Exigences climatiques et édaphiques du pommier

Exigences climatiques et édaphiques du pommier
Share this post with friends!

1- Exigences climatiques

Quelles que soient la variété et l’espèce choisies, dès que l’on veut implanter un verger, dans une région donnée, il faut tenir compte des éléments suivants: températures maximales et minimales, intensité de la lumière, quantité et distribution des pluies, époque et fréquence des gelées, densité du brouillard, fréquence des grêles, force du vent (LAMONARCA, 1985).

Le climat à une grande influence sur l’activité physiologique de l’arbre et les différences annuelles parfois très grandes de rendement et de qualité des fruits sont en grande partie attribuer aux variations climatiques. Le climat agite sur la plante par les différentes composantes c’est-à-dire température, pluviométrie, vent (TROMP in DAOUDI, 1989).

La dispersion du pommier sur des zones climatiques très différentes laisse supposer une grande plasticité de cette espèce au milieu (GAUTIER ,1988).

C’est l’arbre type des climats doux où les écarts de température entre les mois d’hiver et la saison d’été sont relativement peu importants (BRETAUDEAU, 1978).

1.1- Températures

Les températures exercent une action directe sur le développement des organes végétaux : bourgeons, rameaux, racines, … (GAUTIER, 1987).

Les températures jouent un rôle considérable dans la réussite d’un verger de pommier. ?

Elles jouent un rôle important dans l’évolution des bourgeons, depuis le début de l’entrée en dormance jusqu’ a sa levée et au moment du débourrement et floraison (ZAIDI ,1985).

D’après BIDABE (1965), la température intervient selon deux modalités d’action très différentes sur les bourgeons:

  • Des températures basses sont nécessaire pour que se produise la levée de dormance ;
  • Des températures élevées favorisent ensuite l’évolution des bourgeons après leur levée de dormance.

 

1.1.1- Températures extrêmes hivernales

Le pommier est une espèce rustique et ne souffre des basses températures d’hiver que si elles sont importantes :-200C, -250C (GAUTIER, 1988).

Selon ZAIDI(1985), un passage au froid hivernal est nécessaire au développement des bourgeons du pommier.

1.1.2- Températures moyennes hivernales et besoins en froid

La plupart des variétés ont des besoins moyens en froid hivernal pour lever la dormance des bourgeons (GAUTIER, 1988).

ZAIDI (1985), indique que les besoin en froid hivernal sont évalués en nombre d’heur de froid ou la température est inférieure à 7,20c.

Il indique aussi que les variétés : Golden Délicious et Starkrimson nécessitent 600 à 800 heures de froid

Selon TRILLOT et al., (2002), tant que la période de froid n’a pas été suffisamment longue, la croissance reste lente.

Selon les espèces et les variétés, les besoins en froid nécessaires a la levée de dormance sont différents.

Ils varient même selon les types de bourgeons (GAUTIER, 1971 in ZAIDI, 1985; TRILOT et al., 2002).

Les besoins en froid du pommier sont estimés entre 400 et 1500 heures (GAUTIR, 1987; TRILLOT et al., 2002).

ZAIDI (1985); HERTER (1992), indiquent que l’absence ou le manque de froid hivernal peut être à l’origine de troubles physiologiques tel que :

  • L’irrégularité ou le retard de débourrement ;
  • Le retard et l’étalement de la floraison ;
  • La mauvaise floraison à cause de la mortalité et de la chute des bourgeons floraux.

 

1.1.3- Températures extrêmes printanières

Les arbres fruitiers peuvent subir des dégâts si les températures basses surviennent à un stade sensible de la végétation (GAUTIER, 1987), (tableau n°)

GAUTIER (1987), ajoute que  les gelées printanières qui surviennent au début du printemps, détruisent les fleurs, et les jeunes fruits et peuvent entraver  la fécondation et la nouaison des arbres fruitiers. Elles  provoquant ainsi la perte pure de la récolte.

GAUTIER (1988), note qu’une variété se montre d’autant plus sensible aux gelées printanières que sa floraison est plus précoce.

Certaines variétés de pommier sont à débourrement tardif ; les fleurs sont détruites à -2,2°C; une température de -1,6°C est nuisible aux jeunes fruits (CALVET et GUIRBAL, 1979).

Tableau n° 04: Seuils de résistance au gel chez le pommier

Espèce Gonflement des bourgeons Bourgeons éclatés Boutons verts Fleurs épanouies Chute des pétales Jeunes fruits
Pommier -7° -3,5° -2,5° -2° -1,5° -1,5°

GAUTIER (1987)

1.1.4- Températures extrêmes estivales

Les températures extrêmes de l’été supérieures à 35 – 45°C ne semblent pas avoir par elles-mêmes, un effet limitant marqué sur les rosacées fruitières à condition que l’évapotranspiration élevée à la quelles elles sont soumises soit compensée par un supplément d’irrigation adéquat (HUGARD, 1980 in THABET, 2007).

