Evaluation des performances de reproduction et de production laitière du bovin laitier moderne dans la région de GHARDAÏA

Evaluation des performances de reproduction et de production laitière du bovin laitier moderne dans la région de GHARDAÏA
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Mémoire de fin d’études Présenté par HADDJ MAHAMMED Salah.

Pour l’obtention du diplôme de Master en AGRONOMIE.

Spécialité: Génétique et reproduction animal.

Université Abdelhamid Ibn Badis-Mostaganem.

Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie.

RÉSUMÉ

Notre étude ayant porté sur l’évaluation des performances de reproduction et de production laitière s’est déroulée dans la région de Ghardaïa. Elle a concerné 02 fermes, comportant 133 vaches, toutes importées de l’étranger en tant que génisses pleines, essentiellement de race Montbéliard, Holstein pie noire et pie rouge.

Le taux de réussite à la première saillie a été de 66%, et le pourcentage de vaches nécessitant 03 saillies et plus a été de 18 %.

L’âge au 1er vêlage a été de 27,98 ± 2,80 mois. L’intervalle vêlage – vêlage global a été de 415,25 ± 82,67 j, et a varié selon les compagnes de 392,57 ± 58,12 j à 422,43 ± 94,99 j.

L’intervalle vêlage–1ére saillie lui a été de 87,51 ± 42,78 j et l’intervalle vêlage – saillie fécondante de 109,17 ± 50,26 j.

Les vêlages se sont répartis sur toute l’année. Cependant, un nombre réduit de vêlages a été noté durant la saison d’hiver.

Le taux d’avortement en 1ère lactation a été de 12 %, et a été de 09 % en 2ème lactation. La production laitière moyenne a été d’environ 4500 kg/an/vache en 1ère lactation, et d’environ 5700 kg/an/vache en 2ème lactation, pour la ferme 01.

La production laitière moyenne pour la ferme 02 a été d’environ 4300 kg/an/vache, ce qui est plus faible par rapport à celle de la ferme 01. Cette différence peut être corrélée à la quantité de concentré (VL), qui est plus élevé dans la ferme 01 ; étant donné l’usage de la supplémentation en Sorgho, plus régulière dans cette même ferme (ferme 02), nous avons constaté un taux de mammite clinique et de boiterie plus élevé.

Le taux de réforme en 1ère lactation a été de 27 % ; ce dernier a connu une nette régression, pour se situer aux alentours de 20% en 2ème lactation et 14% en 3ème lactation. Cette régression peut refléter l’adaptation de ces vaches aux rudes conditions de notre milieu.

La réforme des vaches est majoritairement faite pour des problèmes de boiteries, de mammites cliniques, des troubles digestifs, et souvent aussi à cause d’une mauvaise production laitière. Le taux de réforme pour infertilité quant à lui, a été de 6%.

Globalement, les paramètres de fertilité sont faibles ; ceux de la fécondité sont moyens et la production laitière est acceptable. Ceci devrait normalement inciter les différents intervenants de la filière à investir d’avantage dans les élevages laitiers.

Mots clés: Vache laitière, Performance de reproduction, Production laitière, Ghardaïa.

SUMMARY

Our study has been carried out in 02 farms located at Ghardaïa area. It has concerned 133 Montbeliard and Holstein dairy lactating cows. Data have been collected and analysed from registers; reproduction schedules and individual cow have been recorded from 2009 to 2015; some parameters have been determined in order to evaluate reproduction performances and dairy production.

Analysed data have resulted in:

– Age of heifers at first calving has been of 27, 98 ± 2, 80 months; the calving interval has been of 415, 25 ± 82, 67 days. It was ranged between 392, 57 ± 58, 12 days to 422, 43 ± 94,99.

  • The interval from calving to the first service has been of 87, 51 ± 42, 78 days, and the interval from calving to conception has been of 109, 17 ± 50, 26
  • The conception rate at first service has been of 66 %, and 18 % of cows have failed to conceive after 03 services or more, synonymous of a poor rate of fertility in this
  • Calving has been distributed over the year, although, it has been lesser in winter than in other
  • The average rate of abortion at the first lactation has been of 12%, and of 9% in the second lactation.
  • The average annual milk production has been approximately of 4500 kg/year/cow, at first lactation, and of 5700 kg/year/cow at the second lactation in farm 01. It has been of about 4300 kg/year/cow in the second farm. This difference between farms can be attributed to the level of food distributed, which was higher in farm 01, and to the highest rate of mastitis and lameness in farm
  • The average rate of slaughter has been of 27% at first lactation and of 20% at the second, and of 14% at the third
  • Reform of cows has mainly been made for problems of lameness, clinical mastitis, digestive troubles and for poor milk production. 6% of slaughter has been accorded to problems of

Keys words: Dairy cow, Reproduction performances, Milk production, Ghardaïa.

INTRODUCTION

Quel que soit le  système  bovin  laitier,  la  reproduction  est  une  fonction  essentielle  à  la pérennité de l’élevage. Sa mauvaise gestion constitue un facteur limitant des performances du troupeau.

L’évolution des performances des troupeaux laitiers a été défavorable dans la plupart des pays au cours de ces dernières décennies ; cette dégradation est observée alors que des progrès sensibles ont été réalisés en matière des connaissances acquises en physiologie et en physiopathologie de cette fonction, La  sélection de la production laitière, pourrait aussi être un facteur ayant énormément perturbé, à l’échelle de la planète, l’ensemble des performances de reproduction (Mc DOUGALL, 2006).

