sp. Ils ont observé que Trichoderma produit une forte concentration de de mycotoxines dans un bouillon de culture à des températures élevées.

Cependant, Trichoderma sp. n’était pas efficace dans la suppression S. rolfsii à une température supérieure à 30 ° C. Mischke et al. (1997) ont mesuré l’efficacité des métabolites produits par Trichoderma sp. sur la base de l’inhibition de la croissance de R. solani. En outre, ils ont observé que les extraits aqueux de jeunes germes cultivés sous lumière de T. virens inhibent R. solani plus que les extraits de jeunes germes culivés dans l’obscurité. En outre, ils ont montré que les extraits de T. virens cultivées sous faible pH ont montré une activité inhibitrice accrue. En 2001 Landreau, a identifié des métabolites polypeptidiques ; des peptaïbols et des ciclosporines à effets immunosuppresseurs et anti-inflammatoire. Des métabolites non volatils diffusibles : polyacétates (antifongiques, antibiotiques), trichotécènes (variété de toxines actives sur microorganismes et mammifères) notamment les trichodermines sont identifiés par Blumenthal, en 2004. Des métabolites volatils, le 6 pentylpyrone, l’ éthylène et le cyanure d’hydrogène, des alcools et des aldéhydes ont été purifiés et identifiés par Vizscaino et son équipe en 2005.Vinale et al . (2006) ont isolé des métabolites secondaires à partir de deux souches de T. harzianum commercialisés, T22 et T39, pour la première fois. Trois principaux composés bioactifs ont été produites par des souches T22, dont l’un est un nouveau azaphilone qui a montré une activité antifongique remarquable contre R. solani, P. ultimum et G. graminis var.tritici dans des conditions in vitro.

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La fusariose est une maladie causée par des champignons du genre Fusarium qui vivent dans le sol, et attaquent de nombreuses plantes (Amzelloug, 1999). Il existe plusieurs espèces recensées de ce champignon dont à savoir Fusarium oxysporum. Ce dernier est un agent vasculaire qui se conserve dans le sol sous forme de chlamydospores et infecte les plantes via les […]

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La fusariose est une maladie causée par des champignons du genre Fusarium qui vivent dans le sol, et attaquent de nombreuses plantes (Amzelloug, 1999). Il existe plusieurs espèces recensées de ce champignon dont à savoir Fusarium oxysporum. Ce dernier est un agent vasculaire qui se conserve dans le sol sous forme de chlamydospores et infecte les plantes via les racines qu’elles pénètrent directement ou par des blessures d’origine mécanique ou biologique (percées des racines secondaires, piqûres de nématodes,…). Les maladies dues à l’espèce F. oxysporum sont largement répandues dans le monde. Elles sont dommageables pour de nombreuses plantes maraîchères (tomate, cucurbitacées,…) et ornementales (œillet), ainsi que pour des cultures en plein champ telles que le coton, le bananier (la maladie de Panama) et le palmier dattier (maladie du Bayoud) causée par Fusarium oxysporum albedinis (Foa). Ce champignon qui se trouve dans le sol, pénètre par les racines en cheminant la sève et envahissant le bourgeon terminal du palmier dattier. Par conséquent, il provoque un desséchement puis un dépérissement rapide des arbres. Le bayoud ou la fusariose du palmier dattier se caractérise par sa résistance à la sécheresse et par sa capacité de rester dangereux après plus de trente ans passés sous sol. Il est également très prolifique soit par le repiquage de rejets apparemment sains, soit par l’irrigation, soit par les vents de sables qui peuvent transporter de minuscules éléments végétaux (El Hadrami et al., 1998).

1- Dégâts de la fusariose

Les espèces du genre Fusarium sont des pathogènes responsables des pertes économiquement importantes chez la majorité des cultures. Ces agents pathogènes peuvent causer la fonte de semis, la pourriture des racines et du collet (Pauvert, 1984). Ils attaquent tous les organes végétatifs et reproducteurs des plantes (Gargouri, 2003).

