Foresterie - cours

Conditions écologiques du Chêne zéen

Conditions écologiques du Chêne zéen Quercus canariensis

Le Chêne zéen est une espèce de lumière, à l’état juvénile il est sciaphile, puis à l’âge adulte, il se caractérise par son envahissement des milieux qu’il occupe lorsque ces derniers  sont très favorables à son développement.

1    Climat et bioclimat

En raison de ses exigences écologiques très strictes, cette espèce ne prospère que dans les régions à fortes précipitations avec une tranche pluviométrique supérieure à 800 mm par an. Le Chêne zéen atteint son plein développement sur les expositions les plus fraîches et les bassins versants ombrageux, il supporte les basses températures allant de – 8 à –10°C (MAIRE ,1926).
Quant à sa répartition bioclimatique, le Chêne zéen occupe les bioclimats subhumide et humide à variante tempérée. Toutefois, c’est en étage humide que son aire botanique se situe en grande partie (QUEZEL, 1976 ; QUEZEL et BOUNIN, 1980) (Figure V) où il forme de belles futaies régulières ou jardinées avec 200 à 400 arbres/ha à l’âge de 80 à 150 ans à l’hectare (BOUDY 1952).

2    Altitude et étage de végétation

QUEZEL (1956, 1985) et QUEZEL et Al. (2003), souligne que le Chêne zéen trouve son optimum de développement entre 800 et 1500m dans un niveau altitudinal supraméditerranéen, comme il arrive à pénétrer localement dans le montagnard méditerranéen où il se trouve en contact avec les cédraies et les sapinières. D’une manière générale, en Algérie le Chêne zéen se localise entre 850 et 2000m d’altitude. En Kabylie, il s’étend entre 800 et 1646 m d’altitude (Djbel zen) et atteint 2000m dans les Babors (MESSAOUDENE, 1989). Dans les massifs d’Ath Ghobri et de l’Akfadou, ils appartiennent aux thermo et mesoméditerranéen et accompagné d’une grande richesse floristique (AIME et Al., 1986 ; MEDOUR, 1993 ; LARIBI, 2000 ; MESSAOUDENE et Al., 2009). Sur les versants sud et les lignes de crêtes jusqu’à 1400 m d’altitude, le Chêne afares domine le zéen (MESSAOUDENE, 1996).
Toutefois, sur les pentes exposées au nord, on retrouve le Chêne zéen à 700m d’altitude. Il ne descend plus bas que lorsque les conditions exceptionnelles de fraîcheurs et d’humidité sont disponibles (LEFEBVERE, 1900), et il progresse indiscutablement dans les subéraies mésoméditerranéen surtout en grande Kabylie (MEDOUR, 1993).

3    Le substrat

Les chênes caducifoliés sont généralement peu sensibles à la composition chimique des  substrats et à la nature du sol (QUEZEL et Al., 2003). Toutefois, ils préfèrent les sols plus au moins évolués qu’ils ont contribué à constituer. Le Chêne zéen prospère beaucoup dans les substrats à grés numidiens. Et, il s’accommode dans les sols siliceux et profonds.Selon EMBERGER (1939), on le retrouve sur balsate, schiste, granite…Il ne tolère pas les sols peu profonds et les calcaires compacts. Cette essence se développe sur presque tous les substrats à l’exception des argiles, des roches dures et les sols salés (MAIRE ,1926). Il est réputé calcifuge en Espagne méridionale (MARTINEZ – PARRA et PIENNADO LORCA ,1987 ; TONNERIO et Al., 1998 in QUEZEL et Al., 2003).
Le Chêne zéen craint l’hydromorphie, même temporaire, c’est ce qui explique son bon développement sur les sols bruns lessivés (MESSAOUDENE, 1989).
Dans la forêt d’ Ath Ghobri, le Chêne zéen se localise dans les endroits à forte et moyenne pentes sur sols acides de type (A C) et (ABtC) (FERRAHI, 2002).

Source:

HAMIDOUCHE, Chafiaa 2010 . Etude des relations entre les variables dendrométriques du chêne zeen (Quercus canariensis Willd.) dans la forêt d’Ath Ghobri (wilaya de Tizi-Ouzou).

Téléchargement le document complet ici.

Previous post
Caractéristiques anatomiques et technologiques du bois de Chêne zéen
Next post
Les agents destructeurs de bois de Chêne zéen

Leave a Reply