Culture du safran

Culture du safran
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Crocus sativus s’octroie une culture à contre saison puisque la végétation a lieu en hiver et l’entrée en dormance commence dès le début de l’été.

Comme nous l’avions vu précédemment, le crocus est une plante stérile n’existant pas à l’état sauvage. La pérennisation de cette plante se fait grâce à la multiplication végétative à partir de la corme souterraine. Par conséquent, tous les safrans du monde partagent le même patrimoine génétique et seraient issus d’un bulbe unique. Ainsi, la culture du safran est totalement dépendante de l’homme et cela depuis des siècles.

Climat et exposition au soleil :

Le crocus se plaît en tout endroit du globe. En effet, on peut le rencontrer sous différents climats (méditerranéen, continental) et sous différentes altitudes (du niveau de la mer en Grande-Bretagne et jusqu’à 2 500 mètres sur le plateau du Cachemire) .

Pour donner une floraison optimale, le crocus a besoin de contraste de température ; il aime les étés secs et chauds et les automnes doux et frais. L’hiver doit être vivifiant sans être trop rigoureux ; si la température est inférieure à -15 °C, les bulbes peuvent geler et mourir.

Les besoins en pluie se situent à la fin de l’été ou au début de l’automne pour déclencher la floraison, et lors du mois de mars pour le grossissement des bulbes qui donneront les fleurs de l’automne suivant (1).

Tout au long de sa croissance, le crocus doit tout de même bénéficier d’une irrigation régulière.

Idéalement, le crocus doit être exposé en plein soleil ; au sud ou au sud-est afin de se trouver directement face à la lumière du soleil tout en étant éloigné des arbres.

De plus, au moment de la saison hivernale, l’ensoleillement contribue au développement des cormus fils grâce à la photosynthèse réalisée par les feuilles.

Sol :

Les conditions édaphiques sont primordiales puisque c’est dans le sol que la racine puise ses éléments nutritifs.

La texture du sol doit être légère, perméable, aérée, pauvre en matières minérales mais riche en matières organiques, de pH neutre, aux alentours de 6,5 – 7. Quant à l’humidité et à la température, le sol devra être frais, humide et drainé.

L’idéal est de planter le crocus sur un terrain non cultivé depuis des années, à prédominance calcaire ou argilo-calcaire.

Plantation :

Pour décrire la plantation, nous nous sommes basés sur une exploitation concrète de safran, celle de Richard Thiery, basée à Plombières-les-Bains dans les Vosges.

L’époque de plantation se fait en été, idéalement entre le 15 juin et le 15 août, après avoir bien préparé le sol (bêchage puis épierrage, désherbage, ameublissement…).

Une sélection des bulbes est faite. Ils doivent avoir un calibre (circonférence du bulbe mesurée en centimètre) compris entre 7 et 10 pour pouvoir fleurir. Avant d’être plantés à une profondeur de 20 cm, ils sont débarrassés de leurs tuniques et exposés quelques jours au soleil. Une fois déposés à même le sol, les bulbes sont écartés entre eux de 5 à 10 cm et les rangées ou sillons sont distants de 20 à 25 cm.

Une profondeur de plantation à plus de 20 cm est conseillée afin de protéger les bulbes de la chaleur estivale comme de la froideur hivernale. De plus, comme nous l’avons mentionné dans la partie II.2, chaque année le bulbe remonte de terre d’environ 2 cm puisqu’il se multiplie supérieurement pour donner de nouveaux bulbes.

Figure 15 : plantation en sillon [Plombières, novembre 2013]
Figure 15 : plantation en sillon [Plombières, novembre 2013]²²

Floraison :

Crocus sativus, ayant une végétation inversée, fleurit en automne. La floraison s’étale sur quatre à six semaines entre fin septembre et fin novembre selon les années et les régions. Cependant, c’est sur une période de trois semaines que plus de la moitié des fleurs apparaissent et il n’est pas rare d’observer deux grands pics de floraison.

La floraison s’amplifie d’année en année grâce à la multiplication des bulbes. En effet, lors d’une première mise en terre, il est possible de n’avoir aucune fleur (le bulbe accumule des réserves) ou d’en voir sortir une à trois par bulbes ; les années suivantes, on apercevra entre trois et dix fleurs selon le calibre et la pluviométrie (7).

La durée de vie de cette fleur pourpre-violacée est très éphémère, elle s’épanouit en vingt- quatre à quarante-huit heures avant de faner.

Figure 16 : La floraison de Crocus sativus (Safran du Gâtinais).
Figure 16 : La floraison de Crocus sativus (Safran du Gâtinais).
Figure 17 : cycle de développement annuel de Crocus sativus 
Figure 17 : cycle de développement annuel de Crocus sativus

Ennemis et maladies :

Animaux  :

Le plus gros ennemi du safran est le sanglier qui raffole des bulbes. Pour l’empêcher de s’approcher de la safranière, des cheveux humains peuvent être déposés.