1.1 – Fonte de semis (Seedling blight)

La fonte de semis est due à des semences contaminées et elle est fréquente dans les régions humides où la maladie de l’épi prédomine (Gargouri et al. 2001). Moins fréquemment, cette maladie peut être causée par l’inoculum présent dans le sol ce qui est généralement le cas des régions arides (Gargouri, 2003). La maladie peut se traduire par des manques à la levée. En effet, la germination a eu lieu mais les racines meurent au cours de leur développement ou elles sont partiellement nécrosées. La fonte de semis due au Fusarium se manifeste tardivement, elle est localisée dans les zones les plus sèches. Parfois, la maladie se traduit par le dessèchement brutal de jeunes plantules qui restent dressées. Dans le cas d’une infection sévère, les racines latérales avortent ou encore sont détruites dans un stade assez jeune (Mrabet, 1998). La fonte de semis est responsable d’une réduction de rendement qui peut atteindre 17% (Gargouri, 2003).

1.2- Pourriture des racines (Root rot ou common root rot)

La pourriture des racines appelée aussi la pourriture commune est une maladie qui apparaît chez les plantes âgées et se manifeste par une infection des parties souterraines. Elle est due à la présence de l’inoculum dans le sol, aux débris végétaux infectés ainsi qu’aux semences contaminées. L’infestation a lieu dans les régions où la pluviométrie est déficiente (Gargouri et al. 2001). La maladie cause la destruction des tissus des racines, du rhizome et de la partie souterraine de la tige. Les symptômes typiques se caractérisent par une coloration brune ou noire. Ce brunissement peut progresser vers le plateau de tallage et très peu vers la tige.

Les symptômes peuvent se traduire, mais moins fréquemment que la pourriture du pied, en des épis blancs prématurés (Gargouri, 2003).

1.3- Pourriture du pied (Foot rot ou dry land foot rot)

La pourriture du pied est une maladie grave des grandes cultures, céréales et plantes fourragères, dans les régions arides et semi-arides pouvant occasionner des pertes élevées du rendement. Les conditions climatiques de la Tunisie par exemple favorisent le développement de cette maladie (sol sec quand les plantes sont jeunes). En effet, selon les travaux menés par Ghodbane et al., (1974), les pertes du rendement dues à la fusariose étaient de l’ordre de 44%.

Cette maladie est due principalement aux champignons présents dans le sol sous forme de chlamydospores, de mycélium et débris végétaux infestés enfouis dans la couche superficielle du sol. Les pathogènes pénètrent par le coléoptile, le rhizome ou les racines secondaires (Burgess et al., 1981).

L’infection reste latente et ne se développe que si la plante se trouve dans les conditions de stress hydrique pendant ou juste après la floraison (Gargouri, 2003). Lorsque l’attaque du collet est précoce, le champignon peut attaquer les différentes gaines et détruire la jeune plante.

2- Cycle biologique de la maladie

Le Fusarium responsable d’importants dégâts durant tout le cycle vital de la plante hôte, chez les légumineuses, est transmis essentiellement par les semences, mais peut aussi prévenir du sol où il se conserve sous forme de spores durables. Parasitant les caryopses, le Fusarium peut être présent à la surface, soit à l’état de spores libres, soit sous forme de petites colonies mycéliennes. Plus fréquemment, il est interne et se localise dans le péricarpe ou plus profondément dans les téguments séminaux et l’embryon. Présent autour de ce dernier sous forme de mycélium, les caryopses germent et donnent des plantules qui présentent des faciès caractéristiques durant le cycle vital de la plante hôte (Champion, 1997). Les plantules détruites par le parasite, en pré-émergence comme en post-émergence, constituent une source de contamination par des plantes voisines, c’est le premier foyer infectieux. En effet, le parasite édifié sur la plantule détruit des coussinets sporifères qui sont les spores entraînées par le vent et par la pluie. Ces spores vont infecter les autres plantes ou contaminer le sol.

