Description de la plante du safran

Description de la plante du safran
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a.  Aspect général :

Figure 2 : aspect général de Crocus sativus L. (14)
Figure 2 : aspect général de Crocus sativus L. (14)

Crocus sativus est une plante inconnue à l’état sauvage qui a eu besoin de la main de l’homme pour subsister. Triploïde et stérile, il se reproduit par multiplication végétative grâce à son corme, organe de réserve ressemblant à un bulbe. Son corme en fait une plante pérenne, vivace puisqu’il lui permet d’emmagasiner des réserves tout au long de l’hiver.

Contrairement aux autres espèces de crocus printaniers tel que C.vernus, C.sativus possède comme caractéristique une végétation inversée ; en effet, la floraison a lieu en octobre- novembre alors que la période de dormance se fait durant les mois estivaux.

Tableau I : descriptif général de la plante

Famille Taille Racine Tige Feuilles Fleur Fruit Épice
Spécificité Rhizome Inflorescen- ce Semence Flaveur- odeur-saveur
Iridacées 16 à 30 cm Pas de Acaule Radicales Presque Capsule Stigmates de la
  particulari tés dressées régulière membraneuse fleur
Annuelle réunies dans pourpre- violacée    
Corme   une gaine Nombreuses Flaveur
    membraneuse   graines sub- spécifique, âcre,
    à la base

 

Limbe étroit et linéaire

Solitaire globuleuses

 

Albumen corné

irritante,

légèrement poivrée

    cilié sur le      
    bord      

b. Appareil végétatif

La partie souterraine

La plante herbacée est pourvue d’une sorte de bulbe nommé cormus qui correspond à un rhizome court et vertical ayant environ 4 cm d’épaisseur et 3 cm de diamètre. La partie blanchâtre et charnue à l’intérieur est riche en amidon, la partie extérieure, quant à elle, est composée de plusieurs tuniques brunes, à fibres réticulées ayant un rôle de protection et aussi de genèse des futures feuilles et fleurs.

Comme la reproduction se fait de manière végétative, chaque corme après floraison donnera naissance sur sa partie supérieure à plusieurs petits cormus, tout en dégénérant, ce qui explique l’élévation en terre de 2 cm environ chaque année. Une corme ne fleurit donc qu’une seule fois et la floraison s’amplifie d’années en années. Lors de sa première année, un bulbe peut donner une à trois fleurs (2) (14).

Figure 3: organisation du corme (14) et Figure 4 : formation de nouveaux cormus [Lucey, Meurthe- et-Moselle, Baba de safran, 2011]
Figure 3: organisation du corme (14) et Figure 4 : formation de nouveaux cormus [Lucey, Meurthe- et-Moselle, Baba de safran, 2011]
À l’automne, six à dix feuilles émergent verticalement de chaque cormus, elles apparaissent au moment de la survenue des fleurs ou après la floraison et persistent tout l’hiver pour finalement disparaître vers la fin du mois d’avril en s’étalant puis en se desséchant.

Ces feuilles vertes pâles, dressées et étroites (maximum 3 mm de large) prennent naissance dans une gaine membraneuse au départ de la corme .

Figure 5 : "herbée" de safran [Plombières, novembre 2013]
Figure 5 : « herbée » de safran [Plombières, novembre 2013]
Le limbe à nervation parallèle est séparé en deux sur sa face supérieure par une bande blanchâtre composé de tissus lacuneux. Au niveau de la face inférieure, le limbe est creusé puis replié pour donner deux gouttières ciliées sur les bords. Ce dispositif anatomique permet à la feuille de s’enrouler sur son grand axe et d’enfermer dans un tube les stomates, ce qui limite l’évaporation en cas de besoins .

Figure 6 : coupe transversale d'une feuille de crocus (vue de la face inférieure)
Figure 6 : coupe transversale d’une feuille de crocus (vue de la face inférieure)

c. Appareil reproducteur

La fleur

Les fleurs de Crocus sativus commencent à voir le jour dès le début de l’automne, vers la fin du mois de septembre. D’une gaine blanche, translucide nommée spathe sortira un bouton floral d’une couleur pourpre.

