Facteurs de croissance chez le lapin

Facteurs de croissance chez le lapin
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1 Facteurs endogènes

1.2 Notion de croissance

Est l’augmentation des mensurations d’un organisme vivant. La période de croissance commence in utero et se termine à la maturité ou à l’état adulte. Elle comporte une multiplication cellulaire et une augmentation de la taille de la cellule et aussi accumulation des substances.

D’âpres PRUD’HON et al (1970), la croissance est l’ensemble des modifications de poids, de composition anatomique et biochimique des animaux depuis la conception jusqu’à l’âge adulte.

D’où c’est accroissement pondéral du système vivant recuit du solde de l’anabolisme par rapport au catabolisme sous le contrôle du rythme physiologique précis. Il peut varier aussi sous l’effet des facteurs génétiques (race) et non génétique (alimentation effet maternel, et environnement)

1. 3.Croissance fœtale

Apres la fécondation, les fœtus migrent dans les cornes et se fixent sur la dentelle utérine vers le 7e jour puis l’embryon subit des modifications rapides (LEBAS 2000) à 10 jours le cœur bat, la tête et les membres apparaissent et à 15jours, les gonades sont formées (HENAFF et JOUVE, 1988).

Au début de la gestation, le fœtus croit rapidement ; la croissance est de type exponentiel. En effet à l’âge de 15 jours, le fœtus pèse 1g et à la fin de la gestation, son poids atteint 55g (FORTUN LAMOTH, 1994) ; selon HENAFF et JOUVE 1988, le poids de l’embryon dépend du nombre d’embryon présent dans l’utérine et l’état de la nutritionnelle.

1.4 .Croissance entre la naissance et le sevrage

La croissance des lapereaux avant le sevrage est conditionnée par la production du lait, cette période dure que 30 à 45 jours (LEBAS, 2000) ; entre la 2e et 3e semaine après la naissance, la croissance ralentit, cela est due à l’insuffisance du lait de la mère (LEBAS, 1969).

ROUVIER 1980 rapporte que la vitesse de croissance entre 10 à 21 jours peut diminuer fortement à cause de l’insuffisance du lait de la lapine. Elle est en partie limitée par la nouvelle gestation au delà de 18e au 20e jour. (LEBAS et al 1991).selon (OUHAYOUN, 1978) la croissance des lapereaux dépend totalement du milieu maternel tel que la taille de la portée et l’aptitude de la lapine à couvrir les besoins de ces petits en qualité et en quantité.

Le poids moyen des lapereaux de la naissance au sevrage varie selon la souche et la population (tableau N 1)

Tableau N°1 : poids moyens des portées et poids moyen individuel à la naissance et au sevrage des lapereaux

Tableau N°1 : poids moyens des portées et poids moyen individuel à la naissance et au sevrage des lapereaux

1.5. Croissance au post-sevrage

Durant cette phase, ce sont les potentielles génétiques transmises par les parents en interaction avec le milieu (alimentation, ambiance) qui s’expriment. Ainsi, du sevrage jusqu’à l’âge adulte, la croissance des lapins dépend de la ration alimentaire distribuée ; son maximum est obtenu vers la 7éme et 8éme semaine (OUHAYOUN, 1990 ; BLASCO et GOMEZ, 1993).

La durée d’engraissement dépend d’un pays à un autre. En Europe, elle prend fin à l’âge de 10 à 11semaines avec un poids de 2,3 kg qui correspond au taux de maturité de 55% d’un poids adulte de 4 kg (lapin à l’âge de 2ans) (BLASCO, 1992).

Chez le lapin de format moyen (Californienne et Néo-Zélandaise), le poids adulte est compris entre 3,05 et 4,05 kg ; la période d’engraissement se termine entre 6 à 7 semaines âpres le sevrage (28 ou 35 jours) soit à l’âge de 70 à77 jours (OUHAYOUN et al, 1986 ; OUHAYOUN, 1990 ROIRON et al, 1992). La détermination de la fin de la durée d’engraissement, correspond au poids optimum de l’abattage (2,3), on tient compte de l’augmentation rapide de l’adiposité au-delà de2,7 kg de poids vif (OUHAYOUN,1990).

Une prolongation de la durée d’engraissement de 11à 15 semaines est envisageable. En fait, à l’âge de 11semaines les potentialités de croissance de  lapin sont encore importantes (OUHAYUON et al, 1986).

