Aperçu sur l’agriculture dans le monde: Bref historique

Aperçu sur l'agriculture dans le monde: Bref historique
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Il y a 10 000 ans, une révolution éclata à l’échelle planétaire donnant naissance au néolithique (nouvel âge de la pierre) marquant ainsi une grande étape de notre histoire. Cette révolution s’accompagna par une modification du mode de vie passant de nomade vivant de la chasse, de la cueillette et de la pêche à l’apparition des premières structures agricoles (figure1).

La terre ne comptait alors qu’environ 5 millions d’êtres humains. Cette révolution néolithique coïncidait également avec l’apparition des grandes forêts de feuillus et de conifères.

L’homme engage la domestication des animaux et la culture des plantes. Les premières cultures de plantes et les premiers élevages d’animaux apparaissent au ProcheOrient, en Chine du Nord, au Mexique, au Pérou et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cinq mille ans plus tard, la population mondiale avait été multipliée par dix. Sur les 50 millions terriens, nonante pour cent étaient des agriculteurs vivant désormais des fruits de la culture et de l’élevage, dont la pratique s’était généralisée.

Au cours des millénaires, les paysans se sont engagés à sélectionner et à cultiver des espèces végétales présentant un rendement plus élevé et une meilleure résistance à la sécheresse et aux maladies; ils ont construit des terrasses sur les versants des collines afin de conserver les sols et des canaux pour assurer la distribution de l’eau à travers leurs champs; ils ont remplacé la houe manuelle par la charrue tirée par des bœufs et se sont mis à utiliser le fumier animal comme engrais et le soufre contre les ravageurs (Mazoyer, 2011).

Un peu avant la seconde guerre mondiale et avec l’expansion continue de la population mondiale, l’agriculture a connu une forte intensification, d’abord dans le monde industrialisé puis, dix à vingt ans plus tard, dans les pays en développement donnant ainsi naissance à «la révolution verte». Cette expression a été utilisée aux États-Unis pour désigner l’évolution de l’agriculture et des systèmes de production dans la zone tropicale et en particulier, en Inde et au Pendjab. Depuis, le secteur agricole s’est mécanisé et standardisé (Cartillier, 1977), il a adopté des méthodes permettant d’économiser la main-d’œuvre et s’est mis à utiliser des plantes et notamment des organismes génétiquement modifiés (OGM) qui nécessitent l’utilisation de grandes quantités de produits chimiques pour nourrir et protéger les cultures contre les ravageurs des plantes.

Ce progrès agricole a permis de réaliser des gains impressionnants de productivité. De ce fait, la production agricole et alimentaire a été  multipliée par 2,6, enregistrant en cinquante ans une progression qu’elle ne l’avait fait en dix mille ans (Griffon, 2006).

Figure1 Mode de vie de l’être humain au néolithique.
Figure1 Mode de vie de l’être humain au néolithique.

Selon un rapport mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) sur l’alimentation, paru en 2006, l’agriculture mondiale peut nourrir 12 milliards d’êtres humains. Paradoxalement, alors que nous ne sommes que 6,2 milliards de terriens, 900 millions de personnes sont sous-alimentées. La révolution agricole a conduit à l’apparition d’un nouveau visage agricole qui s’est caractérisé, comme rapporté par Georges (1959), par une diversification de la nature des cultures, la quantité de moyens de production utilisés à l’hectare, les rendements, la densité de main-d’œuvre employée par hectare, les tailles d’exploitation et par les revenus par exploitation et par travailleur. De ce fait, la révolution agraire a contribué à l’accentuation des disparités sociales et économiques et régionales, à la déperdition du savoir traditionnel agricole, et dans certains pays à une accélération de l’exode rural.

En effet, elle a surtout profité aux agriculteurs qui possédaient de grandes exploitations et un accès au crédit. La grande majorité des paysans était incapable de répondre aux lourdes exigences, en investissements de cette agriculture moderne et d’acheter les intrants chimiques coûteux, qui ont conduit au développement du crédit rural,  facteur de fragilisation financière pour ces petits agriculteurs. Ainsi, en Inde, plus de 25000 agriculteurs se sont donné la mort en treize ans. En outre, selon une étude publiée en 2002 dans la revue scientifique « The Lancet », le suicide des agriculteurs en régions rurales des pays du Sud a atteint un inadmissible taux de mortalité de 58 décès pour 100 000 habitants, alors que ce même taux est 4 fois moindre dans les pays développés. Malgré les belles promesses de la révolution verte, le coût de production augmente rapidement et fortement.

En Inde, la tonne du blé est, ainsi, passée de 30 dollars en 1984-1985 à 80 dollars en 1997-1998 et à 170 à 180 dollars en 2010 (Sylvie, 2010). Au Rwanda, le prix annuel moyen des denrées alimentaires de base sur les marchés locaux a augmenté de 24% entre 2006 et 2008 et de 27% et 34% pour le haricot et le maïs, respectivement, entre 2006 et 2009, alors que le taux d’inflation moyen sur cette période était de 9,8% (Milz, 2010).

En plus de cet aspect socio-économique négatif, de nombreux effets néfastes sont incombés à la révolution agraire. Parmi lesquelles on peut citer; la dégradation des terres, la salinisation des zones irriguées, l’extraction excessive imposée aux nappes aquifères souterraines, le renforcement des résistances des ravageurs, l’accumulation des résidus toxiques dans l’environnement et dans la chaine alimentaire, le déboisement, les émissions de gaz à effet de serre et l’érosion de la biodiversité (Bruinsma, 2009 ; Tilman et al., 2002).

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