Anatomie de l’appareil reproducteur de la poule

anatomie de l'appareil reproducteur de la poule
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SOLTNER (2001) et AYRAL (1978), affirment que l’appareil reproducteur des oiseaux femelles comprend deux parties : ovaire et oviducte. Il s’agit d’un appareil asymétrique ou impaire : seule la partie gauche est développée.

1-Evolution de l’appareil reproducteur

1-1-Chez la poulette

A l’éclosion, l’ovaire gauche pèse environ 0,3g .Il est essentiellement constitué de tissu conjonctif (stroma ovarien) riche en sinus sanguins et des cellules « interstitielles » capables de synthétiser les hormones stéroïdiennes pendant les premières semaines de vie.

L’ovaire évolue lentement à la 12ème semaine d’age, il mesure environ 1,5cm de long, il est composé d’une partie centrale ou médulla très vascularisée et d’une couverture ou cortex. (fig.1) Durant les trois semaines qui précèdent la maturité sexuelle (ponte du premier œuf), le poids de l’ovaire passe de 5-60g environ. En relation avec la synthèse des hormones gonadotropes hypophysaires LH et FSH (SAUVEUR, 1988).

Fig. N° 1 : Développement schématique de l’ovaire et oviducte chez la poulette (SAUVEUR, 1988)
Fig. N° 1 : Développement schématique de l’ovaire et oviducte chez la poulette (SAUVEUR, 1988)

– L’oviducte
SAUVEUR (1988), apporte qu’après l’éclosion, la croissance de l’oviducte est sensiblement proportionnelle à celle de l’ovaire. A l’approche de la maturité sexuelle, il s’accroît rapidement de 15 à 70cm de long grâce à une hyperplasie massive.

2- Situation et structure de l’appareil reproducteur chez la poule adulte

2-1-L’ovaire

Selon SOLTNER (2001), l’ovaire est situé au sommet de la cavité abdominale sous l’aorte et la veine cave supérieure, l’ovaire s’appuie sur le rein et le poumon et ventralement sur le sac aérien abdominale gauche, il est suspendu à la paroi dorsale par un repli du péritoine contenant les vaisseaux sanguins, nerfs et muscle lisse de soutien (fig 2).
L’ovaire a un aspect d’une grappe du fait de la présence de 7 à 10 gros follicules contenant chacun un jaune en phase d’accroissement rapide, à coté de ceci se trouve de très nombreux petits follicules (plus de1000 visibles à l’œil nu), plus un ou deux follicules vide (stade post ovulaire) qui dégénèrent rapidement (CARVILLE, SAUVEUR, 1990).

Fig. N° 2 : Situation de l’appareil reproducteur femelle dans la cavité abdominale (SAUVEUR, 1988).
Fig. N° 2 : Situation de l’appareil reproducteur femelle dans la cavité abdominale (SAUVEUR, 1988).

Les mêmes auteurs soulignent que la structure de ces follicules a été très souvent décrite on y distingue à l’état mature de l’intérieur vers l’extérieur :

  •  une couche peri-vitelline sécrétée par la granulosa ;
  • une couche monocellulaire, la granulosa ;
  • une couche dite basale ;
  • les deux thèques internes et externes, renferment des cellules interstitielles ;
  • une couche de tissu conjonctif (sauf au niveau du stigma, ou s’ouvrira le follicule) ;
  • un épithélium superficiel ;

Au niveau du stigma, les vaisseaux sanguins, sont moins denses, ce qui évitera, l’hemoragie lorsque le follicule se détache (ovulation). Chaque follicule fixé à l’ovaire par un pédicule contient des vaisseaux sanguins irriguant la thèque et des fibres nerveux.

2-2- L’oviducte

L’oviducte se présente comme un tube étroit de couleur rose pale s’étendant de la région de l’ovaire au cloaque, sa longueur totale est chez la poule voisine de 70cm et son poids à vide proche de 40g. Il est suspendu le long de la surface ventrale du rein gauche par un repli du péritoine divisé en deux ligaments qui renferment des fibres musculaires lisses (AYRAL, 1978 et SAUVEUR1988). Selon SOLTNER (2001), l’oviducte peut être divisé en cinq zones (fig.3) :

  • l’infundibulum ou pavillon, 9cm, zone très fine non rattachée à l’ovaire en forme d’entonnoir ;
  • le magnum, 33cm, à parois très extensible .Sa muqueuse interne présente des plis très important dont l’épaisseur peut atteindre 5mm,c’est une zone la plus riche en cellules et glandes sécrétrices ;
  • isthme, 10cm, est légèrement retrici par rapport au magnum, les replis de sa muqueuse interne sont moins accentués . Ses quatre derniers cm « isthme rouge » opposé à isthme blanc antérieur sont richement vascularisé ;
  • l’utérus ou glande coquillière a une forme en poche, avec une épaisse paroi musculaire aux replis interne formant un relief tourmenté ;
  • le vagin, étroit et musculeux, est séparé de l’utérus par un resserrement appelé jonction utérovaginale, qui joue un rôle primordial dans la progression et conservation des spermatozoïdes : sa paroi interne comporte des replis longitudinaux mais pas de glandes sécrétrices . Il débouche dans la moitie gauche du cloaque, carrefour des voies intestinales, urinaires et génitales.
Fig. N° 3 : Représentation schématique de l’oviducte de poule (SAUVEUR, 1988).
Fig. N° 3 : Représentation schématique de l’oviducte de poule (SAUVEUR, 1988).

