Effets des pesticides sur la santé humaine et animale

Effets des pesticides sur la santé humaine et animale
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La subsistance et la toxicité des pesticides dans l’environnement varient selon leur nature chimique. Certains sont soumis à différents types de dégradation (chimique ou biologique).

Certains produits de dégradation sont plus toxiques que les molécules d’origine elles mêmes.

Des pesticides, comme les organochlorés persistent dans l’environnement pendant plusieurs années et finissent dans la chaine alimentaire. C’est ce que l’on appelle des Polluants Organiques Persistants.

Le danger des Polluants Organiques Persistants (POP) réside dans :

  • leur rémanence dans l’environnement
  • leur accumulation dans les graisses et via la chaine alimentaire notamment chez les sur-prédateurs comme l’homme.
  • leur persistance dans les milieux marins et aquatiques
  • leur implication directe dans l’apparition de certaines maladies telles que le cancer, l’altération du système immunitaire et les problèmes de reproduction.
    En mai 2001, la convention de Stockholm a recensé, via le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), 12 familles de pesticides POP. Ces derniers ont été retirés du marché et interdits aux États Unies et dans certains pays de l’Union Européenne.
    Des résidus de ces pesticides POP sont actuellement encore retrouvés dans les cours d’eau.
    De plus, ils ont été remplacés par d’autres pesticides comme les organophosphorés, qui sont utilisés à moindre doses mais qui sont plus toxiques et finissent par se retrouver dans nos aliments (fruits, légumes et céréales traités).

Les POP s’accumulent dans les tissus adipeux, le cerveau, le sang, le lait maternel, le foie, le placenta, le sperme et le sang du cordon ombilical. En Europe, On estime que chaque adulte héberge près de 500 produits industriels différents qui se sont accumulés au fil des ans dans les tissus adipeux. Car, contrairement au dogme connu chez les toxicologues, la contamination par les produits chimiques tels que les pesticides, n’est pas seulement liées à la dose d’exposition mais surtout à sa fréquence. On parle de contamination chronique.

Une étude aux États-Unis réalisée en 1998 a trouvé que plus de 600 000 enfants absorbent chaque jour une dose de pesticides supérieure à la dose journalière permise. De même, l’état hollandais a recensé, en 2000, plus de 2% des enfants qui reçoivent une dose journalière de pesticides suffisante pour déclencher des symptômes d’empoisonnement par la consommation des fruits et des légumes.

Les agriculteurs restent la catégorie la plus exposée à la contamination par les pesticides.

Ils peuvent être contaminés lors des différentes étapes de leur utilisation. La contamination par voie cutanée reste la principale voie d’exposition (80% des cas).

Selon une étude de L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2012, les cas de cancer ont augmenté de 63% en 20 ans. La majorité des cas est liée à des raisons environnementales, particulièrement l’utilisation des pesticides (Lichtenstein et al., 2000). Selon l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), il existe un lien direct entre l’apparition de la maladie de Parkinson et l’utilisation de pesticides, en particulier les insecticides et les herbicides, chez les personnes qui y sont exposées professionnellement. D’autres études épidémiologiques révèlent le lien entre la mort fœtale et l’apparition de malformations congénitales après une exposition professionnelle maternelle aux pesticides. Des cas de leucémies et de tumeurs cérébrales ont été signalés dans les méta- analyses récentes (Ferrer, 2003; Ntzani et al., 2013).

L’homme n’est pas le seul à subir les dangers des pesticides. De nombreux animaux qui contribuent à l’équilibre de l’écosystème risquent de disparaitre. A titre d’exemple, l’orque serait dorénavant le prédateur le plus pollué d’arctique, devant l’ours blanc. En effet, les graisses de ces animaux qui se situent au bout de la chaîne alimentaire, cumulent des quantités inquiétantes de pesticides qui transitent par les oiseaux migrateurs et les eaux de surface.

N’oublions pas la polémique à propos de la disparition massive des abeilles dans différentes régions du monde. Des pesticides sont incriminés dans ce phénomène. En effet, une étude de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA, 2012) a démontré que l’insecticide Cruiser dont les substances actives sont : le thiaméthoxam, le fludioxonil et le métalaxyl-M, est responsable d’une désorientation mortelle des abeilles et ceci même à une dose sublétale. Cette étude a conduit à l’interdiction de ce pesticide et son retrait du marché français.

 

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