Facteurs influençant la production laitière

Facteurs influençant la production laitière
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1.  Facteurs liés à l’animal:

1.1     Race:

Il existe clairement une relation génétique négative entre la production laitière et la reproduction (HANZEN, 2000).

Ainsi, avec une sélection génétique intense qu’a connu le bovin laitier ces dernières années, et basée sur les caractères de productions, les progrès dans l’alimentation des animaux et la conduite d’élevage ont permis une progression spectaculaire. La production par lactation et par vache a augmenté de prés de 20 % de 1980 à 2000 aux Etas-Unis (LUCY, 2001).

1.2     Rang de lactation:

La production laitière augmente avec le rang de lactation. (BUTLER, 2005).

1.3     État corporel:

Du vêlage au pic d’ingestion de matière sèche : des valeurs comprises entre 2 et 2.5 chez les primipares et entre 2 et 3 chez les multipares sont recommandées. Au cours de cette période, la vache laitière perd 0.5 à 1 Kg de poids corporel par jour. Il en résulte une perte de 1 à 1.5 point de la valeur de l’état corporel, perte qui doit être considérée comme maximale. Une insuffisance de l’apport en matière sèche peut se traduire par une diminution supérieure à 1.5 point (RODENBURG, 1992).

  • En milieu de lactation: de la 12ème à la 24ème semaine post-partum, la vache laitière récupère la perte enregistrée depuis le vêlage. La note d’état corporel doit être comprise entre 2.5 et 3 (RODENBURG, 1992).
  • En fin de lactation: de la 24ème semaine post-partum jusqu’au tarissement, les apports alimentaires doivent assurer la production laitière et les besoins supplémentaires requis par la gestation. 100 à 60 jours avant le tarissement, l’état corporel, doit être compris entre 3 et 5 (RODENBURG, 1992).
  • Au tarissement: la note d’état corporel doit être comprise entre 3 et 4, c’est-à-dire comparable aux valeurs recommandées aux vêlages (RODENBURG, 1992).

1.4     État de santé:

Les maladies ont des effets néfastes sur la production et le bien être des animaux. Les coûts qu’elles engendrent sont estimés à 17 % du revenu total des productions animales (CHESNAIS et al. 2004). Différents troubles peuvent affecter la production laitière ;

1.4.1 Mammites:

Les facteurs de risque des mammites sont non seulement multiples (caractéristiques de l’animal, pratiques d’élevage, environnement) et interdépendants (race et niveau de production laitière, par exemple), mais se situent aussi à différentes échelles de perceptions (cellules immunitaires, vaches laitières, élevages) (MORSE et al. 1987 ; SCHUKKEN et al. 1991).

Les conséquences des mammites sont, elles aussi, multiples : physiologiques (modifications de la production et de la qualité laitière) ou économiques (soins vétérinaires, tarissement, et réformes) (DOHOO et al. 1984).

Le risque de mammite en début de lactation, chez les vaches Holstein multipares, est multiplié par 2.2 chez les femelles à production laitière comprise entre 5800 Kg et 7500 Kg (mesurée dans la lactation précédent celle ou a été observée la mammite). Le risque de mammite est supérieur au-delà d’une production laitière maximale mesurée de 35 Kg / jour (CHASSAGNE et al. 1998).

La gravité de la perte de lait (définie suivant la quantité de lait perdue par jour et la durée  de perte), consécutive à une mammite clinique survenant à partir de la 5ème semaine de lactation, est reliée au potentiel de production des vaches : ainsi, les vaches ayant le type de mammite le moins grave ont la production initiale (moyenne des 4,5 et 6ème jours de lactation) la plus faible (19.4 Kg), les gravités intermédiaires croissantes correspondant à des productions intermédiaires croissantes (LESCOURET et COULON, 1994).

Aux Etats-Unis, un lien est fait à l’échelle individuelle entre potentiel de production laitière et mammite clinique (GROHN et al.1995). Mais, dans le contexte de l’élevage américain, le seuil de risque est apparu plus élevé : la probabilité pour une vache Holstein d’avoir une mammite clinique n’étant significativement augmentée qu’à partir de 9600 Kg de lait (lactation précédent la lactation au cours de laquelle la mammite a été observée).

1.4.2 Boiteries :

La boiterie constitue vraisemblablement le plus important problème de bien être des vaches laitières (ALBRIGHT, 1995).

En plus, elle est devenue une des maladies les plus courantes chez le bovin laitier (WELLS et al. 1995 ; WHAY et al. 2003).

Ainsi, pour un troupeau de 100 vaches, entre 12 et 25 cas de boiterie se développent à chaque lactation (WELLS et al.1995 ; WHITAKER et al. 2000).

Au Royaume-Uni, on estime la perte de production laitière attribuable à la boiterie à 360 Kg sur 305 jours (GREEN et al. 2002). Dans le même sens, la perte de rendement peut commencer jusqu’à 4 mois avant que le producteur n’observe la boiterie et persister jusqu’à cinq mois après le traitement.

Certains types de boiterie peuvent avoir des effets encore plus marqués ; le piétin par exemple, peut entraîner une diminution de 10 % (environ 860 Kg sur 305 jours) de la production laitière (HERNANDEZ et al. 2002).

2. Facteurs lies à la conduit d’ élevage :

2.1 Alimentation :

Le tarissement est une période cruciale sur le plan alimentaire pour le bon démarrage de la lactation et pour la prévention des troubles qui entourent le vêlage (WOLTER, 1997).

Elle coïncide avec plusieurs processus physiologiques importants : l’achèvement de la croissance fœtale, le repos et la restauration de la glande mammaire et  surtout la préparation  de la lactation suivante, la poursuite de la croissance corporelle (primipares) et la reconstitution des réserves corporelles (MEISSONNIER, 1994).