Au cours des périodes successives de croissance jusqu’à celles de la reproduction de la plante puis la maturité des graines, le Fusarium, d’abord localisé au niveau des parties souterraines, se développe et sporule abondamment (Figure 1). Il constitue ainsi un deuxième foyer d’infection qui favorise la dissémination de la maladie aux plantes voisines. La maladie se perpétue, ainsi d’une année à une autre, soit par les caryopses infectés qui hébergent le parasite, soit par les spores formées sur la plante parasitée durant tout le cycle végétatif, soit enfin par contamination du sol (Mrabet, 1998; Caron, 2000).

Figure 1 Cycle de Fusarium spp. : Illustration des différents modes d’action (Caron, 2000)
Figure 1 Cycle de Fusarium spp. : Illustration des différents modes d’action (Caron, 2000)

3- Moyens de lutte contre La Fusariose

Différents moyens de lutte existent, cependant la prévention reste la meilleure arme contre les épidémies de fusariose en champ.

3.1- Pratiques culturales

La production de spores infectieuses à partir des déchets végétaux présents dans les champs est la première étape du cycle infectieux de Fusarium. Il convient donc de ne pas réutiliser les déchets végétaux pour fumer les cultures.

Au niveau du semis, il est recommandé de semer les céréales dans un sol bien travaillé.

Idéalement le sol doit favoriser une germination et une levée rapide. De cette manière la jeune plante peut être plus robuste pour faire face à une infection.

Une pratique d’alternance de culture apporte des effets bénéfiques compte tenu de la préservation nécessaire des ressources du sol. De plus, elle induit une variation naturelle de la flore favorable à la résistance aux pathogènes. De plus la culture de variétés résistantes est à privilégier.

4- Moyens de lutte biologique

De nombreux agents de bio-contrôle sont actuellement disponibles dans le commerce. Le principe repose sur l’hyperparasitisme. Certains champignons sont des parasites d’autres champignons. C’est le cas pour de nombreuses espèces du genre Trichoderma. T. harzianum a été décrit comme capable de contrôler les pathologies induites par F. oxysporum sur le bananier (Thangavelu et al., 2004).

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1- Aspects Morphologiques Les champignons du genre Fusarium appartiennent aux hyalo-hyphomycètes et présentent un mycélium septé et incolore. En culture, les colonies présentent souvent des nuances roses, jaunes, rouges ou violettes (Booth, 1985; Alves-Santos et al., 1999; Katan et Ortoneda et al., 2003). Les cellules conidiogènes se forment sur des hyphes aériens ou sur des conidiophores courts et densément […]

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1- Aspects Morphologiques

Les champignons du genre Fusarium appartiennent aux hyalo-hyphomycètes et présentent un mycélium septé et incolore. En culture, les colonies présentent souvent des nuances roses, jaunes, rouges ou violettes (Booth, 1985; Alves-Santos et al., 1999; Katan et Ortoneda et al., 2003). Les cellules conidiogènes se forment sur des hyphes aériens ou sur des conidiophores courts et densément branchés. Les conidies sont de trois types : macroconidies, microconidies et blastoconidies (figure 1). Les macroconidies falciformes, avec plusieurs septa transverses, une extrémité apicale crochue et une base pédicellée sont produites en basipétale (croissance à partir de la base) par les monophialides ou les sporodochia (agrégats de conidiophores) et sont accumulées en masse. Les microconidies sont ellipsoïdes, ovoïdes, subsphériques, pyriformes, claviformes ou allantoïdiennes, généralement unicellulaires et présentent une base arrondie ou tronquée. Elles sont produites en séries basipétales sur des mono ou polyphialides et accumulées en petites têtes ou en chaînes. Les blastoconidies sont produites séparément sur des cellules polyblastiques et présentent de 0 à 3 septa. Des chlamydospores, souvent présentes, sont hyalines ou pâles, intercalaires ou terminales et possèdent une paroi épaisse (de Hoog et al., 2011).