Ainsi, la dégradation des performances a donné lieu à deux types de répercussions économiques ; les pertes ou manque à gagner induits par la réduction et/ou l’accroissement des charges par rapport à une situation de référence, et les coûts de maîtrise ou charges liées aux mesures de correction et de prévention (dépenses et charges réelles). L’objectif général des actions sur la reproduction sera de minimiser la somme des deux (SEEGERS, 1992).

En plus, les performances de reproduction d’un troupeau laitier résultent en effet de l’interaction de nombreux facteurs dont l’effet propre est généralement limité, car aux facteurs liés aux animaux, s’ajoutent les effets des conditions d’élevage (SEEGERS, 1998).

Ceci impose une gestion qui permet de planifier la production pour satisfaire les différentes contraintes zootechniques, économiques et humaines (ENNUYER, 1998 a). Elle peut se réaliser par le suivi de la reproduction, constituant le premier cycle d’utilisation des données collectées, ce qui permet de développer une approche plus préventive des problèmes liés à la reproduction (HANZEN, 1994).

En ce qui concerne le bilan de la reproduction, ce dernier a pour but de quantifier les performances de reproduction des troupeaux et de les comparer entre elles et par rapport aux objectifs tracés (HANZEN, 1994).

Les critères de ces bilans représentent en réalité la reproduction du troupeau, tout en faisant une nette distinction entre les paramètres de fertilité et de fécondité (SEEGERS,1998).

C’est avec ces deux paramètres de gestion de la reproduction que nous pouvons contribuer à poser un diagnostic d’infécondité, davantage au niveau du troupeau qu’au niveau individuel (WATTIAUX, 1995).

En Algérie, l’élevage bovin laitier sous sa forme actuelle est une activité récente. C’est en effet au début des années 70 que notre pays a fait appel à l’importation des vaches laitières dites améliorées, pour parfaire sa production laitière. Cette nouvelle filière est à l’origine de

Cette forte demande en produits laitiers que connaît notre pays actuellement (MOUFFOK et MADANI, 2005).

En plus, cette production laitière bovine assume un rôle nutritionnel fondamental, en participant activement à la fourniture des protéines animales à une population en plein développement démographique. De même, l’élevage laitier remplit des rôles sociaux et économiques non négligeables par la création d’emplois dans de très nombreuses exploitations agricoles et laitières (AKESBI, 1997).

A l’instar des autres wilayas algériennes, Ghardaïa de part sa vocation agropastorale, a  aussi opté pour un statut laitier, en augmentant l’importation de ces vaches laitières dites améliorées.

Etant donné que la maîtrise, la gestion de la reproduction et la production dans les conditions locales, sont les gages de la promotion de l’élevage, et surtout parce qu’on ne peut pas gérer ce qu’on a pas mesurer, cette présente étude a tracé pour objectif de déterminer et d’évaluer les paramètres de la reproduction, et ceux de la production de lait, des vaches laitières importées dans la wilaya de Ghardaïa, en déterminant ce qui suit:

I.   LES PARAMÈTRES DE REPRODUCTION :

  1. Critères de mesure de fécondité
  2. Critères de mesure de fertilité
  3. Distribution mensuelle des vêlages.

PRODUCTION LAITIÈRE :

 TAUX ET MOTIFS DE

CONCLUSION

 La présente étude a permis d’obtenir un état des lieux d’un certains  nombres de critères en matière de performance de reproduction (fertilité et fécondité), et en matière de production laitière pour les vaches laitières importées à Ghardaïa.

Globalement, les paramètres de fertilité sont faibles, et ceux en terme de fécondité sont moyens et  s’inscrivent  dans  le  cadre  des  objectifs  décrits  dans la littérature indiquant une bonne adaptation des vaches importées,  qui extériorisent des performances de reproduction acceptables, surtout  si  on prend  en considération les hostilités du milieu environnant (chaleur estivale, manque de fourrage…). Ce qui doit inciter nos éleveurs à investir davantage dans leurs élevages.

L’étalement des vêlages sur toute l’année témoigne encore une fois l’absence d’une politique de mise en reproduction et encore moins sa maîtrise.

Le taux d’avortement est élevé et connaît une régression qui peut refléter l’adaptation des vaches, et le niveau de technicité de nos éleveurs qui s’améliore en fur et à mesure.

La production laitière est moyenne.  Elle  est  comparable  à  celle  rapportée au Maroc, considérée comme satisfaisante.

Les variations observées entre fermes laissent entrevoir de grandes possibilités d’amélioration par l’optimisation des modes de  conduite  des troupeaux et notamment l’alimentation, spécialement la disponibilité du fourrage.

Le taux de  réforme  global  rapporté  par  la  présente  étude  s’avère comme même en dessous de l’optimum décrit par d’autres auteurs.

Le taux de  réforme  pour  infertilité  s’inscrit  parmi  les  objectifs  visés,  ce qui laisse supposer que les causes d’infertilité sont nombreuses et leurs manifestations sont généralement peu spécifiques et ne facilitent pas les décisions des éleveurs, qui ne parlent d’infertilité que pour des vaches qui restent vides pendant parfois des années.

Même si les performances des vaches laitières rapportées par la présente études ne sont pas idéales, ils tendent à changer l’image pessimiste qu’on a souvent eu à propos du potentiel reproductif et productif des vaches laitières importées, surtout  dans le monde laitier d’aujourd’hui, où les défis se multiplient  et le nombre d’objectifs à atteindre ne cesse d’augmenter.

Source:

HADDJ, MAHAMMED Salah 2016 . Evaluation des performances de reproduction et de production laitière du bovin laitier moderne dans la région de GHARDAÏA.

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