Conséquences agronomiques d’une carence azotée sur le blé

Conséquences agronomiques d’une carence azotée sur le blé
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Limami et Ameziane (1997) rapportent qu’un déficit en azote entraîne dans un premier temps une réduction de la surface foliaire, puis un affaiblissement de la vitesse d’émission des feuilles, lorsque la carence en azote est de longue durée. L’ensemble aboutit à une baisse de l’activité photosynthétique par unité de surface, ce qui se traduit par un freinage de la croissance de la culture.

Pour une culture de blé, la majeure partie de l’azote est absorbée entre la sortie de l’hiver et la floraison (Gembloux, 1990). Cette période coïncide avec à la phase de formation du nombre de grains, composante déterminante du rendement.

Pendant le tallage herbacé, une carence momentanée en azote peut provoquer des sauts de talles et celle persistante conduit à un arrêt anticipé du tallage (Gate, 1995).

Par contre, si la fertilisation azotée est abondante, la régression des talles les plus jeunes ne se fera que lorsque la compétition pour la lumière surviendra. Un tel maintien de nombreuses tiges à la base de la plante a généralement des conséquences néfastes pour la culture (risque de verse, maladies). C’est pourquoi il est utile d’assurer à cette époque une alimentation azotée correcte, mais non excessive (Simon et al., 1989).

Meynard (1985) a observé qu’un apport d’azote important au tallage peut avoir un effet dépressif sur le nombre de grains, lorsque la dose totale est faible. On crée alors, selon le schéma de fertilisation de Coïc (1956) un besoin supplémentaire d’azote pendant la montaison, qui ne peut être satisfait par une dose « montaison » d’autant plus faible que la dose « tallage ».

A partir du stade « épi 1 cm », le rôle de l’azote devient majeur pour la montée en épi des talles herbacées. Les travaux de Masle (1981a, 1981b, 1982) reposant sur des essais en plein champ ou en pots ont mis en évidence que la nutrition azotée agit sur la montée en épi de certaines tiges. Ils montrent précisément que lorsque l’azote devient limitant, ce sont les jeunes talles qui régressent en plus grand nombre (arrêtent leur croissance) et quand elles montent, leur matière sèche est plus faible. Il existe alors un stade critique par rapport à la montée en épi (Masle, 1981b). Seules les talles ayant au moins trois feuilles montent en cas ou l’azote devient limitant. Ce stade foliaire correspond pour la plupart des talles à l’acquisition d’au moins une racine de 15 à 30 mm (acquisition de leur autonomie nutritionnelle).

Dans la gamme des fumures azotées considérées par cet auteur, les conditions de nutrition en azote affectent la date de réalisation d’un stade de développement. Toutefois, cette conclusion est remise en cause par les travaux de Delécolle et Gurnade (1980), Kirby et al., (1985) et Miglietta (1991) qui en étudiant le phyllochrone montrent qu’il est déterminé précocement et que les facteurs nutritionnels tels que l’azote n’ont pas d’effet.

Une carence azotée diminue le nombre de grains au m2. Cette réduction résulte de la baisse soit du nombre d’épis / m2, soit de celui de grains / épis ou de la combinaison des deux. Une telle chute de grains dépend de sa date d’apparition au cours du cycle de développement de la culture (Jeuffroy et Bouchard, 1999).  Les études menées par Triboï et Ntonga (1993) sous serre sur des plantes monotalles ont montré qu’une carence en azote au début de montaison peut provoquer un abaissement du nombre d’épillets fertiles, notamment ceux situés à la base de l’épi. Ce résultat confirme celui de Darwinkel (1983) qui a observé qu’un apport d’azote à cette période (montaison) augmente de façon significative le nombre d’épillets fertiles (+ 5% en moyenne). De même, un apport tardif (stade méiose) n’améliore pas autant la fertilité de l’épi que celui au stade « épi 1 cm » (Ntonga Mimbé et Lafarge, 1995). Le retard de l’apport de l’azote peut toutefois être valorisé car, selon ces auteurs, il permet d’améliorer le nombre de grains par épis, de plus de 30 % par rapport à un témoin non fertilisé. Cette composante de rendement diminue en cas d’une carence azotée intervenue entre les stades 2 nœuds et gonflement (Demotes-Mainard et Jeuffroy, 1998), ce qui confirme les observations de Coïc et al., (1950) qui montrent qu’un apport tardif de l’azote diminue de façon significative l’avortement des jeunes ovules. Il est même favorable à l’élaboration du poids d’un grain, et donc pourra compenser le nombre faible de grains par m2 (Darwinkel, 1983).

L’influence de la date d’apparition d’une carence en azote plus ou moins durable sur la composante nombre de grains / m² est aussi largement prouvée par Jeuffroy (1994) qui établie que :

  • Les carences en azote temporaires de 20 jours en début de montaison, ne pénalisent pas le nombre de grains par épis, mais diminuent celui / m2 en contraignant la montée en épis.
  • Les carences de mi-montaison réduisent le nombre de grains en limitant la croissance de l’épi, suite à la diminution de la taille des organes sources du futur épi (dernière et avant dernière feuille).
  • Les carences proches de la floraison ont peu d’effet sur la croissance de l’épi, mais sont capables de provoquer des stérilités (absence de fécondation).

Source:

Mme FERTAS  Khadra 2007 . Essais  d’optimisation  du  fractionnement  et  de   la  période  d’apport  de  l’azote  pour  la culture  du  blé dur  ( variété waha )  en zone  semi – aride  irriguée.

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