Biogéographie des Megachilidae

Biogéographie des Megachilidae
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1 Dans le monde

Les Megachilidae sont des abeilles dont les femelles des espèces non parasites transportent le pollen sur la brosse ventrale abdominale ou scopa et non sur les pattes postérieures. Michener en 2007 divise la famille des Megachilidae en deux sousfamilles : les Fideliinae et les Megachilinae. Cependant, Le même auteur en 1944 a classé les Fidelinae comme une sous famille des Apidae. En 1979 dans son travail sur la Biogéographie des abeilles du monde, Michener indique que cette sous famille semble être le groupe frère des Megachilidae mais ne contient que trois petits genres :
Fidelia Friese, 1899 ; Parafidelia Friese,1898 et Neofidelia Moure & Michener, 1955.

Les deux premières vivent dans les zones arides de l’ouest de l’Afrique australe et la troisième dans les zones arides du centre du Chili. La sous famille des Megachilinae est la plus grande. Elle comprend cinq tribus : Lithurgini Newman, 1834; Megachilini Latreille, 1802; Osmiini Newman,  1834 ; Anthidiini Ashmead, 1899; Dioxyini Cockerell, 1902. (Michener, 2007) avec de nombreux genres et sous-genres. Les Lithurgini sont plus diversifiés dans les régions tempérées d’Amérique du Sud où ils sont représentés par les genres Lithurgomma et Trichothurgus (Moure, 1949 cité par Michener, 1979). Le genre Lithurgus Berthold, 1827 à une distribution mondiale.

On le trouve dans les régions tropicales, les régions chaudes à modéré et les zones tempérées, sauf en Amérique, il peut être largement absent dans la zone tropicale humide. Deux sous-genres sont généralement connus : Lithurgopsis Fox, 1902 et Lithurgus Berthold, 1827.

Le premier sous-genre est limité à l’hémisphère occidental, il est absent dans les régions tropicales. Mais il est présent dans les Antilles. Le deuxième sous-genre se trouve en Europe, en Asie, en Afrique en Australie, en Nouvelle-Calédonie. Et toutes les d’îles de Tahiti (Michener, 1965a) et la Micronésie (Krombein, 1950) Les Megachilini se trouvent en grand nombre sur tous les continents.

Le genre Megachile Latreille, 1802 compte 16 sous-genres dans la région néarctique dont trois se rencontrent également dans le Paléarctique et huit dans la région néotropicale. On compte sept sous-genres africains dont, le sous genre Eutricharaea Thomson, 1872 qui a une vaste répartition.

On le trouve aussi dans la région Paléarctique orientale et en Australie. Les autres sont probablement limités à l’Afrique (Pasteels, 1965) Le genre Creightonella Cockerell, 1908 est le plus commun et diversifié. On compte deux sous-genres en Afrique mais aussi au Sud de l’Asie, en Inde, au Sud de la Chine, au Sud Est de l’Asie en Nouvelle-Guinée et les îles Salomon. ( Michener, 2000).

Le genre Chalicodoma Lepeletier, 1841 est principalement Paléotropical mais il y a plusieurs espèces méditerranéennes. Quelques espèces se répartissent dans l’Europe centrale. Il y a 13 sous-genres africains (Pasteels, 1965), trois d’entre eux sont également Paléarctique. Le sous genre Callomegachile Michener, 1962 se trouve non seulement en Afrique mais aussi dans toutes les régions de l’Inde au Japon, à Taiwan, aux Philippines, en Nouvelle-Calédonie, et dans la moitié du Nord de l’Australie. Le genre qui reste de Megachilini sans arolia est Coelioxys Latreille, 1809. La plupart des espèces du genre Coelioxys parasitent les nids des Megachilinae.

Le genre Coelioxys est particulièrement abondant en Amérique du Sud et compte 14 sous-genres dans l’hémisphère occidental (Mitchell, 1973). Deux sousgenres sont Holarctique tandis que quatre sont pour la plupart Néotropicals. Les autres sont soit strictement Néarctique (3) ou strictement Néotropicale (5). Il y a 3 sous genres reconnus uniquement en Afrique, (Pasteels, 1968). Le sous genre, Hemicoelioxys Pasteels, 1968 est monotypique et connu seulement d’Afrique tropicale. Le sous genre Liothyrapis Cockerell, 1911 très distinctif, présent en Afrique, le bassin Méditerranéen, aux Philippines, Nouvelle-Guinée et en Australie.

Contrairement aux Megachile et Chalicodome, le genre Coelioxys est peu abondant en Australie (Michener, 1979). Les Megachilidae sans arolia représentés par la tribu des Osmiini sont principalement Holarctiques et pour certains groupes ont également africaines. Le genre Osmia Panzer, 1806 est Holarctique, quatre de sous-genres (Osmia sensu stricto Panzer, 1806 ; Melanosmia Schmiedeknecht, 1885 ; Chalcosmia Schmiedeknecht, 1885 ; Diceratosmia Robertson, 1903) survenant dans les deux continents du Nord (Amérique du Nord, Eurasie). Plusieurs autres sous-genres sont limités soit à l’Amérique du Nord ou à l’Eurasie.