Figure 7 : bouton floral dans sa spathe translucide [Plombières, novembre 2013]
Figure 7 : bouton floral dans sa spathe translucide [Plombières, novembre 2013]
Sortant de terre par temps frais et humide, la fleur apparaît grande, solitaire, presque régulière et hermaphrodite pour ensuite faner en vingt-quatre à quarante-huit heures.

Figure 8 : fleur de crocus [Plombières, novembre 2013]
Figure 8 : fleur de crocus [Plombières, novembre 2013]
Appartenant à la famille des Iridacées, on retrouve bien la symétrie trimère caractérisant ces végétaux. À l’aide du diagramme floral présenté ci-dessous, on peut noter la formule florale comme : (3+3) tépales +3 étamines + 3 carpelles.

Figure 9 : diagramme floral d'une Iridacée
Figure 9 : diagramme floral d’une Iridacée

En effet, cette fleur actinomorphe est constituée de six tépales avec trois sépales sur le verticille extérieur et trois pétales sur le verticille intérieur, de trois étamines et de trois carpelles.

Le périanthe

Longuement tubuleux, environ 15 cm de long, le périanthe est constitué de six divisions ovales similaires appelées tépales. Ces tépales comprennent en fait trois sépales pétaloïdes et trois pétales, formant un ensemble pourpre-violacé, soudé en un tube allongé et étroit à la base.

L’androcée

Les trois étamines s’attachent au niveau de la gorge pubescente des sépales. Elles présentent un filet grêle, court et blanchâtre se terminant par une anthère linéaire et jaune, deux fois plus longue que celui-ci. Chaque anthère mesure 20 à 22 mm de long sur 3 mm de large, montrant deux loges bien distinctes qui seront chargées de pollens (16).

Figure 10 : étamines (17)
Figure 10 : étamines 

Le gynécée

Le gynécée, qui est l’organe femelle de la plante se situe au fond du tube du périanthe. Il est composé de trois carpelles soudés formant « l’ovaire ». Celui-ci sera qualifié d’ovaire infère puisqu’il est positionné en-dessous du plan d’insertion des autres pièces florales.

Figure 11 : ovaire ; coupe longitudinale (1 cm de long) et transversale 
Figure 11 : ovaire ; coupe longitudinale (1 cm de long) et transversale

L’ovaire est surmonté d’un style jaune et filiforme qui se divise en trois stigmates rouge vif, fortement odorants, mesurant 2,5 à 3,5 cm et prenant une forme de cornet suite à l’enroulement sur eux-mêmes. Chaque stigmate se termine par une extrémité renflée et denticulée sur les bords. Une fois séchés, ces stigmates ne mesureront plus que 2 cm et donneront ce parfum et cette saveur si subtile à cette épice bien connue nommée « safran » .

Légende : A : style (grf) prolongé de ses trois stigmates (na), B : stigmate enroulé en cornet, C : extrémité du stigmate élargie en éventail, faisceaux vasculaires (ib), papilles (pap).

Figure 12 : gynécée de Crocus sativus à gauche et stigmates de safran à droite 
Figure 12 : gynécée de Crocus sativus à gauche et stigmates de safran à droite

Légende : 1 ovaire 2 style 3 stigmate

Figure 13 : gynécée de Crocus sativus
Figure 13 : gynécée de Crocus sativus

Le fruit

Le fruit se développe très rarement puisque du fait de la triploïdie de Crocus sativus, la fécondation ne se fait quasiment jamais .

Il se présente sous forme d’une capsule membraneuse, allongée, trigone et loculicide qui contient trois loges. Chaque loge renferme plusieurs petites graines pourvues d’un embryon minuscule et d’un albumen corné abondant.

Source:

Benosman, Sarah 2018. etude du suivi des étapes de greffage du citrus clementina sur citrus aurantium.

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