Caractéristiques anatomiques du dromadaire

Caractéristiques anatomiques du dromadaire
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Contrairement aux autres ruminants, les camélidés n’ont ni sabots, ni canons rudimentaires, ni vésicule biliaire, ils possèdent des canines, une lèvre supérieure divisée, des hématies ellipsoïdes et un placenta diffus. Ces particularités anatomiques pourraient expliquer leur capacité d’adaptation en milieu désertique plus que les autres herbivores domestiques.

1 Anatomie digestive du dromadaire

L’anatomie digestive du dromadaire diffère de celle des autres ruminants quant à la forme, la structure et la fonction. Elle a la particularité d’être adaptée à la valorisation des ressources végétales naturelles de la savane désertique.

1.1. Bouche

La bouche est adaptée à la préhension des espèces sèches et épineuses qui composent la végétation des milieux arides et désertiques. Elle est largement fendue à l’entrée, et se compose de deux lèvres très mobiles : une inférieure mince et pointue, une supérieure plus charnue pouvant se fendre elle-même en deux. Le dromadaire est dépourvu de mufle ; les joues sont hérissées sur leur face interne d’odontoïdes longues dirigées en arrière. Selon Narjisse (1989), le dromadaire est ainsi insensible aux épines des plantes.

Le palais est long et étroit. La langue, allongée et douce au toucher, est dotée de papilles filiformes récurrentes et fongiformes. Le voile du palais est très ample. On compte, généralement, 34 dents chez le dromadaire, mais certains dromadaires du Soudan en ont 2 de plus (Cauvet., 1929 ; Gauthier-Pilters., 1981).

1.2. Glandes salivaires

Chez le dromadaire, les glandes salivaires diffèrent de celles des bovins : on trouve ainsi les glandes parotides, mandibulaires, sublinguales, buccales, de nombreuses petites glandes dans la muqueuse et dans la sous-muqueuse des joues et des palais mous. Il semble que le flux des glandes parotides est continu bien que corrélé à la rumination ; alors que le flux salivaire n’est produit que pendant la prise de nourriture et pendant la rumination. Le flux parotidien est estimé à 30 litres par jour chez le dromadaire hydraté, et seulement à 6 litres par jour quand il est déshydraté ce qui entraîne une perte d’appétit (Engelhardt et Höller, 1982). La salive a la particularité de contenir de l’amylase, du bicarbonate, du phosphate de potassium et son pH est alcalin.

1.3. Oesophage

Du fait de la longueur du cou, le tube oesophagien est long et présente des glandes sécrétoires en grande quantité. Ceci contribue à humecter en permanence la ration alimentaire de l’animal, souvent, sèche facilitant ainsi le transit dans les voies supérieures du tube digestif.

2. Réservoirs gastriques (figures 1 et 2)

Chez les Camélidés, l’anatomie des réservoirs gastriques diffère non seulement de ceux des autres Mammifères, mais aussi de ceux des autres ruminants par l’absence de feuillet, plus ou moins confondu avec la caillette, la présence de cellules aquifères, un volume du réservoir aussi grand chez le chamelon que chez l’adulte (Açoine, 1985). Ces réservoirs gastriques ont communément reçu l’appellation de compartiments C1 (rumen), C2 (réticulum : réseau), C3 (Omasum : feuillet), et C4 (Abomasum : caillette).

C3 et C4 ne sont pas nettement séparés comme chez les ruminants. Ces différences ont une incidence sur la transformation des aliments dans le tube digestif des Camélidés. En effet du point de vue de l’activité bactérienne, elle est plus importante chez les Camélidés que chez les ruminants bien que la flore microbienne soit à peu près la même qualitativement et en ce qui concerne les espèces bactériennes dominantes (1010 à 1011 cellules par ml). De plus le temps de séjour moyen des particules alimentaire est beaucoup plus long dans les pré-estomacs des Camélidés. Ces facteurs sont à l’origine d’une meilleure digestion de la matière organique et de la partie cellulosique de leur régime alimentaire (Jouany, 2000).

Figures 1 et 2 : réservoirs gastriques du dromadaire

Figures 1 et 2 : réservoirs gastriques du dromadaire
Figures 1 et 2 : réservoirs gastriques du dromadaire

 

2.1. Rumen (C1)

Le rumen a la particularité de posséder des sacs aquifères, diverticules contenant des millions de cellules glandulaires qui jouent un rôle important dans l’action de la salive et dans la production d’une partie liquide abondante, caractéristique du contenu stomacal des dromadaires.

Par ailleurs, le débouché de l’œsophage, placé entre le rumen et le réticulum chez les ruminants, se situe directement sur le rumen chez les camélidés. Enfin, la paroi externe du rumen du dromadaire est dépourvue des piliers musculeux que l’on observe chez les bovins et les petits ruminants.

2.2. Réticulum (C2)

Le réticulum fait suite au rumen. Il montre une structure comparable à celle des sacs aquifères et possède des papilles disposées en alvéoles d’abeille. Extérieurement, il n’est pratiquement pas possible de distinguer la partie omasum de la partie abomasum, ce qui conduit de nombreux auteurs à considérer que les Camélidés ne disposent que de 3 estomacs au lieu de 4 comme chez les ruminants. En fait, une différence nette de la muqueuse interne est visible entre la partie proximale (omasum) et la partie distale (abomasum).

2.3. Caillette (C4)

La caillette comprend trois parties :

  •  une antérieure où la muqueuse présente quelques plis en réseau ;
  • une moyenne avec des petits plis muqueux longitudinaux ;
  • et enfin une postérieure digestive : l’antre pylorique est formé d’une muqueuse épaisse et plissée et de nombreuses glandes digestives (Schmidt-Nielsen, 1964).

3. Intestins du dromadaire (figure 3)

Les intestins du dromadaire ne présentent pas des différences marquées par rapport à ceux des bovins (Ouhsine., 1989). Le jéjuno-iléon est en contact de la paroi abdominale droite et recouvert en partie par le grand omentum. La muqueuse de l’intestin grêle est tapissée de plus de 700 petites plaques de Peyer (Prat 1993).

Figure 3 : Intestins de dromadaire
Figure 3 : Intestins de dromadaire

On peut retenir de cette partie consacrée aux caractéristiques anatomiques, l’originalité des pré-estomacs et des sécrétions salivaires permettant de mieux tirer parti d’une végétation peu abondante.

Le milieu désertique se caractérise en effet, par la faiblesse des ressources alimentaires, leur grande dispersion et une forte variabilité saisonnière, voire inter-annuelle.

De plus, le dromadaire a une meilleure capacité à digérer les fourrages pauvres et généralement en partie desséchés que les ruminants domestiques, grâce à une plus longue rétention des particules solides dans les pré-estomacs.

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