Figure 1 Terminologie pour décrire la morphologie du genre Fusarium (de Hoog et al., 2011)
Figure 1 Terminologie pour décrire la morphologie du genre Fusarium (de Hoog et al., 2011)

2 – Taxonomie

La taxinomie ou taxonomie a pour objet de décrire les organismes vivants et de les regrouper en entités appelées taxons afin de les identifier, les nommer et enfin les classer. Depuis la seconde moitié du XXème siècle, une nouvelle approche conceptuelle de ces classifications est possible grâce à la biologie moléculaire. La taxinomie en mycologie est donc en constante évolution suite aux données recueillies lors des différentes approches phylogénétiques.

Ce remodelage des classifications s’applique également pour le genre Fusarium. Le genre Fusarium appartient au phylum des Ascomycota, à la classe des Sordariomyceteset à l’ordre des Hypocreales (Catalogue of life, 2014). Il s’agit d’un genre polyphylétique à la taxinomie complexe. Par exemple, Fusarium solani et Fusarium verticillioides possèdent des formes sexuées (téléomorphes) appartenant respectivement aux genres Nectria ou Gibberella alors que Fusarium oxysporum n’est actuellement connu que sous sa forme asexuée (anamorphe).

La taxinomie du genre autrefois basée sur les aspects morphologiques ou l’adaptation à un
substrat particulier, a été revue en profondeur avec l’avènement de
s techniques de phylogénie moléculaire . Les données récentes issues de ces travaux montrent que les anciennes taxinomies sont en partie erronées. Ceci s’est traduit par le rattachement d’espèces des genres Acremonium ou Cylindrocarpon au sein du genre Fusarium telles que Acremonium falciforme ou Cylindrocarpon lichenicola (Summerbell et al., 2002) mais aussi par la notion de complexes d’espèces non différentiables morphologiquement (espèces cryptiques).

3- Identification

L’identification des microchampignons est alors effectuée par la comparaison d’un grand nombre de critères (Guarro et al., 1999). Dans le cas des Fusarium, l’examen des macroconidies permet d’identifier rapidement le genre et en fonction de la forme et de la septation, donner une indication quant à l’espèce.

Des méthodes d’analyse biochimiques peuvent également apporter des informations sur le champignon. La détermination du contenu en acide gras, de la composition de la paroi cellulaire, de la composition en protéines ou encore des métabolites secondaires font partie des critères étudiés (Alves-Santos et al., 1999; Baayen, 2000; Haan et al., 2000). .les méthodes d’identification basées sur des techniques de biologie moléculaire ont fait leurs preuves et se sont imposées par leur fiabilité. Ces techniques sont majoritairement basées sur l’ADN. L’amplification par PCR de régions spécifiques est une méthode puissante pour l’analyse ciblée d’un type de champignon (Hsu et al., 2003). Le polymorphisme d’amplification d’ADN aléatoire (Random Amplified Polymorphic DNA : RAPD, Hadrys et al., 1992) est une méthode consistant à amplifier à l’aide d’amorces dégénérées des cibles aléatoires. Le profil de bandes obtenu peut être caractéristique et permettre la distinction d’espèce de champignons (Carnegie et al., 2001) mais aussi de races du même champignon (Mar Jimenez-Gasco et al., 2003). Les méthodes basées sur l’analyse du polymorphisme de taille de fragments de restriction (Restriction Length Fragment Polymorphism : RFLP (Botstein et al., 1980) et la combinaison PCR et RFLP : analyse du polymorphisme de fragments amplifiés (Cleaved Amplified Polymorphic Sequences : CAPS) sont également des méthodes robustes (Kamiya et al., 2004).

Ces méthodes de biologie moléculaire reposent sur des séquences cibles spécifiques utilisées pour les identifications, on retrouve l’ADN ribosomique (ADNr), l’ADN mitochondrial et parfois des séquences répétées de type microsatellites. Actuellement près de 700 000 séquences d’ADNr fongiques sont disponibles dans Genbank. Pour l’identification des champignons filamenteux, la cible prépondérante est l’ADNr (Guarro et al., 1999).

L’avantage de cette cible est multiple, il s’agit de séquences répétées dans le génome et retrouvées dans tous les organismes vivants.

