Le cycle de vie et la longévité des vers de terre

Le cycle de vie et la longévité des vers de terre
Share this post with friends!

Tous les vers de terre sont originalement hermaphrodites, mais nombreuses espèces sont parthénogénétiques Díaz Cosín, (2011). Certaines espèces sont obligatoirement bi-parentales, comme L. terrestris alors que d’autres peuvent se reproduire sans accouplement, par autofertilisation ou parthénogénèse « La parthénogenèse est une reproduction monoparentale à partir d’un seul gamète » (Sims et Gerard, 1999 ; Diaz Cosín, et al., 2011; Fernandz et al., 2012).

Un échange de spermatozoïdes a lieu lors d’un accouplement lorsque les conditions sont favorables. Quelques jours plus tard, le clitellum produit le cocon qui glisse le long de la partie antérieure du vers de terre et émis dans le sol sous forme d’une capsule fermée à deux extrémités (Fig. 1).

Les cocons sont résistants aux conditions défavorables comme la sécheresse ou une modification de la température (Edwards et Bohlen, 1996). Parmelee et Crossley (1988) et Edwards et al. (1995) suggèrent qu’ils peuvent être, pour certaines espèces comme L. rubellus, les seules formes de vie existantes pendant les mauvaises périodes. Le dessèchement du sol provoque la déshydratation du cocon, ce qui peut retarder le développement embryonnaire (Evans et Guild, 1948b ; Gerard, 1967).

Les vers adultes produisent plusieurs cocons par an, en fonction de leur âge (Svendsen et al., 2005) et les conditions dans lesquelles ils se trouvent (Lee, 1985). Une synthèse de plusieurs études par Satchell (1967) montre qu’Aporrectodea caliginosa, Aporrectodea longa et Octalasion cyaneum, qui sont des espèces anéciques ou endogées, produisent entre 3 à 13 cocons par an alors que les épigés L. rubellus, Lumbricus castaneus et Dendrobaena rubidus sont capables d’en produire entre 42 à106 par an. L’espèce L. terrestris peut produire entre 10 à 25 cocons par an en fonction des conditions de température (Butt, 1993). Un ou plusieurs individus immatures, appelés juvéniles, éclosent quelques temps plus tard. Butt (1993) montre que 20 % des cocons viables d’O. cyaneum produit des jumeaux, comparé à 1 % pour L. terrestris et A.

longa. Hartenstein et al. (1981) trouvent un nombre maximum de 11 vers par cocon pour Eisenia fetida. La durée d’incubation dépend des conditions climatiques (Holmstrup et al., 1996) et des conditions de vie de l’adulte qui a produit ce cocon (Phillipson et Bolton, 1977).

Le ver de terre juvénile va progressivement acquérir des caractères sexuels secondaires externes liés à l’accouplement comme le puberculum tuberculeux ou les pores sexuels, il sera alors au stade sub-adulte. Un clitellum, organe lié au processus de ponte, va ensuite se former et permettre au ver de terre de devenir sexuellement mature pour pouvoir se reproduire à son tour ; il devient alors adulte.

Le temps de maturation varie beaucoup entre espèces et dépend des conditions de milieu (température, humidité, nourriture). Boström et Lofs (1996) rapportent qu’un juvénile A. caliginosa devient mature en 3 à 6 semaines. Au champ, L. terrestris devient mature généralement en 1 an (Lakhani et Satchell, 1970) alors qu’il ne lui suffira que de quelques mois pour atteindre la maturité sexuelle en conditions de laboratoire (Daniel et al., 1996 ; Lowe et Butt, 2002).

Les vers de terre ont une durée de vie dépendante de l’espèce, de leur biotope et des conditions dans lesquelles ils vivent. Ainsi, l’espèce L. terrestris peut vivre plusieurs années en conditions de laboratoire (Lakhani et Satchell, 1970) alors qu’en conditions naturelles et particulièrement en système cultivé, il est exposé à des risques qui diminuent son espérance de vie à quelques mois (Satchell, 1967).

Suivant le groupe fonctionnel, les stratégies d’allocation de l’énergie varient entre les types « r et k » (Satchell, 1980). La stratégie de type « r » concerne les espèces à durée de vie courte donc plus spécifiquement les épigés, qui allouent tout d’abord leur énergie à la reproduction et à la croissance. A l’inverse, les stratèges « k », principalement les endogés et les anéciques, privilégient la survie à la reproduction et à la croissance car ils ont une durée de vie plus longue.

Figure 1 : Les cocons d’un vers de terre.
Figure 1 : Les cocons d’un vers de terre.

La longévité.

Les données sur la durée probable de vie dans la nature sont rares (Lee, 1985). Les populations de certaines espèces des champs peuvent avoir seulement une saison d’espérance de vie et passent une partie de leurs cycles en dormance embryonnaire dans les cocons dans des conditions défavorables. Une moyenne de 1 à 2 ans est rapportée pour les adultes de plusieurs espèces communes. La durée de vie maximale pour Eisenia fetida est de 5 ans, mais Aporrectodea longa a survécu de 5 à 10 ans dans les cultures au laboratoire (Gerard, 1967 ; Gates, 1972).

Cependant, des adultes de Lumbricus terrestris ont été maintenus à 30 ans d’espérance de vie (Sims et Gerard, 1985). Certaines espèces géantes peuvent prendre des années pour atteindre le stade de maturité et se reproduisent que tous les deux ou trois ans, tel que Megascolides australis (Van Praagh, 1992).

One thought

One thought

Add yours

  1. Pingback: La phylogénie des vers de terre - agronomie

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.