Les performances de croissance différent selon les populations ; et les souches sélectionnées sont plus performantes que les populations locales (tableau3).
Tableau N°2 : Quelques performances de croissance chez le lapin
Tableau N°2 : Quelques performances de croissance chez le lapin

D’âpres BERCHICH et al (1998), le lapin local alimenté avec du granulé est capable d’atteindre le poids vif de 1900g à 13semaines d’âge

1.6. Vitesse de croissance

Au point d’inflexion de la courbe de croissance (5 à7 ou 8semaines) jusqu’à l’âge de11 semaines, la vitesse de croissance est maximale puis ralentit progressivement après la 11eme semaine, en prenant une allure en dent de scie. La vitesse de croissance tend vers zéro à partir de 6 semaines d’âge (BAUMIER ET RETAILLEAU.1987 BLASCO, 1992).

D’après LAFFOLAY (1985), chez le lapin de chair de souche améliorée placé dans une ambiance de 18 à 22°C, le gain moyen quotidien test de 35,8g/J avec un maximum au cour de la 8e semaine soit 45,5g/j ( tableau N° 3).

Tableau N°3 : Performances zootechniques moyennes entre 28 et 84 jours du lapin de chair de souche améliorée (LAFFOLAY, 1985).

Tableau N°3 : Performances zootechniques moyennes entre 28 et 84 jours du lapin de chair de souche améliorée (LAFFOLAY, 1985).

Des infléchissements de la vitesse de croissance instantanée dus le plus souvent aux modifications de l’alimentation et de l’environnement inhérent au sevrage se manifestent entre la 5e et la 6e semaine d’âge (OUHAYOUN, 1983).

1.7. Croissance relative 

Est une croissance d’un tissu, d’un organe ou d’un appareil par rapport au développement de l’organisme (INRA, 1979).

La croissance de l’organisme est la résultante des croissances relatives de ses différents organes qui se ne réalisent pas d’une même fraction de leur poids final que successivement dans le temps : ce qui définit l’allometrie (OUHAYOUN, 1983).

La fraction des constituants ne se développent pas tous en même temps, certaines croissent plus vite que d’autres ; d’où la notion d’halométries qui est définie par cette relation suivante : Y= bxA

Cette dernière exprime la valeur d’une partie Y de l’organisme par rapport à une autre partie avec la référence x ; le coefficient d’allometrie qui font apparaitre un gradient de précocité pour chaque organe ayant une croissance précoce (cerveau) et A un développement tardif (tissu adipeux) présentent des coefficients d’halométries supérieure à 1 (OUHAYOUN, 1983).

OUHAYOUN (1978) et ROUVIER (1978 et 1980) rapportent que le développement des organes n’est pas au même rythme les uns par rapport aux autres. En effet, la croissance est  d’abord maximale pour les squelettes puis la musculature et enfin les tissus adipeux (OUHAYOUN, 1983).

La vitesse relative du squelette diminue aux environs du poids vif de 1000g alors que celle de la musculature ne diminue qu’aux environs du 2450g. Dans cet intervalle, le rapport muscle /os croit très vite. La vitesse de croissance de tissu adipeux s’accélère au-delà du poids vif de2100g.

Les différents tissus adipeux ne développent pas au même rythme. Les tissus sous-cutanés plus précoces suivis du tissu adipeux intermusculaire. Le tissu adipeux périnéal permet de juger l’état d’engraissement de la carcasse ; ils ne représentent que 17% de l’ensemble des tissus adipeux à30 jours puis s’élève à 31% à l’âge de 140 jours (HENAFFet JOUVE, 1988).

Tableau N°4 : les gradients des principaux des tissus et organes (valeur de coefficient d’allométries des lapins males, période : 9-26 semaines variable de référence : poids vif) (HENAFF et al 1996).
Tableau N°4 : les gradients des principaux des tissus et organes (valeur de coefficient d’allométries des lapins males, période : 9-26 semaines variable de référence : poids vif) (HENAFF et al 1996).

2. FACTEURS EXOGENES

La croissance du lapin est sensible au climat. Les principaux facteurs exogènes qui influencent la croissance du lapin sont les facteurs de l’environnement, l’aliment et la race.

2.1 Influence de la saison

Le poids des lapins nés en saison froide est plus élevé que les lapins nés en saisons chaudes (KAMAL et al, 1994).