BOUHIER DE L’ECLUSE (1983), ajoute qu’une température élevée peut provoquer la dessiccation des stigmates et gênes la fécondation.

La chaleur cause des dégâts, surtout lorsqu’elle s’accompagne de vents secs. On constat parfois sur la partie la plus exposée de certains fruits tells que la pomme l’apparition de taches brunes, dues aux brulures du soleil (LAMONARCA, 1985).

1.1.5- Température moyennes durant la période de végétation

Une température moyenne de 15°C entre Mai et Octobre suffit à beaucoup de variétés pour mener à terme leur floraison et leur fructification (GAUTIER, 1988; DAOUDI, 1989).

CALVET et GUIRBAL (1979), note que le pommier entre en végétation à la température moyenne de 6 à 7°C.

Les températures moyennes ont de nombreux effets sur les caractéristiques morphologiques des pommes (HUGARD, 1974).

1.2- Pluviométrie 

Selon LAMONARCA (1985), la pluie joue un rôle prépondérant dans l’approvisionnement de la terre en eau.

La pluviométrie des régions favorables à la culture des pommiers est en moyenne de 600 à 700 mm d’eau far an (BRETAUDEAU, 1978).

Du débourrement à la chute des feuilles, le pommier consommé environ 6.000 m3 d’eau      par ha par an, ce qui correspond a une pluviosité de 600 mm. Les plus forts besoins se font sentir en Juillet, Août (GAUTIER, 1988).

En Algérie, les zones où le pommier pourrait prospérer reçoivent 400 à 800 mm pendant la période hivernale. Des compléments d’irrigation s’avèrent donc nécessaires de la fin du printemps jusqu’ à la fin de l’été. Les doses préconisées sont de 2.000 à 3.000 m3/ha (SAPIN, 1977).

Une pluviométrie trop importante peut avoir ses effets notoirement atténués par une culture des pommiers sur sol enherbé (BRETAUDEAU, 1978).

BOUHIER DE L’ECLUSE(1983), ajoute qu’un été et un printemps secs sont dangereux même avec une pluviométrie totale de plus de 500 mm. Il sera donc important, dans beaucoup de cas, de prévoir un complément d’eau par l’irrigation.

Cependant une pluie persistante au moment de la floraison risque d’avoir des conséquences fâcheuses sur la production, emportant le pollen, en délavant les anthères et les stigmates (LAMONARCA, 1985).

 

1.3- Hygrométrie 

Le pommier aime les climats tempérés avec une hygrométrie assez élevée, mais craints les fortes chaleurs estivales et les gelées printanières surtout (SEMADI, 1976; ZAIDI, 1985; CALYET et GUIRBAL, 1979; LAMONARCA, 1985; ANDRE, 1965).

L’état hygrométrique règle l’évaporation, d’où son action sur la quantité d’eau nécessaire aux arbres, qu’elle provienne de la pluviométrie ou de l’irrigation (REBOUR, 1968).

DAOUDI (1989), note qu’une hygrométrie élevée favorise le développement des champignons tels que la tavelure (Ventura inaequalis), par contre les atmosphères sèches sont favorables a certains acariens.

1.4- Lumière 

La lumière revêt une importance capitale dans la vie de tout végétal car elle conditionne les principaux phénomènes de son existence. Elle influe sur la photosynthèse, l’induction florale, le grossissement et la coloration des fruits (LAMONARCA, 1985; GAUTIER, 1987).

Cependant, il faut éviter tout ensoleillement excessif du tronc et des branches (surtout chez les jeunes arbres), car très souvent il cause une rupture de l’équilibre entre l’absorption des racines et la transpiration de l’appareil aérien (LAMONARCA, 1985).

D’après BRETAUDEAU (1975), les conditions idéales de luminosité pour le pommier semblent être les suivants :

  • Fin de printemps, début d’été assez lumineux (bonne induction florale) ;
  • Eté relativement couvert avec des nuits chaudes (bon grossissement des fruits).

1.5- Grêle :

Les chutes de grêle d’hiver ne présentent aucun risque pour l’agriculture puisqu’ à cette période de l’année la végétation est encore en dormance. Le véritable risque-grêle réside dans la grêle d’été. Il est difficile de déterminer une date à partir de laquelle une chute de grêle peut être dommageable (Vinet, 2000).

D’après LAMONARCA(1985), la grêle provoque d’énormes dégâts quel que soit le moment où elle survient; elle fissure l’écorce des arbres, hache les jeunes pousses, fait tomber les fruits ou leur cause des lésions irrémédiables. La gravité des dégâts varie, en fonction de l’époque et de la durée de la chute de grêle ainsi que de la violence et de la grosseur des grêlons.

1.6- Vent :

Le vent violent occasionne des dégâts mécaniques. Il brise les branches, provoque la chute des fruits ou des fleurs, il fait aussi obstacle à l’action pollinisatrice des insectes. Sous l’action du veut, les jeunes tissus trop tendres se mettent à transpirer anormalement et ne tardent pas à se dessécher (LAMONARCA, 1985).

