De la lutte chimique à la production intégrée

De la lutte chimique à la production intégrée
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Bien que presque tous les gouvernements aient adopté des politiques pour lutter contre les problèmes causés par les pesticides, le contrôle de leur usage reste limité. Ce problème est encore plus accentué dans les pays en développement où les ressources pour faire appliquer la réglementation sont limitées, voire inexistantes, et où les conditions d’utilisation sont inappropriées ou contre-indiquées (Goldenman et PozoVera, 2008). En plus, malgré toutes les menaces que les pesticides présentent pour l’environnement et la santé de l’homme, les pays en développement et les pays fortement industrialisés continuent à utiliser de grandes quantités de ces produits dangereux (Jack Weinberg, 2009). Ainsi, la valeur globale du marché mondial des pesticides était d’approximativement 38 billion USD environ, en 2010 (figure 2). En plus, 25 000 pesticides à usage agricole dont 700 substances actives étaient estimés sur le marché mondial en 2012 (Arbach, 2012).

Figure 2 Le marché des produits phytosanitaires par région du monde et par catégorie des produits, en million US$. Source: Arbach, 2012.
Figure 2 Le marché des produits phytosanitaires par région du monde et par catégorie des produits, en million US$. Source: Arbach, 2012.

Les modèles de développement non durables nécessitent un usage intensif des pesticides qui nuisent à l’environnement, menacent les écosystèmes et la biodiversité, indispensables à notre sécurité alimentaire future. En effet, des appels en faveur de la modification profonde de nos systèmes agricoles et alimentaires se font de plus en plus fréquents et insistants. L’agriculture durable (ou soutenable, en traduction de l’anglais sustainable) est l’application à l’agriculture des principes du développement durable ou soutenable tels que reconnus par la communauté internationale à Rio de Janeiro en juin 1992. Il s’agit d’un système de production agricole qui vise à assurer une production pérenne de nourriture, de bois et de fibres en respectant les limites écologiques, économiques et sociales qui assurent la maintenance dans le temps de cette production.

L’agriculture durable, elle, en se basant sur une gestion économe et  autonome des exploitations agricoles, garantit une efficacité économique et des revenus décents aux agriculteurs. Elle permet une baisse des charges, une diminution des coûts pour la collectivité tout en valorisant le travail. Elle est plus autonome par rapport aux aides publiques et plus en cohérence avec les ressources locales et les enjeux territoriaux. Elle se fonde sur une équité sociale qui permet de valoriser le travail et les emplois avec un partage équitable des richesses et des droits à produire. Multifonctionnelle, elle participe à la vie et au dynamisme des territoires ruraux, et crée des ponts entre le monde rural et les villes .

Les concepts et les stratégies développées dans le cadre de l’agriculture durable ont évolué vers le concept intégré de gestion des ressources naturelles (lutte intégrée ou Integrated Crop
Management – ICM).

La lutte intégrée est une démarche de planification et de gestion qui implique différentes méthodes de réduction des populations d’organismes nuisibles à des niveaux acceptables. La bonne gestion intégrée des cultures, implique l’adoption des techniques respectueuses de l’environnement, telles: obtention des semences ou du matériel de plantation (boutures, plants) de qualité ; choix des sols fertiles et des lieux adaptés à la plantation; adoption des écartements et des dispositifs adéquats de plantation; plantation des cultures pour faire coïncider leur période de croissance avec une faible incidence des ravageurs et des maladies; pratique de la rotation des cultures; adoption des pratiques adéquates de gestion hydrique; désherbage régulier; inspection régulière des champs; favorisation de l’accroissement des populations d’ennemis naturels (auxiliaires); adoption de bonnes pratiques de récolte; adoption des dispositifs de stockage propres et de qualité et réduction au minimum de l’application de pesticides chimiques (COLEACP, 2011).

Cette diminution d’usage des produits phytosanitaires de synthèse est réalisée par l’introduction dans les stratégies de lutte antiparasitaire des produits naturels dits: biopesticides. La notion de l’agriculture biologique basée principalement sur l’utilisation de ces biopesticides sera discutée plus loin.

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