L’alimentation des vaches pendant le tarissement doit être peu énergétique, faiblement pourvue en calcium, riche en cellulose et composée d’aliments modérés et pauvres en potassium (BISSON, 1983). Une alimentation trop riche en énergie pendant la période de tarissement se traduit par un état d’engraissement excessif, qui peut avoir des conséquences pathologiques (MAZUR et al. 1992). De même, l’excès énergétique durant cette période tend à diminuer l’appétit en début de lactation (WOLTER, 1994).

Au début de lactation, la production laitière croit quotidiennement du vêlage au pic de celle-ci, vers 6 à 8 semaines post-partum. La vache présente un bilan énergétique négatif, s’accentuant de jour en jour, atteignant un maximum en valeur absolue vers 7 à 15 jours post- partum. Plus le déficit sera intense, plus il faudra du temps pour le combler (BAREILLE et al. 1995 ; BUTLER et SMITH, 1989).

Ce déficit énergétique est d’autant plus accentué que la productivité laitière de la vache est plus élevée. Pour éviter ce déséquilibre, il faut savoir que le rationnement des vaches laitières repose sur la distinction faite entre deux composants de la ration distribuée aux vaches :

  • la ration de base : constituée de fourrages en général, des racines et des tubercules ainsi que des graminées et des
  • La ration complémentaire : constituée d’aliments concentrés pour permettre aux vaches d’extérioriser leur potentiel de production (INRAP, 1981).

L’appétit sera restauré au fur et à mesure de la lactation, avec un pic d’ingestion de matière sèche survenant 3 à 6 semaines après son pic. Le bilan énergétique redevient donc positif vers  8 semaines chez les primipares, et 12 semaines maximum chez les multipares (BAREILLE et al. 1995 ; BUTLER et SMITH, 1989), ce qui autorise la reconstitution des réserves corporelles jusqu’au tarissement (WEAVER, 1987).

2.2     Durée de tarissement :

Le tarissement est obligatoire pour une bonne relance hormonale, et non pas pour une remise en état qui doit intervenir antérieurement (WOLTER, 1994).

Chez les vaches traites jusqu’au vêlage, la quantité journalière de lait sécrétée continue de diminuer avec l’avancement de lactation et de la gestation, dont l’effet commence à se faire sentir 20 semaines environ après la fécondation (COULON et al.1995).

La production laitière après tarissement a été généralement maximale pour une période de tarissement de 60 à 65 jours, quelque soit la parité. Des périodes de tarissement inférieure à 20 jours entraînaient des pertes de lait importantes à la lactation suivante. Une période de tarissement courte chez des vaches hautes productrices et fécondées rapidement après le vêlage est la pire combinaison pour maximiser la production à la lactation suivante (MELVIN et al. 2005).

La réduction de la durée de la période sèche jusqu’à son omission, a des conséquences zootechniques assez claires. La quantité de lait produite diminue de façon accélérée.

L’omission de la période sèche présente deux inconvénients majeurs :

  • Elle entraîne un accroissement du nombre de cellules somatiques dans le lait, probablement parce qu’elle empêche le traitement des mamelles aux antibiotiques entre deux lactations (REMOND et 1997).
  • Elle provoque en toute fin de gestation l’enrichissement du lait en certains constituants (acides gras libres, lipase sensible aux sels biliaires, plasmine et plasminogène, immunoglobulines), indésirables pour une bonne qualité du lait (REMOND et 1997).

Une période sèche de 8 semaines semble optimale, quoiqu’elle doit être ajustée en tenant compte de la note d’état corporel des vaches au moment du tarissement (NICOLAS et al.  2004).

2.3     Fréquence de traite :

La traite une fois par jour pendant 7 semaines, chez des vaches Prime Holstein et Montbéliardes en milieu de lactation, n’a pas entraîné de problèmes sanitaires et la baisse de production laitière était de 23 % pour les Prime Holstein et 15 % pour les Montbéliardes (POMIES et al. 2003).

La suppression d’une traite hebdomadaire, est bien supportée par les vaches laitières hautes productrices. Les vaches s’y adaptent vite et avec de faibles pertes de production (-1 à -3.5 %). (MEFFE et al. 2003).

3. Facteursd’ environnement :

3.1 Climat :

Etant donné que le stress climatique réduit le poids du veau et que celui ci est corrélé à la production laitière, il est concevable que des hautes températures lors de la gestation puissent influencer la lactation (COLLIER et al. 1982 a).

Les facteurs associés à la réduction du premier influencent également la variation de la deuxième. Plus particulièrement, les altérations de la production placentaire d’oestrogènes ont des effets sur la croissance mammaire et la lactation. De même, la réduction de la  concentration plasmatique en T4 durant la gestation altère le métabolisme particulier à l’élaboration du lait (COLLIER et al. 1982 b).

3.2 Saison de vêlage :

La saison de vêlage n’a pas d’effet sur la durée de lactation, par contre elle agit significativement sur le niveau de production laitière. En effet, les niveaux de production les plus élevés sont enregistrés pour les lactations débutant en hiver (coïncidant avec la période de disponibilité de fourrage vert). Les lactations qui démarrent au printemps (avec des températures plus favorables et une meilleur offre fourragère), et à l’automne sont comparables et intermédiaires, alors que celles de l’été sont plus faibles, car l’élévation des températures constituent un frein à l’extériorisation du potentiel de production ( MOUFFOK et MADANI, 2005).

Source:

HADDJ, MAHAMMED Salah 2016 . Evaluation des performances de reproduction et de production laitière du bovin laitier moderne dans la région de GHARDAÏA.

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