L’unité minimale se compose de plusieurs parties, des séquences très conservées (18S, 5.8S et 28S) alternant avec des séquences beaucoup plus variables (ETS, ITS1 et 2 et IGS) (figure 2).

Figure 2 Représentation d’une unité d’ADN ribosomique. ETS: externally transcribed spacer, ITS: internally transcribed spacer et IGS: intergenic spacer.
Figure 2 Représentation d’une unité d’ADN ribosomique. ETS: externally transcribed spacer, ITS: internally transcribed spacer et IGS: intergenic spacer.

4- Potentiel toxinogène

Le genre Fusarium comprend des espèces capables de produire de nombreuses mycotoxines : les trichothécènes, la zéaralénone et les fumonisines,.. ect (Pitt, 2000) (Tableau 1). Les mycotoxines synthétisées par les espèces du genre Fusarium leur confèrent un pouvoir pathogène important vis-à-vis des végétaux ou des mammifères dont l’Homme (Nucci et al., 2007). Les mycotoxicoses sont ainsi dues à l’ingestion d’aliments contaminés par les mycotoxines. La plus connue est l’aleukie alimentaire toxique secondaire à la consommation de céréales colonisées par Fusarium sporotrichioïdes et Fusarium poae. Les manifestations initiales sont gastro-intestinales mais secondairement apparaissent des symptômes cutanés et hématologiques avec immunosuppression. Les autres mycotoxicoses se manifestent sous forme d’ostéo-arthrose dystrophique chronique ou de symptômes gastro-intestinaux et neurologiques (Gupta, 2000). Ces champignons présentent également la capacité de produire du biofilm en présence de matériaux étrangers tels que les lentilles oculaires ou les cathéters.

Le micro-organisme, ainsi intégré dans une matrice extracellulaire endogène, devient plus résistant aux différents traitements antifongiques ou aux solutions de nettoyage du matériel (Dyavaiah et al., 2007; Ahearn et al., 2008 ; Imamura et al., 2008 ; Mukherjee et al., 2012).

Peu d’études de virulence ont été réalisées sur le genre Fusarium. Cependant, parmi les espèces les plus courantes, celles du complexe d’espèces Fusarium solani semblent être les plus virulentes.

En effet, dans un modèle murin de fusariose chez l’animal immunocompétent, la médiane de survie était à 14 jours pour Fusarium solani alors que pour les autres espèces (Fusarium oxysporum, Fusarium verticilloïdes et Fusarium proliferatum), une grande majorité d’animaux était encore en vie à la fin de la période d’observation de 30 jours (Mayayo et al., 1999)

Tableau 1 Les Fusarium producteurs des mycotoxines (Pitt, 2000) 5- Pouvoir pathogène

Les Fusarium sont, principalement, des phytopathogènes. Ces champignons contaminent les céréales, les légumes, les arbres fruitiers provoquant des maladies nommées fusarioses. Les Fusarium sont généralement impliqués dans la pourriture des racines, tiges et fruits ; dans la dégradation du système vasculaire (Trenholm et al., 1988). Le pouvoir pathogène chez l’homme et les animaux est varié. Certaines espèces sont à l’origine des kératites et endophtalmies.

D’autres espèces (F. solani, F. moniliforme) sont impliquées dans des infections systémiques (Guarro et Gene, 1992)

  •  Fusarium verticillioides est un agent de fusarioses disséminées chez les patients infectés par le HIV (Duran et al., 1989) ;
  •  Fusarium oxysporum est un agent d’onyxis, de kératites, d’endophtalmies, de péritonites et d’infections disséminées chez les patients atteints d’hemopathie maligne (Thomas et Geraldine, 1992) ;
  •  Fusarium solani est l’espèce la plus commune, impliquée dans les fusarioses rencontrées aux patients diabétiques. Il peut également être responsable des ulcères cornéens (del Palacio et al., 1985 ; Gari-Toussaint et al., 1997).

