Ecologie du Cèdre de l’Atlas

Ecologie du Cèdre de l’Atlas
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Les conditions climatiques

Le climat conditionne l’existence même de l’arbre, les principaux facteurs du climat sont l’air, la température, l’eau atmosphérique, les vents, la lumière et les divers phénomènes météorologiques qui en découlent, tels que gelées, givre, verglas, grêle, neige, brouillards, insolation, etc.
9 L’altitude Au point de vue de l’altitude, AUSSENAC et GUEHL (1990) soulignent que le cèdre dans son aire d’origine pousse à des altitudes variant de 1400 à 2200, ses limites supérieures et inférieures différent d’une cédraie à l’autre en fonction des conditions climatiques du relief.

En Algérie :

Le cèdre occupe partout les sommets des montagnes (DERRIDJ, 1990), il s’installe sur les versants nord, d’une façon générale, à 1400m bien qu’il peut descendre encore plus bas à la faveur de conditions microclimatiques particulière (EMBERGER, 1938 ; ABDESSEMED, 1982). Sur les versants sud, il existe un décalage de 200m en moyenne pour le Chélia mais peut atteindre 400 à 500m comme au Belezma. Les limites inférieures se situent donc sur les versants méridionaux vers 1600m. La limite supérieure est de 2200m pour les deux versants bien que des individus isolés arrivent jusqu 2300m (ABDESSEMED, 1982).

La pluviométrie

Le cèdre reçoit dans ses pays d’origine des lames de pluies annuelles comprises entre 450 et 1500mm (PUTOD, 1979). En Algérie les cédraies reçoivent une tranche pluviométrique variant de 500mm à1400mm environ (TOTH, 1980 ; HALIMI, 1980). Selon BENABID (1994), cette dernière est largement dépassée, elle atteint 2000mm au Maroc. Dans les cédraies sèches (Aurés, Belezma, Hodna) le HOUEROU (1975) donne 600mm de précipitations comme limites inférieures. Cependant, la répartition des pluies est irrégulière, la saison la plus sèche est l’Eté ; en effet, QUEZEL (1976) a souligné que les forêts de cèdre du pourtour méditerranéen subissent une sécheresse estivale de 1 à 3 mois.

La température

Le cèdre croit sous des températures moyennes annuelles comprises entre 8 et 4 C0 (BOUDY, 1950 ; PUJOS, 1964 ; TOTH, 1980 ; DERRIDJ, 1990). En ce qui concerne les températures moyennes des minima du mois le plus froid, les cédraies peuvent tolérer des valeurs comprises entre « -1 » et « -8 » C0 (BENABID, 1994 ; QUEZEL, 1980). Par ailleurs le HOUEROU (1975) donne les valeurs suivantes pour les cédraies de l’Aurése, Belezma et Hodna « -2 C0» caractérise la limite inférieure et « -5 C0 » pour la limite supérieure. Le cèdre résiste à « -25 C0 » en atmosphère sèche (GAUSSEN, 1967), il vit dans ses pays d’origine avec des extrêmes absolus de « -25 C0 » et « +35 C0 » (PUTOD, 1979).

Etages bioclimatiques

Selon la classification d’EMBERGER, le cèdre de l’Atlas se trouve dans diverses étages bioclimatiques : les étages semi-aride à hiver froid et humide, sub-humide à hiver froid, humide à hiver froid et humide et humide à hiver frais (AUSSENAC, 1984). Mais il trouve son optimum écologique dans le bioclimat méditerranéen humide à hiver froid. Quand le bioclimat devient humide et plus doux, le cèdre est fortement concurrencé par d’autres espèces. En Algérie MEDOUR (1994) souligne que les cédraies septentrionales (Atlas Blidéen, Djurdjura et le massif de Babors) sont soumises à un bioclimat humide, variante fraîche voire perhumide. Tandis que la majorité des cédraies méridionales (Aurése, Belezma, Hodna) sont soumises aux bioclimats subhumide froid et très froid (ABDESSEMED, 1984 ; M’HIRIT, 1982). Notons que ABDESSEMED (1982) a signalé la présence de cette espèce dans les Aurès sous le bioclimat semi-aride supérieur. La figure (16) montre son aire de répartition sur le climagramme d’EMBERGER.

Fig3: Aire de répartition du Cèdre de l'Atlas en Algérie sur le climagrame d'EMBERGERFig3: Aire de répartition du Cèdre de l'Atlas en Algérie sur le climagrame d'EMBERGER
Fig3: Aire de répartition du Cèdre de l’Atlas en Algérie sur le climagrame d’EMBERGER

Conditions édaphiques et milieu végétal

Les cédraies circum-méditerranéennes sont d’une façon générale localisée sur substrats calcaires (QUEZEL, 1980).En Afrique du Nord, le cèdre de l’Atlas se rencontre aussi bien sur les calcaires plus au moins compacts du lias ou marneux du jurassique moyen, que sur les schistes calcaires ou gréseux ou les grés. Les neuf dixième (9/10) des cédraies Algériennes se localisent sur les formations siliceuses et en bien moindre proportion sur les calcaires du crétacé (BOUDY, 1950).

D’une façon générale il semble que c’est l’aspect physique du substrat qui joue le rôle le plus important dans le comportement écologique, plutôt que l’aspect chimique (YI, 1976 in BEGHAMI, 2003).

Le cèdre n’a pas d’exigences particulières pour le sol, mais ne vient pas dans les sols tourbeux ou humides (GAUSSEN, 1967). Il redoute les sols mal drainé, asphyxiants, hydromorphes et la texture argileuse lui est défavorable (TOTH, 1971).

Les espèces végétales associées au cèdre sont différentes selon les conditions écologiques, c’est à dire la pluviométrie, l’altitude et les conditions édaphiques. La richesse floristique des cédraies est estimée à un millier d’espèces dont environ10% d’arbres, 15% d’arbustes et arbrisseaux et 75% de plantes herbacées annuelles ou pérennes (M’HIRIT et al. 1999).

Son association végétale, sous forme de futaie dense, présents deux types bien distincts : un faciès relativement sec qui est surtout celui de l’Algérie que l’on retrouve aussi au Maroc dans le grand Atlas Oriental, avec l’Erable de Montpellier, le Pin d’Alep, le Chêne vert, le Genévrier thurifère, le Frêne dimorphe, l’Epine vinette d’Espagne, l’Aubépine monogyne, le Buis des Baléares, etc. Un faciès humide avec le Houx, le Chêne vert, les Erables, le Mérisier, l’Alisier blanc, l’If, le Ciste à feuille de Laurier, le Daphné, la Pivoine, la Digitale, le Cyste, les Ronces, etc (BOUDY, 1950).

Plusieurs champignons, lichens et mousses apprécient aussi l’ambiance humide des cédraies. Certaines sont exclusives du cèdre. Ces champignons peuvent être fort utiles à l’arbre

. Certains ectomycorhiziens protègent ses racines par différentes voies (barrière mécanique, production de substances antibiotiques,…) (TOTH, 2005).

Donc le cèdre participe à des groupements très variés dans des conditions écologiques très diverses allant du semi-aride à l’humide et sur différent substrat (ABDESSEMED, 1981).

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