De même CHEIRCATO (1992) a observé un effet saisonnier très important sur la croissance ; le gain moyen quotidien en période fraiche est plus élevé par rapport à la période chaude avec respectivement 37 et 27 g/j. ainsi, les meilleurs performances de croissance sont enregistrées pendant les saisons à basses températures (hiver et automne) ; celle-ci diminuent en été et en printemps (tableau 6)

Tableau N°5 : Effet des saisons sur les caractères de croissance (BASELGA, 1978)

Tableau N°5 : Effet des saisons sur les caractères de croissance (BASELGA, 1978)

La mise bas influence sur significativement le poids individuel des lapereaux en croissance à l’âge de 30 jours jusqu’à l’âge de 70 jours. BELHADI et al (2000) concluent que le poids individuel des lapereaux sevrés à l’âge de 30 jours, à leur semaine cinquième d’engraissement le poids est plus élevé en hiver et automne que ceux du printemps.

Le poids à 70 jours et le gain moyen quotidien post sevrage sont plus élevé en hiver que les 2 autres saisons.

D’où l’hiver est semble plus favorable que les autres saisons. La température la plus favorable pour l’engraissement du lapin se situe entre 18 à 21°C (FAYEZ et al, 1994).

Les basses températures pendant une longue période engendre une consommation alimentaire accrue et un mauvais indice de consommation. Par contre, en période de forte chaleur plus de 35°C, l’animal ne peut plus réguler sa température interne et l’hypothermie (LEBAS et al, 1984). L’ingestion alimentaire sera réduite (BASELGA, 1978).

DUPERRAY et al (1998) rapportent que les fortes températures ont effet sur l’engraissement des lapereaux ; cet effet se traduit par une baisse de poids vif. L’ingéré et le gain quotidien diminuent fortement.

L’abaissement de la température de l’eau permet un gain de performance de croissance au sevrage et l’engraissement.

POUJARDIEU et MATHERON (1984) rapportent que l’engraissement des lapereaux de souche Néo-Zélandaise blanche sevrés à l’âge de 35 jours en milieu chaud avec une température de 30°C et une hygrométrie de 80% se traduit une perte de poids de 52g à l’âge de 37 jours, de 269g à l’âge de 71 jours et 462g à l’âge de112 jours soit une perte respective de 6% , 14% et 17%en moyen.

2.2 Influence de l’aliment

L’aliment granulé industriel est la nourriture convenable pour l’alimentation des lapins. Il améliore la consommation et la croissance des animaux, le diamètre idéal des granulés se situe entre 3 à 4 mm. Leurs longueurs ne doivent pas dépasser 5 mm.

Ces dimensions s’adaptent à la bouche de lapins ce qui facilite la préhension des aliments et permet ainsi d’éviter le gaspillage des aliments.

Selon OUHAYOUN, l’aliment intervient sur la croissance de 3 manières différentes et complémentaires :

– Ce facteur est influencé par la présence ou absence d’éléments essentiels dans la ration par les éléments suivants : vitamines, oligo-élément, acides aminés indispensables.

– L’équilibre entre divers constituants de la ration : rapport protéine/ Energie.

– La teneur en lest.

– Aussi le niveau d’énergie. Le taux de protéine influence notamment sur la vitesse de croissance et accélère avec le taux protéique élevé (LEBAS et OUHAYOUN 1987), une carence en méthionine engendre une altération de la vitesse de croissance.

Lorsque le taux de lest augmente la vitesse de croissance et le rendement à l’abattage sont réduits (OUHAYOUN et al 1987). LEBAS et al trouvent que la concentration énergétique des aliments ne modifie pas la croissance, par ailleurs GREPPI et al (1988) notent qu’une augmentation du taux de protéine de l’aliment n’améliore pas le gain de poids, lorsque la quantité d’énergie consommée est restreinte Selon PARIGINI BINI (1988), le rapport optimum assurant un gain de poids journalier maximum entre 43g et 45g de protéine digestible/kcal d’énergie digestible. Souvent ce facteur alimentaire ou la digestibilité est lié avec l’environnement ou l’habitat.

2.3 Influence d’environnement

Dans un élevage rationnel permettant une production régulière et continue nécessitant une protection des animaux dans leurs bâtiments.

Le lapin est un animal très sensible aux facteurs d’environnement tels que : la température, l’hygrométrie, la vitesse de l’air et la lumière (LEBAS et COUVERT 1983).

2.3.1 Température et chauffage

La température est un paramètre très important dans un élevage cunicole, elle est mesurable. Cette température est fonction de l’état physiologique de l’animal. – Dans la maternité chez la lapine allaitante, elle doit être de 16 à19°C afin d’obtenir 29 à30°C au niveau des boites à nid.