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1- Caractéristiques morphologiques Les champignons filamenteux sont composés d’un appareil végétatif appelé thalle. Il est composé de filaments ou hyphes enchevêtres les uns par rapport aux autres, et l’ensemble des hyphes constituent un réseau appelé mycélium (Gonçalves et al., 2005). Les hyphes sont diffus, tubulaires et fins avec un diamètre compris entre 2 et 15 μm et sont […]

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1- Caractéristiques morphologiques

Les champignons filamenteux sont composés d’un appareil végétatif appelé thalle. Il est composé de filaments ou hyphes enchevêtres les uns par rapport aux autres, et l’ensemble des hyphes constituent un réseau appelé mycélium (Gonçalves et al., 2005). Les hyphes sont diffus, tubulaires et fins avec un diamètre compris entre 2 et 15 μm et sont plus ou moins ramifiés. Chez certaines moisissures, comme par exemple Mucor, les cellules ne sont pas séparées par une cloison transversale, le thalle est alors dit coenocytique ou « siphonné » alors que chez d’autres, comme par exemple Aspergillus, le thalle est cloisonné ou « septé » (Figure 1) (Girbardt, 1957; Trinci, 1969; Gregory, 1984 ; Bartnicki-Garcıa, 2002). Les cloisons, appelées septa possèdent des perforations assurant la communication entre les cellules (JustaSchuch et al., 2010 ). Les caractéristiques morphologiques de ces microorganismes sont liées à leur substrat nutritif. La colonisation du substrat est réalisée par extension et ramification des hyphes. (Chabasse et al., 2002).

Figure 1 Structure d’un hyphe et son développement vers la formation d’un mycélium : (A), hyphe coenocytique ; (B), hyphe cloisonne (Chabasse et al., 2002).
Figure 1 Structure d’un hyphe et son développement vers la formation d’un mycélium : (A), hyphe coenocytique ; (B), hyphe cloisonne (Chabasse et al., 2002).

Les champignons filamenteux possèdent une paroi constituée essentiellement de polysaccharides, de glycoprotéines et de mannoprotéines (Figure 2). Les polysaccharides sont majoritairement la chitine, polymère de molécules de N-acétylglucosamine liées entre elles par une liaison de type β-1,4, et les glucanes, polymères de molécules de D-glucose liées entre elles par des liaisons β. Ces deux polysaccharides assurent la protection des moisissures vis-à-vis des agressions du milieu extérieur. La chitine joue un rôle dans la rigidité de la paroi cellulaire, les glycoproteines jouent un rôle dans l’adhérence et les mannoprotéines forment une matrice autour de la paroi (Nwe et Stevens, 2008).

Figure 2 Schématisation de la structure de la paroi fongique (Nwe et Stevens, 2008).
Figure 2 Schématisation de la structure de la paroi fongique (Nwe et Stevens, 2008).

2- Développement

Le développement des moisissures comprend deux phases : une phase végétative et une phase reproductive. Pendant la phase végétative, qui correspond à la phase de croissance, l’appareil végétatif colonise le substrat par extension et ramification des hyphes (Davidson et al.,1996).

Cette phase correspond également à la phase de nutrition, les hyphes absorbant à travers leur paroi, l’eau ainsi que les éléments nutritifs contenus au sein du substrat tout en dégradant le substrat par émission d’enzymes et d’acides. La forme mycelienne en expansion, qui constitue une phase active de développement, est responsable de la dégradation et de l’altération du substrat (Zyska, 1997). La phase reproductive comprend deux types de reproduction : la reproduction asexuée, correspondant à la forme anamorphe, et la reproduction sexuée, correspondant à la forme téléomorphe. La reproduction asexuée correspond majoritairement à la dispersion de spores asexuées, permettant la propagation des moisissures afin de coloniser d’autres substrats. Cette forme de reproduction asexuée est appelée la sporulation (Adams et al., 1998). Il existe différentes formes de reproduction asexuée et différents types de spores (Figure 3). Les spores peuvent être le résultat de la fragmentation. Dans ce cas, un nouvel organisme se développe à partir d’un fragment parent de mycélium (arthrospores). Les spores peuvent aussi être produites de manière endogène à l’intérieur du sporocyste (sporocystiospores), ou de manière exogène en continu à l’extrémité des structures spécialisées appelées phialides (conidiospores). Ensuite, les spores se détachent du mycélium sous l’effet d’un petit choc mécanique, d’un frôlement ou d’un courant d’air (Barnett et Hunter, 1998).