2- Exigences édaphiques :

D’après GAUTIER (1987), le sol constitue le support physique, biologique et chimique dans lequel vivent et se développent les racines.

Le pommier est moins exigent; il se développe sur une gamme de sols extrêmement étendue de caractéristiques physiques et chimiques très diverses (ANDRE, 1965; GAUTIER, 1978; CALYET et GUIRBAL, 1979; LAMONARCA, 1985).

Cette adaptation résulte du fait que le pommier dispose d’une gamme très variée de porte-greffe (GAUTIER, 1978).

2.1- Paramètres physiques 

2.1.1- Profondeur

Selon GAUTIER (1987), un bon sol, pour un arbre fruitier, doit présenter une épaisseur suffisante pour permettre l’extension du système radiculaire. Un mètre d’épaisseur représente une bonne moyenne, on peut faire pousser des arbres sur 50 cm de terre arable.

Le pommier se plaît surtout dans des sols profonds, sains, aérés, bien drainés (ANDRE, 1965; BRETAUDEAU, 1978; BOUHIER DE L’ECLUSE, 1983; LAMONARCA, 1985; GAUTIER, 1988).

2.1.2- Texture 

D’après GAUTIER (1988), le pommier s’adapte à une gamme de texture de sol assez large: limon moyen, argile sableuse, sable argileux.

Les sols qui conviennent le mieux au pommier sont des argilo-siliceux (LAMONARCA, 1985; FAURE, 1979).

Par contre BRETAUDEAU (1978), signale que les sols trop siliceux sont déconseillés.

Les meilleures terres qui convient au pommier sont qui contiennent de 20 à 30% d’argile et 5 à 6% d’humus (LAMONARCA, 1977; BOULAY et al., 1984).

Les sols trop argileux, asphyxiants conviennent mal aux arbres fruitiers ils diminuent leur longévité et leur vigueur (LAMONARCA, 1977).

2.1.3- Structure 

La structure du sol exerce une action directe sur le développement des racines par deux caractères : l’ameublissement et la porosité. Un sol meuble offre peu de résistance à l’extension des racines. La porosité facilite le drainage naturel du sol (GAUTIER, 1987).

CALLOT et al.,  (1982); GAUTIER (1987), indiquent que les structures les mieux adaptées à la croissance des arbres fruitiers semblent être les structures grumeleuses ou polyédriques fines dans les quelles les agrégats ont quelques millimètres et la meilleure porosité.

On ne peut obtenir de bons résultats sur des sols trop meubles ou trop compacts (LAMONARCA, 1985).

2.1.4- Humidité du sol 

Le pommier redoute les excès d’humidité, par contre une fraîcheur naturelle du sol lui  est indispensable (BRETAUDEAU, 1978; CALVET et GUIRBAL, 1979).

MICHELESI, (1979); BOULAY et al., (1984), ajoutent que le porte-greffe M M 106 est peu sensible au risque d’asphyxie racinaire.

 

2.2- Paramètres chimiques 

2.2.1- pH 

Les sols à pH acide (5,5 à 7) sont ceux qui conviennent le mieux aux arbres fruitiers à pépins. Par contre les sols à pH basique (7,5 à 8) sont défavorables surtouts lorsqu’ils contiennent du calcaire actif en proportion importante (BOUHIER DE L’ECLUSE, 1983).

FAURE (1979), signale que le pommier peut être cultivé à un pH bas de 5, sans que l’arbre souffre.

2.2.2- Calcaire

 Le pommier tolère le calcaire actif jusqu’à 12-15% sous réserve d’un bon drainage (GAUTIER, 1987).

Le pommier s’accommodant un peu mieux du calcaire que le poirier, la présence de cet élément doit être minime (ANDRE, 1965; BRETAUDEAU, 1979 ; LAMONARCA, 1985).

2.2.3- Salinité 

D’après REBOUR (1968), pour le pommier un taux de 2g de Na Cl / 1 dans la solution du sol est considéré comme limite à ne pas franchir.

2.2.4- Matière organique

Selon HENIN et al., (1969), la matière organique est la base de l’humus et du complexe argilo humique, la fertilité des terres en est dépendante.

LAMONARCA (1977), note que les sols trop riches en cet élément donnent des arbres très développé mais des fruits manquant de saveur, de parfum et se conservent mal.

BOUHIER DE L’ECLUSE (1983), affirme que par ses colloïdes, l’humus joue un rôle important dans le maintien de la structure et s’oppose à l’érosion par les pluies sur les sols dégradés. Il augmente la perméabilité et la capacité de rétention de l’eau par le sol.

Ainsi l’humus favoriser la nutrition des arbres fruitiers en permettant la pénétration en profondeur des éléments minéraux.

L’humus est de surcroit le support de la vie microbienne et aide à la formation de certains corps : vitamines, hormones, ets.

0 thoughts

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.