Les rongeurs tels que les rats, les mulots, les campagnols sont également friands des bulbes. Pour se protéger des taupes, l’euphorbe épurge est un bon répulsif. Le plus efficace reste la détonation avec lancement de pétards explosifs dans les galeries empruntées par ces rongeurs et, de façon plus douce, la présence de prédateurs naturels tels que les chouettes effraies ou hulottes, renards et reptiles.

Les lapins, les lièvres et les chevreuils aiment les feuilles de crocus. Le grillage demeure dissuasif pour ces animaux. Les limaces apprécient également les feuilles ainsi que les fleurs.

La protection des jeunes pousses, bulbes et fleurs via des produits spécifiques est également envisageable lors de fortes invasions de vers tels que le ver gris (larve de noctuelle), le ver fil de fer (larve de taupin), le ver blanc (larve de hanneton).

Les maladies cryptogamiques  :

Les safranières peuvent être infectées par des champignons qui provoquent de graves maladies. Nous retrouvons comme champignon :

Rhizoctonia violacea engendre la « mort du safran », maladie qui provoque le développement de petites racines de plantes parasites amenant à un pourrissement des bulbes. Il est présent surtout au printemps et à l’automne et est très contagieux. Sclerotium crocophilum, nommé tacon, donne une ulcération brune des bulbes et ainsi une pourriture sèche. Fusarium oxysporum s’attaquant également aux bulbes.

Il est très difficile de lutter contre ces maladies puisque la propagation des spores se fait par le vent, la terre, la pluie, les outils. Toutefois, l’endroit où sont stockés les bulbes, les abritant de l’humidité est primordial pour éviter ces infections. La lutte contre ces maladies peut se faire avec ces quelques petits conseils :

  • Planter uniquement des bulbes sains en parfait état.
  • Laver, trier et sécher les bulbes lors des arrachages, éliminer ceux avec traces
  • Suspectes ou blessures.
  • Faire attention au stockage des bulbes (local sec et aéré, à l’abri de la lumière)
  • Planter sur un sol drainant et aéré ;
  • Bien espacer les bulbes afin d’empêcher la contamination en ligne ;
  • Ne pas avoir planté précédemment des pommes de terre, betteraves, blé, oignons,
  • Carottes ; des cultures qui peuvent être également touchées par la fusariose ou le rhizoctone.
  • Respecter une rotation de culture de cinq à dix ans.

Si malgré ces mesures de prévention, les bulbes sont infectés, les traiter avec des fongicides à base de thirame, captane, folpel ou quintozène reste une solution, malgré l’apparition de résistance à ces produits.

Soins, entretiens et renouvellement de la safranière :

Pour garantir une culture et une récolte optimale du safran, la safranière ne devrait pas dépasser trois ans. Cependant selon les livres et les auteurs, les points de vue divergent.

Entretiens et soins

Il est important de désherber manuellement et très fréquemment à l’aide d’une sarclette, d’une ratissoire, d’une binette ou encore d’un couteau à désherber. Afin d’éviter les risques de nocivité, les traitements chimiques sont à proscrire, la plante se trouvant dans un état de végétation de fin septembre à juin.

Vers le mois de mai, l’herbée de safran (les longues feuilles vertes très minces) qui sèche vers la fin du mois d’avril, est arrachée.

Les gros travaux d’entretien ont lieu durant la période estivale (juin-juillet) ; la totalité de la safranière est désherbée et binée afin d’ameublir les couches superficielles.

Renouvellement de la safranière

Comme nous l’avons indiqué dans une partie précédente, les bulbes de safran se multiplient d’année en année. Il est donc primordial de procéder à un tri et à un arrachage des cormes tous les trois à quatre ans afin d’éviter les maladies cryptogamiques qui apparaissent souvent vers la troisième année de culture, et également pour lutter contre les prédateurs. Cependant, pour procéder à l’arrachage des vieilles safranières, et ainsi aboutir à de nouvelles plantations, on juge d’abord de l’état du sol, de la densité des plants (multiplication) et de la remontée des bulbes après une période de gel.

C’est ainsi que lors de la quatrième année de culture, les bulbes sont relevés et arrachés vers les mois de mai-juin, quand l’herbée de safran se dessèche. La safranière est ensuite changée de place et les bulbes sont replantés au mois d’Août. On attend ensuite douze à quinze ans avant de replanter du safran au même endroit pour des raisons sanitaires et à cause du sol qui se trouve appauvri en potasse et en phosphore, éléments nécessaires à la croissance des bulbes.

Sur les parcelles dans lesquelles les bulbes sont en dormance tout l’été, on évite de laisser la terre nue. Une culture de surface avec par exemple des fleurs sauvages (coquelicots, bleuets, avoine) et des plantes médicinales (bourrache, hysope, aneth, souci) peut être démarrée .

Source:

Benosman, Sarah 2018. etude du suivi des étapes de greffage du citrus clementina sur citrus aurantium.

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