Figure 3 Différents modes de sporulation et les différents types de spores associées (Barnett et Hunter 1998).
Figure 3 Différents modes de sporulation et les différents types de spores associées (Barnett et Hunter 1998).

La reproduction sexuée se déroule en trois étapes : plasmogamie, caryogamie et méiose (Jennings et Lysek, 1996) (figure 4). La plasmogamie correspond à la fusion cellulaire entre deux cellules haploïdes. La cellule résultante est appelée dicaryon car elle possède deux types de noyaux haploïdes. Les deux noyaux vont fusionner lors de la caryogamie puis la méiose va convertir une cellule diploïde en quatre cellules haploïdes (Carlile et Watkinson, 1994). On recense également des modes de reproduction différents de celui qui précède : certains organismes garderont un mode de vie haploïde, d’autres un mode de vie uniquement diploïde, tandis que certains organismes (Deutéromycètes) n’ont pas de capacité de reproduction sexuée (Carlile et Watkinson, 1994).

Figure 4 Schématisation de la reproduction asexuée et sexuée d’une moisissure.
Figure 4 Schématisation de la reproduction asexuée et sexuée d’une moisissure.

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Généralités sur les champignons https://agronomie.info/fr/generalites-sur-les-champignons/ https://agronomie.info/fr/generalites-sur-les-champignons/#comments Fri, 01 Sep 2017 14:50:33 +0000 https://agronomie.info/fr/?p=3388

Les champignons représentent l’un des plus importants groupes d’organismes sur terre et jouent un rôle clé dans un grand nombre d’écosystèmes (Mueller et Schmit, 2007). Ce sont des organismes eucaryotes à mode de reproduction sexuée ou asexuée. Les spores produites peuvent avoir un rôle dans la dispersion des champignons, mais peuvent également jouer un rôle dans la survie de […]

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Les champignons représentent l’un des plus importants groupes d’organismes sur terre et jouent un rôle clé dans un grand nombre d’écosystèmes (Mueller et Schmit, 2007). Ce sont des organismes eucaryotes à mode de reproduction sexuée ou asexuée. Les spores produites peuvent avoir un rôle dans la dispersion des champignons, mais peuvent également jouer un rôle dans la survie de l’organisme lorsque les conditions environnementales deviennent défavorables (Madelin, 1994). Leur mode de nutrition se fait par absorption en libérant dans un premier temps des enzymes hydrolytiques dans le milieu extérieur. Ces organismes sont dépourvus de chlorophylle et sont tous hétérotrophes (Carlile et Watkinson, 1994 ; Redecker, 2002).

Classiquement, les champignons étaient regroupés dans un règne distinct, celui des eumycètes (figure 1) ou cinquième règne (Kendrick, 2000). Les classifications les plus récentes font apparaître les champignons dans le règne unique des eucaryotes et plus précisément dans le groupe des Opisthokonta (Simpson et Roger, 2004; Adl et al. 2005). La classification des champignons est d’abord basée sur un mode de reproduction sexuée ou phase téléomorphe.

Ce critère définit quatre des cinq groupes principaux : les chytridiomycètes, les zygomycètes, les basidiomycètes et les ascomycètes. Certaines moisissures sont le plus souvent ou exclusivement rencontrées à un stade de multiplication asexuée, dit anamorphe. Ces organismes sont alors classés d’après le mode de production des spores asexuées ou conidies.

Ces espèces sont classées dans le cinquième ordre, les Deutéromycètes ou Fungi imperfecti.

Figure 1 Les grands groupes des eumycètes (Durrieu, 2008)
Figure 1 Les grands groupes des eumycètes (Durrieu, 2008)

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