3-L’activitè de l’oviducte : la fécondation

La fécondation a lieu dans l’infundibulum, alors que le jaune n’est encore recouvert que de la membrane vitelline. Les spermatozoïdes s’agglutinent face au disque germinatif, une enzyme, l’acrosine libérée par l’acrosome, attaque l’ovule, souvent pénétré par plusieurs spermatozoïdes à la fois (polyspermie). Mais le noyau d’un seul d’entre eux fusionnent avec celui de l’ovocyte (SAUVEUR, 1979).

4-La formation du jaune de l’œuf

D’après, SAUVEUR (1988), la vitellogenese ou accumulation du jaune de l’œuf dans un follicule ovarien est un très long processus commençant chez la jeune poulette et se terminant juste avant l’ovulation. Son déroulement passe par trois phases.

4-1-Phase initiale d’accroissement lent

Elle débute dès la vie embryonnaire du poussin dont le petit ovaire contient dès l’éclosion tous les oocytes pour la vie de la poule. Des oocytes de 1 à 2centimetres de mm, un diamètre qui atteint 1mm à 4-5mois, après le dépôt de quelques gouttes de lipides, à ce stade, la croissance de tout les ovules s’arrête pour des mois et certains pour des années (SOLTNER ,2001).

4-2-Phase intermédiaire

SAVEUR (1988) et SOLTNER (2001), soulignent que cette phase commence par un follicule mystérieusement sélectionné dont la taille passe en 60 jours de 1 à 4mm par dépôt de « vitellus blanc » à base surtouts de protéines et d’un peu de lipides.

4-3-Phase de grand accroissement

Elle se déroule les jours précédant l’ovulation, avec une durée de 6 à 14 jours et le poids du follicule passe de 0,2 à 15-18g (SOLTNER, 2001). Sur l’ovaire d’une poule huit follicules environ sont simultanément en phase de grand accroissement, le dépôt du jaune de l’œuf se fait en couches concentriques, tandis que migre vers le sommet . Le disque germinatif (oocyte), laissant à partir du centre une trace ou latébre (SAUVEUR, 1988).

5-La formation de l’œuf dans l’oviducte

L’ovulation au vrai sens est assurée par l’ouverture du follicule au niveau du stigma (fig.4). La captation du jaune de l’œuf par l’infundibulum constitue la première étape de l’oviducte. Ce n’est que 24-26 heures plus tard en moyenne que l’œuf complet est expulsé au niveau du cloaque (oviposition).
Entre ces deux instants, l’œuf en formation transite donc dans l’oviducte selon les étapes suivantes :

  • Achèvement de la membrane vitelline dans l’infundibulum ;
  • sécrétion des protéines du blanc dans le magnum ;
  • sécrétion des membranes coquillières dans l’isthme ;
  • hydratation du blanc et sécrétion de la coquille dans l’utérus ;
  • oviposition (CALET, 1972).

L’expulsion de l’œuf est assurée par les mouvements de contraction de l’utérus et le vagin après les minutes qui précédent l’oviposition (SAUVEUR, 1988).

Fig. N°4 : Structure de la paroi d’un follicule en phase d’accroissement rapide (SAUVEUR, 1988).
Fig. N°4 : Structure de la paroi d’un follicule en phase d’accroissement rapide (SAUVEUR, 1988).

6- La formation de la coquille

Encore ridé à la sortie de l’isthme, l’œuf se gonfle par hydratation des protéines du blanc, en même temps l’utérus secrète le sodium, potassium et bicarbonate de calcium qui s’accumule dans le blanc. C’est dans l’utérus entre 10-12 heures qui apparaissent dans le blanc les différentes couches : Blanc épais ,blanc liquide,chalaze résultats d’une rotation de l’œuf dans l’utérus, vient alors la sécrétion de la coquille qui pèse 6g environ et qui est constituée de cristaux de carbonate de calcium (CaCO3) recouverts d’une cuticule organique (SAUVEUR, 1979).

7-Contrôle hormonal

Le contrôle hormonal de la ponte est assuré par les hormones stéroïdiens et celui de la gamétogenèse femelle, qui sont secrétés par l’ovaire sous le contrôle de l’hypophyse, les activités sont indiquées dans la (fig.5). Il existe trois hormones gonadotropes hypophysaires chez les oiseaux comme chez les mammifères :

  • la FSH qui régule la croissance des follicules hypophysaires et leurs sécrétions ;
  • la LH responsable du développement de la grappe ovarienne et de ses sécrétions, et qui déclenche l’ovulation, détachement d’un follicule.
  • la prolactine, qui intervient dans la couvaison. Sous le contrôle des hormones gonadotropes, trois stéroïdes sexuels sont secrétées par l’ovaire :
  • les oestrogénes (oestrone ou oestradiol) qui ont des rôles multiples :
  • la croissance de l’oviducte ;
  • la synthèse des protéines et des lipides du jaune d’œuf dans le foie;
  • le transport de ces lipoprotéines et du calcium et leur dépôt dans le follicule ;
  • la synthèse des protéines du blanc dans le magnum ;
  • le comportement d’oviposition et l’apparition des caractères sexuels secondaires et l’écartement des os pelviens.
  • la progestérone, présente elle aussi de nombreuses fonction :
  • en synergie avec les œstrogènes, elle agit sur la croissance de l’oviducte ;
  • contrôle les rythmes d’oviposition en agissant sur la libération de GnRH par l’hypothalamus.
  •  les androgenes, hormones males, sont légèrement sécrètes par la poule dont ils stimulent la croissance de la crête et autres caractères sexuels secondaires . En liaison avec les œstrogènes, ils développent aussi l’oviducte et l’os médullaire (MAAROUF, 2004).

 

Fig. N° 5 : Contrôle hormonal (SAUVEUR, 1988).
Fig. N° 5 : Contrôle hormonal (SAUVEUR, 1988).

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