Le genre Hoplitis Klug, 1807 (y compris les Anthocopa Lepeletier & Serville, 1825) est aussi largement Holarctique. Hoplitis s’étend vers le Sud de l’Inde et à travers l’Afrique orientale jusqu’à la province du Cap. Hoplitis semble également être héréditaire à une variété de taxons dans les régions xériques tempérées chaudes comme la Californie, la région de Sonora, le bassin Méditerranéen et le Turkestan.

Dans le sud des États-Unis il y a environ 13 genres xériques. On distingue dans l’ancien monde xériques le genre Hoplitis qui ressemble superficiellement à certain genre du Nouveau Monde qui semblent être indépendamment dérivé. Certains genres, comme Protosmia Ducke, 1900 peut-être apparenté à Hoplitis. Dans la côte du Pacifique (Amérique du Nord) le sous genre Chelostomopsis Cockerell, 1925 peut être considéré comme Protosmia américain (Popov, 1961).

Contrairement à Osmia et Hoplitis qui sont absents en Asie du Sud, en Australie et dans la région Néotropicale ; le genre Heriades Spinola, 1808 est un genre très répandu. Il se produit dans toute la région Holarctique et est exceptionnellement abondant et diversifié en Afrique, Heriades est présent à Madagascar, quelques espèces africaines semblent étroitement liées aux espèces 8 européennes, dans l’hémisphère occidental le genre Heriades s’étend des Antilles (Alayo & Dolmau, 1973) au Panama. Il est aussi largement répandu dans l’hémisphère oriental (Philippines et Micronésie) (Krombein, 1950).

Chelostoma Latreille, 1809 est un genre Holarctique avec une distribution discontinue en Amérique du Nord. Sur ce continent, il est limité à l’Ouest mais à l’Est il est remplacé par le genre dérivé Prochelostoma Robertson, 1903. (Michener, 2000) La tribu des Anthidiini a été divisée en pas moins de 80 genres et sous-genres dans l’ancien monde (Pasteels, 1968) et environ 37 genres ou sous-genres dans le nouveau monde (Michener, 1948).

La majorité des groupes (26) sont méditerranéens et se trouvent aussi au Proche-Orient et même à l’Est de l’Asie centrale. Parfois on les trouve aussi en Afrique Australe (Pasteels, 1972), un seul genre (Pycnanthidium Krombein, 1951) s’étend à travers l’Indonésie, les îles Salomon et le Nord de l’Australie. Sinon, les Anthidiini ne sont pas représentés en Australie. Seuls trois genres sont Paléarctiques (Anthidium Fabricius ,1804 ; Anthidiellum Cockerel, 1904 et Trachuza Friese, 1898).

Les genres (Anthidiellum et Trachusa) sont typiques des régions climatiques tempérées (Michener, 1979). Les formes américaines sont parfois placées dans des sous-genres différents que celles de l’ancien monde. En Amérique du Sud, il y a plus de groupes dans les zones tropicales humides que dans les parties climatiquement équivalentes de l’Ancien Monde. Il n’y a pas de diversité, comme en régions Méditerranéenne et en Asie Mineure. Il n’y a pas de répartitions disjointes sauf peut-être pour le genre Bothranthidium Moure, 1947, trouvé dans le sud du Brésil, en Argentine du Nord et dans le Nord-Est du Mexique.

Ce genre a été signalé récemment dans la savane de Costa Rica. Les Anthidiini comme la plupart des Megachilini et autres abeilles sont probablement plus semblable aux anthidiines ancestraux, dont Trachusa et de ses sous-genres (Pasteels, 1972). Ce groupe est principalement Paléarctique, bien que deux sous-genres sont répandus dans la région Néarctique. Il semble donc aussi probable que cette tribu soit d’origine Paléarctique. Peters (1972), montre cependant que le genre sud africain Aspidosmia Brauns, 1926 est un anthidiine, et fait valoir qu’il a d’importants caractères ancestraux. On ne trouve pas d’anthidiines dans les  Antilles ; ils sont rares à Madagascar en dépit de la présence de plusieurs groupes en Afrique de l’Est. La tribu Dioxyini se compose de sept genres, tous sont parasites d’autres Megachilidae (Popov, 1947).

La plupart sont Paléarctiques (surtout méditerranéen et des zones arides de l’Asie). On observe cependant, quelques genres à l’Ouest de l’Amérique du Nord. (Michener, 2000) En résumé pour la famille Megachilidae, la tribu Lithurgini peut avoir son origine en Amérique du Sud où elle est maintenant plus diversifiée. Les Anthidiini connus ont leurs répartitions principales dans les régions Paléarctique et de l’Afrique. Les formes ancestrales comme Trachusa sont pour la plupart présentent dans l’ancien monde et il est probable que la tribu originaire de cette région s’est propagée à d’autres continents. Les Dioxyini aucun doute également à originaires de la région Paléarctique se sont propagés à l’Ouest de l’Amérique du Nord. Les Osmiini sont principalement Holarctique et doit avoir son origine sans doute, comme les Anthidiini, de la région Paléarctique. Les Megachilini sont diversifiés dans tous les continents (Michener, 2007).