En les lapereaux nouveau-nés sont dépourvus de fourrure et n’ont pas la possibilité d’ajuster leur consommation alimentaire, afin de réguler leur température au nid soit d’au moins de28°C.

– La température idéale est de 12 à 14°C pour optimiser l’indice de consommation et la vitesse de croissance.

Les systèmes de régulation sont efficaces pour une température ambiante comprise entre 0 et 30 °C.

La température ont des répercussions néfastes sur la fécondité et provoquent des troublesdigestifs du fait que l’abreuvement est trop important au-delà de 35°C, provoquant de l’hypothermie chez les lapereaux. Une variation brusque des températures dans une journée est très néfaste pour les lapins (une variation de 3 à 5°C /jour).

L’isolation des bâtiments revêt un caractère important afin de maintenir une température ambiante et optimale (HENAFF et JOUVE, 1988).

2.3.2 Hygrométrie

L’hygrométrie ou l’humidité relative de l’air est le rapport entre le poids réel de la vapeur d’eau contenu dans l’eau maximum, qu’il pourrait contenir, s’il était saturé à la température. Pour un clapier idéal se situe entre 60 à70%.

Les lapins dans leur milieu naturel supportent bien le taux de l’humidité élevée environ 100%.

Au contraire une hygrométrie inferieure est mauvaise pour l’état sanitaire de l’animal, favorisant aussi la formation des poussières lesquelles dessèchent les voies respiratoires, aussi cette dernière augmente la sensibilité des lapins aux maladies (infections).

Dans tous les cas, si l’hygrométrie et la température sont vachement élevées les animaux se trouvent dans une situation inconfortable et engendre un déséquilibre de l’harmonie de l’élevage par manque de l’évapotranspiration qui va accentuer le développement des germes.

2.3.3. Ventilation

La ventilation est un phénomène de renouvèlement de l’air en évacuant les gaz nocifs et l’excès d’humidité pour assurer l’oxygénation du bâtiment et contribuer au maintien d’une température optimale.

Ce renouvèlement de l’air serait de 1 à 2 m3/h/kg de poids vif.et elle est aussi en fonction des périodes.

– En hiver est de 3 à 4m3/h/kg de poids vif. – En été la vitesse de l’air dans le bâtiment ne devra pas dépasser le 0,20m/s puis en hiver est de 0,30m/s (I .T.ELEV, 1988).
Car le lapin ne supporte pas le courant d’air.
La ventilation d’un élevage cunicole a plusieurs objectifs :

– Assurant une bonne oxygénation en évacuant en même temps l’air nocif afin de maitriser la température du local ainsi l’hygrométrie.
Ces différents rôles sont très importants en fonction du climat, de la densité de l’animal.

Le système de ventilation doit être réglable pour répondre aux exigences de l’animal. On distingue deux (2) types de systèmes de ventilations :

– ventilation dynamique;

– ventilation statique.

La ventilation statique est la plus simple et les moins onéreux basé sur les principes suivants :

– Dégagement de la chaleur dans le bâtiment créant un flux d’air chaud surtout ascendant.

Il suffit d’évacuer ce flux par des ouvertures placées sur le toit du bâtiment (lanterneaux ou cheminées).

L’entrée de l’air pur se fait par des trappes ou volets d’admission. Le débit d’air doit être réglé dans le bâtiment en fonction des trappes.

La ventilation dynamique est le plus onéreux nécessitant des matériels modernes tels que : la chaudière climatiseur pour obtenir une bonne évacuation de l’air, le bâtiment ne doit pas être trop large pour faciliter les entrées d’air. La concentration des lapins doit être moyen voire faible.

En pratique ce système est peu utilisé car le système de ventilation statique convient peu à la cuniculture (figure N°1).

Figure N° 1: principe de la ventilation statique (HENAFF, LEBAS et MARIONNET ,1991)
Figure N° 1: principe de la ventilation statique (HENAFF, LEBAS et MARIONNET ,1991)

2.3.4. Eclairage

Rencontré dans la plupart de l’habitat des animaux domestiques, la lumière a un effet positif sur la reproduction des lapines. Elle a un rôle très important afin de réduire les variations saisonnières et d’étaler la production tout au long de l’année. La photopériode adaptée aux lapines semble être de 14 à16 h éclairage/24h. – Celle des males est de 8h/24h. – Celle des lapins à l’engraissement est de 8h/24h.

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