2. Biogéographie des Megachilidae en région Méditerranéenne

Le bassin méditerranéen abrite une faune d’Apoidea relativement riche et diversifiée. En effet, les abeilles s’adaptent bien au climat de type méditerranéen et aux sols dénudés sec et chauds. En outre, la situation de carrefour géographique de la région méditerranéenne lui a permis de recevoir des peuplements d’origines multiples comme c’est le cas de l’abeille domestique Apis mellifera L. (Apidae) qui a peuplé tout le bassin à partir de l’Asie. Il ne fait pas de doute que cette situation est une cause majeure de la diversité particulière du bassin méditerranéen. En effet, selon Michener (1979), le bassin méditerranéen est la région la plus riche en faune d’apoïdes.

Concernant la famille des Megachilidae une étude menée par Ornosa et al. (2006) dans la Méditerranéen occidentale sur la tribu des Osmiini ont révélé la présence de 10 genres, 33 sous genres, 243 espèces, 278 sous espèces. Pour les tribus Megachilini et Luthirgini, les mêmes auteurs ont signalé la présence de 5 genres, 6 sous genres, 106 espèces et 125 sous espèces.

Concernant les tribus Anthidini et Dioxyini, en 2008 Ornosa et al. Ont inventorié 9 genres, 16 sous genres et 58 espèces d’Anthidiini et 6 genres et 15 espèces de le tribu Dioxyini , ces résultats donnent une idée claire sur la grande richesse de Megachilidae dans la région Méditerranéenne.

3. Biogéographie des Megachilidae au Maghreb

Les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie et Libye) abritent les mêmes genres de la famille des Megachilidae. Cependant il existe quelques spécificités au niveau des espèces.

Les travaux sur la faune apoїdienne en générale et la famille des Megachilidae en particulier datant du début du XX siècle, ont été réalisés par Saunders (1908) et Alfken (1914) pour l’Algérie, Schulthess (1924) (Maroc, Algérie, Tunisie), Guiglia (Libye) et Benoist (1949, 1950 a, 1961) Afrique du Nord et centrale. Les résultats de ces études ont permis de recenser de nombreuses espèces appartenant à divers genres et familles.

Depuis les travaux de ces auteurs, et plus récemment , de nouvelles espèces et sous espèces ont été décrites dans la région notamment par Zanden en 1991, 1994,et 1996 parmi elles, on cite pour la famille des Megachilidae Anthocopa guichardi Zanden (1991) pour le Maroc et Hoplosmia
aceyi biarmica Zanden ( 1994) pour le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ( Benachour, 2007)

4. Biogéographie des Megachilidae en Algérie

 Selon le travail de Saunders, (1908) En Algérie, la famille des Megachilidae est représentée par 102 espèces répartis sur 9 genres : Dioxys, Coelioxys, Chalicodoma, Megachile, Lithurgus, Osmia, Heriades, Anthidium, Stelis. Alfken en 1914, dans le centre de l’Algérie a signalé 92 espèces de Megachilidae répartis sur 8 genres : Heriades, Osmia, Anthidium, Stelis , Lithurgus, Megachile , Coelioxys et Dioxys . Schulthess en 1924 pour le Maroc, Algérie et Tunisie a recensé 83 espèces de Megachilidae appartenant à 6 genres : Megachile, Osmia, Heriades, Anthidium, Setlis, Dioxys.

Cet auteur classe les chalicodomes comme un sous genre de Megachile,  D’après la collection établie par Balachwsky (1962) en Algérie, il existe 80 espèces d’Apoidea parmi les 8000 espèces d’insectes collectionnés, Les taxons recensés en Algérie appartiennent aux même familles que celles présentes dans les autres pays du Maghreb ( Aouar- Sadali 2010).

Toutefois, les travaux récentes de Louadi et Doumandji (1998 a, b) dans la région de Constantine et Louadi et al. (2008) dans le Nord Est algérien montre l’existence de 382 espèces appartenant aux six familles d’apoïdes dont 100 espèces appartiennent à la famille des Megachilidae La faune du Nord de l’Algérie dont la limite au sud est la région de Biskra, englobe plusieurs espèces. Zanden (1995) décrits une nouvelle espèce de Megachilidae à El Kala Hofferia mauritanicum.

Le même auteur en 1996 d’écrit une autre nouvelle espèce appartenant à la même famille dans le mont Ilmane (Hoggar), il s’agit de Anthocopa ilmana. Aux travaux récents de Aguib et al. (2010) et (2014) s’ajoute quatre nouvelles espèces pour l’Algérie appartenant à la famille des Megachilidae. Il s’agit d’Anthidium (Anthidium) florentinum (Fabricius, 1775).
Anthidium (Proanthidium) amabile (Alfken, 1932), Pseudoanthidium (Exanthidiumenslini (Alfken, 1928), Stelis (Stelis) simillima Morwitz, 1876

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